Mercredi 25 avril 2007 -- L’enquête vient d’être publiée sous forme de livre intitulé le Phénomène associatif en Algérie. Il a été présenté hier par la Fondation Friedrich Ebert, lors de la conférence de presse animée à Alger par la chargée du programme au niveau de la fondation, Mme Hamouri, qui a également présenté le manuel qui vient d’être confectionné spécialement pour les ONG.
Pourquoi l’intituler phénomène ? Pour le sociologue qui a pris 446 différentes associations comme échantillon, le mouvement associatif en Algérie ne répond pas aux critères internationaux. Sociologiquement, les associations doivent bouger, changer et s’engager et, par conséquent, influencer non seulement la société mais aussi le pouvoir.
Ce qui est presque inexistant, selon le sociologue. C’est à partir de ce constat qu’Omer Drass a qualifié notre mouvement d’association comme un simple phénomène. Plus loin, et loin de toute critique, le mouvement associatif en Algérie, selon lui, n’a pu durer plus d’une année, à savoir entre 1990 et 1991 ! «Nous n’avons pas de culture citoyenne.
Nous sommes très loin de cette culture», explique-t-il, et d’ajouter que nous sommes également loin de la culture de bénévolat dans la mesure où les gens donnent beaucoup plus d’importance à d’autres considérations. L’enquête menée dans 24 wilayas dévoile également que nos associations manquent d’instabilité et de visibilité, même si 70 % des membres et des responsables ont un niveau universitaire.
Pour les femmes, elles n’ont surtout pas la part du lion. Elles sont beaucoup plus nombreuses dans les associations sociales, culturelles ou celles de la santé. Sur tout l’échantillon, seules 30 femmes sont responsables. Généralement, selon l’enquête, les femmes se contentent du secrétariat seulement.
Le sociologue dit avoir l’impression que les pouvoirs publics veulent donner une certaine typologie pour les associations. De ce fait, il fait sortir trois types. Le premier concerne les associations de contestation et de revendication.
Elles sont minoritaires et particulièrement surveillées par l’Etat, à l’exemple de celles défendant la cause amazighe ou les droits de la femme. Le deuxième type est celui des associations à petite dimension regroupant plusieurs clubs fermés, à l’exemple des clubs de tennis dont l’existence ne constitue pas un danger.
Le troisième type est le plus majoritaire dans la mesure où la création de ces associations est à l’initiative des pouvoirs publics. Ces associations collaborent avec les autorités officielles, à l’exemple de celles qui refont seulement surface à l’occasion des élections.
L’enquête relève également qu’un déficit énorme d’encadrement et de suivi des projets est constaté dans le mouvement associatif. L’espace de coordination des ONG du programme de la Fondation Friedrich Ebert a également pensé aux ONG nationales.
Les responsables de ces organisations peuvent dès aujourd’hui avoir, à titre gracieux, un manuel pour la pratique des ONG. Conçu pour un usage permanent, le manuel est répertorié d’une manière à pouvoir à n’importe quel moment se réactualiser.
Les intéressés peuvent profiter de toutes les explications portant sur la stratégie que les ONG devraient adopter, le management, la communication et le développement des ressources. Des formulaires utiles sont également mises à leur disposition.
Notons enfin que la Fondation Friedrich Ebert organise à partir d’aujourd’hui une rencontre pour évaluer le projet d’espace de coordination des ONG.
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25th April 2007 17:38 #1
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"Le mouvement associatif en Algérie ne répond pas aux critères internationaux"
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25th April 2007 18:02 #2
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Mercredi 25 Avril 2007 -- Dans le cadre de son projet initié avec la Commission européenne et intitulé “Programme de coopération avec la société civile en Algérie”, la Fondation Friedrich Ebert a présenté, hier à la presse, les deux publications réalisées par Espace de coordination des ONG (ECO). Si le premier ouvrage regroupe la pratique des associations algériennes sous forme d’un manuel qui sera mis à la disposition de ces dernières, le deuxième nous livre une étude approfondie sur la réalité du mouvement associatif, avec la nuance faite par l’auteur, qui se préserve d’appeler l’activité associative de “mouvement”, préférant la qualifier de “phénomène”.
“Le Phénomène associatif en Algérie” est ainsi intitulée l’enquête menée par le sociologue Omar Derras. Les éléments de cette enquête donnent une meilleure visibilité du mouvement associatif. Commençant d’abord par la représentativité de celle-ci par rapport au nombre qui la compose (75 000 associations), l’auteur de cet ouvrage a estimé que même en prenant des largesses dans les comptes pour évaluer le nombre d’associations actives sur le terrain, celles-ci ne dépassent pas les 1 500. Une participation associative très réduite. Prenant un échantillon de 440 ONG, l’enquêteur a essayé par ailleurs d’apporter une certaine visibilité sur les activités de celles-ci. Un travail qui n’a pas été facile en raison de la difficulté trouvée, identifier les associations actives et les situer par rapport aux objectifs attendus de leur participation à la construction d’une société démocratique et à leur rôle de société civile comme partenaire et force de décision.
M. Derras est parvenu à classer les associations en trois catégories. La première étant une minorité. Ce sont des associations porteuses de projets de sociétés sensibles, allant dans le sens de la revendication, de la contestation et surtout de défense des droits fondamentaux des citoyens. Cette catégorie a, bien sûr, subi la pression des pouvoirs publics et est soumise à un contrôle régulier, jusqu’à vouloir les effacer du paysage associatif. La deuxième catégorie d’associations est décrite sous forme de clubs fermés, réservés généralement à des retraités et activant essentiellement sur la champ culturel et sportif. Enfin, vient la majorité. Celle dont l’existence est due, selon l’auteur, à des initiatives des pouvoirs publics. Ces derniers, ayant voulu se dégager de certaines de leurs obligations dans les domaines sociaux, culturels et de santé ont donné leur largesse à des associations, qu’ils contrôlent par le biais des subventions qu’ils leur versent sous certaines conditions. L’activité de cette dernière catégorie est conjoncturelle, pendant les rendez-vous électoraux, par exemple.
L’enquête de M. Derras a conclu également à plusieurs éléments marquant la vie associative. Si le niveau académique des dirigeants des associations est généralement supérieur, il n’en demeure pas moins que la qualification des membres associatifs à la pratique associative est quasiment inexistante. Plus de 70% des associations n’ont jamais été formées à ces pratiques, d’où la difficulté de trouver des partenaires et des sponsors à leurs activités. Une autre réalité, c’est l’absence de dialogue entre les acteurs associatifs et les pouvoirs publics. Les uns comme les autres sont convaincus de l’importance de ce dialogue, mais l’instauration de la culture de la communication et de la collaboration n’est pas encore acquise.







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