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  1. #8
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    Jaoudet Gassouma :


    Samedi 18 Octobre 2008 -- La fête des bulles a commencé par un lâcher de ballons. En fanfare avec les zornadijias et les danseurs de sabre takouba venus du Tassili pour nous imposer leur âme guerrière. Mais la suite a aussi donné lieu aux philosophes de la troupe Ferda pour un bon petit concert perso. Le tout se déroulant sous une lumière qui coulait sur les invités. Le 1er Festival de la bande dessinée d'Alger a enfin vu le jour après des mois de préparation. Une douzaine de stands accueillaient des albums et petits livres de bande dessinée nationale et internationale, avec des planches originales sous des airs de zorna bien grassouillette. Apparemment heureux d'être là, les jeunes bédéistes, sourire au lèvres, s'ingéniaient à découvrir les autres invités sur l'esplanade Riadh-El Feth, le démarrage s'étant un peu déroulé sur l'improvisation. Très peu d'informations filtraient sur le programme, si ce n'est un hommage rendu au doyen des planches dessinée, j'ai nommé, Mohamed Aram, né le 23 avril 1934 et bercé très tôt dans le dessin qu'il pratiqua… jusque sur ce papier d'emballage de la boucherie paternelle. Aram pratique les beaux-arts, il apprend d'Omar Racim les secrets du dessin, produit la revue Gnifed qui caracole dans les esprits juvéniles jusque dans les années 1970 pour s'épuiser faute de moyens. Notre vieil ami se fera une raison, il s'en ira réaliser quelques génériques mémorables à la télé. On se souviendra sans nul doute de son fameux générique dessiné d'El-hadiqa essahira (le jardin qui a enchanté notre prime enfance). Le prix Sid Ali Melouah lui a été remis par Slim en reconnaissance de son parcours professionnel qui, après sa retraite, prend un nouveau tour pour renaître de bien belle manière.

    Une allocution de ministre et un discours de l'organisatrice pour nous lancer dans les arabesques musicales de la troupe El- Ferda, le reste de la fête sera honorable. Un peu d'hésitations au début, mais la vitesse de croisière se fera cahin-caha une raison pour mener ce festival à son terme par quelques bonnes surprise offertes au public. De nombreux workshops prévus, des expositions originales comme celle de la bande dessinée belge au palais de la Culture, les délires d'Elho, dans une très belle présentation de ses dessins au cercle Frantz-Fanon, que l'on connaît aussi sous le nom de Cheikh Sidi Bemol, le caricaturiste et bédéiste Gyp's, le dessinateur de presse le Hic, qui entre dans le jury, de l'excellente BD africaine à la galerie Racim à l'avenue Pasteur. Pleins d'ateliers d'animation et de dessin à l'École supérieure des beaux-arts d'Alger. On notera aussi l'excellente présence de quelques auteurs dessinateurs qui dédicaçaient des dessins sur le stand de la revue Laâbstore très dynamique et présente sur les segments du manga et des jeux électroniques, il est utile de rappeler qu'il y a un public grandissant, et une sorte de confrérie des 15-25 ans autour de ce concept, les émissions radios dédiées au sujet font foi de cette émulation nouvelle.

    Les projections de films basés sur des BD originelles dans le cadre des 5es Journées internationales du film d'animation d'Alger, comme Corto Maltese, Luky Luke, Asterix ou Perspeolis, projections animées par les sémillants Mahmoud Meziani et Toufik Fadhel laissent une bonne impression d'ensemble. On aura aussi apprécié la parution du numéro spécial de C-news avec une très bonne rétrospective de l'histoire de cet art très prisé en Algérie malgré tout ce que l'on peut affirmer. Le commissaire Llob dans le Dingue au bistouri est aussi de retour sur quelques planches bien menées sur les lavis de Mohamed Bouslah qui a produit un album écrit de Yasmina Khadra, on rendra hommage à l'éditeur Lazhari Labter qui se consacre depuis quelque temps à la production d'albums de bande dessinée, un premier élan de retour en grâce, prélude à une renaissance de cet art dont on observe l'engouement le plus total d'une nouvelle génération plus orientée vers un style précis comme le mangas, ou l'esthétique un peu urbaine, ou même stylisée sur les jeux électroniques. Mais le public est là, n'en déplaise aux oiseaux de mauvais augure qui tendent à préciser le contraire. La BD reste un art à encourager, il ne reste au public qu'à aller faire une virée dans tous les lieux de manifestation puisque ce festival ne se contente pas d'être sur Riadh El-Feth, mais il est éclaté sur plusieurs sites en simultané.

  2. #9
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    Wafia Sifouane, Samedi 18 Octobre 2008 :


    La Tribune : Qu’avez-vous à nous présenter ?

    Hocine Ben Ammar : A l’occasion du festival, j’ai pris la décision de me déplacer depuis Skikda, pour faire découvrir mes productions. Comme vous le remarquez, je ne possède pas de stand. J’ai seulement ces petits livrets qui contiennent les dix premières planches de trois bandes dessinées différentes que je vais prochainement éditer.

    Sont-elles les œuvres de bédéistes algériens ?

    Malheureusement non. J’aurais bien aimé. J’ai acheté les droits d’auteur chez des bédéistes français et je les édite à Skikda.

    Pourquoi acheter des droits d’auteur à l’étranger quand il y a des bédéistes en Algérie ?

    Je ne pense pas que des bédéistes professionnels existent chez nous. Mais attention, je parle des jeunes dessinateurs. Sincèrement, je pense qu’ils manquent de professionnalisme. C’est-à-dire qu’ils sont incapables d’honorer les engagements qu’ils prennent. Je vous parle en connaissance de cause. Aussi, pour une première, j’ai préféré ne pas prendre de risques. Je précise seulement que contrairement à certains, j’ai refusé de faire du piratage.

    Quand comptez-vous faire découvrir ces œuvres ?

    Je vais exposer dans un stand durant le prochain Salon international du livre d’Alger. Je compte éditer 10 000 exemplaires de chacune de ces trois bandes dessinées qui seront proposées à des prix très raisonnables, pas plus de 200 DA.

    Au vu de la situation de la BD en Algérie, n’est-il pas risqué de s’y investir, surtout quand on débute dans la profession ? Qu’est-ce qui vous décide à rejoindre ce cercle restreint ?

    Par amour. Je suis un énorme fan de bandes dessinées. Et j’ai trouvé désolant le fait que la BD se vende à 500 DA, dans ma région, Skikda. C’est là que je me suis promis de mettre la BD à la portée des jeunes. Pour concrétiser mon projet, j’ai dû démarrer à zéro. Pour son montage, j’ai eu recours au crédit ANSEJ (Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes).

    C’est une initiative courageuse ! N’aviez-vous pas peur de rater votre coup avec ce secteur où la réussite tient presque du challenge ?

    Contrairement à ce que l’on croit, il y a beaucoup de choses à découvrir. Il existe en Algérie de jeunes dessinateurs productifs qui ne demandent qu’à être formés. Leur productivité est plus que fructueuse. De plus, je trouve que ce secteur est très prometteur.

    Que pensez-vous de l’instauration du festival de la BD à Alger ?

    Je pense que cela a vraiment tardé à venir ! Depuis le temps qu’on attendait cela. J’ai hâte de voir la fièvre des bandes dessinées s’emparer des gens comme c’était le cas avant.

    Un commentaire sur le festival ?

    Je trouve qu’il ya beaucoup de jeunes qui n’attendaient que cela ; la preuve : je n’ai cessé de rencontrer de jeunes dessinateurs qui ne demandent qu’à être édités. Sinon, il est encore tôt pour juger aussi bien le festival que l’impact qu’il aurait.

  3. #10
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    Wafia Sifouane :


    Samedi 18 Octobre 2008 -- C’est à l’esplanade de Riad El Feth que le 1er Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA) a été inauguré, mercredi dernier, par Mme la ministre de la Culture, Khalida Toumi, en présence de membres de la commission européenne, des organisateurs du FIBDA ainsi que de plusieurs représentants de maisons d’édition locales et étrangères, dont les stands d’exposition côtoient ceux d’artistes algériens. 98 bédéistes et dessinateurs représentant 27 pays participent à cette première édition dont la clôture est prévue aujourd’hui.

    Dans son discours d’ouverture, la ministre a affiché son entière satisfaction à l’égard de l’organisation de cette première édition du FIBDA, tout en soulignant les efforts fournis par les organisateurs. «C’est Dalila Nejam et son équipe qui ont eu l’idée. L’Etat n’a fait que les aider. Je tiens vraiment à les saluer, car, malgré les difficultés auxquelles ils ont fait face, le FIBDA existe aujourd’hui», dira-t-elle, tout en exprimant sa gratitude envers les bédéistes algériens, à l’instar de Slim et Aït Kaci qui ont fait que cet art survive en Algérie. «Je suis une grande fan de bande dessinée. J’appartiens à l’ère de Mkidech et je dois une grande partie de mon féminisme aux BD de Aït Kaci qui a été le premier à tenir une bande dessinée qui parle de femmes algériennes», ajoutera Mme Toumi. Et en signe de respect et de reconnaissance, elle a déclaré la création d’un prix, baptisé prix Sidi Ali Melouah, en hommage au caricaturiste décédé l’an dernier. Le prix a été remis au doyen des dessinateurs bédéistes algériens, Mohamed Aram, par Mme Dalila Nejam, qui est la commissaire générale du festival.

    Interrogé sur la qualité des œuvres exposées, pendant sa visite des stands, pour toute réponse, la ministre citera le président de la commission européenne, Thierry Shreder, qui a déclaré avoir trouvé en Algérie ce que l’Europe a perdu comme créativité. «Les jeunes nous ont, encore une fois, montré qu’il fallait seulement leur faire confiance», ajoutera la ministre. Premier du genre, le Festival international de la bande dessinée d’Alger espère donner un souffle nouveau au 9ème art, offrant ainsi l’opportunité aux jeunes bédéistes de se frotter à des professionnels et d’aller à la rencontre des maisons d’édition. Tout en affirmant son souhait de voir ce festival contribuer à la relance de la BD en Algérie «après un silence de trente ans», la ministre dira que son département essaye «de créer un pont qui relie les jeunes auteurs de bandes dessinées à des éditeurs. J’ai hâte de revivre cette époque durant laquelle la production algérienne de bandes dessinées battait son plein». Ce festival «pourrait réconcilier le bédéiste avec les maisons d’édition et leur permettre de publier leurs créations», soutient Mme Toumi.

    La soirée d’ouverture se poursuivra après avec un concert du Ferda de Knadsa auquel assistera un public nombreux. Les jeunes bédéistes présents sur les lieux ont pu aussi nous confirmer leur reconnaissance envers les organisateurs du FIBDA. «Enfin on s’intéresse à nous», diront-ils. Mais le lendemain, jeudi, l’ambiance descendra de plusieurs crans. Le cercle Frantz Fanon, qui abrite une exposition, est fermé. «Il y a des projections de films d’animation à côté [le FIBDA coïncide avec la tenue du 5ème Festival international du film d’animation, ndlr]. Nous sommes fermés pour le moment», nous dira un homme debout devant la porte close de la salle. Nous montons à l’esplanade. Là, c’est une autre surprise. Les barnums qui, la veille, abritaient les stands d’exposition, sont vides, hormis deux où sont proposés des albums de Slim et des numéros d’une revue algérienne spécialisée dans le manga. Quant à la grande tente où les jeunes bédéistes exposent leurs planches, son accès était également fermé. «C’est fermé pour le moment, mais ça ne va pas tarder à ouvrir», nous dira l’homme qui barrait le passage. Pourtant, on est en plein milieu d’après-midi et Riadh El Feth pullule d’enfants qui n’auront finalement trouvé leur bonheur que dans les salles sombres projetant des films d’animation.

  4. #11
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    Jaoudet Gassouma :


    Mardi 21 Octobre 2008 -- C’est dans une atmosphère bon enfant que s’est refermé avant-hier soir l’album du premier festival international de la bande dessinée à Alger. La fête était au rendez-vous avec un ensemble de manifestations menées tambour battant sur plusieurs sites en même temps, comme à l’exemple au niveau de l’OREF, du Bastion 23, du palais de la Culture, des Beaux-Arts. Cet éparpillement des manifestations initié par le ministère de la Culture aura néanmoins occasionné quelques désagréments, eu égard aux aléas des transports de l’Algérois, qui ont rendu ardu le déplacement des amateurs de bande dessinée. Mais cela n’aura point entamé l’enthousiasme des participants qui ont eu la chance de pouvoir rejoindre les différents espaces d’exposition.

    La clôture de ce festival aura eu son pesant d’émotion lors la remise des distinctions et autres prix d’encouragement, avec notamment la consécration à la troisième place de l’album produit par Lazhari Labter et dessiné par Mohamed Bousllah, sur une histoire originale de Yasmina Khadra. On aura noté, par ailleurs, que le chapiteau de l’esplanade de l’OREF s’est avéré exigu pour le final, avec un concert de Réda Doumaz et Beouef de Sidi Bemol and Friends, pour une très jolie musique africaine, une jolie fête des bulles, et ce avec la promesse, selon les dires de l’honorable Mme Nadjem, affable présidente du festival, de revenir avec de meilleures idées lors de la prochaine édition. Il n’en demeure pas moins que la formule de cette année nous aura laissés quelque peu sur notre faim, la bande dessinée étant un univers si large et diversifié.

    La rencontre de cette année nous aura en montré l’émergence d’un jeune public de la tranche des 15-25 ans, plutôt ancré dans le visuel manga et autres jeux vidéos. Aussi, y a-t-il un travail de sensibilisation et de création à faire à ce niveau. Mais il y a aussi de très nombreux amateurs de bonnes bulles classiques, c’est à dire de dessins pointus et précis avec de bonnes couleurs et des notes de dialogues inspirés d’histoires bien de chez nous. Les jeunes créateurs foisonnent, mais la bande dessinée, tout comme le cinéma, a un besoin pressant de moyens pour se développer. Ainsi, tout un travail est à entreprendre.

    Il convient de noter que la semaine prochaine, une rencontre aura lieu, en compagnie de Mme Dalila Nadjem, avec des dessinateurs comme «Slim», «le Hic» et beaucoup d’autres, pour un dresser un bilan et arrêter les perspectives en la matière. Voilà qui augure d’une volonté de préciser les choses. Dans l’intervalle, des manifestations autour du même thème sont organisées au Mama, à la galerie Racim et au palais de la Culture Moufdi-Zakaria. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

  5. #12
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    Wafia Sifouane :


    Mardi 21 Octobre 2008 -- Après quatre jours d’activité, le premier Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA) a été clôturé, dimanche soir dernier, sur l’esplanade de Riad El Feth, avec la remise des prix aux lauréats des concours organisés dans le cadre de ce festival. C’est en présence des membres du jury national et du jury international ainsi que des divers invités ayant pris part au festival que la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, a remis les prix aux lauréats.

    Le prix de la meilleure affiche a été attribué au jeune Abdelwahab Salim, âgé de 23 ans et natif de la wilaya de Sétif, auteur de l’affiche du festival. C’est avec modestie que le jeune lauréat nous affirmera qu’il ne s’attendait pas à recevoir cette distinction. «J’ai conçu cette affiche sur le tas. Je n’ai jamais pensé pouvoir décrocher le prix», déclarera-t-il. Le prix du jeune talent est allé à Bouchenaf Djamel alors que le prix des jeunes espoirs a été arraché par Kahloula Momed Reda, auteur de la bande dessinée intitulée le Mal enfoui en arabe classique, un véritable petit chef-d’œuvre. De l’avis de différents bédéistes, le FIBDA, malgré les quelques lacunes qui l’ont caractérisé, a permis à certains jeunes de sortir de l’ombre et de dévoiler leur talent au public. A ce propos, M. Smaldoren, membre du jury international, bédéiste et professeur de l’image à l’université d’Angoulême, nous dira qu’il a été agréablement surpris par le nombre de filles s’intéressant à la bande dessinée.

    «J’ai eu le temps de bien étudier les œuvres des participants et j’ai remarqué que, contrairement à nous, beaucoup de filles algériennes s’intéressent à la BD, et je vous confirme qu’elles ont un énorme talent à exploiter», affirmera-t-il. Concernant l’organisation du festival, le professeur dira qu’il y a encore «des choses à améliorer. Ce n’est qu’une première édition. Je pense que ce festival a l’étoffe d’un grand, si on y met du cœur et si on travaille, surtout du côté de l’organisation». Les autres membres des jurys, à quelques nuances près, partagent l’avis de M. Smaldoren, surtout concernant l’organisation qui aura d’ailleurs donné le mauvais exemple avec le comportement de la commissaire générale du festival, Dallila Nejam, sortant de ses gonds et poussant de hauts cris, en plein milieu de l’Esplanade et en présence de tous les invités, contre des bédéistes camerounais. La raison ? Les artistes sont sortis se promener sans leurs accompagnateurs.

    Par ailleurs, nous avons profité de notre passage pour jeter un coup d’œil sur les stands, ou du moins ce qui en restait, pour discuter avec les quelques éditeurs présents. Nous sommes tombés sur Almo, jeune bédéiste du Cameroun, qui a présenté au FIBDA Fluide thermal, une revue de bande dessinée dont il est l’auteur au Cameroun. Il nous fera part de sa grande désolation de voir cet art marginalisé et négligé en Afrique en général et dans son pays en particulier. Concernant le festival, il résumera son appréciation en deux mots : «C’est cool.» En musique, un récital chaabi du chanteur Redha Doumaz et un concert world music de Cheikh Sidi Bémol, accompagné du groupe Djmaawi Africa, ont clos la manifestation. Le rideau est tombé sur cette première édition du Festival international de la bande dessinée d’Alger en laissant cependant un goût d’inachevé à cause de la mauvaise improvisation et des lacunes qui ont miné cette édition à l’organisation de laquelle 24 millions de dinars avaient été alloués. Essaimage inutile du festival entre différents sites, mauvaise communication, manque de suivi sont, entre autres, les lacunes relevées. Avec un peu plus d’imagination, un sens plus aigu de l’ordre et de l’organisation on peut mieux faire, «si on y met du cœur».

  6. #13
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    Mercredi 22 Octobre 2008 -- Le 1er festival international de la bande dessinée (BD) d'Alger (Fibda) peine à attirer l'attention du public à la veille de sa clôture, même si des enfants, par groupes, constituent à l'esplanade de Riad el-Feth, un des sites du festival, le public le plus intéressé par le monde de la BD, a-t-on constaté dimanche. Le site de projection du Musée national des Beaux-Arts, face au jardin d'Essai, prévu par les organisateurs pour abriter une partie des activités, est demeuré vide, selon le chargé de la sécurité du site qui a exprimé son "étonnement" quant à l'absence d'animation telle que prévue dans le programme du festival.

    Au palais de la Culture, une seule salle d'exposition était ouverte au public, tandis qu'une autre aménagée pour la circonstance n'a finalement pas ouvert ses portes, au moment où des travailleurs s'affairaient à accrocher des planches de BD pour une exposition jugée "éphémère", le festival tirant à sa fin. L'unique salle ouverte au niveau du palais de la Culture a été dédiée à une exposition intitulée "filatures et phylactères", produite par le commissariat général aux Relations internationales de la communauté de Wallonie-Bruxelles, avec la collaboration du Centre belge de la bande dessinée. Cette exposition consacrée au polar met en relief une production riche, marquée par le genre romanesque - initié, entre autres, par Georges Simenon, Barthélemy Stanislas et André Steaman - sous la plume et l'imagination de "bédéistes" de renom, à l'instar de Gazzoti et Tielles. La seule animation, dans le cadre de ce festival, est visible au niveau du troisième site prévu pour la manifestation, à savoir l'esplanade de l'office Riadh El Feth.

    Sans renvoyer aux manifestations drainant une grande foule, l'exposition variée de Riad el-Feth a suscité l'intérêt des enfants venus nombreux pour s'introduire dans l'univers fabuleux de la BD. Ahmed, élève à l'école privée Ibn Sina de Bouzaréah, s'est longuement attardé devant le stand français, où des albums sur le football sont exposés. "Le football dans la rue" est l'intitulé d'une série qu'Ahmed veut acquérir, mais il trouve qu"'elle est hors de portée de sa bourse", au regard du prix affiché, soit plus de 800 DA pour un seul album. Les petites fillettes de la même école se sont ruées vers le stand, émerveillées par les récits fabuleux, rappelant l'univers de la BD "Obélix et Astérix" (700 DA) et Cendrillon.Là, aussi, le même son de cloche, l'univers magique du conte raconté par les images dessinées demeure hors de portée des maigres économies de ces écolières.

    Du côté de la BD algérienne, le peu qui a été exposé est, lui aussi, presque impossible à acquérir, à l'image de l'album de Mohamed Bouslah qui a adapté le polar de Yasmina Khadra "Le dingue au bistouri" à la bande dessinée, mais avec un prix de vente de 1000 DA l'album. Sofiane, un jeune graphiste féru de la bande dessinée, a souligné l'influence, entre autres, de Zid ya Bouzid et de M'kidèche sur son penchant à la BD. "J'ai relu tous les albums des années 1970 qui appartiennent à mon père", raconte Sofiane qui déplore, au passage, "l'absence de la culture" de la BD chez les jeunes algériens. En l'absence d'une production fournie dans cet art en Algérie, forcément les initiés se rabattent sur la BD produite aux Etat-Unis, a relevé ce graphiste qui n'a pas manqué de marquer son "émerveillement" devant les récits axés sur le héros "imbattable" et "mythique" vulgarisé grâce à l'industrie artistique américaine. Pour les spécialistes rencontrés sur place, "la rupture de la création dans la BD constatée depuis les années 1980, explique la désaffection du public algérien envers cet art".

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