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  1. #1
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    Droits de l’Homme en Algérie : le rapport accablant des Américains


    Jeudi 13 mars 2008 -- L’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Alger a rendu public hier mercredi, à travers un communiqué de presse, le rapport du département d’Etat américain sur les droits de l’homme en Algérie en 2007. Ce rapport épingle l’Algérie sur la question des droits de l’homme et le respect des libertés, celles politiques en particulier. Il note, en effet, se référant aux affirmations d’avocats spécialisés dans les droits de l’homme que «une torture se poursuivait dans des établissements pénitentiaires par la DRS, très souvent contre des détenus pour des «raisons sécuritaires».

    Le rapport souligne également que «le gouvernement a utilisé des lois concernant la diffamation pour harceler et arrêter des journalistes et la presse a fait face à des représailles pour avoir critiqué des responsables dans le gouvernement». La saisie, lors de la Foire du Livre d’Alger, du livre de Mohamed Benchicou, les Geôles d’Alger ainsi que l’interdiction de 1100 livres religieux et autres supports ont été soulignées.

    Par ailleurs, le rapport a relevé que «le ministère de l’Intérieur a empêché quelques partis politiques et ONG de tenir des réunions». Le rapport a noté aussi que les élections du 29 novembre dernier ont été entachées d’irrégularités. «En date du 29 novembre, des élections locales pluralistes ont été tenues, mais le processus des élections a été miné d’irrégularités et d’accusations de fraude. Aucune surveillance des opérations de dépouillement n’était permise au niveau des communes, des wilayas ou au plan national.»

    Le rapport a relevé en outre que durant l’année 2007, l’Algérie n’a pas accepté le statut de réfugiés pour 28 personnes d’Afrique subsaharienne. «La loi prévoit l’octroi d’asile ou de statut de réfugié conformément à la Convention de 1951 des Nations Unies relative au statut des réfugiés et son protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour la protection des réfugiés. Toutefois, durant l’année 2007, et selon le Haut-Commissariat aux Nations unies pour les réfugiés, le gouvernement n’a pas accepté le statut de réfugiés, tel que déterminé par le HCR, pour 28 personnes d’Afrique subsaharienne.»

    Le rapport souligne que le gouvernement n’autorise pas la création de chaînes de radio et de télévision privées. Le texte a noté, en revanche, qu’aucun rapport faisant état de meurtres arbitraires ou illégaux par le gouvernement ou par ses agents n’a été établi. Il a noté également que, contrairement à 2006, il n’y a pas eu de rapport sur des prisonniers politiques ou détenus politiques. Le rapport note que le gouvernement a respecté la plupart des droits du travail prévus par la Constitution et par les lois existantes du travail.

  2. #2
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    Jeudi 13 Mars 2008 -- Le rapport en clair-obscur du département d’État américain sur les droits de l’Homme en Algérie en 2007 traite, pour ainsi dire, avec une certaine légèreté, une réalité algérienne, dont la méconnaissance manifeste prête allègrement le flanc à une schématisation propice aux amalgames.

    Il en est ainsi, par exemple, quand il s’est agi pour les observateurs américains de la scène politique algérienne de distribuer les bons points sur le chapitre de la participation libre et active au processus politique de ce qu’ils définissent comme “la minorité ethnique berbère”, dont le nombre est estimé par leurs soins à “environ neuf millions de personnes”. Neuf millions de personnes que le département d’État américain cantonne dans la région de Kabylie, avec tout ce que cela peut supposer en lectures grosses de lourds sous-entendus sur la situation des droits de l’Homme dans une région dont les Américains, pour des raisons qu’ils semblent être les seuls à connaître marquent la différence avec le reste du pays.

    À ce que l’on sache, l’Algérie a toujours revendiqué sa berbérité, consacrée du reste constitutionnellement comme l’un des principaux fondements de son identité. Loin d’être une concession à une minorité ethnique, la reconnaissance de la berbérité traduit une réalité nourrie à la mamelle de l’histoire du peuple algérien où se reconnaissent tous les citoyens de ce pays.

    Par ailleurs, le même rapport décline l’interdiction de la vente de plus de 1 100 livres religieux à caractère subversif durant la dernière Foire d’Alger comme une atteinte aux droits de l’Homme. Ignorant ainsi les ravages que ce genre de littérature, destinée à l’endoctrinement des jeunes, peut faire à un moment où le terrorisme reprend du poil de la bête.

    L’Algérie vient donc d’être gratifiée par le rapport du département d’État d’une bonne évolution de la situation des droits de l’Homme, puisqu’il était exclu, en 2007, de son état des lieux, les meurtres arbitraires ou illégaux, ainsi que les emprisonnements et les détentions à caractère politique dont il n’a jamais, par le passé, absous le gouvernement et ses agents.

    Le rapport relève à la décharge du gouvernement la présence massive des antennes paraboliques, faisant ainsi la part belle à l’ouverture du citoyen algérien sur l’Occident à travers les chaînes européennes (60% des ménages, selon les Américains). Toutefois, le document déplore que le gouvernement n’autorise pas la création de chaînes de radio ou de télévision privées.

    De bons points également sur le plan social où le rapport note que “dans les zones urbaines, des femmes ont été socialement encouragées à poursuivre des études supérieures ou une carrière”. Avec cette mention que “le taux de réussite au secondaire (baccalauréat) est meilleur chez les filles que chez les garçons.

    Sur la question des droits de travail prévus par la Constitution et par les lois existantes, le département d’État semble rassuré puisqu’il souligne que le gouvernement a respecté la plupart. Il le sera moins quand il s’agit pour lui des rapports du gouvernement avec les médias”. Le gouvernement a utilisé des lois concernant la diffamation pour harceler et arrêter des journalistes, et la presse a fait face à des représailles pour avoir critiqué des responsables dans le gouvernement.

  3. #3
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    Jeudi 13 Mars 2008 -- Les rapports du département d’Etat américain sur les droits de l’homme en Algérie se suivent et se ressemblent, à quelques nuances près. Le rapport 2007, rendu public hier, reprend quasiment les mêmes griefs contenus dans celui de l’année dernière. Atteintes à la liberté d’expression, refus d’agrément de nouveaux partis politiques et trucage des élections constituent les principaux feux rouges contenus dans le rapport 2007. Le document du département d’Etat s’est félicité tout de même du fait qu’il n’y ait « pas eu de rapports faisant état de meurtres arbitraires ou illégaux par le gouvernement ou par ses agents ». Au-delà des refus essuyés par les ONG des droits de l’homme pour la tenue de meetings, le rapport insiste sur le fait que « le gouvernement utilise des lois concernant la diffamation pour harceler et arrêter des journalistes et la presse a fait face à des représailles pour avoir critiqué des responsables dans le gouvernement ». On y trouve notamment les cas de Benchicou dont le livre Les geôles d’Alger a été interdit de vente, les 50 procès de Belhouchet et les affaires d’Echourouk et Al Bilad. Au chapitre politique, les élections locales pluralistes du 29 novembre ont été « minées d’irrégularités et d’accusations de fraude », estime le rapport. Et de souligner à l’appui qu’« aucune surveillance des opérations de dépouillement n’était permise au niveau des communes, des wilayas ou au plan national ». Au plan médiatique, le département d’Etat note que les antennes paraboliques « étaient très répandues et ont permis à environ 60% des ménages de suivre des chaînes européennes et arabes ». Mais il constate que le gouvernement « n’autorise pas la création de chaînes radio ou télévisées privées ».

  4. #4
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    Samedi 15 mars 2008 -- Le département d'Etat américain sur les droits de l'homme a rendu public son rapport sur la situation des droits de l'homme en Algérie en 2007. Ce rapport marque, d'un côté, une amélioration des droits de l'homme dans notre pays et, de l'autre, la persistance de certaines pratiques telles que la torture et l'emprisonnement des journalistes qui nuisent aux droits humains. Sur les conditions de la femme, le constat est plutôt positif, à voir la réussite de la femme dans ses études supérieures et sa participation dans la vie politique.

    Communiqué par l'ambassade des Etats-Unis à Alger, le document relève deux points positifs essentiels, présentés comme les premiers signes de recul de la violation des droits de l'homme. Le premier a trait à l'inexistence « de rapport faisant état de meurtres arbitraires ou illégaux » commis par « le gouvernement ou par ses agents ». Le second point concerne les cas de détentions arbitraires qui sont en nette régression, selon le rapport du département américain, qui révèle que « contrairement à l'année précédente, il n'y a pas eu de rapport sur des prisonniers politiques ou détenus politiques durant l'année ».

    Concernant les délits de presse et les conditions de détention au niveau des établissements pénitentiaires, le rapport américain ne fait état d'aucune avancée dans ce sens. Se basant sur des affirmations d'avocats spécialisés dans les droits de l'homme, le département américain indique que « des avocats spécialisés dans les droits de l'homme ont affirmé qu'une torture se poursuivait dans des établissements pénitentiaires. Très souvent contre des détenus pour des (raison sécuritaires) ». Il a souligné aussi que « le gouvernement a utilisé des lois concernant la diffamation pour harceler et arrêter des journalistes et la presse a fait face à des représailles pour avoir critiqué des responsables dans le gouvernement ». Sur le plan de la liberté d'expression, le département américain relève que « le ministère de l'Intérieur a empêché quelques partis politiques et ONG de tenir des réunions demandées par ces derniers ».

    Il a aussi évoqué le droit d'asile, affirmant que « la loi prévoit l'octroi d'asile ou du statut de réfugié conformément à la Convention de 1951 des Nations unies relative au statut des réfugiés et son protocole de 1967 et le gouvernement a établi un système pour la protection des réfugiés. Toutefois, durant cette année, et selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés, le gouvernement n'a pas accepté le statut de réfugiés tel que déterminé par le HCR pour 28 personnes d'Afrique subsaharienne ». Sur la tenue des dernières élections, le rapport est négatif, affirmant qu'« en date du 29 novembre, des élections locales pluralistes ont été tenues, mais le processus des élections a été miné d'irrégularités et d'accusations de fraude. Aucune surveillance des opérations de dépouillement n'était permise au niveau des communes, des wilayas ou au plan national ».

    Concernant le traitement des personnes, le département américain considère que « la loi ne défend pas la traite des personnes et, au lieu de cela, les responsables considèrent que la question est couverte par les lois existantes sur l'immigration clandestine. Il n'y avait pas d'indication d'implication officielle du gouvernement dans la traite ».

    Sur le plan d'ouverture vers l'extérieur, le département américain voit en la prolifération des antennes paraboliques un moyen d'ouverture vers les pays étrangers. Il souligne sur ce point que « les antennes paraboliques étaient très répandues et ont permis à environ 60% des ménages de suivre des chaînes européennes et arabes ». Il fera remarquer, cependant, que « le gouvernement n'autorise pas la création de chaînes radio ou télévisées privées ».

    Evoquant la région de la Kabylie, le département américain la qualifie de « minorité ethnique berbère d'environ neuf millions de personnes habitant dans la région de la Kabylie » et qui « a participé librement et activement au processus politique et a représenté un tiers des ministres au gouvernement ».

    Sur les droits de travail, le département donne un bon point au gouvernement algérien pour avoir « respecté la plupart des droits de travail prévus par la Constitution et par les lois existantes du travail ».

    Quant aux conditions de la femme, le département américain se montre positif, estimant que « dans les zones urbaines, des femmes ont été socialement encouragées à suivre des études supérieures ou une carrière. Le taux de réussite au secondaire (baccalauréat) est meilleur chez les filles que chez les garçons ». Sur sa participation dans la vie politique, le rapport indique qu'il y avait « trois femmes dans le gouvernement. Les femmes occupaient également 30 des 389 sièges de l'APN et quatre des 144 sièges du Conseil de la Nation » . Il souligne aussi qu'« une femme menait le Parti des travailleurs et les trois principaux partis politiques suivant le FLN, le RND et le RCD avaient des bureaux chargés des affaires de la femme et menés par des femmes ».

  5. #5
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    Hafida Ameyar :


    Dimanche 16 Mars 2008 -- Le Parti des travailleurs (PT) a réagi au contenu du rapport 2007 des droits de l’Homme en Algérie du département d’État américain. Vingt-quatre heures après l’annonce, par les médias, de sa publication, la SG de cette formation a carrément qualifié le document de “complètement farfelu”.

    Dans une conférence de presse qu’elle a animée, hier, au nouveau siège de son parti, à El-Harrach (Alger), Louisa Hanoune a passé en revue différents chapitres dudit rapport, en les confrontant à la réalité nationale. “Il est dit que les législations du travail sont respectées… C’est extraordinaire”, s’est-elle écriée, en s’opposant à un constat qui, selon elle, “n’est pas vrai”, particulièrement dans le secteur privé. “C’est de la falsification flagrante”, a-t-elle déclaré, protestant contre la discrétion entourant “l’importante” Convention 103 de 1952 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui prend en compte “le droit à la maternité”.

    Pour le leader du PT, “les indicateurs sont au rouge” sur plusieurs plans. Et cette situation marquée notamment par “le bradage” des entreprises nationales, “la précarité sociale” et “l’importation” de cadres étrangers (cas des ophtalmologues), exige “aujourd’hui de faire le bilan de l’orientation économique”. “En 2008, avec l’embellie financière, rien ne justifie ces orientations”, a soutenu Mme Hanoune, non sans déplorer l’absence d’écoute des gouvernants. Citant le cas des entreprises menacées de fermeture et celles liquidées au dinar symbolique, l’intervenante s’est demandée à quoi visent “cette duplicité et cette provocation”.

    S’agissant de la condition féminine dans notre pays, la responsable du PT a affirmé que les amendements introduits au code de la famille en 2006 sont “banals” et “ce n’est pas normal que dans un pays comme l’Algérie, la femme n’ait pas ses droits”. “Le droit au travail qui est un droit constitutionnel est enchaîné au code de la famille. Donc, ce n’est plus un droit”, a relevé Louisa Hanoune, pensant dur comme fer que “la loi doit être neutre, car c’est cela la démocratie et la souveraineté”. Elle s’est en outre interrogée sur le silence du gouvernement devant “l’amère réalité du 8 Mars” et “la précarité” touchant les Algériennes, d’autant que le code de la famille, qualifié d’“obscurantiste” est “venu comme un corps étranger” en 1984.

    À Mme Hanoune de plaider pour “la levée des réserves”, par l’Algérie, concernant la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). L’autre point qui a fait sortir le leader du PT de ses gonds se rapporte à l’évocation, par le département d’État américain, de la région de Kabylie comme étant une région de “minorité ethnique” de 9 millions d’habitants.

    “Cela rappelle un plan de 2001 sur l’autonomie, qui a été présenté en 2003 au département d’État américain”, a commenté la conférencière, en voyant un lien avec le plan du Grand-Moyen-Orient (GMO) qui prévoit “la création de 72 mini-États sur des bases ethniques et religieuses”. Elle a par ailleurs repoussé l’idée que l’Algérie soit présentée comme “le Kosovo ou les Balkans”, appelant les autorités du pays à adresser “une réponse urgente” aux initiateurs du rapport 2007 et invitant les Algériens à “ne pas se taire devant ce rapport”.

    La conférence de presse a permis à la responsable du PT d’exprimer son opposition à l’emprisonnement des journalistes pour délits de presse, et de réitérer sa position concernant la charte pour la paix. “Nous avons dit que cette charte est seulement une étape. Celle-ci exige un bilan, car elle concerne toute la nation et non pas quelques personnes”, a-t-elle dit, avant d’insister sur “l’étape difficile” actuelle qui réclame “la prise en charge des problèmes sociaux, l’établissement des bilans et l’organisation de débats”.

    Elle s’est aussi beaucoup interrogée sur les “mœurs diplomatiques nouvelles” qui se sont installées depuis 1993 en Algérie, assurant : “Nous ne sommes pas contre les ambassades qui veulent connaître les partis politiques et qui veulent les rencontrer. Mais, quand cela devient de ‘l’investigation’, c’est autre chose.” Mme Hanoune s’est ainsi élevée contre “le financement des associations algériennes par des étrangers”, notant que “c’est un facteur de décomposition”.

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