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  1. #1
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    Pour les péchés de leurs pères : Ces enfants interdits... d'école !


    Lundi 1 octobre 2007 -- A Bougara, Ouled Slama ou dans d’autres régions, il y a encore des enfants qui ne sont pas admis à … l’école ! Leur seul tort est que leur père, ou parfois leurs deux parents, activait dans les maquis avec les groupes armés. Résultat : ils n’ont aucune existence légale.

    Les promesses du ministère de l’Education nationale de prendre en charge ces enfants pour leur scolarité et même au niveau social, en leur facilitant notamment les démarches administratives pour leur entrée à l’école, n’ont été finalement pas été tenues.

    Les familles concernées n’ont jamais rien vu venir. Il n’y a jamais eu de note ministérielle destinée aux directeurs d’école pour accepter ces enfants. Certains de ces directeurs finissent, à titre humanitaire, par les accepter, mais ils ne peuvent pas passer par la suite leur examen de 6e car n’ayant pas de papiers administratifs.

    Les magistrats et les avocats ont les mains liées puisqu’ils ne disposent d’aucune assise juridique pour aider ces enfants. Le collectif des avocats dit trouver des difficultés pour régulariser leurs dossiers. Les magistrats, eux, se limitent, en l’absence d’un article précis dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, à appliquer l’article relatif à l’affiliation du code de la famille.

    Pour eux, la charte a bel et bien omis cette catégorie d’enfants.

    Lundi 10 septembre. Il est presque midi lorsque nous arrivons au quartier Rmili à la sortie de Bougara, connu durant la décennie noire comme étant une zone interdite. Le quartier était interdit à toute personne étrangère y compris les forces de sécurité. Aujourd’hui, ce sont les enfants de ce quartier qui sont presque «interdits» d’école. Ici, notre but est de les rencontrer. Pourquoi sont-ils interdits d’école ? Parce qu’ils sont soit nés au maquis, soit venus au monde en l’absence de leur père qui se trouvait dans les rangs des groupes armés.

    Même si plusieurs cas ont été déjà régularisés, d’autres attendent leur tour. Ces enfants ne sont pas inscrits à l’état civil, ils n’ont donc pas d’existence légale. Parfois, même le mariage de leurs parents était illégal, les papiers étant contrefaits par certains agents de l’état civil qui travaillaient pour le compte des groupes armés.

    Quand l’école devient un… rêve

    Ces enfants sont classées comme victimes de la tragédie nationale, mais la Charte pour la paix et la réconciliation nationale n’évoque leur cas dans aucun de ses articles. Aujourd’hui, ces enfants, loin de toute considération politique et sociale, souffrent le martyre pour être admis à l’école, un des droits fondamentaux consacrés par la Constitution et les conventions internationales des droits de l’homme.

    A ce rythme, leur intégration sociale ne semble pas être pour demain. Sans existence légale, donc sans… école. A l’issue de notre discussion avec les mamans et certains de ces enfants, il s’avère que, finalement, aucune des décisions du ministère de l’Education nationale n’a été appliquée.

    Aucune facilitation administrative ne leur a été accordée, comme annoncé déjà en mai dernier par le ministre Benbouzid. Pas d’extrait de naissance, pas d’école ! Et il n’est pas question de négocier avec les directeurs d’école sauf s’il s’agit d’une connaissance personnelle.

    Votre enfant a été pourtant admis à l’école, sans aucune existence légale ? avons-nous demandé à une maman. Le directeur connaît bien le collectif de Bnat Fatma Nsoumer. C’est grâce aux filles de cette association que le directeur a accepté mon enfant à l’école, nous répond-elle.

    En attendant les décisions de justice pour leur éventuelle régularisation, certaines familles comptent alors sur leurs connaissances pour scolariser leurs enfants. «La directrice est de mon patelin», nous dit une autre maman. La vie n’est toujours pas «rose» pour d’autres.

    Car, ce ne sont pas tous les directeurs d’école qui enfreignent la loi. D’autres respectent cette la loi même au détriment de leurs enfants. «Ils ne peuvent pas risquer leur poste», nous témoigne Mme Kezal, présidente du collectif Bnat Fatma Nsoumer.

    A sa simple admission en classe «sans papiers», le cauchemar est loin d’être terminé. Quand l’élève arrive à la classe d’examen, (désormais ex-6e), il est automatiquement… exclu ! Il ne peut être admis pour cet examen, dans la mesure où il n’est pas répertorié dans le fichier national des scolarisés au niveau de la direction de l’éducation.

    La promesse du ministère de l’Education… en l’air

    Amel, aujourd’hui une fillette de 11 ans, est venue au monde alors que son père était au maquis et activement recherché. Elle n’a connu ni son père ni ses oncles paternels ou maternels.

    Ils activaient tous au sein des groupes armés. Ses parents se sont mariés en 1994. «Mon mari avait pris quelques jours de répit pour effectuer les démarches pour le mariage. Je savais qu’il était au maquis», nous raconte Fatiha, sa maman.

    Agée de 31 ans à peine, la jeune maman tente à chaque fois de se réconcilier avec elle-même pour dire que c’est mon destin, «el maktoub». Avec un peu de remords et beaucoup de chagrin, la maman continue de raconter : «Nous avons organisé notre fête de mariage le plus normalement du monde.

    Il y avait l’imam pour lire la fatiha et nous avons même officialisé notre union au niveau de l’état-civil.» Pour cette jeune maman qui nous a reçus à la maison de ses parents, où elle vit actuellement, elle avait bel et bien un acte de mariage.

    Une surprise l’attendait des années plus tard : elle prend conscience que cet acte est… falsifié ! «Je ne pouvais pas douter qu’un acte de mariage pouvait être falsifié, dans la mesure où j’avais mon livret de famille.» - Comment a-t-il pu être falsifié ? - C’est simple, l’état-civil dans cette région était presque dépendant des groupes armés.

    Il y avait en permanence un agent qui activait avec ces groupes et il prenait en charge toutes les démarches de mariage avec un cachet, également falsifié, en sa disposition. - C’est-à-dire ? - Je vous donne l’exemple de mon mari : il était impossible de déclarer son mariage officiellement dans la mesure où il était recherché par les forces de sécurité.

    Et ainsi faisait-il cela avec toute personne recherchée qui désirait se marier. Mais Fatiha insiste sur le fait qu’elle ignorait toutes ces pratiques. Elle en a pris conscience, dit-elle, bien plus tard. «Moi, j’avais un livret de famille. D’ailleurs, je n’avais aucun problème pour mon admission à l’hôpital lors de mon accouchement en 1996.» - Vous étiez encore avec votre mari à cette époque-là ? - Non, il est mort en 1995. A ce moment-là j’étais enceinte. En tout et pour tout, je n’ai vécu avec lui qu’une année.

    - Comment l’aviez-vous su ? - C’est mon frère qui l’a d’ailleurs enterré. Il activait lui aussi avec les groupes armés. Fatiha, à la mort de son mari, la jeune maman, vit un véritable cauchemar. Sans livret de famille légal, difficile d’enregistrer sa fille à l’état-civil...

  2. #2
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    continued.....

    Mariée en 1994, ce n’est qu’en 2001 qu’elle a pu avoir un livret de famille authentique. Avant de continuer son histoire, nous nous sommes permis de l’interrompre pour qu’elle fasse attention à ses dires devant Amel, encore jeune pour se soucier des agissements des adultes.

    Elle rit : «Ne vous inquiétez pas, elle est au courant de tout, au même titre que ses cousines et ses voisines qui vivent la même situation.» - Ce n’est donc pas un secret de famille ? - Non, surtout pas cela. Tout le quartier est dans le même cas.

    La majorité des hommes était au maquis et, actuellement, toutes ces femmes que vous voyez là sont veuves. Fatiha raconte en présence de sa mère, celle-ci n’arrête pas d’hocher sa tête pour accentuer son chagrin. La jeune maman dit avec fierté qu’elle a pu régler le problème de l’existence légale de sa fille à quelques jours de la rentrée des classes.

    Autrement, Amel aurait vécu le cauchemar comme des centaines d’autres enfants pour qui l’école devient un rêve, à cause de leurs parents. «Dieu merci, ma fille, contrairement à mes neveux et d’autres voisins, a échappé de justesse à la non-scolarisation», témoigne-t-elle.

    Je veux qu’elle continue ses études, ajoute-t-elle. Pendant quatre longues années, son quotidien se résumait aux va et vient entre les APC et les tribunaux pour que sa fille soit admise, à temps, à l’école. La maman avait retrouvé espoir après la promulgation de la charte pour la paix et la réconciliation nationale que sa fille, actuellement en 4e année primaire, puisse bénéficier d’une prise en charge psychologique.

    «Elle oublie beaucoup et elle se concentre mal sur ses cours. Cela m’inquiète et je crois que, psychologiquement, elle est touchée par tout ce que j’ai enduré et qu’elle est en train de subir elle aussi», nous témoigne la femme qui affiche son regret que sa fille ne soit pas prise en charge par un psychologue à l’école.

    Pour cette maman, de toutes les démarches annoncées depuis 2005 en faveur de ces enfants par le ministère de la Solidarité et celui de l’Education nationales, il n’y a que la prime de scolarité, fixée à 2 000 dinars, qu’elle continue d’apercevoir, au même titre que tous les enfants démunis ! Fatiha remercie Dieu : «Hamdoullah, c’est mieux que rien.» Livres gratuits, trousseaux scolaires… cette famille n’a rien vu venir.

    C’est grâce aux dons du collectif Bnat Fatma Nsoumer, présent en force dans les quartiers de Bougara, que certaines familles arrivent à survive. - Mais comment alors vous vous en sortiez pendant que votre mari était au maquis ? Hésitante, elle finit par répondre : «Nous avons toujours eu des salaires de la part du groupe armé, ils étaient reçus régulièrement.

    Nous n’avons jamais été dans le besoin. Mais après…» Amel et les autres Amel aujourd’hui vit grâce aux dons de bienfaiteurs. Il nous a été impossible de lui arracher quelques mots. Très méfiante et timide, la fille ne répond jamais à nos questions.

    Elle ne révèle même pas son nom. C’est sa cousine, Zhor, qui ne connaît pas non plus son père, qui répond parfois à sa place. Elle dit qu’elle est mal classée à l’école. Amel réplique en colère : «Nous avons un mauvais professeur, il ne sait rien faire d’autre que frapper.» Profitant de sa colère, nous insistons pour lui poser quelques questions.

    Amel oppose un non catégorique : «Pourquoi me posez-vous toutes ces questions ? Pour les publier dans le journal ?» Les filles, Amel, Zhor et Nardjess, orphelines également de leurs pères morts au maquis, sont traitées comme des adultes.

    Pas de décolletés, pas de vêtements courts ; l’une d’elles porte en permanence un foulard à la maison. Vous portez déjà le hidjab ? Non, pas encore, mais j’ai pris l’habitude de porter ce petit foulard, répond Zhor. L’autre est vêtue d’une tenue très stricte, une longue liquette avec un pantalon large.

    Zhor et Nardjess sont des cousines. Elles vivent également chez la vieille Zineb, leur grand-mère maternelle, mère de Fatiha. Zineb semble très affectée par son destin et par celui de ces filles. Tous ses petits-fils et ses petites-filles sont des orphelins.

    En tout, elle a trois filles et un garçon. Les filles ont toutes perdu leur mari au maquis, et l’unique garçon, après qu’il eut rejoint le groupe armé en 1994, est porté disparu en compagnie de sa femme depuis 1997. Le couple a laissé dernière lui Abdellah et Fatima.

    Cette dernière vit aussi chez sa grand-mère paternelle. Si Amel a de la chance d’être régularisée au niveau de l’état-civile avant l’âge de scolarisation, son cousin Abdellah et sa sœur n’ont été admis à l’école qu’au-delà de 6 ans ! Ces deux enfants n’ont pas connu leur père.

    Le garçon avait à peine 40 jours lorsque ses parents ont disparu et la fille en avait deux ans. Pour cette rentrée, le garçon est admis dans la classe de 5e année primaire. Sortez vite, l’inspecteur arrive Comme Nardjess, Amel ou Abdellah, ils sont nombreux à vivre la même situation.

    Les statistiques officielles parlent de 600 cas, selon M. Djamel Ould-Abbès, ministre de la Solidarité nationale. Mais pour le collectif, chaque cas est un drame. Le ministre s’est engagé, lors d’une de ses sorties médiatiques, à prendre en charge ces enfants mis au monde aux maquis, sur les plans psychologique et éducatif, et ce, même après leur inscription à l’école.

    Lorsque nous avons voulu vérifier ces promesses sur le terrain, certaines familles ont affiché leur étonnement. «De toute façon, nous n’avons rien vu», disent-elles. Vrai ou faux ? Le constat est tout autre, selon les familles et mêmes le collectif de Bnat Fatma Nsoumer.

    Sur le terrain, si ces enfants sont scolarisés, grâce à la gentillesse exceptionnelle de quelques directeurs d’école, ils sont cependant appelés à s’absenter contre leur volonté. En effet, les enseignants ou le directeur leur ordonnent de ne pas venir en classe s’ils devaient y avoir une inspection.

    Pour ces enfants, les cours deviennent presque un «péché». Dans la mesure où c’est le directeur qui nous rend un service, l’inspecteur ne doit absolument pas se douter de quelque irrégularité que ce soit. De ce fait, l’élève ne doit pas rester en classe, nous explique le même collectif.

    S’ils arrivent également à franchir tous ces obstacles durant l’année scolaire, l’élève, après beaucoup d’efforts, est interdit de l’examen de la 6e, en l’absence des pièces administratives.

  3. #3
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    Lundi 1 octobre 2007 :


    Le Jeune Indépendant : Vous êtes en contact permanent avec ces enfants. Comment parvenez-vous à juger leur état psychologique ?

    Mme Dalila Zakal : Etant en contact permanent avec ces enfants, je tiens à vous dire que leur état psychologique est entre la douleur et la violence.

    Depuis quelques années, ils étaient hystériques et nerveux. Un comportement difficile à expliquer dans la mesure où certains parlent peu et restent réservés.

    A votre avis, quelle est la solution à cette situation ?

    Psychologiquement, je vous rassure que le collectif a mis à leur disposition des psychologues pour leur parler.

    Des groupes de discussions se tiennent chaque lundi. Les résultats sont inattendus et incroyables. Les enfants deviennent plus souples et attentifs. Ils chantent, dansent et rient. Il ne s’agit plus de la haine que nous avons ressentie au premier jour de leur réception.

    Ils ont fini par coopérer avec le psychologue. Il faut également savoir que chaque cas est différent de l’autre. Notre but est de créer de la chaleur entres eux pour que demain ils seront en mesure de se respecter. Vous remarquez d’ailleurs que le collectif reçoit également des enfants victimes de la tragédie nationale, contrairement aux autres, lesquels leurs pères avaient été tués par les terroristes.

    Dans cette salle, nous recevons les deux catégories. Elles ont parfaitement compris qu’elles sont appelées à vivre ensemble et à enterrer la hache de guerre. Je vous annonce, à la même occasion, que nous comptons à partir de ce mois collaborer avec la fondation Boussebssi afin de prendre en charge psychologiquement les enfants victimes de traumatismes.

    D’ailleurs, vous leur donner des cours sur les droits de l’homme ?

    Effectivement. C’est une initiation à cet important chapitre. Avec cette démarche, nous tentons à fermer avec eux la brèche que les groupes armés ont ouverte. Ils sont souvent conscients de leur situation.

    Nous sommes en train d’ailleurs de préparer, à l’aide d’une scénariste et de Mme Ouared, une pièce théâtrale sur ce thème. Une façon d’inculquer ce sujet à ces enfants et de faire passer ensuite le message aux autres.

    Parlons justement des autres. Aviez-vous saisi les autorités concernées sur la nécessité d’aider ces enfants ?

    Evidemment, nous avons saisi les ministères de la Justice, de l’Intérieur, le wali et le chef de daïra. Nous les avons saisis par écrit. Mais la situation est presque la même.

    Je me demande parfois a-t-on vraiment envie que ces enfants sortent du marasme ?

    Y a-t-il une volonté politique pour eux ?

    Vous me parlez des annonces faites par le ministre en faveur de ces enfants, il n’a qu’à venir les voir. C’est l’absence totale de l’Etat.

    Où est donc la faille ?

    La charte a oublié ce point essentiel.

  4. #4
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    Mohamed Zaâf :

    Lundi 1 octobre 2007 -- Deux années se sont écoulées depuis la promulgation de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale dans notre Algérie qui, depuis le coup de force de 1992, fut plongée dans un drame nous donnant l’impression, ces derniers mois, de vivre un retour d’âge.

    Une tragédie humaine que les mots ne peuvent à eux seuls décrire mais qu’on veut prolonger dans le sang, sans la moindre compassion pour nos populations martyres. Un engrenage infernal qui broie tout ce qu’il happe, jusqu’aux enfants innocents.

    Un enfant, ça ne fait pas de politique, ça n’a pas d’ennemi, mais un enfant, ça retient ! Des enfants, qui n’ont pas demandé à venir au monde et encore moins à être projetés en Algérie, se trouvent sevrés du savoir dans un pays où les textes en vigueur déclarent l’enseignement obligatoire.

    Ils ne peuvent s’inscrire à l’école comme le font les autres enfants. Leur tort ? Ils sont nés de parents qui ne se trouvent pas dans le camp du vainqueur. «L’échec est orphelin», aimait dire le président Boumediene, que Dieu agrée son âme.

    Des parents qui les ont procréés dans la clandestinité, sinon dans les maquis de la décennie rouge. Des recherchés qui, naturellement, évitent de se rendre dans les locaux de la municipalité, chez les services de l’état civil. Sans inscription à l’état civil, il n’y a pas de certificat de naissance, et sans certificat de naissance, il ne peut y avoir d’inscription à l’école.

    Certains établissements se montrent à la hauteur, font un pied de nez à la réglementation et accueillent les enfants pour une scolarisation dans… la clandestinité. L’Etat en tant que tel n’a jamais affiché sa volonté d’interdire les bancs de l’école à la progéniture des «égarés».

    Bien au contraire, la démarche du pouvoir se veut plutôt apaisante. Ce qui n’explique pas le vide juridique qui freine une scolarisation franche, légale, en adéquation avec nos valeurs nationales. Benbouzid a bien promis de régler convenablement le problème des écoliers clandestins.

    Sauf qu’il lui arrive de plus en plus souvent de ne communiquer que par télépathie avec son département. L’écrit, la circulaire, les notes de service, ça fait vieux jeu ! C’est la clandestinité qui est aujourd’hui à la page ! Mais rien ne dit qu’un jour l’un des écoliers clandestins ne sera pas ministre de l’Education et qu’il ne règlera pas les problèmes dès qu’ils se posent, avec compétence et en toute transparence.

    Rien ne dit non plus que l’un d’eux ne pensera pas un jour à prendre ses problèmes par la main et à aller se faire exploser et donner du travail aux journaux. Mais dans l’immédiat ? Qui de nos responsables possède assez de conscience pour s’intéresser à l’avenir de ces enfants tout à fait algériens ? L’enfant de l’égaré se trouve plus ou moins dans le cas de WAFA ou du FD.

    Il est bel et bien né, mais il n’a pas d’existence officielle. Comme WAFA et le FD, il n’a pas obtenu le «ticket» qu’on délivre aux autres ! Restera-t-il tranquille comme eux ?


  5. #5
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    Dimanche 23 Mars 2008 -- Djamel Ould Abbès, ministre de la Solidarité nationale, a annoncé que le dossier du retour des professeurs et imams impliqués dans le terrorisme à leurs postes de travail était clos. Il a révélé qu’un « travail » est effectué avec les services de sécurité au sujet du dossier des enfants qui sont nés dans les fiefs terroristes, et les résultats sont attendus au mois de juin prochain.

    Ould Abbès a révélé, hier, aux journalistes, en marge de la rencontre internationale sur le terrorisme à Alger, que les services de secteur de la solidarité ont achevé leurs enquêtes sociales concernant une catégorie de travailleurs radiés par les autorités, et cela sur la base de rapports sécuritaires les accusant de faire l’apologie des groupes terroristes, durant les années 90. Les enseignants dans les écoles et les Universités arrivent en tête de cette catégorie.

    Ould Abbès a précisé que « certains postes sensibles font que les personnes impliquées dans la promotion du terrorisme ne peuvent rejoindre leurs lieux de travail », tout en indiquant que le ministère de la Solidarité s’engage à garantir le retour de cette catégorie à leurs postes « si la Loi le permet ». Au cas où le concerné refuserait la fonction que lui propose le ministère, celui-ci bénéficiera du dédommagement.

    Dans le même contexte, le ministre de la Solidarité a évoqué « un travail effectué avec les services de sécurité », au sujet des enfants nés dans les refuges des terroristes et de pères membres des groupes islamistes armés. Il a déclaré que les résultats apparaîtront au mois de juin, sans révéler de détails.

    Ould Abbès a indiqué que la régularisation de leur situation administrative se fait encore au niveau de la sécurité sociale, et leur véritable nombre n’est pas connu jusqu’à présent.

  6. #6
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    Amel Blidi :


    Samedi 29 Mars 2008 -- Les enfants nés dans les maquis terroristes dont certains n’ont pas « d’existence légale » devraient faire l’objet d’un recensement, selon le ministre de la Solidarité nationale. « Un recensement est actuellement en cours afin d’identifier le nombre exact d’enfants nés dans les maquis », a annoncé, jeudi à Médéa, Djamel Ould Abbès.

    Dans une déclaration reprise par l’APS, en marge de sa visite d’inspection et de travail dans la wilaya, M. Ould Abbès a précisé que le processus d’identification des enfants nés dans les maquis, entamé depuis quelques mois, « progresse sur le terrain malgré le caractère spécifique et laborieux de cette opération ». Le ministre a précisé qu’une dizaine d’enfants ont été récupérés par les troupes de l’Armée nationale populaire (ANP) et confiés aussitôt à ses services qui ont procédé à leur placement dans des structures spécialisées relevant M. Ould Abbès a également indiqué que le recours à l’identification par ADN est l’une des solutions préconisées par son ministère, ajoutant qu’un projet de loi allant dans ce sens est actuellement à l’étude au niveau de la chefferie du gouvernement.

    Trois ans après la promulgation de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, la récupération et l’enregistrement de ces enfants sont l’un des plus grands chantiers de l’après-terrorisme. Il s’agit de les aider à s’insérer dans la société, d’autant que pendant de nombreuses années le seul univers qu’ils connaissaient était celui des montagnes. Leur vie dans les maquis devait être rythmée par la terreur et le sang. Certains d’entre eux sont le fruit de « zawadj el moutâa » (mariages de jouissance), de viols ou de femmes contraintes à suivre leur mari. Ils se déplaçaient dans les forêts, se réfugiaient dans des grottes, fuyant les offensives de l’ANP. Selon des indications des médias, leur nombre avoisinerait les 80 enfants dont une dizaine a été recueillie par des proches.

  7. #7
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    Samedi 29 Mars 2008 -- Enfant sans existence légale ou enfant d'identité inconnue, les deux appellations désignent la même personne. Il s'agit des enfants nés dans les maquis, victimes de la tragédie nationale. L'opération de recensement de ces enfants, lancée, il y a quelques mois par le ministère de la Solidarité nationale, est toujours en cours dans le but de les identifier et avoir leur nombre exact, a affirmé jeudi, le ministre, à partir de Médéa où il effectuait une visite de travail.

    Selon ses déclarations, une dizaine d'enfants nés au maquis ont été récupérés par les troupes de l'Armée nationale populaire (ANP) et confiés aux services du ministère pour être placés au niveau des structures spécialisées. La situation de ces enfants, victimes de la tragédie nationale, n'a pas encore été clarifiée. Le processus risque d'être long avant d'inscrire leur nom sur le fichier de l'état civil. La sensibilité et la spécificité du dossier a donné du fil à retordre aux spécialistes dans le domaine et notamment les magistrats.

    La difficulté d'identifier ces cas réside, en effet, dans la reconnaissance des unions qui ont été contractées au maquis. Ces mariages établis, très souvent, sans assise légale et où la femme a été mariée deux ou trois fois, il était très difficile de déterminer la paternité de l'enfant. Pour les terroristes morts, il faut des preuves pour délivrer à leurs épouses des extraits d'actes de décès. Le problème se pose également pour les terroristes emprisonnés et qui ont eu des enfants nés au maquis. La loi oblige ces derniers à reconnaître le mariage. Sur l'avancement de cette opération très complexe, le ministre de la Solidarité, cité par l'APS, a indiqué qu'elle progresse sur le terrain malgré son caractère spécifique et laborieux.

    Pour confirmer la paternité de ces enfants, le ministère préconise l'identification par tests ADN qui sera obligatoire dans le cadre de l'application d'une nouvelle loi qui est actuellement à l'étude au niveau de la chefferie du gouvernement, a encore annoncé le ministre. En application de cette loi, les pères présumés de ces enfants sont obligés de subir des tests ADN afin de reconnaître leur filiation. La mère sera aussi protégée par cette loi, dans le cadre d'une « kafala », et aura droit à toutes les facilités pour élever son enfant et lui assurer une vie décente. Selon les statistiques du ministère, 700 enfants, victimes de la tragédie nationale, d'identité inconnue ont été recensés en 2005 et que l'Etat s'engage à prendre en charge et à protéger.

    Sur la prise en charge psychologique et sociale, le ministre a annoncé la réalisation prochaine d'une dizaine de centres spécialisés dans le dépistage précoce de traumatismes auprès des enfants souffrant de traumatismes liés à cette période, ainsi que la mise en place d'un programme d'aide à domicile au profit des femmes au foyer.

    Rappelons que le ministère a dégagé une enveloppe de plus de 18 milliards de dinars pour l'indemnisation des victimes de la tragédie nationale dont plus de 7 milliards de dinars ont été déjà dépensés. Plus de 13 000 dossiers d'indemnisation ont été retenus dans le cadre de la mise en oeuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale.

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