Lundi 24 Mars 2008 -- La section algérienne d’Amnesty International (AI) envisage de saisir, dans le courant de l’année, les deux chambres du Parlement et des institutions algériennes en vue de les sensibiliser sur la nécessité d’amender le code pénal pour l’introduction d’articles sanctionnant plus sévèrement les violences faites aux femmes. C’est ce qu’a indiqué, hier, le directeur exécutif du bureau algérois de l’organisation non gouvernementale américaine (ONG) basée à Londres, Mahieddine Bachir, lors d’une rencontre avec les médias organisée à l’occasion de «la semaine de solidarité avec la femme maltraitée», du 22 au 27 mars en cours. «Nous comptons écrire bientôt aux députés et sénateurs algériens ainsi qu’aux différentes institutions, à leur tête le ministère de la Justice, en vue de les influencer pour la suppression de ce phénomène qui, au-delà du fait qu’il relève de la santé publique, prend de plus en plus d’ampleur, si bien qu’il est nécessaire de le prendre au sérieux !» a précisé l’intervenant. Ce dernier a précisé que la même démarche d’AI concernera également d’autres causes, à l’instar de l’abolition de la peine de mort, à travers ce qu’il appelle des «mécanismes de dissuasion».
La question de la maltraitance, sous toutes ses formes, subie par des dizaines de milliers de femmes algériennes, constitue pour l’heure le centre d’intérêt de l’ONG qui envisage d’effectuer un travail de sensibilisation auprès de la société algérienne par le biais du mouvement associatif et des médias notamment. L’intérêt étant d’attirer l’attention sur une réalité qui doit être combattue en mettant à contribution toute la société, hommes et femmes, sachant que même les hommes n’en sont pas épargnés, même si leur nombre est moins important que celui des femmes. L’action de l’antenne algérienne d’AI, faut-il le souligner, s’inscrit dans le cadre d’une démarche mondiale qui s’apparente à «un travail de pression» et «une campagne contre l’indifférence des gouvernements et des sociétés contre l’un des plus honteux scandales de notre époque», explique le conférencier. Une projection de films a accompagné la séance débat pour illustrer l’étendue du phénomène à travers le monde.
Ainsi, nous saurons qu’un tiers des femmes subissent des violences sexuelles dans les quatre coins de la terre. En Afghanistan, les jeune filles qui échappent aux mariages forcés encourent des sanctions pénales alors qu’en Jordanie les crimes appelés d’honneur et qui entraînent les assassinats de femmes sont allégés de la perpétuité jusqu’à 6 mois seulement. Les victimes de ce type de crimes représentent un tiers des délits perpétrés contre les femmes, apprend-on aussi. Au Mexique, plus de 300 femmes ont été tuées ces dix dernières années alors que, dans certains pays, les deux tiers des femmes décédées à la suite de violences l’ont été par le fait de leurs partenaires.
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24th March 2008 17:44 #1
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Amnesty International pour l’amendement du code pénal
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24th March 2008 18:17 #2
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Lundi 24 Mars 2008 -- La violence à l’égard des femmes prend des proportions de plus en plus alarmantes dans le monde. Les femmes sont souvent la cible de maltraitance physique, morale ou de guerre. La violence entoure l’univers féminin tel un cercle de feu dont la femme ne peut se défaire qu’avec des séquelles ou au prix de sa vie.
Afin d’extraire la femme de ce cercle ravageur et réducteur, Amnesty International (AI) vient de lancer une campagne de sensibilisation pour dire halte à la violence contre les femmes. Le bureau Algérie d’AI a organisé hier une rencontre avec la presse autour de cette campagne de solidarité avec la femme maltraitée. « Il s’agit d’un phénomène qui convient de prendre très au sérieux. Les femmes subissent toutes formes de violence, pas seulement physiques, mais aussi verbales, chez elles ou dans la rue. Il convient de la protéger à travers des mécanismes, notamment la loi », explique Mahieddine Bachir, directeur exécutif d’Amnesty Algérie.
En termes de mécanismes, ce même responsable pense à une campagne de pression sur le gouvernement algérien afin de l’amener à rendre plus sévères les peines à l’encontre des agresseurs. « Nous comptons rendre destinataire le ministre de la Justice ainsi que les parlementaires d’une lettre appelant à l’aggravation de la peine requise dans les cas de violence contre les femmes. Il est inconcevable qu’un homme qui a une altercation avec son voisin écope de la même peine de six mois de prison que lorsqu’il s’en prend à sa femme ou sa compagne. Il faut que la peine soit plus lourde afin qu’elle devienne un mécanisme de dissuasion et qu’il réfléchisse à deux fois avant de passer à l’acte de violence contre sa femme. »
Sécurisation des écoles
L’autre démarche de sensibilisation que compte entreprendre AI Algérie se fera auprès du ministère de l’Education nationale afin de sécuriser les lieux de transmission du savoir. « Un peu partout dans le monde, de nombreuses fillettes vont à l’école la peur au ventre, elles se font agresser sur le chemin de l’école ou à l’intérieur même de leur établissement », souligne un rapport d’AI que Mahieddine Bachir prend en exemple afin de plaider pour la sécurisation des écoles.
Le représentant d’AI se gardera toutefois d’évoquer le code de la famille comme une forme de violence exercée par la loi contre la femme algérienne, en justifiant qu’il appartient à d’autres acteurs de dénoncer. Ne faut-il pas d’abord que la loi considère la femme algérienne comme citoyenne à part entière pour que l’homme ne se donne plus le droit d’avoir un droit de vie ou de mort sur elle ? Ne faudrait-il pas que la loi lui garantisse sa protection pour qu’elle ne soit plus l’objet de mépris, de dédain ou mineure à vie ? Qu’elles soient exercées par la famille, par la collectivité ou par l’Etat, les violences contre les femmes sont toutes condamnables et à dénoncer. Des violences faites aux femmes, la déclaration internationale sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes énumère « tous les actes de violence dirigés contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ».
Il est à signaler qu’une femme sur trois dans le monde est victime de violence sexuelle, et deux femmes sur trois sont victimes d’agression au sein de leurs familles. Sans distinction de pays ni de catégories sociales, la femme dans le monde est une cible facile. « On peut oublier la douleur physique mais pas la souffrance morale », disent ces femmes victimes filmées par les caméras d’AI. Que ce soit le témoignage poignant de cette Congolaise victime d’un viol collectif commis par des soldats, ou celui de cette Namibienne aveuglée par son mari, ou encore celui de la Tunisienne Sihem Bensedrine torturée par la police politique, pour ne citer qu’elles, la douleur a la même consonance. Si en Algérie, la Gendarmerie nationale a traité pour les deux premiers mois de l’année en cours 8928 affaires liées à des violences contre les femmes, la Russie enregistre 4 millions de femmes portant plainte chaque année pour violence et agression. Six Françaises meurent chaque mois du fait de violences conjugales. Deux millions de fillettes sont mutilées chaque année. Ces chiffres sont effrayants et la réalité est malheureusement beaucoup plus effroyable.







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