Mardi 16 septembre 2008 -- Beihdja Rahal, la diva de l’andalou, est de retour dans son pays pour donner des concerts exceptionnels. Après avoir envoûté de sa voix cristalline le public du Théâtre régional de Annaba dimanche dernier, l’une des plus grandes représentantes de la tradition musicale algéroise, la çana’a, sera en concert demain soir à l’auditorium Laadi Flici du théâtre de Verdure pour un récital organisé par l’Etablissement Arts et Culture et dimanche soir prochain au palais de la Culture de Kouba. Les mélomanes habituellement captivés par ses mélismatiques vocalises pourront apprécier en live ses plus grands titres. Le public pourra apprécier et applaudir à volonté cet artiste qui a su réinvestir le champ de l’andalou de féminité. Tradition très ancienne, la çana’a semble avoir été l’apanage pendant plusieurs siècles successifs des chanteurs plutôt que des chanteuses, alors qu’à l’époque d’Al Andalus, c’étaient en vérité les voix féminines qui dominaient cette pratique artistique. Les prestations musicales de Beihdja Rahal renouent donc avec des traditions très anciennes, en ne manquant pas de respecter l’évolution incessante de cette musique.
L’artiste nous revient donc avec sa musique chaleureuse et si distinguée. Mais pas seulement ! Elle nous revient également avec un livre. Il s’agit d’un ouvrage qui paraîtra à la fin du mois d’octobre prochain aux éditions Barzakh et ce, après une année de travail de recherche mené en collaboration avec Saadane Benbabaali, professeur de littérature arabe à l’université Paris III, spécialiste du mouwachah andalou. L’ouvrage comprend des textes sur la musique andalouse, des détails sur la nouba, et, enfin, les trois écoles, d’Alger, de Tlemcen et de Constantine. Pour toucher le plus grand nombre de mélomanes et de curieux, le livre sera publié dans les deux langues, arabe et française. Il comprendra aussi l’enregistrement d’une nouba, les poèmes chantés en arabe et leur traduction en français. Pourquoi ce livre maintenant ? C’est simple, «une manière d’élargir son public et d’entrer dans les librairies», répond Beihdja Rahal. Et d’expliquer : «Par les 17 albums enregistrés, c’est plus un travail pédagogique que j’ai essayé de transmettre et de diffuser par cet ouvrage, je le complète par un travail didactique.»
L’objectif de cette publication est également de mettre en valeur les trois écoles, gharnati, malouf et çana’a. La musicienne explique que «nous en avons hérité, pourquoi les rassembler en une, même si elles ont la même origine?». Selon elle, chacune a ses maîtres, ses nuances, ses rythmes, sa particularité, le mieux est donc de ne pas perdre cette richesse. La chanteuse s’explique : «Je ne pourrai jamais interpréter le malouf mieux qu’un chanteur qui a côtoyé les maîtres constantinois et qui a baigné dans ce genre musical. Je ne peux pas non plus interpréter la nouba tlemcénienne, j’ai eu la chance et l’honneur d’être formée par les maîtres et professeurs de l’école d’Alger, à qui il faut rendre hommage, je suis une représentante de la çana’a. Mes maîtres, Abderrezak Fakhardji, Mohamed Khaznadji… n’auraient jamais chanté du gharnati ou du malouf.» En attendant que les fans de la diva incontestée ne puisse découvrir cet ouvrage, il est à noter qu’après les concerts prévus en Algérie, elle sera de retour à Paris où elle animera un récital le 14 novembre au Centre culturel algérien, puis elle se dirigera vers la Belgique le 14 mars pour y donner également un récital.
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16th September 2008 21:14 #1
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Beihdja Rahal en concert, Théâtre de Verdure, 17 septembre 2008
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22nd September 2008 21:50 #2
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Lundi 22 Septembre 2008 -- Les fans et mélomanes de la musique savante belle et pure, l’andalou, étaient bien au rendez-vous dimanche soir dernier au palais de la culture, Moufdi Zakaria. Une foule nombreuse s’est déplacée pour voir, apprécier et redécouvrir encore une fois les capacités vocales et déguster les textes des différentes noubas interprétés par la diva de la chanson andalouse, Beihdja Rahal, l’une des plus belles voix de la musique arabo-andalouse algéroise, la sanaa.
Le concert est inscrit dans le cadre du programme spécial Ramadhan, tracé par les responsables du palais de la Culture. Comme à l’accoutumée, la chanteuse, en tenue traditionnelle, a fait une entrée «artistique», remarquable et propre à elle. Luth à la main, elle a salué l’assistance et les musiciens qui l’accompagneront tout au long de la soirée. Cette «escapade» ramadhanesque dans l’univers des noubas a permis aux spectateurs d’assister à un véritable concert de musique classique. En effet, la musique arabo-andalouse est une musique savante, très riche et classique. S’y ajoute la voix éclatante, nette et cristalline de l’ancienne élève des maîtres Khaznadji et Fakhardji. Ainsi, l’artiste a plongé durant près de deux heures les passionnés de ce genre musical dans «diar» (maisons) El Andalous d’antan, dans le monde poétique de l’amour, et de la spiritualité. Dès qu’elle s’est mise en place, au milieu de ses musiciens, luth entre ses bras face au micro, Beihdja Rahal semblait être dans un autre monde. Grâce à sa voix qui suivait les vibrations des cordes de son instrument, elle a su captiver le public, vite tombé sous le charme, qui écoute et apprécie le verbe.
La plupart des spectateurs sont d’un certain âge, et familiarisés avec ce genre musical. En somme, c’est un public d’initiés, connaisseurs et respectueux de l’art. Cela apparaît à travers l’attitude des spectateurs puisqu’ils étaient plutôt calmes et savaient intervenir, en applaudissant au bon moment. C’est dire que c’est un public qui a du goût et qui sait apprécier ce genre de spectacle. C’est avec Essalat aala nabina que la soirée s’achève, sous les youyous et une salve d’applaudissements. Les spectateurs se lèvent et offrent une seconde ovation à Beihdja Rahal et à son orchestre qui ont fait de la soirée un réel événement culturel. A la sortie, le dernier album (CD) de la chanteuse se vendait sur place. La seule fausse note de la soirée a été une coupure d’électricité et l’absence d’air conditionné dans la grande salle du Palais de la culture, mais Beihdja Rahal a su faire oublier à ses fans ces petits désagréments. En profitant simplement de ce moment de coupure de courant pour présenter les musiciens qui l’accompagnaient, dont Djamel Kallaj, au violon, Amine Belouni à l’aoud, Djihad, Rabah et Sofiane à la derbouka. La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance conviviale.







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