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  1. #1
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    La fondation allemande Friedrich Ebert irrite les autorités algériennes


    Mardi 23 Septembre 2008 -- Abdelmadjid Sidi Saïd veut faire taire la fondation Friedrich Ebert. Le secrétaire général de l’UGTA a estimé mardi qu’il faut «reconsidérer la présence de la fondation Friedrich Ebert en Algérie». «Je considère que la fondation Friedrich Ebert ne fait pas son travail tel qu’il a été déterminé. Elle dépasse ses prérogatives et ses missions en Algérie », a déclaré M. Sidi Saïd en marge d’un symposium organisé au Palais des nations.

    Le patron de l'UGTA est allé plus loin en affirmant clairement qu'il compte empêcher les étrangers de porter des «jugements de valeur sur les Algériens». «Ce n'est pas aux étrangers, autour de missions ou de fondations, de s'immiscer indirectement dans les affaires des Algériens», a-t-il averti.

    Les avis donnés par la fondation Friedrich Ebert sur la situation économique et sociale du pays semblent gêner le secrétaire général de l'UGTA dont les sorties expriment généralement la position officielle. L'implication de la fondation allemande dans le débat en Algérie sur les questions d'actualité n'est pas également du goût du syndicaliste. Cette sortie du patron de l’UGTA intervient en effet au lendemain de l’organisation par cette fondation d’un débat autour de la problématique de l’emploi et du chômage en Algérie. De nombreux spécialistes de la question dont Abdelmadjid Bouzidi, ex conseiller économique du Président Zeroual et Nassereddine Hamouda, chercheur au CREAD, ont remis en cause les chiffres officiels sur le chômage. Ils ont également critiqué la politique de l’emploi : selon eux, «beaucoup d’emplois sont précaires » et les chiffres donnés par « l’ONS sont à prendre avec des pincettes ».

    Présente depuis 2002 en Algérie à travers un bureau, la fondation Friedrich Ebert s’est imposée depuis comme un cadre de rencontre de la société civile algérienne. De nombreux débats sur les droits de l’homme, la démocratie, les libertés, le mouvement syndical y sont régulièrement organisés.

  2. #2
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    Mercredi 24 septembre 2008 -- Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), M. Abdelmadjid Sidi Saïd, a indiqué hier à Alger que la fondation Friedrich-Ebert «a dépassé ses prérogatives et ses missions en Algérie». «Je considère que la fondation Friedrich Ebert ne fait pas son travail tel qu’il a été déterminé. Elle dépasse ses prérogatives et ses missions en Algérie», a déclaré M. Sidi Saïd à la presse, en marge du symposium sur l’économie fondée sur la connaissance, dont les travaux se sont ouverts hier au palais des Nations. Il a ajouté qu’«autour de certaines conférences, elle va même jusqu’à apporter des jugements de valeur sur les différentes actions du pays, que ce soit dans le domaine social ou économique», estimant qu’«il faut reconsidérer la présence de cette fondation en Algérie».

    «Notre organisation a aidé cette fondation à s’installer en Algérie dans le cadre d’une coopération syndicale et de l’épanouissement du travail collectif», a-t-il fait savoir, relevant toutefois que «malheureusement elle a dépassé les missions préliminaires auxquelles elle était destinée». «On ne permettra jamais aux étrangers de porter des jugements de valeur sur les Algériens. Ce n’est pas aux étrangers, autour de missions ou de fondations, de s’immiscer indirectement dans les affaires des Algériens», a-t-il insisté.

    La fondation Friedrich Ebert Stiftung organise actuellement des soirées de rencontres, d’échanges et de débats avec comme titre générique «l’Algérie de demain», durant lesquelles des animateurs se sont distingués par des propos peu amènes à l’égard des politiques menées par les institutions du pays. Ce qui a mis dans la gêne plusieurs invités présents à ces rencontres, eu égard au sérieux, à la rigueur et à la discrétion qui a toujours marqué l’action de cette ONG allemande depuis son installation en Algérie. Cependant, il semblerait qu’une autre raison se grefferait à cette ingérence.

    Selon le constat fait par les observateurs attentifs du monde du travail et du monde syndical, il semblerait que cette fondation soit devenue le réceptacle de tous les transfuges de l’UGTA, qui seraient recrutés pour leur expertise du monde du travail et syndical. Ces recrues spéciales feraient donc de cette ONG une rampe de lancement contre toutes les actions que mène ou que soutient l’UGTA dont ils avaient été chassés. Il reste que depuis quelque temps la sonnette d’alarme avait été tirée par des esprits vigilants sur les réelles motivations du travail de certaines ONG, voire de certaines organisations spécialisées, lorsqu’elles préconisent des solutions qui s’inscrivent en faux par rapport aux valeurs et références de la société algérienne.

  3. #3
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    Samedi 27 Septembre 2008 -- Le bureau d’Alger de la fondation allemande Friedrich Ebert trouve les propos d’Abdelmadjid Sidi Saïd à son endroit «surprenants et infondés», mais affirme qu’elle restera «une amie de l’Algérie» malgré ces «réactions». La fondation Friedrich Ebert a réagi, avant-hier, aux déclarations du secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, à son endroit. «Les déclarations de M. Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA, à l’endroit de la fondation Friedrich Ebert […] sont surprenantes et infondées», a écrit M. Armin Hasemann, représentant résident de la fondation à Alger, dans un communiqué parvenu à notre rédaction.

    «Infondées, lesdites déclarations de M. Sidi Saïd le sont pour la simple raison que la fondation n’a jamais émis un quelconque jugement de valeur ni sur les questions économiques, sociales et syndicales locales ni sur les personnes», s’est défendu M. Hasemann dans le document en assurant que la Friedrich Ebert Stiftung «exerce ses multiples activités dans le strict respect de la législation algérienne et dans la transparence la plus totale».

    M. Hasemann a ainsi indiqué que sa fondation «a avisé les autorités du pays et sollicité la contribution de leurs compétences», avant de lancer «l’initiative visant à développer des réflexions sur des questions d’actualité aux fins d’alimenter des débats publics». Des débats «auxquels des administrations publiques et des organisations de la société civile ont été conviées à participer», est-il mentionné dans le même document qui appuie que «ces actions s’inscrivent bien dans les missions de la fondation, notamment celle du renforcement de la démocratie».

    Par ailleurs, M. Hasemann trouve les déclarations de Sidi Saïd «surprenantes» au regard des rapports «historiques» et «récents» liant la fondation à l’Algérie et à l’UGTA, plus particulièrement. A ce titre, le représentant résident a rappelé «le rôle reconnu de la fondation en matière de soutien à la révolution algérienne et particulièrement à l’UGTA dès la seconde moitié des années 1950». «Dès l’ouverture de son bureau à Alger, la fondation a considéré l’UGTA comme un partenaire privilégié et, pour preuve, l’a intégré dans un projet triennal (2004-2007) soutenu par la Commission européenne», a-t-il encore indiqué. «Au-delà des réactions que peuvent susciter conjoncturellement ses activités, la fondation s’est toujours considérée -et se considèrera encore- comme une amie de l’Algérie», a conclu M. Hasemann.

    Abdelmadjid Sidi Saïd a, entre autres, indiqué mardi à Alger que la fondation Friedrich Ebert «a dépassé ses prérogatives et ses missions en Algérie. Autour de certaines conférences, elle va même jusqu’à apporter des jugements de valeur sur les différentes actions du pays que ce soit dans le domaine social ou économique», estimant qu’il «faut reconsidérer la présence de cette fondation en Algérie». Toutefois, les observateurs estiment que la «colère» de Sidi Saïd est allée crescendo depuis que la fondation a ouvert son siège aux rencontres d’un syndicat autonome en gestation, le Comité de défense des libertés syndicales (CDLS), initié par des dissidents et des exclus de l’UGTA conduits par M. Ahmed Badaoui, ancien leader du syndicat des douanes.

  4. #4
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    Dimanche 28 septembre 2008 -- L’entreprise Friedrich Ebert a révélé qu’elle « a gelé jusqu'à nouvel ordre » tout le programme des conférences et rencontres programmées dans son siége, à El Biar, Alger. Les responsables de la branche de l’entreprise Allemande en Algérie ont révélé, dans un communiqué, dont El Khabar a reçu une copie, que la conférence-débat sur « le pluralisme politique, syndical et associatif » prévue pour la nuit de Dimanche « ne pourra pas être tenue pour des raisons indépendantes de notre volonté ». L’entreprise s’en est excusée. Les responsables de Friedrich Ebert ont refusé de donner plus de détails sur le sujet, et ils ont indiqué à El Khabar qu’ « ils se contentent, pour le moment, de ce qui est indiqué dans le communiqué en attendant l’évolution de l’affaire ». Le contenu du communiqué a sous entendu que la décision de geler les activités de l’entreprise est venue sur ordre des pouvoirs publics, on ignore s’il a été transmis par écrit ou bien oralement. Cela intervient trois jours après les déclarations incendiaires et surprenantes du secrétaire général de la centrale syndicale Abdelmadjid Sidi Saïd, qui a appelé à geler les activités de Friedrich Ebert, sous prétexte qu’ « elle est allée au-delà de ses missions principales » et que « les étrangers ne peuvent pas faire de faux jugements et fallacieux sur l’Algérie avec la complicité des Algériens ».

  5. #5
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    September 28, 2008 -- The Friedrich Ebert Foundation announced on Saturday (September 27th) that it is freezing all activities effective immediately, including conferences and debates scheduled for September and October in Algiers. The foundation's communiqué said the reasons for the decision are "beyond its control." The move reportedly follows criticism last week from General Union of Algerian Workers (UGTA) General Manager Abdelmadjid Sidi Said that the Foundation had overstepped its prerogatives and missions in Algeria.

  6. #6
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    Lundi 6 octobre 2008 -- La ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) a dénoncé, hier, dans une conférence de presse tenue au siège de la ligue à Alger, « les exactions commises à l'égard des libertés politique et civique ». Vingt ans après octobre 1988, le bilan « est peu reluisant » en ce qui concerne ces libertés. Pour le président de la ligue, Mustapha Bouchachi, qui, dès l'ouverture de la conférence, a estimé que l'interdiction de la conférence-débat qui devait se dérouler durant la matinée d'hier « est l'exemple vivant du recul des libertés ». Le conférencier dira que « 20 ans après octobre et les Algériens ne trouvent pas 50 mètres carrés pour se réunir » allusion à l'interdiction de la conférence dont le déroulement était prévu au siège de la fondation Frederich Ebert avec la participation d'hommes politiques et d'universitaires pour faire le point sur les « événements d'octobre ». Sans donner trop de détails, Maître Bouchachi indiquera seulement que l'ordre de ne pas tenir cette conférence-débat est parvenu à 15 heures, samedi. Les responsables de la fondation nous ont informés que l'ordre d'annulation est « venu d'en haut ». Le conférencier a indiqué que par ce genre d'interdiction « on veut pousser les gens à se rencontrer ailleurs, à l'extérieur du pays », dit-il. « Les intimidations conduisent à la rue » prévient-il. Le président d'honneur de la LADDH, maître Ali Yahia Abdenour, dans son intervention, relatera l'historique des événements qui ont précédé octobre et énumérera les principales dates depuis 1980. Il citera entre autres le printemps berbère, la création de la LADDH en 1985, et les événements qui ont marqué cette période. L'intervenant rappellera que les évènements d'octobre 1988 ont donné lieu à la constitution du 23 février 89 qui a mis fin au monopole du parti unique et a permis la création de partis politiques.

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