Mercredi 8 Décembre 2010 -- Les grands invalides de la Guerre de Libération nationale interpellent le président Bouteflika sur le manque de prise en charge sanitaire dont ils souffrent depuis plusieurs années. Dans une lettre de doléances adressée au chef de l’Etat et rendue publique ce mercredi 9 décembre à Alger, leur association ANGIG fait état des souffrances qu’endure cette catégorie des plus vulnérables des moudjahidine. «Il est inimaginable que l’on trouve encore au 21e siècle des anciens combattants infirmes marcher sur des prothèses en bois totalement usées et obsolètes, alors que l’industrie en la matière a connu une grande évolution dans le monde. (…) Notre gouvernement doit suivre l’exemple d’autres pays qui ont fait preuve de reconnaissance envers ceux qui les ont libérés du joug colonial, et ce, en donnant tous les moyens nécessaires à cette catégorie de moudjahidine pour qu’elle termine sa vie dans la dignité», peut-on lire dans la lettre.

L’ANGIG dénonce également la marginalisation et le mépris des autorités dont souffre cette catégorie. «Au moment où certaines franges de la société vivent dans l’opulence, l’abondance et l’aisance inégalable, nous sommes marginalisés et nous vivons sans aucune considération ni reconnaissance. Cela est-il notre récompense ?», ajoute-t-on dans la même lettre, rappelant par là même l’appel du chef de l’Etat en 2000 à Tipaza à prendre soin des moudjahidine invalides et à les honorer pour leurs sacrifices. «Les grands invalides de tous les pays sont respectés et traités à leur juste valeur. Chez nous, aucune reconnaissance. Comme si nous sommes inexistants», regrette un membre de l’ANGIG. Pas moins de 8.500 grands invalides souffrent d’un manque d’exo- prothèses et nécessitent une prise en charge sanitaire urgente et adéquate.