Les femmes violées par les groupes terroristes ont demandé aux autorités publiques des éclaircissements concernant le décret présidentiel qui les concerne, et qui a été annoncé par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbés, après l’adoption de la charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Les autorités publiques n’ont pas annoncé la teneur du décret concernant les femmes violées par les groupes terroristes tout au long de la crise sécuritaire, et même si les autorités justifient la dissimulation du contenu du décret afin de « préserver l’honneur des femmes violées » comme l’a précisé Ould Abbés, il n’empêche que la zone d’ombre qui continue de planer à son sujet, a soulevé de nouvelles interrogations sur son avenir, parmi les rangs des concernées.
Un nombre de femmes violées qui ont préféré garder l’anonymat, ont précisé à El Khabar que la nature de leur problème a réduit leur marge de manœuvre auprès des autorités publiques et des parties concernées, afin d’obtenir des informations sur leur avenir, au regard de la charte pour la réconciliation nationale.
Par ailleurs, le président de la commission consultative pour la protection et la promotion des droits de l’Homme, Farouk Ksentini, a déclaré à El Khabar que la commission n’a reçu aucune information officielle concernant le texte réglementaire spécifique aux femmes violées, « nous n’en savons rien hormis le fait d’avoir entendu Ould Abbés parler d’un décret spécifique à cette catégorie ». Ksentini a indiqué que le problème ne concerne pas seulement le dossier des femmes violées, car « la charte pour la paix et la réconciliation nationale comporte de nombreux manques, et il y a des obstacles dans son application, les victimes sont ballottées par les bureaux et les administrations, étant donné l’absence de coordination et de complémentarité entre les parties concernées ».
Allant plus loin, Ksentini affirme que « personne ne prend réellement en charge la charte pour la réconciliation, et nous ne savons pas qui est la partie responsable de l’application de la loi ».
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13th May 2007 00:58 #1
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Ambiguïté sur le décret relatif aux femmes violées par les groupes terroristes
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25th July 2007 02:40 #2
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Djilali Benyoub :

Mercredi 25 Juillet 2007 -- Depuis 1991, début effectif de la violence islamiste armée, il a été recensé au moins 6 000 femmes violées, une partie d’entre elles a été assassinée. D’autres ont pu être sauvées, mais avec le poids de grossesses indésirables. À partir du milieu des années 1990, le phénomène a pris de l’ampleur.
Comme les enfants rendus soldats depuis bien longtemps, les femmes ont constitué, pour différentes raisons, une arme de guerre utilisée par les belligérants pour des objectifs de domination.
Il n’y a d’ailleurs pas eu une seule guerre où la femme n’a pas joué un rôle, acteur ou victime, victime surtout, que l’on inscrit malheureusement souvent dans le registre des dégâts collatéraux. Quand la femme est intégrée dans des paramètres liés aux soubassements idéologiques, les résultats sont terrifiants. Dans cette catégorie apparue de manière frappante ces dernières décennies, la femme dans l’idéologie intégriste s’est retrouvée dans la ligne de mire des nouveaux prédicateurs et des terroristes qui non seulement, doctrine poussée à ses lointaines limites, l’ont réduite au statut de butin de guerre, mais utilisée également, selon par exemple les chiites, comme objet de jouissance temporaire, “les mariages de jouissance” (zaouedj el-moutaâ), ou encore, pire humiliation, un otage et un objet de chantage pour avilir l’ennemi.
Ces dernières formes de violence contre la femme ont fait leur apparition avec l’apparition du groupe terroriste, le GIA, en Algérie.
Le GIA enlevait les femmes, d’une part pour humilier les parents hostiles qui s’opposaient à eux, les utilisaient pour les basses besognes dans les maquis, mais surtout les violaient.
L’objectif immédiat reste de provoquer la terreur et pousser les femmes à obéir à leur injonction qui était de quitter la vie active, la sphère publique.
C’était l’époque où le voile (le hidjab) était imposé à une majorité de femmes. Depuis 1991, début effectif de la violence islamiste armée, il a été recensé au moins 6 000 femmes violées, une partie d’entre elles a été assassinée. D’autres ont pu être sauvées, mais avec le poids de grossesses indésirables. À partir du milieu des années 1990, le phénomène a pris de l’ampleur. Pour le seul mois d’avril 1998, des témoignages recueillis dans la région de Saïda avaient fait état d’un nombre variant entre 1 000 et 3 000 filles violées dans les maquis. Les médias avaient donné l’information ; même la télévision algérienne a retransmis l’information. Réaction : le lendemain, une jeune fille de 17 ans a été enlevée et violée dans la même région.
Les terroristes utilisaient la religion pour justifier leurs actes, mais également la honte et le tabou d’origine tribalo-religieuse qui entoure les familles pour les faire abdiquer et rallier leur cause. Il n’est pas rare également de trouver des pères de famille, acquis totalement à la cause intégriste, offrir leurs filles aux “émirs” des groupes terroristes. Toutefois, aucun chiffre officiel sur ces situations n’est disponible pour l’instant. Encore moins sur les enfants nés dans les maquis dont le nombre demeure inconnu ou gardé secret.
Il aura fallu le courage d’un ministre de la Santé pour voir le drame des filles violées dans les maquis et tomber enceintes quelque peu atténué lorsqu’il autorisa leur avortement et, bien entendu, celui du ministre des Affaires religieuses qui donna le quitus religieux, en émettant une fetwa, pour légitimer l’avortement de ces filles. Cela ne concerna que les filles retrouvées ou qui se sont sauvées et ont pris contact avec les services de sécurité. Cela d’autant qu’une bonne partie des filles ayant subi cette douloureuse épreuve s’emmure dans un infranchissable silence. Surtout que la famille et les proches ne sont pas en mesure, honneur et tabou conjugués, de les prendre en charge.
C’est alors le mutisme qui entretient et prolonge la douleur et le traumatisme. Ce qui donne un caractère approximatif aux chiffres actuellement disponibles. Si au plan santé et religieux, ces filles sont considérées comme étant des victimes, les autres autorités continuent à ne pas jouer leur rôle. Cela d’autant que les filles violées n’ont pas eu droit aux indemnités accordées aux autres victimes du terrorisme. Cas qui n’ont pas été pris en considération, alors que certaines voix justifient cette omission par le fait que le versement d’une “pension” ou indemnité pour ces filles porte le risque de faire ressurgir dans leur mémoire les actes qu’elles ont subis.
Paradoxalement, cette catégorie de victimes auxquelles les pires sévices ont été infligés est cataloguée dans la rubrique générique pudiquement désignée : “atteinte à la pudeur”. Ce qui au plan juridique induit une confusion.
Ainsi, ces victimes endurent une double injustice. D’une part, elles sont déshumanisées, blessées, humiliées, de l’autre, elles ne sont pas prises en charge et ne bénéficient d’aucun statut si ce n’est celui qui les pousse à la solitude par la faute des autorités, de la famille et du conservatisme qui empêche toute velléité de voir “le problème” objectivement.
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25th July 2007 02:48 #3
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Wahiba Labrèche :
Mercredi 25 Juillet 2007 -- Initiative délicate que d’aborder le sujet du viol, de l’inceste et du harcèlement sexuel. Cela reste toujours une démarche difficile, surtout en l’absence de mesures de prévention. Et si l’omerta et le poids du tabou sont moins pesants qu’ils ne l’étaient auparavant, la société algérienne, comme d’autres sociétés, a encore du mal à évoquer les violences sexuelles subies par les femmes. La Déclaration des Nations unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes identifie trois types d’auteurs des agressions. Il s’agit, en premier lieu, de la famille, où sont recensées les violences liées à la dot, le viol conjugal, les mutilations génitales et d’autres pratiques traditionnelles préjudiciables à la femme. “La violence non conjugale est celle liée à l’exploitation.
La deuxième catégorie est la collectivité, espace dans lequel les femmes sont victimes de viol et de sévices sexuels, de harcèlement et intimidation au travail, alors que la dernière est celle de l’État responsable de violences qu’il a directement perpétrées ou qu’il a tolérées. Cette catégorie englobe la violence engendrée par la législation d’un État. À ce titre, l’étude indique que l’Algérie est touchée par les trois catégories avec comme dénominateur commun, l’insuffisance des politiques développées par les autorités publiques pour prévenir ces violences et punir leurs auteurs.”
Considérés comme des fléaux tabous et marginalisés, malgré leurs répercussions psychologiques et sociales, notre société refuse souvent aux femmes le statut de victime. Quelle justice a été rendue aux femmes de Hassi-Messaoud ? L’étude qui pointe du doigt le système patriarcal et les inégalités entre femmes et hommes comme principales cause du viol et de l’inceste analyse l’impact et les traumatismes engendrés par ce genre de violences. “Les mariages de jouissance imposés par les terroristes, durant les années 1990, ont été la meilleure couverture pour les viols organisés. Certaines filles et femmes violées ont été livrées, généralement, par leur père, mère et voisins pour les “moudjahidine” de la cause islamiste contre leur propre gré, comme l’histoire de la jeune mère la terroriste arrêtée à Annaba avec ses 7 enfants issus de 4 “émirs”, par les forces de l’Armée nationale populaire”.
Le texte rappelle, également, le traitement réservé aux femmes violées par des terroristes et auxquelles l’indemnisation en tant que victimes de guerre a été refusée sous prétexte que la pension qu’elles recevraient chaque mois “leur rappellerait l’acte de viol et que, quelque part, cela équivaudrait à de la prostitution. Donc, la reconnaissance des femmes comme victimes de guerre n’est pas d’actualité”. 6 000 femmes ont été violées par les terroristes, de 1991 à nos jours, beaucoup d’entre elles ont été assassinées, précise le document. Un chiffre qui laisse planer le doute, surtout que le même document indique que 1 000 à 3 000 jeunes filles ont été violées uniquement dans les maquis de Saïda, durant le mois d’avril 1998.
Et si, aujourd’hui, la loi du silence se brise, graduellement, quant aux violences commises par une personne étrangère à la famille, l’inceste reste le grand sujet tabou, où la famille préfère éviter le scandale. Cet état des choses pousse les auteurs des “crimes sociaux” à récidiver. Loin de refléter l’ampleur du drame, les chiffres officiels, recueillis auprès des tribunaux, avancent 25 cas de relations sexuelles entre parents, dont 20 entre père et filles, 3 entre fils et mère et 2 entre frères et sœurs. “Les chiffres de l’inceste sont voilés et tus, car la sauvegarde de l’esprit de famille, surtout si les conjoints sont unis, la peur du scandale, les représailles en cas de couples séparés sont autant de cause pour l’étouffement de ces affaires.”
Le bilan des services de la gendarmerie pour l’année 2006 fait état de 215 viols ou tentatives de viol, ayant abouti à 299 arrestations sur le territoire national. Il a également été enregistré 408 attentats à la pudeur, ou tentatives avec ou sans violence sur personnes mineures et 153 viols ou tentatives de viol sur des mineurs, où 131 personnes ont été arrêtées pour 136 affaires traitées.
À rappeler que les peines mentionnées dans l’article 337 du code pénal varient entre 2 et 20 ans de réclusion pour les cas d’inceste (en fonction du degré de parenté).
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12th August 2007 00:57 #4
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August 11, 2007 -- More than 1,015 women aged between 13 and 45 were kidnapped by terrorist groups in Algeria from 1994 to 1997, according to statistics from the home affairs and national solidarity ministries.
Most of the women who were kidnapped and raped by terrorists wished that they were killed rather than being rescued by army forces and facing life later. They admitted that they found difficulties to start living their daily lives once again.
Experts say putting them in specialised centres is not a solution to treat their psychological troubles. Several of the women still suffer from mental troubles, especially those who were raped by more than one terrorist.
Security sources say 20 kidnapped women were rescued during military operations and 8 girls were found dead.
On the other hand there were girls who willingly joined the armed groups and married with terrorists, a security official told Echorouk Al Yaoumi.
Terrorists used to kill raped women to get rid of them. They often slaughtered women months after they had raped them. Some of them were pregnant.
“Terrorists also killed their children,” said a women who managed to escape.
A raped girl was shocked when she saw her baby slaughtered by a terrorist. An arrested terrorist said the national leader of the Armed Islamic Group (GIA) Antar Zouabri killed some terrorists’ children.
According to repentant terrorists, all terrorists’ children were killed except those who were born from official marriages.
In the beginning, the armed groups kidnapped nurses and midwives to treat their wounded members or to assist the terrorists’ wives through childbirth.
In 1995, five women who worked as nurses and cooks were kidnapped in south Algiers. None of them has been found so far.
Several women employees in security services and administration were killed. Students and teachers were also assassinated at false roadblocks.
The issue of kidnapped women who fell pregnant created a controversy over abortion, whether it is legal or not. The high Islamic council decided to allow abortion.
The Secretary General of the national education ministry said that there are 50 women in a national centre in the wilaya (province) of Tipaza (west of Algiers) that receives women in critical situations. Some of them are victims of terrorism and rape.
Another centre would be opened soon in Tlemcen (west of Algeria) to look after this category of women, he added.







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