Jeudi 28 juin 2007 -- Son affaire est actuellement en délibéré. Elle est poursuivie pour offense à une greffière travaillant à la cour d’Oran. La seconde, qui comparaîtra lundi prochain, est sous la menace d’un mandat d’arrêt. Pis, elle s’était présentée devant le Conseil de l’ordre qui a décidé sa radiation définitive du barreau.

Ses démarches auprès des instances concernées lui ont permis d’annuler toutefois cette mesure. Ses déboires avec la justice, selon ses confrères, ont commencé lorsqu’elle a présenté sa demande de réintégration. Selon des témoignages concordants, c’est le bâtonnier en personne qui s’est chargé de transmettre son dossier à la justice.

Cette avocate a commis une erreur ; elle a emprunté une somme de 450 000 DA à une cliente, ce qui serait contraire à l’éthique et la déontologie. Mais ce qui est plus grave, c’est qu’elle n’a jamais été entendue par un juge d’instruction, nous assure-t-on.

Son procès sera très suivi, notamment par ses consœurs et une partie de ses confrères. On nous affirme que la concernée a pris langue avant-hier avec Me Sellini, bâtonnier national. Ce dernier ne s’est pas encore prononcé sur son cas, mais il lui a promis de l’étudier attentivement.

Un ancien bâtonnier du barreau d’Oran, connu pour son éloquence, a été contacté pour la défendre. Entre le premier procès de l’avocate et celui à venir, il existe une différence capitale. Le premier s’est déroulé dans l’indifférence totale et la mise en cause n’a bénéficié d’aucun élan de solidarité.

Pourtant, certains avocats affirment qu’ils peinent sérieusement avec la greffière qui a déposé la plainte contre leur consœur. Par contre, la seconde a toutes les chances d’être soutenue par ses pairs ou une partie d’entre eux vu l’approche des élections pour le renouvellement des membres du bâtonnat.

Etant donné que la session criminelle tire pratiquement à sa fin et que la réélection des membres du barreau est prévue pour septembre, plusieurs avocats se sont déjà libérés de la crainte de contrarier le bâtonnier. Mais c’est surtout le cas de Me Chatri du barreau de Tlemcen qui a bénéficié de la solidarité de ses confrères, notamment des anciens bâtonniers de ce barreau, qui est érigé en exemple par un certain nombre d’avocats.

A Oran, dit-on, non seulement le bâtonnat ne défend pas les membres de la profession, mais s’acharne contre eux. On cite d’ailleurs le nombre impressionnant de cas d’avocats suspendus. Parmi eux, les avocates occupent une bonne place…