Samedi 16 juin 2007 -- Alors que Mme Flici a été «plébiscitée» avant même le début des travaux (!) du 2e congrès de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme (ONVT), tenu le week-end dernier à l’hôtel Riad de Sidi Fredj, ses opposants sollicitent l’intervention du président de la République pour résoudre le problème qui les oppose depuis 2004.

En effet, des membres du secrétariat national ainsi que les secrétaires de près de 40 wilayas se sont réunis jeudi dernier à Baraki pour dénoncer la tenue de ce congrès. Dans une lettre de protestation rendue publique à la fin de leur rencontre, les concernés ont sollicité l’intervention du président de la République «pour mettre fin à ce conflit qui permettra la réunification des familles victimes du terrorisme et de mettre fin à la commercialisation de leur cause».

Un appel a également été lancé au ministère de l’Intérieur pour «ne pas reconnaître ce congrès et ouvrir une enquête pour faire la lumière sur les scandales financiers et les atteintes à la loi, déjà dénoncés». Parmi les griefs retenus à l’encontre de l’ancienne députée, il a été cité la mauvaise gestion, les détournements et la non-déclaration de dons ainsi que la falsification de documents.

Il convient de rappeler aussi que le mandat de Mme Flici a expiré en novembre 2004 ; la confiance lui a été retirée par les deux tiers du conseil national après la décision de la commission nationale du contrôle financier et administratif, au mois de décembre de la même année.

La justice a été saisie, mais le statut de députée dont jouissait Mme Flici l’a jusque-là protégée, selon M. Idriss Tadjouri, secrétaire de la wilaya d’Alger, qui a souligné qu’un appel a été introduit, puisque l’immunité parlementaire lui est actuellement levée.

La présidente de l’ONVT, selon Mme Loula, secrétaire de la wilaya de Boumerdès, rencontrée avec d’autres secrétaires de wilaya à l’extérieur de la salle des conférences de l’hôtel Riad, a eu recours à la falsification de documents, lors du conseil national tenu à Boumerdès où elle a obtenu une autorisation locale et avec des personnes qui n’ont rien à voir avec les victimes du terrorisme.

«Nous avons saisi le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, mais le bras de Mme Flici est long. On se demande si le ministère est au service de l’organisation ou à celui de sa présidente», a affirmé la représentante de Boumerdès, tout en ajoutant : «Elle est autoritaire n’accepte pas le dialogue et fait de l’organisation une propriété privée.» De son côté, la présidente de l’ONVT a nié, lors d’une conférence de presse tenue en marge de l’ouverture du congrès, l’existence d’une quelconque opposition au sein de l’organisation, affirmant que les personnes ayant manifesté leur opposition ont été exclues du conseil national.

Revenant sur l’action en justice dont elle a fait objet, elle a souligné que la justice a statué et rien n’a été fondé.