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  1. #1
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    Les « Détenus du Sahara » :


    Mercredi 21 Mai 2008 -- M. Farouk Ksentini, Président de la Commission Consultative pour la Protection et la Promotion des Droits de l’Homme, a proposé aux « détenus du Sahara », d’introduire des actions en Justice, au niveau des chambres administratives près des Cours, et de demander qu’ils soient remboursés pour la période de détention, qu’ils ont passée dans les camps sécuritaires du Sud.

    Une délégation représentant les détenus du Sahara a expliqué à El Khabar qu’ils ont rencontré M. Farouk Ksentini dans son bureau, il y a une semaine, pour suivre le dossier, soumis au Président de la République depuis plusieurs mois. Elle a demandé de dédommager ces personnes pour les années de détention, dans le cadre des mesures de la réconciliation nationale. M. Abdelaziz Benacer, porte-parole des détenus du Sahara, a révélé que M. Farouk Ksentini leur a proposé d’introduire des plaintes au niveau des chambres administratives près des Cours. Il a appelé chaque ex détenu qui veut être remboursé à déposer plainte dans la cour de la wilaya de sa résidence.

    Le porte-parole des ex détenus du Sahara, estimés à plus de 17 mille personnes, qui appartenaient à l’ex Front Islamique du Salut FIS, a indiqué que M. Farouk Ksentini les a informés que leurs dossiers se trouvent actuellement au niveau de la présidence de la République, « nous avons compris que notre revendication n’a pas été acceptée et que nous devions prendre d’autres mesures pour obtenir nos droits », a-t-il indiqué. M. Abdelaziz Benacer a ajouté que la délégation a été chargée par des dizaines d’ex détenus d’introduire une action en Justice contre les responsables de leur détention, qui ont ordonné l’ouverture des camps du Sahara, pour les activistes et sympathisants de l’ex FIS, de peur d’une violente réaction de ces derniers suite à l’annulation des résultats des élections législatives qui ont eu lieu à la fin de 1991.

  2. #2
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    Mardi 3 Juin 2008 -- Le président de l’Organisation nationale de la protection et de l’intégration des prisonniers, Ammar Hmidani, a précisé que le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, ne s’est pas opposé à l’idée d’octroyer des droits à la catégorie des détenus du Sahara qui ont été exclus du dédommagement dans le cadre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, comme l’affectation d’une prime en dédommagement de la prison arbitraire au Sahara. Cependant, il n’a pas présenté de promesses officielles. De son côté, le porte-parole des détenus du Sahara, M. Abdelaziz Abdenasser, a assuré à El Khabar que cette catégorie des victimes de la tragédie nationale a commencé à recourir aux chambres administratives. Cependant, il a reconnu que « l’on attend pas beaucoup d’elles » et selon lui la solution réside dans l’activation des mesures liées aux cas de ses anciens détenus dans la cadre de la loi sur la réconciliation, pour qu’elles comprennent tous les détenus du Sahara, dont le nombre atteint 17 000 personnes, qui étaient réparties sur 11 camps comme Reggan, Aïn Mgel et Aïn Salah. Le porte-parole des détenus du Sahara a révélé qu’un nouveau cas de maladie qualifié d’ « étrange » a été découvert chez un individu d’Oran, qui était détenu à Aïn Mgel. Les pensionnaires de ce camp ont été atteints de plusieurs maladies, ces cas sont liés aux répercussions des essais nucléaires français dans la région.

  3. #3
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    Mercredi 17 Décembre 2008 -- Les « Détenus du Sahara » ont demandé au Président Abdelaziz Bouteflika de les intégrer dans les mesures supplémentaires de la réconciliation, dont a parlé le Premier ministre. Ils l’ont informé de « leurs déception » quant au désaveu du ministre de la solidarité sur l’existence de dispositions complémentaires concernant les « victimes de la tragédie nationale ».

    Un communiqué, signé par quatre ex détenus, au nom de leurs compagnons prisonniers, a indiqué qu’ils étaient surpris des déclarations du ministre de la solidarité indiquant qu’« il n’y a pas de mesures complémentaires des dispositions de la réconciliation nationale ». Le communiqué a révélé que le groupe qui appartenait au parti du Front Islamique du Salut (FIS) « a souffert des conditions de détention, qui ont duré quatre ans, dans des régions où la France a effectué des essais nucléaires ». Il a rappelé que les radiations nucléaires provoquées par les essais « ont provoqué des maladies chroniques pour beaucoup de détenus et quelques uns sont décédés ».

    Les signataires du communiqué ont indiqué que quelques uns de leurs compagnons « ont été tué lors de leurs détention, alors que d’autres ont disparus lors de leurs transfert vers un autre camp ». Ces derniers se sont plaint de « la marginalisation », comparé aux autres catégories intégrées dans la Charte pour la réconciliation et la Paix, parmi les catégories de la « Tragédie nationale ». Ils ont renouvelé leur revendication de l’indemnisation pour les années de détention administrative qui étaient selon eux sans accusations et sans jugement.

  4. #4
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    Dimanche 9 Août 2009 -- Le comité de défense des ex-internés des camps de sûreté (CDICS) appelle les autorités du pays à faire bénéficier cette frange des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Le comité de défense des internés des camps de sûreté (CDICS), par la voix de son porte-parole Noureddine Belmouhoub, militant de la Ligue des droits de l'homme (LADDH) de Hocine Zahouane, est, au cours d'une conférence de presse tenue hier au siège de ladite ligue, revenu sur la plate-forme de revendications des internés des camps de sûreté du Sud.

    Le comité estime que la charte pour la paix et la réconciliation nationale est incomplète dès lors qu'elle ne prend pas en considération ce qui est appelé «les déportés des camps du Sud», a indiqué le porte-parole du comité, Noureddine Belmouhoub. Les internés de ces camps, au nombre de 10, selon lui, veulent avoir une explication du pourquoi de leur internement en cette période (1992), a-t-il ajouté. Et de dire que la plupart d'entre eux ne comprennent pas jusqu'à aujourd'hui pour quelles raisons ont-ils été internés. Belmouhoub appellera à l'occasion les autorités du pays à inclure ces détenus dans la charte de la réconciliation nationale. Pourquoi seuls les internés des camps du Sud ne sont pas inclus dans cette charte alors que cette dernière prend en considération les victimes du terrorisme et les disparus ? s'est-il interrogé. Ils sont 18.000, selon les chiffres de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l'homme (CNCPPDH), 20.000 selon la Ligue des droits de l'homme à avoir été internés dans les camps du Sud.

    Le comité revendique à ce que les registres détenus au niveau des wilayas soient rouverts et que ces ex-internés bénéficient d'attestations qui leur permettent de revendiquer leurs droits. Selon Belmouhoub, certains de ces ex-internés ont perdu leur emploi, d'autres leurs commerces et il y a ceux qui ont passé des années en prison. Les uns et les autres doivent être régularisés et leurs années non déclarées à la sécurité sociale doivent être prises en considération. Le CDICS demande également à ce que les personnes ayant été arbitrairement emprisonnées dans ces camps soient, s'ils formulent des demandes, indemnisés par l'Etat. Quant aux veuves et orphelins des ex-internés décédés, ils ont également droit à une indemnisation, selon ce comité.

    Les internés de In M'guel, de Oued Namous et de Reggane, a indiqué le porte-parole du comité, demandent à ce qu'il leur soit assuré une couverture médicale en raison des graves problèmes de santé (cas de cancer, selon les intervenants) dont ils souffrent. Problème dont l'origine est due à leur incarcération en ces lieux, selon leurs médecins traitants, qui ont servi à des expériences nucléaires durant la colonisation. Les ex-internés revendiquent également la levée de la mesure qui pèse toujours sur eux qui est l'interdiction de sortie du territoire national (IST). Pour le moment, selon le conférencier, il y a 500 personnes qui se sont manifestées et chaque jour, dit-il, «je reçois de nouveaux dossiers». Et d'ajouter «nous privilégions de revendiquer ces droits devant les autorités de notre pays». Noureddine Belmouhoub dira ce n'est «qu'en nous rendant justice qu'il sera mis fin au sentiment de frustration et au désespoir qui affectent les exclus des camps de sûreté et leurs proches».

  5. #5
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    Jeudi 27 Août 2009 -- La chambre administrative près la cour d’Alger aura en octobre prochain les résultats de l’enquête ouverte suite à la plainte déposée par les « prisonniers du Sahara » contre le ministère de l’intérieur, exigeant le paiement d’un montant de 1.5 milliard de centimes, en guise d’indemnités pour les années qu’ils ont passé dans des prisons au sud, entre 1992 et 1996, à l’exemple de Ain Amgeul et Tamanrasset. À cet égard, la plainte déposée par les militants du FIS dissous a exigé des indemnités, pour le préjudice dont ils étaient victimes. Ceux-ci ont soutenu dans la même plaine que les autorités étaient au courant que la région de Ain Amguel est polluée par les déchets nucléaires. Ils considèrent cela comme « un crime avec préméditation », ainsi ils ont exigé au ministère de l’intérieur des indemnités estimées à 1.5 milliards de centimes, pour chaque prisonnier d‘entre eux. À relever que les autorités, à l’époque du président du conseil de l’Etat, le défunt Mohamed Boudiaf, ont mis 18 mille militants du FIS dissous ont en prison, juste après l’abrogation du processus électoral, sous le prétexte qu’ils constituaient un danger au ordre public. Selon certains prisonniers, quelques uns de leurs collègues sont décidés de suite du cancer, qui pourrait être causé par les radiations nucléaires. Abdelaziz Abdenacer, l’un des six militants qui ont déposé la plainte, a indiqué la justice a traité le dossier d’une manière individuelle et non collective. Par la suite, la présidente de la chambre administrative a ordonné l’ouverture de deux enquêtes concernant deux personnes appartenant au groupe. Selon notre interlocuteur, la plainte a été déposée à la suite d’une consultation de M. Farouk Ksentini, le président de la commission consultative des droits de l’homme, CCDH, qui les a informé que l’affaire a été étouffée, quand elle a été adressée à la présidence. Dans sa réponse au contenu de la plainte introduite en justice, l’avocat du ministère de l’intérieur a annoncé que les indemnités exigées n’ont pas été mentionnées par aucun texte juridique, y compris l’ordonnance présidentielle portant la mise en œuvre de la loi de la réconciliation nationale. Cette plainte n’a aucun fondement juridique, il a conclu.

  6. #6
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    Mercredi 10 Février 2010 -- Le Comité de défense des internés des camps du Sud dénonce, dans une lettre adressée au chef de l’Etat, l’exclusion de ces «déportés» des dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. «C’est une forme de discrimination faite à l’égard de ces Algériens qui ont été arbitrairement déportés dans les camps du Sud au lendemain de l’arrêt du processus électoral de 1992», a déclaré leur porte-parole, Noureddine Belmouhoub, lors d’un point de presse organisé, hier, au siège national du FFS à Alger. Le comité a choisi le 18e anniversaire du début «des déportations» dans les camps de Reggane pour réclamer «justice et réparation morale pour près de 24.000 Algériens – 18.000 selon la CNCPPDH de Farouk Ksentini – qui avaient passé, pour la plupart d’entre eux, quatre ans dans les différents camps du Sud, implantés dans des zones arides et radioactives de Reggane».Les internés des camps du Sud, qui portent encore les séquelles des années de déportation, ne comprennent pas pourquoi la charte pour la paix et la réconciliation ne les a pas intégrés dans ses dispositions «alors que des terroristes condamnés par la justice ont bénéficié de ses largesses». Dans leur lettre intitulée «Les irradiés de la République» adressée au président Bouteflika, ils écrivent : «Il est nécessaire de remédier à notre regrettable exclusion car c’est une forme de discrimination, les conséquences et les plaies sont là, visibles, douloureuses et choquantes, pour évoquer notre arbitraire internement programmé en zone où la présence et la teneur fortes de matières radioactives et pour rappeler l’humiliation des milliers de citoyens algériens et l’atteinte à leur dignité humaine (…).» Ils insistent uniquement sur une réparation morale : «Ceux qui veulent une réparation matérielle sont libres de le demander, mais nous, en tant que comité, nous nous contentons d’une réparation morale et politique», a tenu à préciser Belmouhoub.

    Il faut rappeler que les internés du Sud, à leur libération, ont réintégré leurs postes d’emploi, mais certains d’entre eux sont, jusqu’à présent, frappés d’interdiction de sortie du territoire national, a assuré un des internés, Ferdjellah Abdelfetah. Une autre «injustice» qu’ils dénoncent dès lors que la justice ne les a pas condamnés. Les internés des camps du Sud se disent être les premières victimes de «la tragédie nationale», d’autant plus qu’ils affirment qu’ils étaient «déportés puis internés dans des camps sans mandat légal et sans aucune forme de procès». À ce titre, «l’Etat a le devoir moral et politique de faire justice si on veut réellement tourner la page d’un drame qu’on ne pourra jamais oublier», a affirmé Belmouhoub. Ce dernier n’a pas manqué de revenir sur les conditions dans lesquelles les internés avaient été arrêtés par les services de sécurité. «Toute personne soupçonnée d’appartenir au FIS ou sympathisant avec lui était embarquée. Et c’était comme ça à travers tout le territoire national. Nous avons vécu des moments dramatiques et nous portons encore les stigmates des années que nous avons passées dans les camps de Reggane, Oued Namous, Aïn Mguel et autres. En plus des séquelles psychologiques, nous sommes revenus de ces camps avec des maladies mortelles», a rappelé Belmouhoub, qui faisait partie, lui aussi, des internés. À ce propos, il est nécessaire de rappeler que le ministre de la Justice de l’époque, Ali Benflis, avait démissionné de son poste pour «ne pas cautionner des arrestations arbitraires faites en dehors de la loi». Le Comité de défense des internés du Sud, créé l’an dernier, a indiqué par ailleurs que dans le cas où sa demande n’est pas prise en charge par les autorités du pays, il saisira le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. «Après épuisement de tous le recours nationaux, nous allons sans doute interpeller les instances internationales, dont le Conseil des droits de l’homme des Nations unies», a assuré le porte-parole du comité.

  7. #7
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    Mercredi 10 Février 2010 -- Dans une lettre qui sera adressée aujourd’hui au président de la République, le comité de défense des internés des camps de sûreté (CDICS) appelle Abdelaziz Bouteflika à ce que cette frange des victimes de la tragédie nationale soit incluse dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Hier, et à l’occasion de la 18e année commémorative de cet épisode de la tragédie nationale, le porte-parole du CDICS, Noureddine Belmouhoub, a animé une conférence de presse au siège national du Front des forces socialistes (FFS) à Alger, dans laquelle il a explicité la teneur de la lettre adressée au chef de l’Etat tout en revenant sur «l’injustice» qu’il a subie lui-même ainsi que 18.000 autres internés. «Nous avons été arrêtés d’une façon injuste, sans mandat de justice. Nous avons été déportés dans des zones à fortes teneurs radioactives dues aux essais nucléaires français de Reggane et de In Ekker. Nous avons été détenus dans des conditions inhumaines», raconte l’orateur, soulignant que «nos familles et nos proches avaient eux aussi vécu l’arbitraire et subi l’humiliation de notre arrestation non moins arbitraire». M. Belmouhoub reconnaît que «Bouteflika, n’est pas responsable de notre tragédie puisqu’il n’est revenu aux affaires de l’Etat qu’en 1999», mais affirme qu’il «lui revient de remédier à notre regrettable exclusion». «Les internés des camps du Sud lancent un appel à l’artisan de la réconciliation nationale et de la paix, Abdelaziz Bouteflika, pour que nous soyons inclus dans la Charte» de la réconciliation nationale, est-il écrit dans la lettre remise à la presse. Que demandent concrètement les ex-internés ? «Nous voulons une indemnisation morale et matérielle pour ceux qui la demandent», répond Belmouhoub. L’orateur affirme enfin que «le CDICS suivra le chemin de la loi et du droit, et après épuisement des voies de recours légales nationales, nous nous réservons le droit de saisir le comité des droits de l’homme de l’ONU». Toutefois, conclut-il, «nous ne souhaitons sincèrement pas en arriver là parce que nous sommes d’authentiques patriotes».

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