Algeria.com Discussion Forum - Powered by vBulletin


+ Reply to Thread
Results 1 to 2 of 2
  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    288,949

    Mardi 1 Septembre 2009 -- Ils sont nés en Algérie. Ils y ont vécu jusqu’à l’âge adulte, avant de plier bagage pour aller sous d’autres cieux. Destination : les pays d’Europe occidentale, en particulier la France. Mais avant l’âge de la retraite – échéance attendue pour effectuer le grand retour – la mort passe par là. Le rapatriement de la dépouille mortelle n’est pas une sinécure. C’est le cas, notamment, pour des milliers d’émigrés algériens. La mort en exil n’étant pas prévue dans leurs projets de migration, leurs proches et leurs familles sont toujours surpris. Il faut courir dans tous les sens pour préparer les documents nécessaires au rapatriement. Il faut également recueillir la somme exigée pour permettre au défunt de reposer enfin en paix près de ses ancêtres, dans le pays natal. Une véritable galère ! L’opération est très coûteuse en temps et en argent. Le rapatriement d’un corps coûte au moins 3000 euros (300 000 DA). Cette somme couvre les frais de transport vers l’aéroport international du pays d’origine, les dépenses relatives au traitement post-mortem, la mise en bière et les aménagements spécifiques au transport. Cela sans compter les prix des billets d’avion pour les deux ou trois personnes proches qui doivent accompagner le défunt et assister à ses obsèques dans le village ou le douar d’origine. Comment faire pour réunir cette somme ? Existe-t-il des moyens efficaces pour faciliter le dernier voyage des immigrés ?

    De la cotisation à l’assurance obsèques

    « Il y a l’assurance obsèques. Les Algériens sont censés contracter ce genre d’assurance. En cas de décès, c’est la société d’assurances qui prend en charge les frais du rapatriement des corps », explique Azzedine Gaci, président du Conseil régional du culte musulman (CRCM, région Rhône-Alpes). Toutefois, de l’avis de notre interlocuteur, peu d’immigrés prennent conscience de la nécessité d’avoir ce genre d’assurance, alors que d’autres ignorent même son existence. Ils sont nombreux. « Les émigrés oublient de payer ce type d’assurance. Et quand il y a décès d’un proche ou d’un parent, la famille se retrouve en difficulté ; elle est contrainte de recourir à la quête pour rassembler la somme nécessaire au rapatriement du corps du défunt », ajoute encore notre interlocuteur. Cette quête prend parfois beaucoup de temps et le corps reste sur place pendant des semaines. « Certaines familles mettent plus de deux mois avant de pouvoir rapatrier le corps de leur défunt », explique encore Azzeddine Gaci. Cependant, le problème ne se pose pas pour tous les immigrés. Les premières générations d’émigrés kabyles ont exporté vers la France le système de tajmaât. Les émigrés disposent d’une «caisse noire» à laquelle ils recourent pour financer le rapatriement des corps. Comment s’organisent-ils ? Chaque village dispose d’un comité. Chaque émigré cotise, pendant de longues années, 10 à 13 euros/an (de 1000 à 1300 DA). Et le problème est résolu. Les frais de rapatriement du corps sont entièrement pris en charge par le comité du village.

    L’Etat et la promesse non tenue de Ould Abbès

    La diaspora algérienne compte plus de 7 millions de personnes. Le problème du rapatriement des dépouilles des Algériens décédés à l’étranger reste toujours posé. « Les Tunisiens et les Marocains sont pris en charge par leurs Etats respectifs. Pourquoi l’Etat algérien ne s’implique-t-il pas pour aider ses ressortissants à l’étranger ? » s’interrogent nos émigrés. La demande à l’adresse de l’Etat ne date pas d’aujourd’hui. « Elle remonte au moins à une dizaine d’années », affirme encore Azzeddine Gaci. Même l’annonce officielle faite par le ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté algérienne à l’étranger, Djamel Ould Abbès, n’est pas prise au sérieux. Le ministre a annoncé, à maintes reprises, la décision de l’Etat de prendre en charge le rapatriement des dépouilles des émigrés, mais aucune mesure n’a été prise effectivement sur le terrain. « Nous demandons à ce que les pouvoirs publics passent à l’acte et ne pas se limiter uniquement aux discours », lance notre interlocuteur. Nous avons tenté de joindre les responsables du ministère de la Solidarité pour avoir un complément d’information sur le sujet, en vain. Une semaine n’a pas suffi aux cadres du ministère pour répondre à nos sollicitations. « Votre demande est chez monsieur le ministre et c’est lui qui doit répondre à vos questions », nous rétorque la préposée à la communication. Les responsables du ministère des Affaires étrangères, eux, semblaient « tous en vacances ».

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    288,949

    Ali Aït Mouhoub :


    Samedi 6 Mars 2010 -- Les attitudes des uns et des autres face au décès des Algériens à l’étranger montrent « en creux » la relation que les émigrés entretiennent avec leur pays d’origine. En particulier, l’attitude des familles et des proches au moment du rapatriement du corps du défunt rappelle que la notion du lien avec la terre des ancêtres des expatriés est autant symbolique qu’affective. Mais l’aspect financier est aujourd’hui un problème épineux de la mort en exil. Le rapatriement des corps demeure la règle générale. Cette pratique représente un certain coût, il serait en moyenne de 3.000 euros à partir de l’Espagne où la communauté algérienne est de plus en plus importante. Rendu possible par la force des liens communautaires unissant les migrants originaires du même village, ville ou région, on se cotisait pour faire face à la dépense. Cette habitude s’est perpétuée jusqu’à maintenant en empruntant des formes diverses puisque les familles continuent à cotiser à des sortes de tontines qui reposent sur l’engagement et le respect de la parole donnée. L’exemple de la communauté kabyle est édifiant en ce sens. Cette participation permet en outre une reconnaissance de «l’être» algérien dans sa communauté d’origine. La solidarité marque ici un pas important dans l’osmose de la communauté algérienne en Espagne.

    La rue Dénia dans le quartier de Ruzáfa est un quartier populaire et immigré du centre-ville de Valencia. Ce morceau de ville est de peu de poids à l’échelle de l’agglomération, en habitants et en superficie. Mais, la callé Cuba, comme on l’appelle communément ici, désigne, pour les populations notamment maghrébines qui la fréquentent, un lieu-relais de la ville, un carrefour de réseaux de sociabilité et d’affaires, un espace de ressources et d’approvisionnement en produits du pays et hallal. C’est ici que convergent tous les Algériens á la recherche de cet esprit de solidarité. Et c’est à cette adresse que Djamel Benmenni, commerçant connu, est sollicité. Cet enfant du quartier des Eucalyptus, à Alger, est en quelque sorte le mécène connu dans le sud de l’Espagne, à Valencia principalement, pour son dévouement et son attachement aux œuvres de bienfaisance. Notamment dans les cas de rapatriement des dépouilles des Algériens où il est incontournable. « La mort est impromptue, nous dit-il, et nous autres Algériens, nous n’avons pas cette notion de prévision. Nous ne pensons pas, par exemple, à contracter une assurance pour assurer au moins les dépenses du transfert du corps en cas de décès. C’est culturel, nous sommes convaincus que les nôtres ne nous laisseront jamais moisir en terre étrangère ».

    Il y a l’assurance obsèques. Les Algériens sont censés contracter ce genre d’assurance. En cas de décès, c’est la société d’assurances qui prend en charge les frais de rapatriement des corps. Cependant peu d’émigrés en Espagne prennent conscience de la nécessité de contracter cette assurance, alors que des milliers d’autres ignorent même son existence. Beaucoup de prestataires en matière d’assurance proposent, en fait, des produits à des prix plus ou moins étudiés, mais en temps de crise économique où la communauté algérienne est très touchée, le moindre centime dépensé devient sujet à un calcul. Et quand il y a décès d’un proche ou d’un parent, la famille se retrouve en difficulté ; elle est contrainte de recourir à la quête pour rassembler la somme nécessaire au rapatriement du corps du défunt. Reste donc cet esprit de solidarité manifesté souvent par des Algériens qui cotisent pour rassembler des sommes permettant de faire face aux dépenses en vue du rapatriement de la dépouille. Djamel Benmenni explique : « Souvent ce sont les épouses ou les enfants du mort qui se manifestent pour demander de l’aide. Nous essayons de faire appel aux dons et à l’élan de solidarité des Algériens dans les cafés et les mosquées pour rassembler les 3.000 euros nécessaires au rapatriement. On s’occupe nous-mêmes des ablutions du mort selon le rite musulman en présence d’un imam ramené par nos soins, dans les morgues espagnoles. Et évidemment jusqu’a l’acheminement du cercueil vers l’Algérie. » Tant inattendu, qu’impromptu, le décès d’un proche laisse perplexe les familles qui ne savent plus où se diriger pour faire face à cet événement. En ce sens que la solidarité entre Algériens fait ses preuves. En somme, le dernier voyage à 3.000 euros est devenu un souci permanent pour ces familles qui subissent ce triste coup du sort en perdant un membre des leurs.

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts