Samedi 9 juin 2007 -- Un Africain, d’origine malienne, habitant dans la banlieue d’Alger, au quartier Derwicha, dans la commune de Aïn-Benian a été sauvagement assassiné dans la nuit de mardi à mercredi. Un jeune Algérien l’a poignardé au ventre, avec un couteau. Transporté à l’hôpital de Aïn-Benian, la victime a succombé à ses blessures. Identifié par la Gendarmerie nationale, l’auteur du crime n’est pas un récidiviste. Son nom n’est pas enregistré dans les fichiers de la Gendarmerie et de la police, comme c’est le cas de beaucoup de voyous et drogués.
Une interrogation s’est ainsi imposée à nous quant au motif du crime. La localité de Derwicha, en cet après-midi de mercredi, sombrait dans un silence effrayant. Pas un enfant qui joue dehors. Les habitants vaquaient à leurs occupations, même si leurs regards laissaient manifester une inquiétude profonde. Savaient-ils ce qui s’est passé dans la nuit ? Connaissaient –ils la victime et son bourreau ? Nous avons tenté d’approcher quelques habitants, mais ils se sont refusés à tout commentaire sur ce crime.
C’est un enfant de 14 ans qui nous a menés au domicile où vivait la victime. Issus de plusieurs nationalités (ivoirienne, malienne, congolaise et camerounaise), des Africains ont formé une petite communauté dans la localité de Derwicha, où ils se sont installés depuis trois ans, pour les plus anciens. Arrivé devant une villa composée de plusieurs étages, nous croisons un Africain. A peine nous entamons un échange de quelques mots que son épouse se manifesta et le pria de ne pas rester à l’extérieur. Il nous invite à rentrer à l’intérieur de la villa.
Et là, nous retrouvons plusieurs autres de leurs camarades, tous sous le choc, après la perte de l’un des leurs. «Nous sommes tristes. Il n’a rien fait pour mériter un tel sort», lance un Ivoirien, en colère. Munis tous de titre de séjour de trois à six mois, ces Africains n’ont pas compris le comportement raciste exprimé à leur égard depuis quinze jours, par les habitants de Derwicha. Nous avons rencontré également le propriétaire de la villa. «Je ne comprends pas ce qui se passe. Ça fait des mois que ces jeunes couples africains vivent ici. «Ce ne sont pas des gens à problème. Ils travaillent et sont de bons payeurs. En plus, ils sont en situation régulière en Algérie», dit-il.
Du moins, pour ceux qui louent chez lui. Car, la Gendarmerie nationale atteste, de son côté, la présence des immigrants clandestins dans la région. Des descentes de vérifications d’identité sont souvent effectuées pour lutter contre le phénomène de l’immigration clandestine. Mais cela explique-t-il ce crime dont vient d’être victime ce travailleur africain ? Dans une requête adressée au procureur de la République, une dizaine d’Africains, réfugiés de guerre pour la majorité d’entre eux, dénoncent les intimidations et le harcèlement dont ils font l’objet. Il y a une semaine, une des femmes africaines a été agressée au marché de Derwicha, ses vêtements arrachés et par la suite délestée de son portable et son argent.
Cette communauté africaine est ainsi surveillée par le voisinage, filmé par des caméras cachées. Se sachant en situation régulière, ces immigrants ont recours à plusieurs reprises aux services sécuritaires, qui, jusqu’au jour de ce crime, ont refusé de prendre au sérieux la requête des ces personnes. «Lorsque nous allons voir la police ou la gendarmerie, eux aussi nous disent de rentrer chez nous et qu’ils ne veulent pas de noirs chez eux», a témoigné un Ivoirien. «Pourtant, vous avez des noirs en Algérie», réplique-t-il, refusant de croire à l’hypothèse de racisme qui, pourtant explique ce comportement injustifié des habitants de Derwicha. Il est toutefois utile de faire remarquer que ce cas n’est pas isolé.
On se rappelle ce qui s’est passé il y a quinze jours à la cité universitaire de Bab-Ezzouar où un groupe d’étudiants algériens ont tabassé des étudiants maliens, par racisme et sans aucun autre antécédent. Lors d’un séminaire organisé la semaine dernière à Alger par des anthropologues, des sociologues et des spécialistes de l’immigration, la question de l’installation des Africains de couleur, en Algérie et les conséquences sur la société a été largement débattue. L’Etat devrait prendre des mesures pour mieux contrôler le phénomène de l’immigration que commence à connaître notre pays.
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9th June 2007 03:06 #1
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Un ressortissant Malien lâchement assassinée : Acte de banditisme ou de racisme ?







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