Jeudi 31 Mars 2011 -- Une table ronde consacrée au phénomène du divorce a été tenue hier au centre de presse d’El Moudjahid par des représentants du ministère délégué chargé de la Famille et de la Condition féminine, de ceux du secteur de la justice, et des militants du mouvement associatif. Le nombre de cas de divorce est assez criant pour laisser les autorités administratives et religieuses indifférentes. Ce phénomène connaît une augmentation de 7% annuellement. En effet, pas moins de 29.731 cas de divorce ont été enregistrés en 2004, 31.133 en 2006 et 41.549 en 2009. Selon la représentante du ministère délégué chargé de la Famille et de la Conditions féminine, Mme Belahcene Farida, le divorce touche les jeunes couples qui n’ont pas dépassé 5 ans de vie commune. En revanche, du côté des seniors, il toucherait en moyenne 62 couples par an, dont l’âge dépasse les 80 ans.

Le divorce en Algérie est un phénomène qui prend des dimensions inquiétantes. Plus qu’une simple situation conjecturelle impliquant les époux, « le divorce est devenu un phénomène néfaste à l’équilibre social de notre pays. Le constat est amer sur le nombre de divorces qui, selon les chiffres enregistrés, ne cesse de grimper d’année en année comme le démontrent les statistiques», dit Mme Mekhlaf Karima, sociologue de formation. Selon elle, «cette situation est d’une extrême gravité, elle constitue un fléau social dont il est urgent de trouver les solutions adéquates afin d’assurer la stabilité de la famille dans notre société », ajoute-t-elle.

La question du divorce est un problème national dont la solution doit être trouvée à la source. Il appartient donc, selon l’avocate spécialisée en droit de la famille, Mme Nadia Ait Zai, à la population de se prononcer sur les maux pour mettre à l’abri la cellule familiale. Il s’agira, souligne-t-elle, d’une solution qui viendra de l’ensemble de la population, donc qui tiendra compte de toutes les spécificités en impliquant toutes les composantes du pays. Le débat sera soulevé à tous les niveaux pour que la population entière s’implique et donne sa vision du problème.

Elle a, par ailleurs, souligné que le législateur devrait tenir compte de l’évolution sociale et économique et prendre en considération les conséquences du divorce sur l’enfant, devenu un enjeu du conflit parental. Parlant du khol’, la même conférencière a précisé que ce phénomène social est en courbe ascendante. Elle a souligné, à cet effet, que la principale cause serait sans doute l’assouplissement du divorce sur volonté unilatérale. Selon les conférencières, il serait urgent d’instaurer une équipe de recherche qui s’occupera des outils à mettre en place pour préparer et accompagner les couples qui envisagent de se marier, afin qu’ils puissent affronter leurs problèmes et assumer pleinement leurs responsabilités.