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  1. #1
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Des lycéens obligent leur enseigante à porter le hidjab

    Jeudi 27 Septembre 2007 -- L’anecdote pour commencer : c’est l’histoire bouleversante d’une enseignante dans un lycée d’Alger. Par commodité, on lui prête le pseudo de Amina, car elle n’a pas souhaité révéler son identité de peur de représailles aussi bien de la part des élèves que de l’administration du lycée. Trois ou quatre jours après le début du Ramadhan, elle constate qu’un groupe de cinq élèves arrive en retard à son cours. Au bout de quelques séances, elle décide de les interpeller pour savoir de quoi il retourne. “On veille à la mosquée après la prière de Taraouih”, lui ont-ils expliqué.

    Deux ou trois séances après cette première explication, changement radical dans le comportement vestimentaire de ces mêmes élèves qui arrivent au lycée avec une “aâbaya” et des sandales, comme pour aller à la mosquée. “Franchement ça ne m’a pas dérangé de les voir habillés ainsi tant qu’ils ne dérangeaient pas le déroulement de la séance”, concède-t-elle en prenant la chose presque à la plaisanterie. Devant la “compréhension” de Amina, ce même groupe d’élèves décide de pousser alors le bouchon plus loin. Comment ? En lui demandant tout simplement à elle, professeur de français depuis au moins quinze promotions, de changer de tenue. “Madame s’il vous plaît, ne venez plus en jupe pendant le Ramadhan, c’est haram”, lui ont-ils gentiment recommandé.

    C’est carrément le ciel qui tombe sur la tête de Amina tout éberluée d’entendre pareils conseils auxquels elle n’eut pas droit même durant les années quatre-vingt-dix. Réaction spontanée de Amina à la fin de la séance : elle va voir le proviseur à qui elle fait le récit de sa mésaventure. Après l’avoir attentivement écoutée, nouvelle recommandation de la part du chef d’établissement cette fois-ci. “Ma fille essaie de les gérer avec tact (sayssihoum), le climat n’est pas propice à des sanctions”, lui suggère-t-il en chef d’établissement visiblement soucieux de “calmer le jeu”. Peu convaincue de la réaction du proviseur dont elle attendait “de la fermeté”, Amina continue à assurer son cours en venant au lycée en jupe, “question de principe”, selon elle.

    Quant au fameux groupe et devant la résistance de l’enseignante, certains boycottent le cours de français et les autres y viennent pour lire le Mashaf. Selon Amina, ces élèves qu’elle a eus l’année dernière seraient sous “l’influence nuisible” de personnes qui leur font “du bourrage” de crâne après la prière de Taraouih. La mésaventure de Amina est un démenti cinglant aux propos du ministre de l’Éducation qui soutenait, il y a quelques jours, après l’attentat suicide exécuté par le lycéen de quinze ans, que l’École algérienne ne formait pas des intégristes. Ce n’est pas de l’intégrisme pur et dur le fait que des élèves, pas plus hauts que trois pommes, poussent l’effronterie jusqu’à demander à leur enseignante de changer de tenue. Au lieu de prétendre que tout va pour le meilleur des mondes, le département de M. Benbouzid serait plus inspiré de faire respecter la discipline républicaine dans les écoles.


  2. #2
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Jeudi 27 Septembre 2007 -- “L’École algérienne n’a pas produit le terrorisme”, affirmait récemment le ministre de l’Éducation nationale qui tentait d’effacer d’un trait de plume les années sanglantes de violence islamiste qu’a connues le pays, et dont les séquelles sont encore là. L’intégrisme, l’intolérance et le refus de l’autre continuent d’empoisonner la vie de millions d’Algériens qui aspirent, après tant d’années de haine et de violence, à vivre en paix dans un pays en paix.

    Au-delà des mots, il y a malheureusement les faits, les évènements. Ceux-là sont têtus. Ils n’ont besoin d’aucun commentaire. Après les enseignants “terroristes” débusqués par les services de sécurité dans les années 1990, des collégiens sont aujourd’hui transformés en bombes humaines pour servir ceux qui jurent encore de replonger le pays dans le cycle infernal de la violence et de l’intolérance. Ce qui vient de se produire dans un lycée de la capitale où des élèves, devenus des “talibans”, imposent à leurs enseignants, auxquels ils doivent normalement vouer respect et considération, de porter une tenue vestimentaire afghane ou iranienne dépasse tout entendement.

    Le président Bouteflika n’avait-t-il pas critiqué le port du hidjab en affirmant, dans un discours à la nation, que cet accoutrement est importé d’ailleurs et ne correspond nullement aux traditions ancestrales du peuple algérien ? Mais que reste-t-il aujourd’hui de ces traditions ancestrales lorsque des enfants endoctrinés par un islamisme rampant dictent leur loi, lorsque les responsables censés veiller au strict respect de l’école en tant que lieu d’épanouissement du savoir refusent de voir la réalité en face ?

    La réalité est que la mouvance intégriste poursuit son œuvre de démolition des valeurs de la République. Même si le terrorisme a été vaincu militairement, l’extrémisme religieux demeure intact. Pis, il est encouragé par une religiosité sans bornes qui a même investi le terrain social, après le politique. Lorsque des lycéens se font recruter par les groupes armés et acceptent de mourir pour on ne sait quelle cause, la réforme de l’école est déjà un échec et quand des adolescents fraîchement pubères osent dicter la tenue vestimentaire à celle qui est censée leur inculquer le savoir, c’est l’échec de toute une société qui n’a pas su transmettre les véritables principes d’une religion réputée pour sa tolérance.


  3. #3
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Lundi 1 Octobre 2007 -- L’intégrisme est de retour dans nos écoles. C’est là une vérité palpable. En témoigne le cas incroyable de cette enseignante de français à qui un groupe d’élèves de 2e année secondaire avait intimé l’ordre de porter le hidjab, car selon eux, laisser apparaître ses jambes pendant le mois de Ramadhan est “haram”. Ce qu’a vécu cette enseignante aura eu tout de même le mérite d’interpeller au plus haut niveau les responsables de l’État qui ont décidé d’agir avec fermeté. C’est en tout cas ce que nous avons cru comprendre, à travers les propos du ministre de l’Éducation qui nous a fait part de la détermination de l’État “à sévir” face à ce phénomène.

    Comme première réaction à la menace subie par cette enseignante, Boubekeur Benbouzid a décidé la mise en place d’une commission d’enquête en chargeant personnellement trois directeurs de l’éducation de la wilaya d’Alger pour prendre attache avec l’établissement dans lequel le fait s’est produit. Mais le plus important, c’est ce qui se passera à l’avenir. En effet, Boubekeur Benbouzid nous a parlé d’un travail en commun qui se fera désormais entre son département et le ministère de l’Intérieur. “C’est pour donner un signal fort, que personne ne bouge”, nous a-t-il déclaré hier.

    Quelle forme prendra cette collaboration ? Verra-t-on dans les prochains jours des brigades de police faire des descentes inopinées dans les établissements scolaires à problème ? Ce qui est sûr, c’est que Benbouzid a décidé de frapper sans plus tarder pour endiguer ce phénomène d’intolérance que lui-même avait combattu dans les années quatre vingt-dix en expurgeant les manuels scolaires des contenus intégristes, à l’image de “la toilette du mort” ou “le jugement dernier” enseignés aux élèves en guise d’éducation religieuse. Sévir donc sera désormais le mot d’ordre. Et cela en traduisant devant le conseil de discipline tout élève qui se rendrait coupable d’actes d’intolérance vis-à-vis des enseignants.

    Ces mêmes enseignants sont également invités à porter systématiquement à la connaissance de l’administration des faits témoignant d’une attitude intolérante de la part des élèves. Outre le bâton, à travers une plus grande rigueur disciplinaire, le ministre de l’Éducation compte faire aussi dans la prévention, notamment dans les quartiers où les établissements scolaires où les élèves sont exposés à la tentation intégriste.

    Rigueur disciplinaire et prise en charge psychologique

    Le ministre de l’Éducation compte dans ce cadre mettre en place des équipes de psychologues qui seront chargées du suivi des élèves. Des cantines scolaires seront mises à leur disposition à titre gracieux. Et, sans doute le maillon fort de ce dispositif, doter ces établissements d’ordinateurs de façon à leur offrir une alternative aux cybercafés du quartier où ils se connectent sur les sites djihadistes. Ce sont là donc là les grands axes de la démarche que les pouvoirs publics comptent mettre en œuvre pour faire barrage à la menace intégriste qui pèsent sur certains lycées, notamment dans les quartiers populaires comme Bourouba d’où est issu le kamikaze qui s’est fait exploser dans la caserne de Dellys.

    Si l’école à une part de responsabilité dans le regain de ce phénomène, elle n’est pas la seule, selon le ministre de l’Éducation qui met le doigt sur un autre point fondamental, à savoir le rôle des parents. Ils sont démissionnaires, selon lui, et n’assument pas leur part de responsabilité dans la prise en charge de l’enfant. D’où de son point de vue la nécessité d’une articulation plus efficace entre parents et administration scolaire.

    Outre ce problème lié à une nouvelle poussée d’intégrisme dans l’institution scolaire, le ministre de l’Éducation a évoqué un autre dossier qui est au cœur de l’actualité nationale, à savoir la nouvelle grille des salaires. D’emblée, le ministre de l’Éducation précise qu’il s’agit d’une grille nationale, c'est-à-dire une grille qui touche tous les fonctionnaires. Mais selon lui, les enseignants en seront les principaux bénéficiaires. M. Benbouzid persiste à dire que cette grille “est une révolution”.

    En fait, les enseignants auront une augmentation générale et une autre augmentation qui découlera de l’application du statut particulier, lequel va privilégier le diplôme. Le ministre de l’Éducation s’est, à ce propos, félicité du dialogue engagé avec les partenaires syndicaux qu’il a eu à rencontrer il y a deux semaines. Au passage, il rappelle qu’il n’a jamais été question de suppression de postes budgétaires dans les lycées, bien au contraire.

    La nouvelle grille des salaires profitera aux enseignants

    C’est là une précision par rapport à ce qui a été rapporté dans la presse, sur la foi des propos tenus par le responsable du CLA lors du dernier rassemblement devant la Direction de l’éducation du centre d’Alger. Tout en reconnaissant que les salaires dans le secteur de l’enseignement ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils auraient dû être, Benbouzid estime qu’avec les augmentations successives obtenues ces dernières années, les enseignants ont quasiment réussi “à doubler” leurs salaires.

    Autre point : la réforme. Selon lui 80% des recommandations de la commission Benzaghou appliquées, comme en témoigne le travail des commissions d’évaluation. Une application qui se fait avec des ajustements et de la rectification apportée en cours de route. Cependant Benbouzid, contrairement à ses prédécesseurs, veut éviter de tomber dans le piège de l’idéologie qui a miné l’école. Seul le pragmatisme, la performance et l’efficacité comptent pour lui quand il s’agit de faire des évaluations. Et c’est dans cet esprit qu’un travail avec le ministre de l’Enseignement supérieur est en train d’être mené au sujet de l’enseignement des matières scientifiques.

    En partant du fait qu’au niveau des grandes écoles et de l’université algériennes, les matières scientifiques sont enseignées en français, il n’est pas exclu que l’on opte pour cette langue comme cela se faisait par le passé. Il s’agira en fait, à travers cette option, si elle venait à être retenue, de mettre un terme à une forme de déperdition. C’est-à-dire qu’il existe de nombreux élèves qui font des études brillantes dans les filières scientifiques en arabe dans les lycées, mais une fois à l’université, ils n’arrivent plus à suivre, à cause de l’obstacle de la langue et finissent par opter pour des filières littéraires en désespoir de cause, où carrément abandonner avec les frustrations qu’une telle situation génère. Loin de toutes considérations idéologiques, Benbouzid et son collègue Harraoubia veulent remédier à cette situation, conséquente d’une politique d’arabisation irréfléchie.

    D’ailleurs, dans les nouveaux manuels de mathématiques, les symboles sont en caractère latin et des annexes de terminologie y figurent aussi. Une manière de familiariser déjà l’élève à lire de droite à gauche et le préparer ainsi aux études universitaires où dans les filières scientifiques, c’est la langue de Descartes qui est en usage. Comme cela se fait chez nos voisins marocains et tunisiens où la bataille d’arrière-garde des langues n’a jamais eu lieu.


  4. #4
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Lundi 1 Octobre 2007 -- Les abribus de Sahel-Bouberak, à Sidi-Daoud, ne sont pas faits pour la mixité. Et pour cause, ces infrastructures sont séparées au milieu par une murette pour créer ainsi deux abribus, l’un pour les hommes, l’autre pour les femmes.

    Et pour signifier aux voyageurs cette manière de faire d’un autre âge, il est bien écrit sur les murs “partie hommes, partie femmes” ! Même les pauvres élèves sont sommés de respecter “l’enseigne” et de s’y conformer, de peur d’être “interpellés” par les gardiens du temple moral, des salafistes style “afghan” qui rôdent aux alentours. Ainsi, après la fameuse affaire du hidjab qu’on impose aux enseignantes dans les écoles, voilà que des citoyens sont obligés de respecter des abribus qui n’ont rien à envier à ceux de… Kaboul et de Peshawar.


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