Samedi 6 Juin 2009 -- L’intégrisme reprend du poil de la bête et réinvestit les campus universitaires censés être des lieux de savoir et de culture. En effet, mercredi dernier, R. Ouafa, une étudiante, en première année de sciences et technologie à l’université Ferhat-Abbas de Sétif, a fait les frais du fondamentalisme islamiste et a été victime d’une décision arbitraire de la part de la direction de l’établissement qui a décidé de l’exclure pour le seul motif du port d’une tenue occidentale. Son père, R. Abdelhamid, attaché de recherche résidant à Aïn Ousséra dans la wilaya de Djelfa, dénonce avec véhémence ce zèle intégriste : “Ma fille s’habille à l’occidentale de manière propre et avec tout mon accord. Lorsqu’elle est entrée à l’amphithéâtre 8 pour passer son examen d’informatique, une surveillante H…, sœur musulmane extrémiste portant la djellaba, l’a obligée avec beaucoup de haine à changer de place pour la provoquer.” Dans l’altercation qui a suivi, la surveillante lui lança : “Tu ne dois pas porter cette tenue, tu es fâssiqa et moutabarridja !” Le professeur de la matière, qui est lui aussi un extrémiste affirmé, n’en demandait pas plus, saisissant l’occasion pour rédiger un rapport au directeur de l’université, où il réclame le renvoi pur et simple de l’étudiante. Le chef de l’établissement ne sera pas en reste dans cette affaire puisqu’il dira à la jeune Ouafa, et sans aucune forme de procès : “H… a tout à fait raison, tu dois porter la tenue musulmane. Je vais te passer en conseil de discipline et t’exclure !”
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6th June 2009 01:47 #1
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8th June 2009 00:20 #2
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Lundi 8 Juin 2009 -- Une jeune étudiante, inscrite en 1re année tronc commun des sciences et technologie à l’université Ferhat Abbas de Sétif, risque l’exclusion. Le port de la tenue occidentale en est la cause. Les faits de cette affaire, qui n’est pas un cas isolé au niveau de l’institution précitée, où les fanatiques réinvestissent le terrain, remontent au 3 juin. L’étudiante s’est présentée à l’amphithéâtre 8 pour passer son examen. Une enseignante portant le djilbab invite l’étudiante à changer de place. À ce propos, la jeune R. Ouafa dira : « Rien que pour me provoquer, l’enseignante m’oblige avec un air haineux de changer de place. En me levant, un clou de la chaise me déchire le pantalon. Au lieu de compatir, l’enseignante trouve non seulement le moyen de me vexer en disant que je ne devais pas porter cette tenue, mais de balancer des propos blessants. » Bouleversée par cette mésaventure, notre interlocutrice enchaîne : « À l’issue de l’examen, on m’apprend que les surveillants de l’épreuve ont établi un rapport et que je devais passer devant le conseil de discipline en mesure de prononcer mon exclusion. » « N’ayant pas omis de donner raison à sa collègue, un enseignant me suggère, quant à lui, de porter la tenue musulmane », précise non sans une certaine anxiété la jeune étudiante, qui n’en revient toujours pas.
Afin de connaître l’autre version des faits, nous avons pris attache avec le recteur de l’université, qui a bien voulu nous recevoir. «L’université de Sétif est régie par les lois de la République. Celles-ci sont au-dessus de tout le monde. L’institution que je dirige est apolitique. La diversité de pensées fait sa force. Nul n’a le droit d’imposer à autrui et, par la contrainte de surcroît, son propre mode de vie. Cela dit, la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Une enquête sera à ce sujet diligentée. Si les reproches s’avèrent injustifiés, l’étudiante sera, qu’elle se rassure, rétablie dans ses droits», dira Arselan-Baki Chakib, le recteur de l’université Ferhat Abbas en proie à l’extrémisme de ces fanatiques qui écument le cinquième campus universitaire du pays. Pour l’illustration, une autre étudiante «moutabaridja» (surnom donné aux filles ou femmes ne portant pas le hidjab) a été dernièrement prise à partie par un groupe d’étudiants extrémistes.
La victime, dont le seul et unique tort est le port de la tenue occidentale, raconte son calvaire.« Mercredi 29 avril, six étudiants ont tenté de m’agresser à l’intérieur du foyer situé non loin de la faculté de médecine, où je préparais un exposé avec une camarade. J’ai été ce jour-là bombardée d’injures et de menaces. Personne n’est venu à mon secours. Je n’arrive pas à expliquer un tel comportement qui me hante toujours. » Les cas précités, n’étant pas faut-il le rappeler une énième fois des cas isolés, donnent un petit aperçu sur l’activité de la mouvance qui se réinstalle petit à petit dans une université qui compte au bas mot plus de 50 000 étudiants...
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9th June 2009 11:13 #3
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M.A. Boumendil :
Mardi 9 Juin 2009 -- Il y a quelques jours, un quotidien national rapportait un fait gravissime qui est passé inaperçu, relégué au rang d'anecdote sans importance. Une jeune étudiante se fait interpeller véhémentement en salle d'examen par une surveillante, non pas à propos de quelque tentative de fraude ou autre délit, mais à propos de sa tenue vestimentaire ! L'étudiante était habillée à l'occidentale et la surveillante portait le hidjab, selon le journal.
L'étudiante a tenté de défendre son droit à s'habiller à sa convenance, sa tenue étant de toute façon très convenable. Mal lui en a pris puisque la surveillante fait appel au responsable de l'examen qui prend fait et cause contre l'étudiante. Cette dernière a été conduite devant le recteur qui lui signifie sa traduction devant le conseil de discipline, avec une menace d'exclusion.
Le père de l'étudiante, averti de l'incident, intervient auprès des responsables concernés auxquels il explique que sa fille s'habille à l'occidentale, mais de façon plus que décente, et qu'elle a son assentiment pour le faire. Rien n'y fait, et l'étudiante est toujours sous la menace d'une lourde sanction, pouvant aller jusqu'à l'exclusion de l'université.
À ce jour, aucune information ne fait état d'une réaction quelconque de la tutelle responsable de cette université. Ni la direction concernée au niveau de la Wilaya ni le cabinet ministériel n'ont bougé le petit doigt pour rétablir la jeune fille dans ses droits.
Même du temps où l'ex-FIS était au sommet de sa puissance, de tels dépassements étaient rares, sinon inexistants de la part d'enseignants et de responsables dans les universités. Les violences étaient alors le fait d'étudiants intégristes ou de personnes étrangères aux établissements universitaires.
Le même scénario que celui du début des années 90, à quelques nuances près, se répète. Il se caractérise par une audace de plus en plus avérée de l'intégrisme à tous les échelons de la société et des institutions de l'Etat, et par un laxisme qui s'apparente à de la complaisance et à la complicité de ce même Etat.
Le cas de cette étudiante n'est sans doute pas le seul. Combien de jeunes filles subissent les brimades de ces zombies et souffrent en silence, de peur de se mettre en même temps la société à dos ? Comment expliquer le silence de l'autorité ministérielle devant une telle abomination ? Mais il est vrai que si sous d'autres cieux des ministres se sont déclarés « responsables mais pas coupables », en Algérie ils ne sont ni responsables, ni capables, ni même concernés.







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