Mardi 9 Septembre 2008 -- La ligue algérienne pour la défense des Droits de l’Homme à Ghardaïa a appelé les organisations des Droits de l’Homme nationales et internationales ainsi que la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la torture à exercer une pression sur les autorités algériennes pour permettre à l’un des militants des Droits de l’Homme, M. Mohammed Baba Nedjar, accusé d’homicide volontaire, d’être transféré de la prison de Djelfa vers celle de Ghardaïa.
La ligue de défense des Droits de l’Homme en plus de la famille du prisonnier ont appelé, hier, dans un communiqué, les organisations concernées à intervenir fortement et fermement pour soulager le jeune Baba Nedjar, qui souffre du mépris et de la torture psychologique. Les familles des deux détenus en plus de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme ont appelé à transférer, le plus tôt possible, le détenu Baba Nedjar de la prison de Djelfa à celle de Ghardaïa, où résident ses proches.
Le détenu, Mohammed Baba Nedjar, âgé de 24ans, a été accusé d’homicide par immolation, perpétré contre le responsable du Croissant Rouge Algérien dans la commune de Ghardaïa, le mois de Ramadan de l’année 2005. Le militant du Front des Forces Socialistes et de la Ligue des Droits de l’Homme a été accusé alors d’être responsable de cet attentat.
Il est à rappeler que M. Mohammed Baba Nedjar a été condamné en 2006 à la peine capitale, après qu’il ait été accusé d’homicide volontaire avec préméditation. La ligue des Droits de l’Homme a affirmé que le verdict est inacceptable et que « Mohammed est devenu un exemple pour le règlement des comptes politiques entre le pouvoir et les partis de l’opposition ».Toutefois, la Cour Suprême a fait recours contre ce verdict, le mois de Décembre 2007, avec un autre procès qui a eu lieu à la Cour de Ghardaïa.
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9th September 2008 17:21 #1
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L’affaire de Mohammed Baba Nedjar :
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12th November 2008 19:34 #2
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Mercredi 12 Novembre 2008 -- La Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme a demandé l’ouverture d’une enquête sur la torture du jeune Baba Nedjar Mohamed dans la prison de Ghardaïa, et elle a appelé à créer « des mécanismes juridiques restrictifs pour punir les responsables laxistes avec la torture et ceux qui en font abstraction». La ligue a indiqué, dans un communiqué, signé par son représentant kamel Eddine Fekhar, qu’elle a reçu une plainte de la part du père du jeune indiquant que son fils a été torturé et lunché, depuis deux semaines, à l’intérieur de la prison. Le communiqué a indiqué que le jeune a été condamné à mort « dans une affaire fabriquée, de toutes pièces, relative à un règlement de compte avec un parti politique de l’opposition », sachant que Fekhar est un partisan du FFS (Front des Forces Socialistes). Le communiqué a indiqué que le jugement prononcé contre Nedjar Mohamed a été annulé, et qu’un autre procès avait été programmé pour le 3 juin précèdent mais des intimidations le poursuivent à chaque étape. Lors de son transfert de l’établissement pénitentiaire de Berouagia, le 13 du mois de mai dernier, vers Ghardaïa, il a disparu de la circulation pendant un mois et n’a donné aucune nouvelle, cela a été programmé pour qu’il soit absent le jour de son jugement. Ajoutant qu’il a été torturé avec des méthodes pus qu’atroces, ce qui l’a poussé à entamer une grève de la faim. D’autre part, une source judiciaire a indiqué que le jeune Baba Nedjar Mohamed n’a pas été torturé, tel que le suppose le rapport de la ligue.
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18th May 2009 00:07 #3
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Nadjia Bouaricha :
Lundi 18 Mai 2009 -- Mohamed Baba Nedjar est un jeune habitant de Ghardaïa condamné à la peine capitale le 6 juin 2006 pour une affaire de meurtre. Le procès en appel a été renvoyé à la demande du procureur général « pour raison sécuritaire ». Après trois années de détention et deux reports, le procès de Baba Nedjar a été fixé au 27 mai courant au tribunal criminel de Médéa. L’affaire remonte au 20 octobre 2005, lorsque Baba Nedjar a été arrêté après s’être présenté lui-même au commissariat de police, en réponse à une convocation. Le motif invoqué est l’assassinat du jeune Bezine Brahim, brûlé vif par deux personnes encagoulées. « Depuis cette date, Baba Nedjar vit un vrai calvaire. Il a subi des interrogatoires interminables, une torture psychologique et physique et un chantage consistant à le faire libérer s’il accepte de coller le meurtre aux leaders du mouvement de protestation à Ghardaïa en 2004. Ce que Baba Nedjar a refusé. Nous avons même trouvé l’objet de ce chantage dans les rapports de la police judiciaire et du juge d’instruction », indique un communiqué de la fédération du Front des forces socialistes de Ghardaïa, qui voit dans cette affaire une attaque « pour salir la réputation des meneurs du mouvement de protestation de Ghardaïa ». La fédération du parti de Hocine Aït Ahmed dans cette wilaya a souligné encore qu’« au cours de l’instruction, des questions ont été posées à Baba Nedjar pour en savoir plus sur ses rapports avec les leaders du FFS Ghardaïa. D’ailleurs, l’on considère que le fait qu’il avait en sa possession, losqu’il a été arrêté, une revue éditée par le FFS est une preuve de sa présumée implication dans le meurtre. Baba Nedjar a toujours clamé son innocence ».
Le communiqué de la fédération du FFS de Ghardaïa précise, en effet, que « deux autres militants du parti sont accusés d’avoir incendié le véhicule de la victime Bezine Brahim, alors que la voiture en question a été brûlée une année avant l’assassinat de son propriétaire. Aucune enquête n’a été ouverte à ce sujet », note le texte de la fédération. Et d’enchaîner : « Baba Nedjar paie pour un crime qu’il n’a pas commis. Il est victime d’un complot orchestré par un Etat policier qui utilise tous les moyens pour liquider tout militant ou activiste demandeur de droits et de liberté », indique la même source. La fédération FFS invite les personnalités nationales, les intellectuels, les militants politiques, ceux des droits de l’homme et les journalistes à être présents en force le jour du procès « pour imposer un procès équitable et que finisse le cauchemar de Baba Nedjar qui est innocent du crime dont on l’accuse ». Le bureau de Tizi Ouzou de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a, pour sa part, exprimé son soutien à Baba Nedjar dont l’affaire serait « à inscrire dans les annales des chroniques judiciaires et des procès dignes des œuvres de Kafka ». La LADDH a rejoint le collectif d’avocats chargé de prendre sa défense. Maître Mustapha Bouchachi, président de la ligue, en fait partie.
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28th May 2009 00:16 #4
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Nadjia Bouaricha :
Jeudi 28 Mai 2009 -- Contre toute attente, le tribunal criminel près la cour de Médéa a condamné Mohamed Baba Nedjar à la prison à perpétuité pour l’accusation de meurtre avec préméditation. Une condamnation qui a laissé sans voix certains et provoqué l’ire de bien d’autres. « Allah Akbar », « N’har monkor, injustice », « hogra », clamait un auditoire qui s’attendait à un acquittement certain pour faute de preuves. Après une journée de plaidoiries, d’interrogations de témoins à charge et à décharge, et de retour sur un crime dont les tenants et les aboutissants demeurent une énigme, le président de la cour, suivi du jury, remet son verdict pour lequel les délibérations n’auront duré qu’une petite demi-heure. « C’est la justice du téléphone », lance l’assistance en chœur. Un jeune en pleurs quitte son siège et crie à la hogra, ses larmes unissent les voix des membres de l’assistance qui lancent : « Que Dieu vous punisse ! » Le juge appelle les nombreux gendarmes et policiers présents à évacuer la salle. La colère, la tristesse et l’indignation se lisaient sur les visages des citoyens venus nombreux soutenir Baba Nedjar dans ce procès qualifié de « politique ». Poussés à la sortie, ces citoyens venus en nombre de Ghardaïa ont continué à scander des cris de rage face à ce verdict « injuste ». « C’est un pouvoir qui hait son peuple. Ils ne veulent pas de nous, c’est ce que veut dire ce verdict », martèlent-ils. La situation aurait pu dégénérer si ce n’est l’intervention des responsables du comité de soutien pour calmer les esprits et pousser la foule à quitter les lieux dans la sérénité.
Le père de Baba Nedjar, effondré et tremblant de peine, se refuse à tout commentaire. À côté de lui, un jeune homme fond en larmes et crie. « Il méritait l’acquittement, je suis surpris par la condamnation, car il n’y avait rien dans le dossier. Mais nous ferons un pourvoi en cassation. Nous allons poursuivre cette affaire jusqu’à ce qu’il soit acquitté », indique maître Mustapha Bouchachi, membre du collectif des 12 avocats qui ont plaidé l’innocence de Baba Nedjar. Les avocats du jeune Baba Nedjar condamnent un jugement sans fondement. « Il n’y a ni mobile, ni preuve tangible du crime, ni témoin. Comment juger sur les seuls indices », disent-ils. De l’aveu même de l’avocat de la partie civile, il n’existe pas de preuve directe du meurtre, affirme-t-il. « Je ne dis pas que c’est lui qui a commis le crime, ce n’est pas à moi de juger, mais il cache des choses. Fallait-il aller plus loin dans l’enquête ? », s’interroge-t-il. Le procureur général a requis dans son réquisitoire la confirmation de la condamnation à mort. À noter que le procès s’est déroulé sous une forte présence d’éléments des services de sécurité qui ont quadrillé le quartier où se trouve la cour de Médéa. De nombreux citoyens venus de Ghardaïa, ainsi que des militants du Front des forces socialistes (FFS) et de défenseurs des droits de l’homme ont fait le déplacement pour soutenir Baba Nedjar. Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur le déroulement de ce procès hors du commun.
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30th May 2009 20:10 #5
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Rafik Tadjer :
Samedi 30 Mai 2009 -- Le Front des forces socialistes (FFS), dans un communiqué de sa section de Ghardaïa rendu public samedi 30 mai, appelle les commerçants et artisans de cette wilaya à observer une grève générale, le lundi 1er juin en signe de solidarité avec le jeune Mohamed Baba Nadjar et pour exprimer leur refus de «l'oppression et des dépassements quelle que soit leur origine ».
L'appel du FFS intervient après la condamnation, mercredi dernier, en appel par le Cour de Médéa de Mohamed Baba Nadjar à la perpétuité pour homicide volontaire avec préméditation et guet-apens. Baba Nadjar avait été condamné en première instance à la peine capitale.
« Encore une fois et à pas constants, l'appareil judiciaire algérien a prouvé sa totale et humiliante dépendance allant jusqu'à la servilité - avec tout ce que cela comporte comme sens - au pouvoir exécutif. Et ce qui s'est passé mercredi 27 mai 2009 à la Cour criminelle de Médéa, à l'occasion du procès en appel du jeune Mohamed Baba Nadjar, condamné en première instance à la peine capitale n'est qu'une confirmation de cette totale dépendance», dénonce le FFS de Ghardaïa dans un document relatant les conditions de déroulement du procès.
« Devant cette situation, il ne reste plus à la famille de Mohamed Baba Nadjar et à tous les Algériens victimes de l'arbitraire de cet appareil judiciaire, transformé en fouet et moyen de répression et de terreur par ce régime policier, qu'à demander à tous les Algériens dignes, à toutes les personnalités honnêtes, aux opposants politiques, aux militants des droits de l'homme de terrain et aux journalistes indépendants, à œuvrer tous ensemble sans lassitude et sans répit, à débarrasser les Algériens et rapidement, du véritable responsable de cette injustice et de ces souffrances, qu'est ce monstre que représente ce régime policier répressif et qui est devenu un danger certain pour tous les citoyens et sur tout le territoire national », poursuit le communiqué du FFS.
« Ce pouvoir qui utilise, de manière cynique, tous les vils complots, tous les moyens et toutes les structures de l'Etat et à leur tête, l'appareil judiciaire pour réprimer toutes les libertés et toutes les revendications légitimes et pacifiques, poussant ainsi les Algériens soit à la soumission, soit à tomber dans les pièges de la drogue ou de l'opposition radicale en rejoignant les maquis, ou enfin au suicide et à la "harga" avec au bout, la mort certaine en mer », conclut le document.
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2nd June 2009 00:34 #6
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Nadjia Bouaricha :
Mardi 2 Juin 2009 -- Regards hagards, mines défaites, l’assistance, qui a assisté au procès de Mohamed Baba Nedjar, semble étonnée par le verdict prononcé par le juge. « Mais sur quelle base a-t-il été condamné à perpétuité ? », s’interrogent les nombreux citoyens, avocats et journalistes présents. Des questions sur la culpabilité et l’innocence de l’accusé demeuraient sur les lèvres des présents, après une journée pleine d’un procès qui continuera très certainement à faire parler de lui. Nous nous sommes rendus, mercredi dernier, sur les lieux où le verdict a été prononcé. Il s’agit du tribunal criminel près la cour de Médéa qui a examiné et jugé l’affaire du jeune Baba Nedjar Mohamed, 25 ans, accusé puis condamné à perpétuité pour meurtre avec préméditation sur la personne de Bazine Brahim. À Médéa, et plus exactement au quartier Theniat Lahdjar, où se trouve la cour de Médéa devant abriter le procès reporté à deux reprises du jeune Baba Nedjar. Celui-ci a été condamné une première fois à la peine capitale par le tribunal de Ghardaïa. Un barrage de police obstrue l’accès au quartier. Des barrières de police sont placées un peu partout, l’accès est filtré. Nous déclinons notre fonction de journaliste et nous passons le sas. À une centaine de mètres, la cour de justice devant laquelle de nombreux citoyens se sont rassemblés. La foule comptait de nombreux Mozabites en tenue traditionnelle. Le premier secrétaire du Front des forces socialistes, Karim Tabbou, était parmi la foule. Beaucoup d’avocats, de militants des droits de l’homme de Ghardaïa et d’autres villes étaient aussi au rendez-vous. Des citoyens, venant de Ghardaïa, nous informent qu’au niveau du barrage de police, les véhicules immatriculés 47 sont automatiquement arrêtés par la police. « Ils ont pris nos pièces d’identité, consigné nos noms sur une feuille, puis nous ont laissé passer », nous informent-ils. La foule s’est dirigée vers l’entrée de l’établissement de justice. Le passage à ce niveau aussi était très lent. Le nombre important d’éléments de la sûreté nationale renseigne sur la « sensibilité » de cette affaire que beaucoup qualifient « de politique ».
Un dispositif sécuritaire exceptionnel
La salle d’audience n’échappe pas non plus à la présence d’un dispositif sécuritaire exceptionnel. Une rangée de gendarmes armés avait pris place au fond de la salle, et une autre devant. La police aussi a marqué sa présence par un nombre important d’agents. L’entrée, dans la salle, du président de la cour est accueillie par un salut militaire des gendarmes. Vint ensuite celle de l’accusé Baba Nedjar Mohamed, qui est reçu à son tour par des applaudissements nourris de l’assistance. Il y répond en hissant ses bras. Accusé du meurtre de Bazine Brahim commis le 20 octobre 2005 à 20h, non loin de la mosquée Taourirt à Ghardaïa, Baba Nedjar est condamné par le tribunal criminel de Ghardaïa à la peine capitale. Il clame depuis quatre ans son innocence et revendique un procès équitable. Dès l’entame du procès, une erreur s’est glissée dans le dossier de l’accusé. Le président de la cour se trompe sur la date de naissance du prévenu, au lieu de 1984, il est consigné né en 1981. Baba Nedjar rectifie de suite. Interrogé en premier, l’accusé affirme que le soir où la victime a été tuée, il se trouvait chez son oncle qui l’avait invité à rompre le jeûne et passer la soirée du Ramadhan en compagnie de ses parents et de ses frères. Les témoignages de son oncle, de son père, et d’un ami confirment cet alibi. L’accusé affirme ne connaître ni la victime ni la mosquée où le meurtre a été commis. « J’habitais à Oran, je suis revenu à Ghardaïa deux ans avant ces faits. Je ne connais donc pas tout le quartier », dit-il. Bazine Brahim, qui a été aspergé d’essence puis enflammé à l’aide d’une allumette, n’est pas mort sur le coup. Il succomba à ses blessures deux jours après l’agression, et déclarera avant de mourir avoir été attaqué par deux individus encagoulés sur une mobylette.
Parmi les indices présentés, par l’instruction, comme preuves de la culpabilité de Baba Nedjar, un jerricane d’essence non dissimulé trouvé chez lui, et le témoignage d’un ami du fils de la victime affirmant que Baba Nedjar avait une mobylette. Cet ami ne s’est jamais présenté pour affirmer ses dires. Il n’a même jamais été confronté à l’accusé lors de l’instruction. Le fils de la victime, K. Bazine, affirme pour sa part que l’accusé se trouvait trois jours de suite avant l’agression devant la mosquée Taourirt, sans pour autant identifier la deuxième personne avec qui Baba Nedjar se trouvait : « C’est un ami qui m’a dit qu’il s’agissait du Tigre », affirme-t-il. « Le Tigre » est le surnom que ce témoin affirme être celui de l’accusé, et que l’accusé réfute. Deux témoins à charge, que le fils de la victime présente comme ceux qui ont identifié l’accusé, se sont rétractés et ont affirmé ne point connaître l’accusé et ne l’avoir jamais vu. Le fils aîné de la victime apporte pour sa part un élément troublant à l’affaire. Il affirme que son père, qui était employé par le Croissant-Rouge à Ghardaïa, avait beaucoup d’ennemis : « Il y avait un grave conflit entre la commission de wilaya et la commission locale du Croissant-Rouge. Le véhicule de mon père avait été incendié six mois auparavant, mais aucune enquête n’a été déclenchée. Une des personnes, qui était en conflit avec mon père, a même proféré des menaces à son encontre en jurant qu’il subira le même sort que son véhicule », témoigne-t-il. Le même témoin souligne que la police n’a pas jugé utile de poursuivre cette piste dans son enquête : « La personne qui avait menacé mon père est décédée il y a deux ans, sans être interrogée », atteste-t-il.
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2nd June 2009 00:35 #7
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continued.....
Des témoins à charge se rétractent et des pistes ignorées
Autre fait, la victime se trouvait quelque temps avant sa mort avec le président du Croissant-Rouge local, mais cette personne n’a jamais été interrogée puisqu’il s’agissait de la dernière personne, en dehors de sa famille, à l’avoir vu avant le crime. Imprécisions dans l’identification de Baba Nedjar, ou de la mobylette en question, aucune enquête n’a été ouverte pour savoir qui était la deuxième personne à avoir commis le forfait, aucun mobile du meurtre n’a été présenté, absence de traces menant directement à l’assassin ; au lieu d’apporter des réponses, le procès s’est trouvé face à une liste de points d’interrogation. Pour sa défense l’accusé affirme être victime de son appartenance politique. «Je me suis rendu au commissariat dès que j’ai trouvé la convocation, et là on ne me questionne ni sur la victime ni sur rien, on me demande si je suis militant du FFS et si je connais des responsables de la fédération de ce parti. On vient même dans ma cellule pour me proposer la relaxe contre l’inculpation de ces dirigeants», soutient-il, en précisant que dans la perquisition, la police a pris une revue du FFS comme pièce à conviction.
« L’accusé cache des choses. Je ne dis pas que c’est lui qui a commis le crime, et je ne dis pas que ce n’est pas lui. Je présente au tribunal les contradictions décelées dans le dossier ainsi que les coïncidences relevées », souligne maître Cherbal Seif El Islam, avocat de la partie civile. Tout comme le procureur général, il relève que « l’expertise a décelé des similitudes flagrantes entre le produit utilisé dans le crime et celui trouvé au domicile de l’inculpé ». Le procureur général prendra le relais pour dire : « Le dossier est complet et ne souffre d’aucun doute. Sur ce, je demande la confirmation de la peine capitale » déclare-t-il. Cinq des 12 avocats de l’accusé se présentent l’un après l’autre pour plaider le non-lieu. « Il y a un chaînon manquant dans cette affaire, quel est le mobile de l’assassinat. On n’a pas le droit de juger sur le seul soupçon », note maître Ahmine. Et à maître Rahmoune de noter que le mélange de carburant n’est pas une preuve puisque c’est Naftal qui le distribue et partout. Maître Benissad s’interroge pour sa part sur le deuxième individu impliqué dans le meurtre et que personne n’a cherché à trouver. Maître Bouchachi souligne de son côté : « Comment peut-on condamner un jeune homme de 25 ans à la peine capitale sans preuve, et en ne se basant uniquement que sur le témoignage de trois mineurs. Ce type de poursuites est une atteinte à la justice, avant d’être une atteinte à l’accusé et à la victime. » Une demi-heure après les plaidoiries, le juge revient muni d’un papier portant la condamnation à perpétuité, alors que l’assistance s’attendait réellement à un renvoi de l’affaire pour faute de preuves. Comment peut-on prononcer un tel jugement en si peu de temps ? Pourquoi ne pas avoir exigé la réouverture de l’enquête ? Un dramaturge français a dit un jour qu’« il faut trois jours à la justice pour décider de la mort d’un homme, et des années pour décider d’un héritage ». Baba Nedjar n’a eu droit qu’à une journée de procès et à une demi-heure de délibération pour se voir condamné à passer le restant de sa vie en prison. À l’écoute du verdict, il crie de toutes ses forces : « Nouakel aalikoum rabi, Dieu vous jugera. »
Suivi mitigé de la grève à Ghardaïa
En solidarité avec le jeune Mohamed Baba Nedjar, condamné mercredi dernier par la cour de Médéa, la fédération du Front des forces socialistes avait appelé à une journée de grève hier à Ghardaïa. Dans un communiqué, la structure locale du FFS s’est félicitée du taux de suivi de la grève qui a atteint à midi « 75% dans certains quartiers ». « La grève a eu lieu malgré l’utilisation du pouvoir des relais locaux, que sont les notables, pour casser la grève, en distribuant des tracts menaçant les commerçants de conséquences fâcheuses en cas d’adhésion à l’appel », a souligné le communiqué de la fédération. Revenant sur le déroulement de cette journée de protestation, la même source a indiqué qu’une marche de protestation a eu lieu, suivie d’un meeting à la place centrale du marché de fruits et légumes de la ville de Ghardaïa. Un rassemblement au cours duquel le docteur Kamel Eddine Fekhar, président de la fédération du FFS, a appelé à « lutter pacifiquement pour les droits, et éviter de tomber dans le piège de la fitna ». Selon une source locale, un contre-appel a été aussi lancé par un proche de la famille de la victime Bazine Brahim, incitant les commerçants à ne pas faire grève. Cette source précise que l’appel à un débrayage n’a pas été largement suivi, prouvant ainsi qu’une scission a été provoquée entre les archs des Beni M’zab.







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