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  1. #1
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    Sexual assault and rape in Algeria: Over 1,000 victims recorded per year


    July 24, 2007 -- More than 1,000 sexual assaults on women and children are recorded per year, according to the National Gendarmerie services. Experts say that these figures do not reflect the reality because many victims do not reveal what is considered to be a “shameful crime” in Algerian society.

    Authorities have taken measures to face the phenomenon but they were not implemented. The situation of victims of terrorism has not been settled yet.

    According to a survey made by the National Gendarmerie, over 1,153 sexual assaults on women and 5 to 10-year-old children were reported in 2006. 1,969 persons were raped, most of them minors.

    More than 113 persons were victims of incest between 2000 and 2006. This kind of crimes constitutes a taboo subject in Algeria. The phenomenon has increased by 133 percent over 2005. Some 285 people were arrested of whom some were fathers, brothers, brothers-in-law and even mothers.

    Between 1987 and 1997, twenty five incest-related cases were handled in courts. Twenty cases were recorded between fathers and their daughters, three others between mothers and their sons and 2 cases between brothers.

    The same survey points out the infiltration of the phenomenon of homosexuality in Algerian society. The National Gendarmerie services handled the cases of 665 victims and 1,330 suspects in the last six years. This phenomenon is not as widespread as immoral acts such as sexual advances, said the report.

    More than 232 immoral acts were found out in 2006 while 747 acts were recorded between 2000 and 2006.

    Over 6,841 persons were victims of sexual assaults in the last years. Among them 4,835 were underage and 208 were old women, according to the survey.

    Most of the criminals are between 19 and 28. In 2006, 1,087 suspects went to jail. This rate is the highest one recorded in the last six years.

    Men also are victims of sexual assaults. The survey indicates 2,961 male victims.

    The phenomenon spreads much more in eastern wilayas (provinces) by 31, 32 percent. In Setif, 316 cases were reported.

    The National Gendarmerie services mentioned statistics from the national institute of public health that led a national investigation on violence against women in Algeria. About 5 percent of such violence is sexual assaults.

    Six thousand women were raped by terrorists between 1991 and 1998, said the security report.

    In 2004, the listening centre of the Algerian workers’ union received a large number of calls (338 calls) from women complaining about sexual harassment in the workplace.

    Yet, there are no concrete measures to settle this situation. On many occasions, the problem of violence against women, especially sexual violence, is raised without tangible action.


  2. #2
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    Mercredi 25 Juillet 2007 -- La violence sexuelle en Algérie a connu une légère baisse entre 2000 et 2006, selon un bilan établi par la Gendarmerie nationale. Toutefois, cette baisse n’est pas un signe de diminution absolue dans la mesure où les actes répréhensibles enregistrés se sont diversifiés et ont touché des formes de violence sexuelle jusque-là méconnues ou discrètement tenues secrètes pour diverses raisons, notamment le tabou.

    Attentat à la pudeur, tentative de violence sur mineur, sur ascendant, le nombre d’auteurs a diminué de 938 en 2000 à 571 en 2006, soit une baisse de 9%.

    Le nombre de victimes dans la même catégorie d’acte a connu la même courbe avec une baisse presque de moitié, 645 en 2000 à 380 en 2006, soit 6% de moins. L’on peut conclure alors que la relation entre les auteurs et les victimes est proportionnelle. Cela sachant que auteurs et victimes peuvent appartenir au même entourage, même si dans bien des cas, les auteurs sont extrafamiliaux.

    Dans la catégorie des viols, la tendance concernant les auteurs n’a pas évolué. Elle se situe à 355 auteurs en 2000 et se stabilise à presque 347 en 2006, soit une baisse de 1%. Le nombre de victimes pour la même période est passé de 259 à 215, soit une baisse de 11%. Dans cette catégorie qui englobe viol sur ascendant ou descendant, viol ou tentative de viol sur mineur, violation de domicile et attentat à la pudeur et violation de domicile suivie de viol, prédominent le viol et la tentative de viol. Les enlèvements dans le registre des violences, c'est-à-dire avec viol ou tentative de viol et atteinte à la pudeur, n’ont pas connu de changements notables à la même période, selon le bilan de la Gendarmerie nationale. Le nombre d’auteurs, qui était de 29 en 2000, est descendu à 26 en 2006, alors que celui des victimes est passé de 15 à 18 mais avec, entre les deux dates, une forte baisse, à moins de 10 victimes l’an. L’enlèvement est souvent suivi de séquestration et de viol.

    Un autre phénomène, entouré de secrets et tabous commence, néanmoins, à “se dévoiler”, l’inceste. 44 personnes ont été appréhendées pour avoir commis “cette infraction” en 2000 et seulement 30 en 2006. Le nombre de victimes est passé de 9 à 14, mais avec des pics plus élevés entre les deux dates. Une évolution en dents de scie en une année, 2005-2006, qui enregistre une hausse de 133% pour les victimes et 325% pour les auteurs. Tendance très élevée également dans les actes contre nature et contraire à la décence. Autant le nombre d’actes, d’auteurs que de victimes, la courbe est ascendante. Pour la même période soumise à l’étude, de 131 auteurs en 2000, on est passé à 422, soit une augmentation de 56%. Tendance nettement supérieure pour les victimes dont le nombre est passé de 65 à 234, soit 129%. Une tendance à la hausse alarmante avec une nuance : les actes contre nature sont minimes par rapport à ceux contraires à la décence. En tout, tous actes confondus, cela donne un total de 1 497 auteurs et 1 029 victimes en 2000 contre 1 396 auteurs et 861 victimes en 2006.

    Les moins de 18 ans et ceux dont l’âge varie de 19 à 28 ans dominent dans la catégorie auteur, suivis de celle des adultes âgés entre 19 et 40 ans. Par contre, ceux âgés de 18 ans, catégorie vulnérable, sont les plus ciblés par les agresseurs sexuels. Ainsi, en 2000, ils étaient 774 sur 1 029 et en 2006, 589 sur 861. Situation d’autant plus alarmante que les enfants sont le plus souvent victimes des perversions d’adultes et d’adolescents. Cela dit, les chiffres restent incomplets, surtout pour les actes impliquant des auteurs de la famille ou ses environs immédiats, souvent tus et étouffés au sein même de la famille. Quant au sexe, hommes et femmes rivalisent presqu’à quelques dizaines de cas près. Les femmes sont plus victimes certes, mais leur proportion ne dépasse pas les 56,72% contre 43,28% pour les hommes.

    Paradoxalement, les villes dites plus ouvertes sont celles où tous les actes de violence sexuelle sont commis. Oran trône en pole position de ce sinistre palmarès. Juste derrière, vient Alger, suivie de Sétif et Mostaganem. Plusieurs raisons sont citées comme étant à l’origine de l’ampleur du phénomène dans ces villes. La densité démographique, la forte criminalité liée à la position géographique, cela s’applique particulièrement à la ville d’Oran, ainsi que la composition socioéconomique de la population. Alger et Oran ont été les réceptacles des déplacements de populations et d’exodes massifs ces dernières années où se sont “déversées” des centaines de familles fuyant la violence terroriste, ce qui a changé profondément leur structure sociologique et induit des comportements nouveaux, dont la violence sexuelle. Cela dit, il y a d’autres raisons d’ordre psychologique, familial, socioéconomique, entre autres, qui favorisent ces attitudes délictueuses.


  3. #3
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    Mercredi 25 Juillet 2007 -- Depuis 1991, début effectif de la violence islamiste armée, il a été recensé au moins 6 000 femmes violées, une partie d’entre elles a été assassinée. D’autres ont pu être sauvées, mais avec le poids de grossesses indésirables. À partir du milieu des années 1990, le phénomène a pris de l’ampleur.

    Comme les enfants rendus soldats depuis bien longtemps, les femmes ont constitué, pour différentes raisons, une arme de guerre utilisée par les belligérants pour des objectifs de domination.

    Il n’y a d’ailleurs pas eu une seule guerre où la femme n’a pas joué un rôle, acteur ou victime, victime surtout, que l’on inscrit malheureusement souvent dans le registre des dégâts collatéraux. Quand la femme est intégrée dans des paramètres liés aux soubassements idéologiques, les résultats sont terrifiants. Dans cette catégorie apparue de manière frappante ces dernières décennies, la femme dans l’idéologie intégriste s’est retrouvée dans la ligne de mire des nouveaux prédicateurs et des terroristes qui non seulement, doctrine poussée à ses lointaines limites, l’ont réduite au statut de butin de guerre, mais utilisée également, selon par exemple les chiites, comme objet de jouissance temporaire, “les mariages de jouissance” (zaouedj el-moutaâ), ou encore, pire humiliation, un otage et un objet de chantage pour avilir l’ennemi.

    Ces dernières formes de violence contre la femme ont fait leur apparition avec l’apparition du groupe terroriste, le GIA, en Algérie.

    Le GIA enlevait les femmes, d’une part pour humilier les parents hostiles qui s’opposaient à eux, les utilisaient pour les basses besognes dans les maquis, mais surtout les violaient.

    L’objectif immédiat reste de provoquer la terreur et pousser les femmes à obéir à leur injonction qui était de quitter la vie active, la sphère publique.

    C’était l’époque où le voile (le hidjab) était imposé à une majorité de femmes. Depuis 1991, début effectif de la violence islamiste armée, il a été recensé au moins 6 000 femmes violées, une partie d’entre elles a été assassinée. D’autres ont pu être sauvées, mais avec le poids de grossesses indésirables. À partir du milieu des années 1990, le phénomène a pris de l’ampleur. Pour le seul mois d’avril 1998, des témoignages recueillis dans la région de Saïda avaient fait état d’un nombre variant entre 1 000 et 3 000 filles violées dans les maquis. Les médias avaient donné l’information ; même la télévision algérienne a retransmis l’information. Réaction : le lendemain, une jeune fille de 17 ans a été enlevée et violée dans la même région.

    Les terroristes utilisaient la religion pour justifier leurs actes, mais également la honte et le tabou d’origine tribalo-religieuse qui entoure les familles pour les faire abdiquer et rallier leur cause. Il n’est pas rare également de trouver des pères de famille, acquis totalement à la cause intégriste, offrir leurs filles aux “émirs” des groupes terroristes. Toutefois, aucun chiffre officiel sur ces situations n’est disponible pour l’instant. Encore moins sur les enfants nés dans les maquis dont le nombre demeure inconnu ou gardé secret.

    Il aura fallu le courage d’un ministre de la Santé pour voir le drame des filles violées dans les maquis et tomber enceintes quelque peu atténué lorsqu’il autorisa leur avortement et, bien entendu, celui du ministre des Affaires religieuses qui donna le quitus religieux, en émettant une fetwa, pour légitimer l’avortement de ces filles. Cela ne concerna que les filles retrouvées ou qui se sont sauvées et ont pris contact avec les services de sécurité. Cela d’autant qu’une bonne partie des filles ayant subi cette douloureuse épreuve s’emmure dans un infranchissable silence. Surtout que la famille et les proches ne sont pas en mesure, honneur et tabou conjugués, de les prendre en charge.

    C’est alors le mutisme qui entretient et prolonge la douleur et le traumatisme. Ce qui donne un caractère approximatif aux chiffres actuellement disponibles. Si au plan santé et religieux, ces filles sont considérées comme étant des victimes, les autres autorités continuent à ne pas jouer leur rôle. Cela d’autant que les filles violées n’ont pas eu droit aux indemnités accordées aux autres victimes du terrorisme. Cas qui n’ont pas été pris en considération, alors que certaines voix justifient cette omission par le fait que le versement d’une “pension” ou indemnité pour ces filles porte le risque de faire ressurgir dans leur mémoire les actes qu’elles ont subis.

    Paradoxalement, cette catégorie de victimes auxquelles les pires sévices ont été infligés est cataloguée dans la rubrique générique pudiquement désignée : “atteinte à la pudeur”. Ce qui au plan juridique induit une confusion.

    Ainsi, ces victimes endurent une double injustice. D’une part, elles sont déshumanisées, blessées, humiliées, de l’autre, elles ne sont pas prises en charge et ne bénéficient d’aucun statut si ce n’est celui qui les pousse à la solitude par la faute des autorités, de la famille et du conservatisme qui empêche toute velléité de voir “le problème” objectivement.


  4. #4
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    Mercredi 25 Juillet 2007 -- Initiative délicate que d’aborder le sujet du viol, de l’inceste et du harcèlement sexuel. Cela reste toujours une démarche difficile, surtout en l’absence de mesures de prévention. Et si l’omerta et le poids du tabou sont moins pesants qu’ils ne l’étaient auparavant, la société algérienne, comme d’autres sociétés, a encore du mal à évoquer les violences sexuelles subies par les femmes. La Déclaration des Nations unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes identifie trois types d’auteurs des agressions. Il s’agit, en premier lieu, de la famille, où sont recensées les violences liées à la dot, le viol conjugal, les mutilations génitales et d’autres pratiques traditionnelles préjudiciables à la femme. “La violence non conjugale est celle liée à l’exploitation.

    La deuxième catégorie est la collectivité, espace dans lequel les femmes sont victimes de viol et de sévices sexuels, de harcèlement et intimidation au travail, alors que la dernière est celle de l’État responsable de violences qu’il a directement perpétrées ou qu’il a tolérées. Cette catégorie englobe la violence engendrée par la législation d’un État. À ce titre, l’étude indique que l’Algérie est touchée par les trois catégories avec comme dénominateur commun, l’insuffisance des politiques développées par les autorités publiques pour prévenir ces violences et punir leurs auteurs.”

    Considérés comme des fléaux tabous et marginalisés, malgré leurs répercussions psychologiques et sociales, notre société refuse souvent aux femmes le statut de victime. Quelle justice a été rendue aux femmes de Hassi-Messaoud ? L’étude qui pointe du doigt le système patriarcal et les inégalités entre femmes et hommes comme principales cause du viol et de l’inceste analyse l’impact et les traumatismes engendrés par ce genre de violences. “Les mariages de jouissance imposés par les terroristes, durant les années 1990, ont été la meilleure couverture pour les viols organisés. Certaines filles et femmes violées ont été livrées, généralement, par leur père, mère et voisins pour les “moudjahidine” de la cause islamiste contre leur propre gré, comme l’histoire de la jeune mère la terroriste arrêtée à Annaba avec ses 7 enfants issus de 4 “émirs”, par les forces de l’Armée nationale populaire”.

    Le texte rappelle, également, le traitement réservé aux femmes violées par des terroristes et auxquelles l’indemnisation en tant que victimes de guerre a été refusée sous prétexte que la pension qu’elles recevraient chaque mois “leur rappellerait l’acte de viol et que, quelque part, cela équivaudrait à de la prostitution. Donc, la reconnaissance des femmes comme victimes de guerre n’est pas d’actualité”. 6 000 femmes ont été violées par les terroristes, de 1991 à nos jours, beaucoup d’entre elles ont été assassinées, précise le document. Un chiffre qui laisse planer le doute, surtout que le même document indique que 1 000 à 3 000 jeunes filles ont été violées uniquement dans les maquis de Saïda, durant le mois d’avril 1998.

    Et si, aujourd’hui, la loi du silence se brise, graduellement, quant aux violences commises par une personne étrangère à la famille, l’inceste reste le grand sujet tabou, où la famille préfère éviter le scandale. Cet état des choses pousse les auteurs des “crimes sociaux” à récidiver. Loin de refléter l’ampleur du drame, les chiffres officiels, recueillis auprès des tribunaux, avancent 25 cas de relations sexuelles entre parents, dont 20 entre père et filles, 3 entre fils et mère et 2 entre frères et sœurs. “Les chiffres de l’inceste sont voilés et tus, car la sauvegarde de l’esprit de famille, surtout si les conjoints sont unis, la peur du scandale, les représailles en cas de couples séparés sont autant de cause pour l’étouffement de ces affaires.”

    Le bilan des services de la gendarmerie pour l’année 2006 fait état de 215 viols ou tentatives de viol, ayant abouti à 299 arrestations sur le territoire national. Il a également été enregistré 408 attentats à la pudeur, ou tentatives avec ou sans violence sur personnes mineures et 153 viols ou tentatives de viol sur des mineurs, où 131 personnes ont été arrêtées pour 136 affaires traitées.

    À rappeler que les peines mentionnées dans l’article 337 du code pénal varient entre 2 et 20 ans de réclusion pour les cas d’inceste (en fonction du degré de parenté).


  5. #5
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    Mercredi 25 Juillet 2007 -- Au registre des violences sexuelles, l’étude élaborée par la Gendarmerie nationale souligne qu’en dépit de l’ampleur du phénomène, ce dernier n’est pas assez traité.

    Les statistiques, surtout hospitalo-universitaires, existantes, liées aux violences sexuelles en Algérie restent très relatives par rapport à l’ampleur du phénomène qui ne peut être abordé sous l’angle des statistiques seulement. Un vide qui s’explique, selon les praticiens, par “la pudeur et la réticence des victimes à dévoiler ou à révéler l’humiliation subie”. Dans son rapport sur le phénomène de la violence sexuelle, la Gendarmerie nationale s’est basée, entre autres, sur le document de l’institut national de la santé publique (INSP). À ce titre, l’enquête nationale sur les violences à l’encontre des femmes, effectuée en 2006 par l’INSP, montre que 5,4% des violences subies par les femmes en Algérie sont de nature sexuelle.

    Aussi, “le profil épidémiologique des cas observés à la consultation de médecine légale du CHU Mustapha-Pacha, de 2004 à 2006, montre que sur 104 victimes, 86% de la totalité des consultations avaient pour motif les violences sexuelles, une nette prédominance pour la gent féminine (68%) dont la tranche d’âge varie de 16 à 20 ans”. La même étude indique que 23% des victimes âgées entre 5 et 10 ans ont subi des violences sexuelles et que dans 33,7% des cas, l’agresseur est étranger à la famille, contre 4,8% pour les membres de la famille. 31,7% des agressions se passent dans le domicile de l’agresseur, et sous contrainte physique dans 75% des cas.

    L’étude met particulièrement l’accent sur l’accroissement de la violence sexuelle dans le couple, qui “commence à devenir visible en Algérie” et ce, en dépit du poids de la religion et des tabous. Il est, particulièrement, précisé que les agressions posent un problème de santé publique. Pour cela, les médecins légistes plaident pour une véritable politique de formation scientifique des médecins, toutes spécialités confondues. Concernant l’ampleur du problème, et malgré l’absence de données précises, il est souligné qu’une femme sur quatre est exposée, à un moment ou un autre de sa vie, à la violence sexuelle de son partenaire.

    “Chaque année, des centaines de femmes et de jeunes filles sont vendues ou achetées dans des réseaux de prostitution… Des dizaines de milliers de femmes subissent chaque année des violences sexuelles dans les services de santé, qui prennent la forme de harcèlements sexuels par le personnel, de mutilations sexuelles, d’examens gynécologiques forcés et de contrôle de la virginité.”

    Le rapport fait également allusion à l’utilisation du viol comme arme de guerre dans de nombreux conflits durant la décennie noire en Algérie et la guerre en Bosnie-Herzégovine, où dix à soixante mille femmes ont été violées. Pour les conséquences de ces violences sexuelles, le rapport fait état de grossesses non désirées, de maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida, de traumatismes psychologiques, de pensées et comportements suicidaires, etc.

    L’étude, qui ne s’est pas arrêtée aux constats, établit des recommandations préventives contre les violences sexuelles, dont l’aide psychologique et médicale aux victimes, la nécessité d’évolution de la législation et de la politique, notamment à travers l’élargissement de la définition du viol pour inclure le viol conjugal. Le volet juridique inclut également la réforme des règles de jugement et de production des preuves et la surpression de l’obligation pour les victimes de corroborer leur récit. La formation des agents de soins spécialisés dans la prise en charge de ce genre de problèmes ainsi qu’un programme éducatif en milieu scolaire et des campagnes pour modifier les attitudes et les comportements sont autant d’éléments préconisés dans le programme de prévention.


  6. #6
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    Djilali Benyoub :

    Mercredi 25 Juillet 2007 -- La violence sexuelle prend la forme d’une tragédie quand elle est entourée d’un silence complice d’une société dont le souci majeur est de sauver “la face”. Les Algériens découvrent progressivement cette tragédie que les victimes ont vécue dans la famille, l’entourage immédiat ou à l’extérieur sous le parapluie de “l’honneur sauvé”, du tabou et de la religion. Cette même religion déformée par les salafistes et au nom de laquelle des milliers de filles ont été violées dans les années 1990 par les hordes terroristes. Filles, femmes et enfants n’ont pas échappé aux sévices dont les conséquences demeurent d’intimes, douloureux secrets personnels de ces victimes souvent contraintes à la solitude.

    À l’ampleur des dégâts dévoilés par les légistes et les services de sécurité, peine, malheureusement, à suivre le juridique censé accompagner à travers des mesures spécifiques les victimes par, à la fois, des mesures coercitives contre les auteurs de ces actes et des dispositions à même de leur venir en aide pour surmonter les traumatismes et l’humiliation subis, et retrouver ainsi une dignité.

    Aujourd’hui, le phénomène des violences sexuelles a atteint une ampleur telle que même la société, malgré elle, se voit obligée de l’affronter au lieu de le taire et de se voiler la face sous prétexte de sauvegarde l’honneur ou autre échappatoire, comme le tabou souvent évoqué dans le but d’éviter de l’appréhender “objectivement”. Spécialistes, légistes et corps de sécurité recommandent des mesures à même de prévenir ce phénomène, pour leur donner les moyens d’action, sans oublier le rôle de la justice à travers une définition du statut des victimes et les sanctions à prendre à l’encontre des auteurs de ces délits. Car, alors que la société commence à reconnaître le fléau, au plan juridique la terminologie en vigueur englobe sous “atteinte à la pudeur” tous les actes de violence sexuelle aussi divers que multiples dans leur manifestation.


  7. #7
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    Jeudi 16 Août 2007 -- Les mutations que connaît le pays engendrent la multiplication de cas de violences sexuelles, passées sous silence de peur du déshonneur.

    Même si le rapport de la gendarmerie recense quelque 542 actes de violences sexuelles, durant les 7 premiers mois de l’année en cours, les initiateurs dudit document tiennent tout de même à rappeler que “très peu de femmes victimes d’agressions sexuelles se présentent aux unités de la gendarmerie nationale”.

    Les attentats à la pudeur ou tentatives viennent en première place, selon leur fréquence, puisque 116 cas (85, contre des garçons et 31, contre des filles de moins de 18 ans), ont été recensés par les services de la gendarmerie. 109 autres cas d’attentats à la pudeur ou tentatives avec violence sur des mineurs ont été enregistrés toujours durant les premiers sept mois de l’année 2007.

    Durant cette même période, 97 viols contre des femmes dont 25 cas sur des mineurs sont à signaler. Plus grave encore, 13 femmes ont été enlevées et violées entre le 1er janvier et le 31 juillet de l’année en cours.

    Par ailleurs, 19 cas d’inceste (4 contre des enfants et 15 contre des femmes) ont été relevés. Les femmes qui sont en majorité les victimes de violences sexuelles n’osent pas parler de ce qu’elles subissent ; ce qui engendre, bien entendu, des répercussions physique, psychologique et sociale qui influent de manière négative sur leur vie quotidienne. Justement, pour lutter contre les atteintes à la dignité de la femme et les pratiques visant à sa destruction du fait de sa négation en tant que personne, le commandement de la gendarmerie nationale a initié un vaste projet d’information et de télécommunication en vue d’améliorer la relation entre le citoyen et la gendarmerie.

    C’est ainsi qu’un numéro d’appel unique a été mis en place pour permettre, entre autres, aux victimes de ces violences de trouver une oreille attentive et anonyme à l’autre bout du fil. Par ailleurs, et grâce à l’introduction progressive et continue de la femme dans la gendarmerie, les victimes souffrant de traumatismes sexuels seront mieux prises en charge au niveau des unités territoriales où elles pourront aussi déposer une plainte contre leurs bourreaux.

    Ces actions salvatrices pour les victimes leur permettront de se reconstruire, car il s’agira, pour elles, d’une véritable délivrance. Sur un autre volet, la gendarmerie nationale a mis en place des cellules de protection des mineurs à Alger, Oran et Annaba. Les campagnes de sensibilisation menées à travers le territoire national tendent, avant tout, à revaloriser le rôle de la cellule familiale qui se trouve être le meilleur repère du mineur et sa première protection. Autre phénomène alarmant, les crimes et délits perpétrés contre les ascendants.

    C’est ainsi que pour les seuls sept premiers mois de 2007, 520 affaires de ce genre ont été traitées par les services de la gendarmerie qui n’ont recensé que 306 cas durant la même période en 2006. Cette violence des enfants contre les parents représentait des exceptions dans le passé, mais ces dernières années, elle a tendance à se multiplier à une cadence alarmante. Pourtant, l’algérien est connu pour la vénération qu’il voue à ses parents et ce, eu égard à la religion et la culture qui l’incitent au respect de ceux qui lui ont donné la vie et qui l’ont élevé.

    Cette situation est incompréhensible dans une société encore traditionaliste où le respect des vieux (même s’il n’y aucun lien familial) est une réalité, normalement. Que dire alors quand des enfants agressent physiquement leur père ou leur mère ?

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