Mardi 4 mars 2008 -- Le constat de la Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (LADDH) est sans appel. Son président a brossé hier un tableau peu reluisant de l’état des droits de l’homme. Maître Mustapha Bouchachi a évoqué hier les cas de torture aussi bien dans les prisons que dans les locaux de la police. Il a également parlé du maintien injustifié de l’«état d’urgence et de la nécessité de favoriser les lois qui encouragent l’alternance au pouvoir».
Interrogé sur l’opportunité de réviser la Constitution, le président de la LADDH a estimé que «les Etats qui changent de Constitution tous les dix ans ne donnent pas une image très sérieuse» ajoutant que la question qu’il faut surtout poser c’est l’opportunité de réviser ou pas. «A la LADDH, nous sommes favorables aux lois qui respectent l’alternance au pouvoir, celles qui garantissent les libertés».
Maître Ali Yahia Abdenour a également un avis à donner à ce sujet. «Si la Constitution est changée, ça sera la 5e fois mais le pire, c’est que nous restons dans le même régime. En principe, la Constitution change avec les changements des régimes, pas des hommes. Chez nous, les hommes se taillent des costumes à leur convenance» dit-il.
En commentant le maintien de l’état d’urgence, le président de la LADDH considère que «cette situation donne la possibilité de brimer les libertés individuelles et syndicales. Il s’octroie le droit d’organiser des manifestations lorsque cela l’arrange mais brandit l’état d’urgence dès que c’est la société civile qui veut s’exprimer ». Une analyse qui mènera l’orateur à demander la levée de l’état d’urgence dans les meilleurs délais.
Ce dernier n’a pas caché son indignation face aux cas de tortures de plus en plus fréquents. «Du côté des officiels, on a toujours évité d’en parler mais il faut savoir que beaucoup de citoyens s’en plaignent publiquement devant les tribunaux mais sans qu’aucune juridiction ne se saisisse de l’affaire. La semaine dernière, l’administration pénitentiaire est passée à la vitesse supérieure. Des prisonniers ont été torturés à la prison d’El Harrach par les gardiens. Ce qui s’est passé prouve la légèreté avec laquelle sont piétinées les conventions internationales. Je souhaite l’ouverture d’une enquête sur ce qui s’est passé.»
Sur un tout autre chapitre, Maître Bouchachi a appelé à l’ouverture d’un débat national sur la suppression de la peine capitale et au respect des libertés syndicales. Présent aux côtés du président de la LADDH, Maître Daoud a longuement parlé des harragas, évoquant des cas de disparition de jeunes rêvant de rejoindre l’Europe par tous les moyens. «Des dizaines de familles sont persuadées que leurs enfants sont emprisonnés en Tunisie. Ces disparus sont des citoyens algériens et méritent toute l’attention des pouvoirs publics.»
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6th March 2008 00:25 #1
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Algerian NGO chief voices concerns over human rights
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6th March 2008 00:26 #2
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March 5, 2008 -- In remarks cited by Le Soir d'Algerie and L'Expression on Tuesday (March 4th), Algerian League for Human Rights (LADDH) chairman Mustapha Bouchachi voiced concern about the human rights situation in his country. "Torture continues to be practiced both in prisons and police stations", he said, adding that "the state of emergency is maintained without a real reason". In force since 1992, it "allows the violation of individual and trade unions' freedoms", he elaborated.
"The authorities allow the organisation of demonstrations which support the ruling parties, but forbid those which give voice to civil society," he said. Bouchachi also condemned the death penalty and the possibility of revisions to the Constitution. "States which change the Constitution every ten years do not project a very serious image of themselves", he said, adding that his organisation is “in favour of laws which respect the alternation in power and guarantee freedom."







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