Mardi 7 aout 2007 -- Le président de la LADH, Me Boudjemâa Ghechir, a vivement réagi aux propos du président d’honneur de la LADDH, Me Ali Yahia Abdenour, rapportés par la lettre électronique animée par le journaliste Mohamed Benchicou. En effet, dans une déclaration faite hier au Jeune Indépendant, Me Ghechir s’insurge contre les allégations de Yahia Abdenour, qui avait qualifié la LADH de coquille vide, gérée par fax et par un seul homme.

A ce titre, il s’étonne de voir Ali Yahia Abdenour s’intéresser de près à la vie organique de la LADH et tient, à cet effet, à lui rappeler que la Ligue a organisé cinq assemblées générales depuis sa création dont la dernière a eu lieu le 13 septembre 2005 à Sétif.

Une AG, enchaîne-t-il, qui a abouti à sa réélection à la tête de la Ligue sur insistance de l’assistance qui a refusé, a-t-il précisé, « de concéder à mon souhait de céder ma place» . Dans la foulée, Me Ghechir, qui affirme n’être animé que par la volonté d’œuvrer inlassablement pour le seul principe de la préservation des droits de l’homme, s’étonne de voir Ali Yahia Abdenour tomber dans le piège de l’invective et tient à l’inviter à venir rencontrer les membres du bureau et les présidents des 32 sections de la LADH.

Il a, ce faisant, soutenu que c’est la LADDH qui a été de tout temps la Ligue d’une seule personne, Ali Yahia Abdenour, affirmant, au passage, que même après avoir passé la main à Me Zehouane, il ne l’a jamais laissé travailler correctement, interférant régulièrement dans ses prérogatives.

Et de jeter un pavé dans la mare en déclarant que la LADDH est gérée et orientée de l’étranger par l’activiste marocain Dris Yazami, qui avait, affirme Me Ghechir, sauvé, lors du congrès de Dakar, en 1997, cette Ligue de l’exclusion des rangs de la fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

Il affirme également que l’association de droit français, «Duffour, collectif des disparus» , a financé le bureau de la LADDH à Alger durant l’exercice 1999-2000. Par ailleurs, le président de la LADH impute à Ali Yahia Abdenour les nombreuses tentatives avortées de fédération des deux Ligues et souligne, dans ce contexte, que le président d’honneur de la LADDH n’a jamais accepté la naissance, en 1987, de la LADH, présidée à l’époque par le défunt Youcef Fethallah, de crainte de voir son leadership dans ce domaine remis en cause.

Et tout en lui reprochant le fait d’avoir idéologiser et politiser la LADDH, ainsi que d’avoir été un habitué du palais d’El-Mouradia, durant le règne de Boudiaf au moment même où éclata l’affaire des « déportés du Sahara» , ce qui a été une entrave à la conjugaison des efforts entre les deux Ligues, Me Ghechir souligne que Ali Yahia Abdenour n’a jamais été inquiété pour ses positions politiques.

« Son seul problème avec le pouvoir, c’est le fait de ne pas avoir pu acheter son cabinet et son appartement» , ajouta-t-il en rappellant, que la LADH, par contre, a payé lourdement ses positions en faveur des droits de l’Homme avec l’assassinat du défunt Fethallah en sus des dizaines de convocations et les tentatives d’agression de son actuel président.

Le président de la LADH tient enfin à préciser que l’ère de la gestion par fax est révolue et souligne que sa Ligue, dont la crédibilité à l’échelle internationale est avérée, est à l’heure de l’Internet… Il est à préciser que deux Ligues des droits de l’Homme existent en Algérie : la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme), présidée, depuis peu, par Me Zehouane et la LADH (Ligue algérienne des droits de l’Homme), dirigée par Me Ghechir.