Jeudi 23 aout 2007 -- Des dizaines de femmes des quatre coins du pays ont bénéficié d’une formation pour jeunes femmes leaders, du 11 au 20 août à Alger, organisée par l’association Femmes en communication. Le but principal de cette formation est d’abord de renforcer les jeunes femmes sur le plan individuel, en leur donnant des outils conceptuels, méthodologiques et organisationnels.

Il s’agit ensuite de créer un réseau entre femmes de la jeune génération à travers le pays et, enfin, de renforcer le mouvement des femmes en reliant les deux générations : les militantes qui ont porté le mouvement des femmes depuis les années 1980 et les jeunes qui se sentent partie prenante dans la lutte pour la visibilité des femmes dans l’espace public, mais ne se retrouvent pas dans ce qui existe aujourd’hui.

Le programme de formation, très riche et très chargé, a traité de nombreux thèmes féminins d’actualité, tels «L’égalité de la femme», «Femmes et islam : les principes de la modernité», «La violence envers les femmes», présentés par Ghania Graba et Ouiza Aït Hamou.

Quant au sujet qui concerne la femme et la loi, c’est Mme Nadia Aït Zaï, directrice du Ciddef (Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme), qui l’a présenté en donnant un véritable cours sur le code de la famille et en utilisant un guide des amendements de ce code, dont elle a assuré la rédaction.

Ecrit en français et en arabe, ce guide «se veut une vulgarisation des amendements apportés au code de la famille. C’est aussi un argumentaire vers la construction de plus d’égalité dans les rapports entre les hommes et les femmes dans la famille et la société.

Un plaidoyer en direction à la fois de nos gouvernants et de la société civile ; les premiers pour les encourager à aller plus loin dans les modifications du texte ; la seconde pour la compréhension et l’assimilation des nouveaux amendements», écrit la directrice du Ciddef dans l’avant-propos de ce guide.

Celui-ci explique de façon très explicite tous les articles relatifs aux fiançailles, au mariage, à la filiation, ainsi que ceux correspondants au divorce et à la tutelle. La présentation du guide est faite de sorte à ce que n’importe quelle femme puisse comprendre et assimiler, sans difficulté, ce qui est dit dans le code de la famille.

De plus, Mme Nadia Aït Zaï a pris le soin de formuler l’essentiel de chacun des différents articles dans des petits paragraphes rédigés en arabe et en français, illustrés à chaque fois par des caricatures, dans le but de rendre le message encore plus explicite.

Par exemple, l’article 13 du mariage est expliqué comme suit dans un petit paragraphe : «Le législateur a interdit au tuteur de contraindre toute personne mineure placée sous sa tutelle, comme il ne peut pas la forcer à se marier sans son consentement. Cet article protège les enfants mineurs contre le mariage forcé.»

Quant à l’article 37 relatif aux droits et obligations des deux conjoints, il est expliqué ainsi : «Le législateur a tenu à rappeler le principe de la séparation de biens en tant que régime matrimonial principal. Chacun des deux époux conserve son propre patrimoine. Toutefois, les époux peuvent introduire dans leur contrat de mariage ou dans un acte ultérieur toute clause concernant les biens communs acquis pendant le mariage et déterminer les proportions de chacun en cas de séparation.»