Samedi 13 Mars 2010 -- Le département d'Etat vient de publier son rapport 2009 sur la situation des droits de l'homme en Algérie. Système judiciaire, police, discriminations, activités syndicales et d'associations, liberté d'expression, politique, etc. Sur tous ces aspects, le bilan américain montre l'inadéquation entre les textes légaux – qui en général sont conformes ou proches des standards internationaux – et leur application sur le terrain, qui elle comporte de sérieuses atteintes aux droits de l'homme.
Sur le plan de la lutte contre le terrorisme d'abord, le département d'Etat note l'absence de transparence dans les informations communiquées par les autorités. « Le ministère de l'Intérieur communique rarement les informations concernant le nombre total de terroristes, civils ou agents des forces de sécurité tués », commente par exemple l'ONG. Le rapport évoque les mêmes problèmes sur la question des disparitions forcées: « le gouvernement a signé en 2007 la convention internationale pour la protection des personnes contre les disparitions forcées mais ne l'avait toujours pas ratifiée fin 2009 ».
Le rapport s'intéresse également au fonctionnement de l'institution judiciaire. « La Constitution garantit le droit à un procès équitable, cependant en pratique, les autorités ne respectent pas toujours complètement les dispositions légales concernant les droits de la défense », écrit ainsi le département d'Etat américain. De plus il observe que bien souvent « les connections familiales et le statut des parties impliquées peut influencer certaines décisions ». Autre lacune: celle concernant le fonctionnement de la détention provisoire, jugée « trop longue » ce qui amène un autre problème : la surpopulation carcérale dans des « conditions qui sont très inférieures aux standards internationaux », juge-t-il.
Des inquiétudes sur la liberté d’expression et de la presse
Le département d'Etat s'inquiète également de la situation des libertés d'expression et de la presse en Algérie. Là encore, note le rapport, si « la Constitution garantit les libertés d'expression et de la presse, le gouvernement restreint ses droits en pratique à travers les accusations de diffamation et les pressions informelles sur les annonceurs, éditeurs et journalistes ». Une politique «répressive» qui vise également les médias internationaux dans leur volonté de couvrir l'actualité algérienne. Le rapport rappelle que le bureau de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera est toujours fermé depuis plus de 5 ans. Il évoque également la censure de trois livres durant le Salon international du livre d'Alger d'octobre dernier; ceux de Boualem Sensal (Le village allemand), Salim Bachi (Tuez les tous) et Mehdi el Djezairi (Poutakhine).
La censure gouvernementale opère aussi par les pressions financières, accuse le département d'Etat américain. «Beaucoup de journaux sont imprimés dans des imprimeries qui appartiennent à l'Etat », explique-t-elle, en ajoutant qu'à cela s'ajoute le contrôle d'une partie de la publicité qui arrive aux journaux, via l'ANEP. Cependant, le département d'Etat note que même les annonceurs privés indépendants occupent une place « de plus en plus visible » dans les revenus publicitaires des médias.
Enfin, le rapport s'intéresse à Internet. Il souligne positivement le fait que l'accès au web soit totalement libre. « Cependant, le gouvernement contrôle les e-mail et les salons de discussions », regrette-t-il. La loi d'août 2009 sur la cybercriminalité qui autorise l'usage des données électroniques par la justice est un nouvel élément négatif selon le rapport.
Associations et ONG : de nombreuses restrictions
Le département d'Etat consacre une grande partie de son rapport aux « restrictions » à la liberté d'association et de rassemblement. Selon ce rapport, plusieurs associations et ONG ont témoigné des difficultés qu'elles éprouvent dans leur action. La LADDH par exemple, a eu des difficultés à obtenir l'autorisation d'organiser des réunions à l'extérieur ou des séminaires. « Le décret de 2000, interdisant les manifestations à Alger reste en vigueur », constate ainsi le rapport.
Les associations et ONG internationales connaissent les mêmes difficultés pour travailler en Algérie. « Elles ont des difficultés pour obtenir des visas. Les délais de réponse ont ainsi empêché certaines ONG de se rendre en Algérie en 2009 », note le rapport qui affirme que le groupe des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires et le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture n'ont pas pu venir en Algérie depuis 1997.
Sur le plan de la constitution d'associations, le département d'Etat pointe le fait que « le gouvernement restreint l'enregistrement de certaines ONG ou partis politiques sur la base de motifs sécuritaires mais refuse de fournir les preuves pour refuser d'autoriser d'autres associations qui ne peuvent pas être interdites sur ces motifs sécuritaires ». Le rapport cite l'exemple de l'association SOS Disparus qui n'est toujours pas reconnue à l'heure actuelle. Les difficultés sont les mêmes pour les partis politiques signale le rapport. « Le 19 mai, le parti de la liberté et de la justice de l'ex-candidat à la présidentielle Mohamed Saïd, a déposé une demande d'accréditation auprès du ministère de l'Intérieur. Fin 2009, il n'avait toujours pas eu de réponse. Le parti de l'Union pour la démocratie et la république, a déposé sa demande en 2004 et n'a toujours pas non plus reçu la décision du ministère », donne comme exemple le département d'Etat.
Les droits des travailleurs malmenés
Dans le même esprit, la liberté syndicale et les droits des travailleurs sont encore très malmenés en Algérie selon ce rapport. « L'UGTA reste la seule confédération légalement reconnue », pointe-t-il, alors que dans les textes, la constitution de fédérations ou de confédérations est libre. « En pratique, les tentatives de créer de nouvelles fédérations sont empêchées par des manoeuvres administratives », critique le rapport, qui donne l'exemple de la non reconnaissance du SNAPAP par le gouvernement en tant que confédération. « Le SNAPAP (…) ont subi durant l'année l'obstruction officielle de leur assemblée générale et la répression policière durant leur sit-in de protestation », cite le rapport, qui rappelle que « la loi conditionne les manifestations publiques et les grèves à l'autorisation préalable du gouvernement ». « Les autorités tolèrent généralement les grèves, mais continuent d'interdire ou réprimer les marches et les manifestations à Alger », conclut le rapport sur ce point.
Le rapport se penche également sur les libertés religieuses. Là encore, principes et réalités sont discordants. « L'Eglise catholique est la seule religion non-islamique réellement enregistrée pour opérer dans le pays », note le rapport. « En 2008, le gouvernement a fermé 27 églises (protestantes, ndlr) parce qu'elles ne respectaient pas l'ordonnance (de février 2008, sur la pratique des cultes non musulmans dans le pays, ndlr). Le gouvernement a refusé le visa pour des religieux, sur le motif de l'interdiction de prosélytisme », ajoute-t-il.
Cependant, le rapport signale que le 2 juillet, le ministère des Affaires religieuses a approuvé l'enregistrement d'une association juive, présidée par un avocat de Blida, même si malgré cela « il n'existe pas de synagogues en activité. Des articles, commentaires politiques et caricatures anti-sémites apparaissent également dans la presse arabophone », remarque le département d'Etat américain. Concernant l'Islam, le rapport note que le ministère des Affaires religieuses et celui de l'Education nationale ont beaucoup fait pour interdire l'expression des tendances extrémistes dans les écoles et les mosquées. « En septembre 2008, le ministère des Affaires religieuses a démis de leur fonction 53 imams et fermé 42 lieux utilisés illégalement ».
Enfin, sur la question des discriminations à l'égard des femmes, le rapport note les avancées réalisées avec la réforme du code de la famille en 2005, mais pointe toujours les inégalités entre hommes et femmes. « Beaucoup de pratiques traditionnelles sont discriminantes envers les femmes », condamne le département d'Etat, qui évoque notamment les questions d'héritage, d'emploi et de violence.
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13th March 2010 22:20 #1
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Hakim Arous :
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15th March 2010 01:11 #2
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Fayçal Abdelghani :
Lundi 15 Mars 2010 -- Le rapport du département d’Etat américain sur les droits de l’homme qui vient d’être rendu public dresse un tableau noir de la situation des droits humains et des libertés en Algérie. Censé être élaboré avec soin et précision, le rapport n’apporte rien de nouveau, sauf l’obsession de renvoyer une image négative, versant ainsi dans des exagérations et des excès gratuits. Le rapport en question émane du bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail relevant des services du département d’Etat américain. Traitant de l’année 2009, le rapport sur l’Algérie ne laisse aucun aspect de côté. Politiquement, le texte déplore qu’«il y ait une altération des activités politiques des partis et des restrictions de liberté d’expression et de réunion». Il poursuit dans son premier chapitre en signalant «l’impunité, la torture, les conditions déplorables de détention dans les prisons, les limites de l’indépendance judiciaire et les longues détentions provisoires». C’est tout un chapelet de jugements erronés sur la justice, les services de sécurité et l’activité politique que le rapport tente de mettre en évidence. «Les constats d’abus et d’impunité» relevés par ce rapport reflètent-ils l’évolution du cadre de l’exercice politique et civil en Algérie depuis ces années ? Visiblement, le document nie tout ce rapport d’évolution et se contente de se focaliser sur des cas rares de ces abus.
Dans le chapitre consacré à la pratique des droits de l’homme, il nie carrément «les mesures de respect», révélant «les carences dans le traitement du dossier des disparus, des personnes assassinées par les services de sécurité sans être jugées par la justice». Des assertions qui ne corroborent aucunement la réalité des faits. Ce texte considère toutefois qu’«il n’y a aucun rapport sur des détenus ou de prisonniers politiques durant l’année». Le flot des dérives ne tarit pas au fur et à mesure que le rapport signale par des détails éloquents «des cas de personnes disparues sans la moindre enquête». Au mieux, le texte reprend des déclarations de Farouk Ksentini, président de la CNCPPDH, sur «le nombre de cas des disparus qui seraient de 8 023 personnes» et «l’Etat (qui) a indemnisé à 97 % les familles de ces disparus». Le rapport du département d’Etat tente d’épingler les autorités algériennes sur «les traitements inhumains et dégradants signalés par les comités ou les ligues des droits de l’homme». Des mots d’abus forts qui n’ont rien laissé au hasard au gré de la lecture sur les détails de cas exceptionnels ayant subi ces traitements.
Liberté de religion : l’islam montré du doigt
Au niveau des libertés civiles ou publiques, le rapport énumère particulièrement celles concernant la liberté de la presse et il signale que «le gouvernement restreint ces droits dans la pratique par des accusations de diffamation et de pression informelle sur les éditeurs et les journalistes». Pourtant, des experts en communication, personnalités officielles de pays étrangers et diplomates relèvent au contraire «une liberté de ton de la presse algérienne» malgré certaines carences et un verrouillage de sources d’informations. Quant à la religion, le texte mentionne toujours le vocable de «musulmans» dans les rapports avec les autres religions non musulmanes. Il tente de présenter une facette sombre de l’Algérie en liant religion aux groupes terroristes et en stigmatisant le conflit entre chrétiens et musulmans comme s’il y avait une guerre ouverte. Evidemment, les femmes restent le sujet de prédilection des Américains. La femme algérienne est présentée comme privée de ses droits et violentée constamment. Des clichés qui ont la peau dure pour un pays qui vient d’effectuer plusieurs visites en Algérie et dont les émissaires ont remarqué une nette évolution de la situation de la femme et des autres aspects liés aux droits humains en général par rapport à de nombreux autres pays pourtant alliés des Etats-Unis.
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15th March 2010 01:12 #3
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Farid Abdeladim :
Lundi 15 Mars 2010 -- Les défenseurs algériens des droits de l’homme sont unanimes à s’indigner contre le rapport 2009, que vient de publier le département d’Etat américain sur la situation des droits de l’homme en Algérie. «De quel droit ces Américains se permettent-ils de juger la planète entière, alors qu’ils ne se jugent jamais eux-mêmes ?» s’interroge M. Hocine Zehouane, président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), qui relève, au passage, que le rapport établi par le département d’Etat américain traite en fait de «généralités». Contacté par nos soins, Me Zehouane Farouk estime que les droits de l’homme sont «stationnaires». D’où sa conviction de la nécessité de la «refondation» des droits de l’homme à l’échelle planétaire.
De son côté, le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNCPPDH), Me Farouk Ksentini, n’y va pas avec le dos de la cuillère pour affirmer que le rapport américain est «volontairement orienté contre l’Algérie». «Je suis scandalisé, abasourdi de lire ce rapport inadmissible. C’est un rapport agressif contre notre pays», s’indigne Me Ksentini, joint hier par téléphone, soulignant que son organisation répondra publiquement à cette «attaque» une fois ledit rapport sera étudié par le conseil national de la CNCPPDH. Me Ksentini dit toutefois que le présent rapport ne l’étonne pas outre mesure, lorsqu’on sait que les Etats-Unis n’ont auparavant pas hésité à inclure l’Algérie dans leur liste noire des pays à risque. Le président de la CNCPPDH considère que l’Etat américain a des velléités économiques derrière ce rapport. «Je soupçonne des considérations économiques», a-t-il souligné. Me Ksentini regrette enfin que le rapport américain se base, vraisemblablement, sur des informations émanant de certaines parties internes, leur objectif étant de dénigrer l’Algérie.
À son tour, Me Nordine Benissad, membre de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH, aile Me Ali Yahia Abdenour), dénonce, dans la forme, le «deux poids, deux mesures» de l’Etat américain dans le traitement, dans ses rapports annuels, de la question des droits de l’homme dans les différents pays du monde. Il relève ainsi que les Etats-Unis ont souvent fermé les yeux sur ce qui se passe en Irak et en Palestine, par exemple, tandis qu’ils n’hésitent pas à accabler d’autres pays où les droits de l’homme sont pourtant de loin mieux garantis. Sinon, dans le fond, Me Benissad juge que «c’est à nous de faire notre mea-culpa en matière des droits de l’homme. On doit reconnaître que notre situation n’est pas très reluisante».
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20th March 2010 01:20 #4
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Fayçal Abdelghani :
Samedi 20 Mars 2010 -- Le président de la Commission nationale consultative de protection et de promotion des droits de l’homme (CNCPPDH), Me Farouk Ksentini, a qualifié, jeudi dernier lors du forum d’El Moudjahid, le dernier rapport américain sur les droits de l’homme de rapport «sans fondements» déplorant le fait qu’il se fonde sur «des généralités, ne donne pas de noms et de faits susceptibles de faire l’objet d’enquêtes et de vérification et n’est donc pas crédible et est sans valeur». Cette réaction émanant d’un spécialiste des droits de l’homme est la première d’une structure officielle en charge du dossier. Me Ksentini a justifié sa réaction par le fait que ce rapport reproche à l’Algérie de «ne pas respecter les délais de garde à vue et d’avoir des lieux secrets de détention».
Dans le chapitre du respect des droits de l’homme en Algérie, le président de la CNCPPDH a reconnu «la volonté politique déterminée à édifier un Etat de droit en Algérie», tout en reconnaissant que cette édification est «difficile du fait qu’elle demande des moyens et du temps». Ce rapport, qui, rappelons-le, a brossé un tableau sombre sur la situation des droits de l’homme en Algérie, a suscité de vives contestations des autorités algériennes qui ont relevé unanimement «une campagne dirigée contre l’Algérie».
Il faut savoir que le rapport de 2009 du département d’Etat américain s’est focalisé sur les dossiers de disparus et certains cas de dépassements pour dire que «la situation des droits de l’homme en Algérie est insultante et dégradante». Des qualificatifs qui tentent de discréditer l’Algérie sur la scène internationale en la pointant du doigt. Par souci de transparence, l’Algérie avait invité officiellement en février dernier les commissions onusiennes des droits de l’homme à visiter l’Algérie pour se rendre compte de la situation. Les Etats-Unis ont préféré les raccourcis en publiant ce rapport pendant qu’ils inscrivaient l’Algérie sur leur liste noire et maintenaient l’interdiction à leurs compatriotes de se rendre en Algérie à travers le travel warning, toujours en vigueur.
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21st March 2010 01:12 #5
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Fayçal Abdelghani :
Dimanche 21 Mars 2010 -- Le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a violemment critiqué le dernier rapport du département d’Etat américain sur les droits de l’homme en Algérie. Hier, au siège de cette ligue, Me Hocine Zehouane n’a pas caché son irritation à l’endroit des officiels américains. «Ils n’ont aucune légitimité pour juger les droits de l’homme de la planète, car cela reste du ressort des institutions internationales». Le président de la ligue a indiqué au Jeune Indépendant que «si les Américains m’avaient demandé des informations sur les droits de l’homme, j’aurais refusé». La LADDH, selon son président, n’a fourni aucune information sur la situation des droits de l’homme ni établi une relation avec le département d’Etat américain sur ce dossier. Hocine Zehouane réfute carrément ce rapport surtout lorsqu’il s’agit de l’existence de prisons secrètes en Algérie. «Personne n’a des preuves sur ce sujet», affirme-t-il pour riposter aux allégations de «certaines parties qui instrumentalisent les droits de l’homme à leurs avantages».
Le premier responsable de la LADDH a estimé que la situation des droits de l’homme en Algérie reste «stationnaire». «Nous avons dépassé la phase critique de la décennie 1990 mais nous constatons qu’il y a encore des violations et des abus», affirme Me Zehouane. Ce dernier souhaite urgemment «qu’il y ait maîtrise de l’état de siège pour tendre vers un contrôle légal des services de sécurité». Il préconise également «la création de groupes d’études et de réflexion pour une médiation dans les conflits sociaux». Faisant allusion au front social en constante ébullition, Me Zehouane estime «qu’il faut des solutions sérieuses» tout en condamnant «les méthodes violentes prônées par les autorités». Sur le front politique, le président de la LADDH propose «la refondation institutionnelle dont nous avons élaboré un manifeste sur ce dossier».
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8th April 2011 21:40 #6
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Lounes Guemache :
Vendredi 8 Avril 2011 -- Le Département d’Etat américain a dévoilé, ce vendredi 8 avril, son rapport sur la situation des droits de l’Homme en Algérie pour l’année 2010. Au moment où, à Alger, Ahmed Ouyahia affirme que l’Algérie est un pays démocratique où les libertés politiques et d’expression sont garanties, Washington, se basant notamment sur des faits rapportés par la presse et les ONG, dresse un tableau de la situation des droits de l’homme et des libertés dans notre pays. Comme la Birmanie ou la Libye, le régime algérien ne respecte pas les droits de ses citoyens. Le rapport du Département d’État américain évoque des restrictions sur les libertés d’expression, de réunion et d’association qui ont considérablement «affaibli les activités des partis politiques et limité la capacité des citoyens à changer le gouvernement de manière pacifique via des élections».
Le rapport parle également d’exécutions arbitraires commises par les «agents du gouvernement» –comprendre : les forces de sécurité – d’impunité officielle, d’utilisation excessive de la détention provisoire, de mauvais traitement sur des prisonniers et d’un manque d’indépendance de la justice. La corruption s’est généralisée dans un contexte d’absence de transparence. Le gouvernement a utilisé l’argument sécuritaire pour restreindre la liberté d’expression et de mouvement. Les droits des travailleurs sont soumis à des restrictions. Les femmes sont victimes de violence et de discrimination. Le salaire minimum national, de 15.000 dinars par mois, «ne garantit pas un niveau de vie décent pour un travailleur et sa famille».
Dans ce contexte, les violences continuent de faire de nombreuses victimes. Durant l’année 2010, «les forces de sécurité ont tué, blessé ou arrêté environ 1.935 personnes soupçonnées de terrorisme», selon le rapport américain. Selon des ONG, les forces de sécurité utilisent les mauvais traitements pour obtenir des aveux, même si de telles pratiques sont officiellement interdites par la loi. L’impunité demeure un problème, ajoute le rapport. Les conditions de détention ne sont «généralement pas conformes aux normes internationales». «La surpopulation demeure un problème dans de nombreuses prisons. Selon les défenseurs des droits de l’homme, la surpopulation carcérale s'explique en partie par l'utilisation excessive par le gouvernement de la détention provisoire», souligne le rapport. La Justice reste aux ordres même si la constitution prévoit un pouvoir judiciaire indépendant. «La Constitution prévoit le droit à un procès équitable, mais, en pratique, les autorités ne respectent pas toujours les dispositions légales concernant les droits des accusés», ajoute le document.
Pressions sur la presse et surveillance d’Internet et des communications
La Constitution algérienne garantit le droit à la vie privée. Mais dans les faits, cette disposition n’est pas respectée par le gouvernement, selon le rapport. «Selon des militants des droits de l’Homme, le gouvernement surveillait les communications d'opposants politiques, journalistes, défenseurs des droits humains, et terroristes présumés. Les agents de sécurité auraient fouillé les maisons sans mandat», affirme le rapport américain. L’accès à Internet est libre mais le gouvernement surveille les emails et les forums de discussions. Le gouvernement a indirectement censuré et intimidé des médias en les poussant à pratiquer l’autocensure, ajoute le rapport. Certains journalistes ont subi des représailles pour avoir critiqué des membres du gouvernement. Les ONG locales sont harcelées et le travail des ONG internationales est entravé, ajoute le document.
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12th April 2011 17:49 #7
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Khaled Yahyaoui :
Mardi 12 Avril 2011 -- Après le ministère des Affaires étrangères, c’est au tour du ministre de l’Intérieur Dahou Ould Kablia de démentir l’information selon laquelle des mercenaires algériens combattraient aux côtés des troupes du guide libyen Mouamar El Kadhafi. «Jusqu'à présent, nous n'avons aucune preuve que des Algériens se battent aux côtés des forces irrégulières du dirigeant libyen Mouamar El Kadhafi», a‑t‑il déclaré ce mardi 12 avril à la presse en marge de sa visite de travail dans la wilaya d'Adrar.
Le ministre estime cependant que «si des présumés nationaux algériens étaient impliqués dans des actes de mercenariat, ils seraient en infraction par rapport à la loi algérienne». Pour Ould Kablia, l’Algérie ne pourra en aucun cas encourager ces actions. «L’État algérien refuse de s’ingérer dans les affaires internes des autres pays», a‑t‑il ajouté, n’excluant pas que des Algériens, attirés par l’argent, participent dans des combats à côté de tel ou tel front, comme ils le font pour la drogue ou d’autres trafics. Le ministre de l’Intérieur a souligné que l’Algérie reste neutre par rapport à ce conflit, «ce qui, peut‑être, lui a valu ces accusations». Le Conseil national de transition (CNT) libyen a clairement accusé l’Algérie d’avoir envoyé des mercenaires pour combattre aux côtés des troupes d’El Kadhafi, annonçant l’arrestation par ses combattants de 15 mercenaires algériens et la mort de trois autres.
Nouveau démenti du ministère des AE
Le ministère des Affaires étrangères a de son côté démenti à nouveau les accusations du président du CNT. «Malgré les multiples démentis opposés fermement par les autorités algériennes, Monsieur Mustapha Abdeljalil a choisi de se déjuger par rapport au démenti qu'il avait lui même apporté à ces accusations farfelues dans son entretien avec un quotidien algérien en date du 05 mars 2011 et de singulariser l'Algérie en la mettant en cause injustement dans un prétendu parrainage d'activités de mercenariat en Libye», a indiqué le MAE dans un communiqué rendu public mardi après‑midi. «Cet acharnement irresponsable à vouloir impliquer, à tout prix, les autorités algériennes nous interpelle sur les desseins et les motivations de ceux qui sont derrière cette conspiration contre un pays dont le tort est de refuser de s'immiscer dans les affaires intérieures libyennes, de déplorer l'usage disproportionné de la force et de mettre en garde contre les dangers mortifères de l'infiltration de troupes terroristes sur le territoire libyen», est‑il ajouté dans le même communiqué.
Le troisième démenti algérien de la journée est venu du commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine (UA), l'Algérien Ramtane Lamamra, qualifiant ces allégations de «manipulation des faits et de propagande». «Nous avons eu connaissance d'accusations par voie médiatique de participation de mercenaires africains en Libye (...) mais nous n'avons pas reçu de preuve de l'existence de mercenaires engagés dans ce conflit», a indiqué à la presse M. Lamamra en marge d'entretiens entre le président Abdelaziz Bouteflika et les membres de la délégation du comité de l'UA sur la Libye. Le diplomate a ajouté que la partie gouvernementale libyenne, elle‑même, «dément catégoriquement avoir fait appel à des combattants étrangers».
Le « rapport biaisé » du Département d’Etat
Interrogé sur le dernier rapport critique du Département d’État sur la situation des droits de l’Homme en Algérie, le ministre de l’Intérieur, en tournée dans le Grand Sud pour écouter les préoccupations des Touareg, n’a pas caché son mécontentement. De manière diplomatique, le ministre a tenté de battre en brèche les conclusions de ce rapport peu amène envers le gouvernement algérien. Ould Kablia a ainsi évoqué une «stratégie» qui aurait été mise en place par la coalition des puissances occidentales pour faire pression sur les pays arabes et tenter de s’ingérer dans leurs affaires intérieures. Ce à quoi, bien entendu, s’oppose l’Algérie. Le ministre n’a pas manqué de souligner l’ambivalence de la politique américaine envers l’Algérie, estimant que le Département d’État souffle le chaud et le froid.







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