Dimanche 26 Juillet 2009 -- Un comité dénommé « SOS expulsions » a été créé hier à Alger pour parer à toute éventualité et venir en aide aux milliers de familles algériennes jetées à la rue. Les auteurs de cette initiative estiment irréversible la création de cette structure du fait de « la multiplication des opérations d’expulsions musclées et dramatiques ». Tout en s’estimant « victime de l’injustice administrative », le porte-parole de ce comité, Bouregaâ Djamel, a dénoncé hier à Alger, lors d’une conférence au siège de la Ligue algérienne de défense des droits de l’hommes (aile Zehouane), ce qu’il qualifie de « procédures douteuses ». M. Bouregaâ a précisé par ailleurs que ce comité est sous l’égide de la LADDH. D’ores et déjà, les membres de ce comité s’engagent à tout faire pour être entendus des autorités du pays. Maître Hocine Zehouane, président de la LADDH, précisera pour sa part que « ce comité est une initiative pour répondre à une situation d’urgence, il peut devenir une association à condition de créer les formalité exigées par la loi ». Maître Zehouane s’engage en tant que ligue à aider ce comité qui peut, selon lui, devenir national. D’autant que, selon lui, « le phénomène des expulsions s’élargit et devient national ».
L’Algérie, a-t-il regretté, n’est pas prête à résoudre ce type de problèmes. À ses yeux, « on ne peut pas rester patient alors que des dizaines de familles sont dehors ». Car, selon lui, « en perdant son logement, on perd son humanité et sa citoyenneté ». « Le droit à la vie c’est le droit au travail et au logement », a-t-il estimé. Cela étant dit, les membres de ce comité comptent entreprendre des actions. La première action serait l’implication des juristes dans l’étude des différents cas d’expulsés. Après quoi, « on va être à cheval avec les autorités pour se faire entendre », dira M. Bouregaâ. « Nous allons faire un tapage médiatique », insiste-t-il. Ce ne sont pas des cas d’expulsion de familles qui manquent. Plusieurs familles sont quotidiennement jetées dehors, dont certaines, après une quarantaine d’années passées chez elles. C’est le cas des 7 familles expulsées depuis 38 jours du centre de rééducation de Birkhadem. Les victimes de cette expulsion ont témoigné hier qu’ils ont entrepris toutes les démarches auprès du ministère de la Solidarité nationale pour réintégrer leurs logements en vain. Quatre autres familles de 17 membres se retrouvent, elles aussi, à la rue après avoir été expulsées depuis le 7 juillet dernier du centre des personnes âgées et handicapées de Bab Ezzouar. La ville de Staouéli a connu elle aussi ces derniers jours son lot d’expulsés. Quatre familles sont concernées par une telle opération. Ce ne sont là que des cas apparents, car des milliers d’autres familles se retrouvent ou se sont déjà retrouvées dans les rues sans toit ni dignité.
+ Reply to Thread
Results 1 to 7 of 11
Thread: « SOS Expulsions »
-
26th July 2009 00:25 #1
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 288,948
« SOS Expulsions »
-
22nd August 2009 00:08 #2
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 288,948
Nassima Oulebsir :
Samedi 22 Août 2009 -- Se retrouver à la rue du jour au lendemain, tel est le sort de centaines de familles algériennes menacées d’expulsion ou déjà expulsées d’un logement de fonction ou autres. Désemparées, les victimes ont créé SOS Expulsion, un comité pour défendre les droits de ces familles, à défaut d’une justice efficace. 220 familles expulsées à Bologhine, 217 à Kouba, d’autres à Tipaza, Oran, Skikda et un peu partout en Algérie, selon SOS Expulsion. La crise devient endémique. Le comité SOS Expulsions, sous l’égide de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), présidée par Me Hocine Zahouane, interpelle le ministre de la Justice et garde des Sceaux pour la suspension des décisions de justice d’expulsions arbitraires et expéditives de familles occupant des logements, depuis une cinquantaine d’années pour certaines. « Notre mission est de défendre les droits des victimes d’expulsion », précise Djamal Bouragaâ, porte-parole dudit comité et également victime d’expulsion. Les enfants sont les premiers à subir les conséquences de ces expulsions souvent décidées par la justice. « Mon fils a refait l’année et son frère a beaucoup régressé à l’école, car j’ai dû changer plusieurs fois de logement dans la même année », déplore Hakim Salmi, ex-fonctionnaire à la DGSN et victime, à trois reprises, d’actes terroristes. Licencié en 2004 pour abandon de poste, il a été, par la suite, expulsé de son logement de fonction en 2008. Depuis, il se retrouve, avec son épouse et leurs trois enfants, dans une situation déplorable. La police n’est pas le seul secteur frappé par les expulsions des familles occupant des logements de fonction. Le service public et l’Armée nationale populaire sont également touchés. Des familles de certaines cités militaires se sont rapprochées de SOS Expulsions afin de dénoncer le harcèlement qu’ils subissent via les lettres d’expulsion à la veille du Ramadhan et de la rentrée sociale. Des officiers de l’armée, ayant risqué leur vie et celle de leurs proches dans les périodes les plus périlleuses qu’a connues l’Algérie, sont, et en fin de carrière, remerciés de la manière la plus ingrate en leur envoyant des gendarmes les sommant de libérer les logements. Pire, bon nombre de ces officiers ne disposent pas de logement, à part celui qu’ils occupent. Ces expulsions à répétition ne sont que l’arbre qui cache la forêt de toutes les magouilles. Le cas des six familles de Staouéli ne peut que corroborer cela. « Habitant des logements à la rue des Abattoirs à Staouéli, ces familles font l’objet de décisions d’expulsion au profit d’une certaine coopérative publique de semences dite Uncosem. Celle-ci se proclame propriétaire de ce patrimoine immobilier de l’Etat. De plus, il existe deux Uncosem, l’une privée et l’autre étatique ; donc, ce sont deux Uncosem avec deux agréments différents, le même siège social et les mêmes personnes », selon un communiqué de SOS Expulsions. Selon ce dernier, la famille Amine, de Kouba, dont la mère est veuve et âgée de 78 ans, a été expulsée le mois dernier du domicile qu’elle occupait. Pourtant, la loi du 13 mai 2007 article 507 bis signé par le président Bouteflika interdit l’expulsion des personnes âgées de plus de 60 ans. Cependant, les innombrables appels adressés par ces victimes sont restés lettre morte.
-
27th August 2009 00:15 #3
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 288,948
Jeudi 27 Août 2009 -- Le porte-parole du comité «SOS expulsés», Bouregâa Djamel, a interpellé hier, lors d'une conférence de presse tenue au siège de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), le Président de la République et le ministre de la Solidarité, Djamel Ould Abbas, pour aider des milliers de familles expulsées, qui se retrouvent avec leurs enfants à la rue. Le porte-parole des familles expulsées s'est interrogé : «Est-ce que ces familles algériennes ont le droit à un toit dans un pays qui a 144 milliards de dollars dans le réfrigérateur et un cadeau empoisonné qui est le pétrole ?». Djamel Bouregâa a affirmé, dans ce sens, qu'en l'espace de deux mois, c'est-à-dire depuis la création du comité en question, une soixantaine de dossiers ont été déposés par les familles expulsées entre les mains des membres du comité «SOS expulsés». Le porte-parole du comité a même affirmé que 90 enfants issus de familles victimes d'expulsion sont dans la rue actuellement. Les familles expulsées appartiennent à plusieurs catégories. Il y a, selon l'intervenant, des familles expulsées de logements où elles habitaient souvent depuis 1962 (et qui payaient pourtant le loyer de bien-vacant auprès des OPGI), des familles habitant dans des logements de fonction de différents corps, Gendarmerie nationale, police et personnel contractuel de l'armée, le cas de 15 familles expulsées de Miliana, des familles victimes d'escroquerie ainsi que d'autres. Ce sont en fait des pères de famille retraités, des jeunes couples mariés, ainsi que des vieux («une femme âgée de 104 ans a été expulsée de chez elle à Souk-Ahras»), a-t-il ajouté.
Une dizaine de familles ont relaté hier, devant la presse, leur calvaire et leur désarroi. C'est le cas de Hassan Ahmed, ancien élément de la Gendarmerie nationale qui, après 30 ans de service, s'est fait expulser de son logement de fonction de l'école des Issers, et ce durant ce mois de Ramadhan. Ce dernier a été expulsé sans huissier de justice, ni décision de justice, a-t-il dit. «Je sais que je vais être harcelé suite à mes déclarations devant la presse, mais peu importe. J'ai perdu mon toit sans être relogé, après 30 ans de service, donc je n'ai plus rien à perdre», a-t-il déclaré les larmes aux yeux. Mme Taïbi a témoigné qu'elle a tout perdu après que son mari, commissaire de son état, eut passé six mois en prison. «Ils m'ont expulsé du logement de fonction que j'occupais, moi et mes enfants. Ils m'ont jeté à la rue et je me suis retrouvée d'un coup sans mari qui a abandonné le foyer vu les pressions, sans mes enfants qui sont éparpillés chez ma famille, et sans aucun revenu», a-t-elle martelé. La famille Abassi, habitant la rue des Libérés, affirme qu'elle a à sa charge un membre de la famille handicapé. «Nous avons vécu dans cette bâtisse depuis 1962 , nous avons depuis toujours honoré nos loyers, et voilà qu'aujourd'hui le propriétaire de la bâtisse, qui est français, la vend à un Algérien, et ce en mettant 15 familles algériennes à la rue, sans aucun dédommagement. Voilà l'Algérie indépendante !». Et de s'interroger : «Où je vais aller avec mes enfants, avec à ma charge ma soeur handicapée ? J'ai déposé une demande de logement depuis des années, mais sans succès».
La famille Bouhadi a été expulsée sur décision de justice par son oncle, qui est aussi son voisin. Ils devaient prouver devant la justice qu'ils sont locataires et qu'ils ont l'habitude de payer leurs loyers sur la base d'un acte de location délivrée par l'OPGI, mais ils n'ont pu fournir ce document. Derradj Abdelmalek a, selon ses propos, interpellé à maintes reprises l'APC d'Alger-centre pour le reloger, serait-ce dans un chalet, mais en vain. Le jeune couple Boudjami, qui vit avec son enfant malade dans une cage d'escalier, attend les promesses de Djamel Ould Abbas, qui leur a promis un chalet dans deux jours. «Ils sont toujours, en ce mois sacré, dans la cage d'escalier». Enfin, une autre affaire, celle d'une femme de moudjahid, qui, selon ses propos, a été escroquée par une personne qui s'est accaparée des biens de cette dernière, «une villa au centre-ville de Aïn Bénian et une usine». La mère de la famille Bouassia Touira interpelle le ministre de la Justice sur son affaire «et demande tout simplement une enquête approfondie». Enfin, le porte-parole de «SOS expulsés» revendique au nom des expulsés le relogement immédiat des familles expulsées et l'arrêt de toutes les expulsions jusqu'à la révision de certaines lois, pour combler le vide juridique qui menace la stabilité de milliers de familles algériennes. Les membres de la LADDH se sont dits contre la banalisation des expulsions de logements par les pouvoirs publics, car il s'agit selon eux de la dignité humaine avant tout.
-
13th October 2009 00:16 #4
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 288,948
Nabila Amir :
Mardi 13 Octobre 2009 -- La recrudescence des expulsions et l’irrégularité constatée dans beaucoup de cas, notamment les vices juridiques et l’exploitation de l’ignorance des citoyens par des adversaires vicieux et financièrement puissants, a poussé le comité SOS Expulsions, créé en juillet 2009 par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), l’aile Zehouane, à organiser une conférence de presse afin d’interpeller les pouvoirs publics sur ce phénomène qui porte beaucoup atteinte à la dignité des citoyens. Aujourd’hui, des familles entières sont jetées à la rue, sans égard à leur part de citoyenneté et à leur dignité. Le comité, selon Zehouane, a pour mission de défendre les familles expulsées et lutter pour que les erreurs et les dysfonctionnements de la justice soient bannis à jamais. Il tente aussi d’attirer l’attention des autorités afin qu’elles ne se désintéressent pas des expulsés – des expulsions génératrices de drame – et qu’elles leur prêtent une attention particulière pour leur éviter une déchéance certaine. Dans son intervention M. Zehouane a rappelé que la loi interdit strictement l’expulsion des personnes âgées de leur domicile, et ce, quels que soit les problèmes auxquels elles sont confrontées. Seulement, ce qui est regrettable, de son avis, c’est le non-respect de ce texte de loi par la justice. « Comment la justice peut-elle ignorer les droits consacrés, en décidant de jeter à la rue des personnes âgées, alors que la loi stipule clairement que les personnes âgées de plus de 60 ans bénéficient du droit au maintien sur les lieux (décret exécutif 507 bis) du 13 mai 2007 ? », a fulminé le conférencier.
Des familles expulsées se sont déplacées hier au siège de la Ligue pour témoigner de leur situation désastreuse. Elles parlent de décisions injustes. Une expulsion est, pour ces familles, une forme de mort, sinon plus, car la mort peut délivrer de la douleur et de la souffrance. Une mère de 75 ans, fille de chahid, habitant Kouba depuis 45 ans, locataire régulière, a été expulsée de chez elle suite à une décision de justice alors que la loi est en sa faveur. « Comment la justice peut-elle avec une facilité déconcertante expulser une famille qui occupe un logement depuis l’indépendance ? Comment la justice peut-elle accorder des droits discutables au propriétaire en ignorant ceux du locataire, à savoir le droit au logement, consacré dans tous les textes officiels algériens », se sont interrogés les responsables du comité, qui reçoivent quotidiennement des familles expulsées que ce soit d’un logement participatif, ou fonctionnaire ou alors suite à un litige familial. Certains intervenants ont expliqué que malgré les justificatifs présentés à la justice, cette dernière a expulsé des familles entières, tout en étant persuadés qu’il s’agit là « d’affaires d’escroquerie et d’abus de confiance et dans quelques cas de faux et usage de faux à l’endroit des familles victimes d’expulsion ». D’autres témoins n’arrivent pas à comprendre comment l’Etat peut-il tourner le dos aux fonctionnaires qui ont payé un prix fort en servant des institutions pendant la décennie noire, quand d’autres ont fui à l’étranger et qui aujourd’hui sont sans toit. L’autre problème soulevé par Zehouane a trait aux pieds-noirs qui ont quitté l’Algérie et abandonné leurs maisons qui sont devenues des biens vacants.
Selon M. Zehouane, « des parties malintentionnées ont incité, avec la complicité des avocats, ces pieds-noirs à enclencher des procédures en justice contre les propriétaires de ces logements. » « De mon point de vue, un avocat ne doit pas accepter ce type d’affaire. Déontologiquement parlant, un avocat n’a pas à défendre un étranger dans une affaire comme celle-ci », pense M. Zehouane, qui estime que l’Etat doit assumer ses responsabilités quant aux familles victimes d’expulsion pour les reloger avant la période hivernale comme il doit revoir la législation relative aux expulsions, notamment la création de cellules d’enquête sociales et de suivi au niveau des tribunaux. « Les pouvoirs publics doivent également prendre en considération l’imposition des loyers exorbitants, car si éventuellement on prend option pour une location qui n’est d’ailleurs à la portée d’aucun salarié au bon soin de la maffia de l’immobilier ou la spéculation est pratiquée au grand jour », note le porte-parole du comité, Salim Hakim. À moyen terme, le comité propose à l’Etat de prévoir des lieux d’accueil pour les victimes d’expulsion, afin que la cohésion des familles n’ait pas à subir des démembrements, pour aussi éviter la délinquance des adolescents, le fléchissement scolaire des enfants, les suicides ou dans certains cas des divorces suite aux conséquences irréversibles de l’expulsion.
-
13th January 2010 00:17 #5
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 288,948
Mercredi 13 Janvier 2010 -- 129 familles, dont 330 enfants, ont été expulsées de leurs logements de juillet 2009 à ce jour, au niveau national. La capitale vient en première position avec l’expulsion de quelque 83 familles. C’est ce qu’a fait savoir, hier, le porte-parole du comité SOS familles expulsées, M. Hakim Salmi, dans une conférence de presse au cours de laquelle il a dénoncé la mise à la rue de ces familles, notamment au milieu de cet hiver rigoureux. À titre de rappel, le wali d’Alger a justifié récemment ces expulsions en se référant à «la décision légalement prise par la justice» à l’encontre de ses expulsés. Le wali a ajouté que «nul n’est au-dessus de la loi». Ces arguments ont été balayés hier par le collectif SOS-expulsions, qui n’a pas contenu sa rage de voir ces familles se retrouver dans la rue en plein hiver et sans avoir où aller. Le porte-parole du comité, M. Hakim Salmi, a estimé que la décision de jeter à la rue des familles relève tout simplement de l’«irresponsabilité des autorités publiques». Le conférencier, rejoint en cela par le président de la LADDH, Me Hocine Zehouane, a relevé «l’urgence sociale où se trouvent ses familles mises à la rue», et a formulé certaines propositions à même de corriger cette situation. Aux yeux des animateurs de la conférence de presse, les autorités locales sont les premiers responsables de cette situation car elles n’ont pas prévu des solutions palliatives avant d’expulser ces familles. «Oui, les autorités sont responsables. Elles devaient prévoir en aval des structures d’accueil pour ces familles avant de les mettre à la rue», a tonné Me Zehouane, devant une assistance composée essentiellement de victimes d’expulsion. Tirant la sonnette d’alarme, le comité SOS familles expulsées a interpellé le gouvernement pour prendre les mesures qui s’imposent pour éviter le pire. Entre autres solutions d’urgence, le comité a préconisé une loi interdisant l’expulsion des familles de leurs logements en hiver. À défaut d’une prise en charge, en urgence, des familles expulsées, le comité SOS n’écarte pas l’éventualité de recourir à une action de protestation.
-
31st March 2010 00:06 #6
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 288,948
Lynda Louifi :
Mercredi 31 Mars 2010 -- Habitant à proximité du marché de Belfort dans la commune d’El-Harrach, les membres de la famille Chemlal sont menacés d’expulsion de leurs deux petites pièces de fortune. Cette famille, composée de dix personnes, risque de se retrouver du jour au lendemain dans la rue. «Nous sommes anciens et nous n’avons eu aucun problème depuis l’occupation de ces lieux en 1984», déclare le chef de famille. Celui-ci tient à souligner que le problème remonte à 2007, lorsqu’un voisin a décidé de les poursuivre en justice. «Ce voisin argue que le terrain que nous occupons lui appartient. En fait, cette assiette appartient à l’APC d’El-Harrach selon l’opération de recensement effectuée par les agents communaux en 1993», indique-t-il. La famille Chemlal vient de recevoir une notification du tribunal pour libérer les lieux. Désespérée, elle lance un cri de détresse aux responsables de l’APC afin de lui venir en aide. «Certes le terrain ne nous appartient pas, mais nous n’avons pas où aller. Moi-même père de famille, il y a aussi ma sœur enceinte qui occupe également ce lieu de fortune. Que faire si on nous expulse ? Nous avons des enfants et des personnes malades. De grâce aidez-nous», a-t-il ajouté. Il faut rappeler que cette famille n’est pas la seule à vivre dans la précarité. Plusieurs familles à Alger sont menacées d’expulsion alors qu’aucune solution de rechange ne leur a été proposée. Face à cette situation, un groupe de personnes ont préféré unir leurs voix en créant une association. Il s’agit de SOS Expulsés qui revendique des centaines de cas pour la seule wilaya d’Alger. Les familles expulsées sont pour la plupart des anciens locataires chez le privé. Certaines d’entre elles occupaient leurs appartement depuis 1962.
-
19th April 2010 00:12 #7
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 288,948
Mohammed Zerrouki :
Lundi 19 Avril 2010 -- Dix-sept familles occupant des logements de fonction dans le centre spécialisé de rééducation de Birkhadem ont été expulsées hier par les services du ministère de la Solidarité sur ordre de la justice. Ces familles s’ajoutent aux 11 autres expulsées en juin de l’année dernière du même centre. Ces familles habitaient depuis plus de 50 ans dans le centre spécialisé de rééducation de Birkhadem. Après avoir frappé à toutes les portes dans le but de faire entendre leur voix, les 17 familles composées de plus de 150 âmes, dont des enfants en bas âge et des personnes âgées, ont organisé hier un sit-in devant le centre, au milieu d’un imposant dispositif de police déployé sur place. Le représentant des familles, M. Amar Isli, a déclaré que «le sit-in est organisé dans le but d’attirer l’attention des hautes autorités du pays et de dénoncer le silence qui entoure le drame de ces familles». Notre interlocuteur nous a expliqué que les faits de cette affaire remontent à 2001, quand 17 familles d’éducateurs et de hauts cadres du centre spécialisé de rééducation, rattaché au ministère de la Solidarité nationale, ont été sommées de quitter leur logement. Il explique que c’est la sixième fois que le ministère actionne les mécanismes d’expulsion.
M. Isli a indiqué que «les habitants du centre demandent qu’une enquête indépendante soit diligentée pour mettre à nu les tenants et les aboutissants de cette histoire, et que le fautif paye». Notre interlocuteur a déclaré : «On est prêts à être relogés ailleurs, à condition que cet établissement serve à une utilité publique.» Et d’ajouter que «ces habitants n’accepteront jamais d’être expulsés d’ici pour que quelqu’un d’autre vienne s’y installer». Selon lui, «ces expulsions viseraient à libérer le terrain pour une coopérative immobilière». Les habitants ont brandi des attestations d’attribution de ces logements délivrées par les services des Domaines datant de 1962. Un résident affirme même qu’il réside sur les lieux depuis les années 1950. M. Isli a indiqué que les 17 familles, poursuivies en justice depuis quatre années, sont déterminées à convaincre les autorités de la légalité et de la légitimité de leur demande de cession des biens de l’Etat, conformément à la loi. Les familles affirment également qu’aucune autorité, ni le P/APC, ni le wali délégué ne sont venus s’enquérir de leur sort.
En outre, elles se disent indignées et humiliées par l’utilisation de la force lors de leur expulsion. «C’est de la hogra. Comment se fait-il qu’un ministre qui prône la solidarité nationale et la justice ose jeter des femmes et des enfants à la rue ?» s’interroge une femme sinistrée, les larmes aux yeux. Un autre sinistré a souligné que «normalement, le P/APC doit nous défendre. Malheureusement, il ne s’en est même pas inquiété». Slimane, un retraité du centre, a avoué qu’il aurait préféré «être mort avant pour ne pas vivre cette injustice». De son côté, le directeur par intérim du centre spécialisé de rééducation de Birkhadem nous a affirmé qu’il ignorait tout de cette décision d’expulsion.







LinkBack URL
About LinkBacks
Reply With Quote

Bangladesh
Ecuador
Morocco
Nepal
Nicaragua
Puerto Rico
Russia
Scotland
South Africa
Ukraine
Virtual Countries