Samedi 27 Décembre 2008 -- Une fois de plus la Justice algérienne fait parler d'elle et se couvre de ridicule en jugeant un enfant de cinq ans en séance publique et après l'avoir convoqué personnellement et fait auditionner par la police locale sur ordre du juge. Cela s'est passé lundi dernier à Ménéa, près de Ghardaïa. Le petit Oussama est accusé - tenez-vous bien ! - de coups et blessures sur la personne d'une proche parente qui ne serait autre que sa tante paternelle. L'enfant ne s'exprimant pas encore convenablement, l'audition par la police ainsi que l'interrogatoire du juge ont tourné court, « l'accusé » s'étant muré dans un silence entrecoupé de sanglots, ne comprenant visiblement pas ce qui lui arrive.
L'enfant a tout de même été blâmé et son père condamné à régler tous les frais de justice. Le pauvre Oussama serait traumatisé et nul ne peut prévoir les séquelles futures de ce traumatisme. Au-delà du zèle incompréhensible et frisant le ridicule de l'instance judiciaire locale, il convient de souligner que le magistrat en charge de « l'affaire » a gravement violé les procédures en matière de jugement des délits des mineurs, notamment en présentant l'intéressé en audience publique. De même qu'il fait fi de toutes les conventions ratifiées par l'Etat algérien en matière de protection de l'enfance. Dès lors, une question bigrement sérieuse se pose : y a-t- il, dans le dispositif judiciaire algérien, une possibilité de juger les juges en faute ? Ou, chargés de rendre la justice, seraient-ils eux-mêmes au dessus de cette justice qui fait parler d'elle trop souvent ces derniers temps ?
On se rappelle de Habiba, cette jeune femme de Tiaret, traînée devant les tribunaux pour s'être convertie au christianisme et pour avoir été en possession d'exemplaires de la Bible. L'affaire avait défrayé la chronique, tout comme celle des trois ouvriers d'Alger jetés en prison où ils ont croupi près de deux mois avant d'être relaxés et dont le crime se résume au fait d'avoir fumé en plein jour, sur leur chantier, durant le mois de ramadhan. Pour le même « délit », de jeunes gens ont été condamnés, à Biskra, à trois ans de prison ferme et de lourdes amendes et ils ne devraient leur salut qu'à l'injonction des plus hautes autorités de l'Etat, notamment celle du chef du gouvernement. Les exemples sont nombreux et, à chaque fois, l'attitude de la Justice a été scandaleuse. Cela est inacceptable et interpelle à la fois les autorités et les consciences.
Il ne s'agit ici que de cas rapportés par les médias, mais combien d'Algériens ont été victimes d'erreurs judiciaires ou d'excès de zèle de la part de juges qui semblent échapper à tout contrôle ? Le fait est grave car tout se passe comme si certains magistrats, forts de leurs prérogatives et assurés de leur impunité, troquent trop souvent leur casquette de juges contre celle de militants, surtout pour tous les délits touchant de près ou de loin à la religion. Le tout dans un pays où les libertés individuelles, collectives et de conscience sont constitutionnellement garanties...
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27th December 2008 22:13 #1
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La justice algérienne se couvre de ridicule en jugeant un enfant de cinq ans :
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28th December 2008 15:41 #2
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Ali Idir :
Dimanche 28 Décembre 2008 -- Finalement, le cas du petit Oussama, 5 ans, jugé lundi dernier par le tribunal de Ménéa près de Ghardaïa pour coups et blessures, n'est pas inédit. La situation est même inquiétante et reflète la situation dramatique de l'enfance en Algérie. Chaque année, entre 12.000 et 15.000 enfants sont présentés devant les juges pour différents motifs, a indiqué à toutsurlalgerie (tsa-algerie.com), le professeur Mostefa Khiati, président de la Fondation pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM). «La délinquance juvénile est très importante dans notre pays», souligne le Pr Khiati.
Outre la multiplication des procès impliquant des mineurs, l'Algérie compte plus de 15.000 enfants, sans domicile fixe (SDF), qui traînent dans les rues, exposés à tous les dangers. La majorité de ces enfants sont devenus des mendiants, tendant la main, aux coins de rues, devant les restaurants, à l'intérieur des marchés de fruits et légumes ou à proximité des gares routières. Le phénomène est notamment répandu dans les grandes villes, comme Alger et Oran. «Les centres de réinsertion sociale pour enfants ne sont pas bien gérés et n'arrivent pas à s'occuper convenablement des enfants SDF. Les enfants placés dans ces centres finissent par fuguer », explique le Pr Khiati.
Autre chiffre reflétant la fracture sociale en Algérie : celui des enfants nés sous X, autrement dit en dehors des liens du mariage. «On parle de 3.000 à 5.000 enfants nés sous X, mais le chiffre serait beaucoup plus important. Nous n'avons pas de statistiques sur le nombre de ces enfants au niveau de chaque wilaya», regrette le Pr Khiati qui met en cause la politique du ministère de la Solidarité nationale. «M. Ould Abbès veut gérer tout seul. Il veut faire beaucoup de choses, multiplier les annonces, mais sur le terrain, il n'y a pas de concrétisation. Le ministre doit céder le terrains aux associations», estime le Pr Khiati.
La fondation du Pr Khiati, qui a un statut d'observateur à l'ONU, a demandé au ministère de la Solidarité nationale de publier la liste des associations bénéficiaires des aides sociales du gouvernement. «Il y a beaucoup d'opacité dans l'octroi de ces aides. Nous souhaitons de la transparence», conclut-il.







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