Dimanche 2 novembre 2008 -- La culture, et plus précisément la musique nationale targuie, est à l’honneur dans la capitale du Tassili N’Ajjer, Djanet, dans la wilaya d’Illizi, qui lui consacre, pour la première fois, un festival national du 29 octobre au 3 novembre. Organisée par la direction de la culture de la wilaya en collaboration avec l’Office du parc national du Tassili (OPNT), cette première édition réunit des troupes folkloriques professionnelles et d’amateurs représentant les wilayas qui comptent des Touareg parmi leur population, à savoir Illizi, Tamanrasset et Adrar. La plus importante délégation est celle d’Illizi avec plus de 200 membres composant sept troupes folkloriques (musique, chant et danse), cinq autres de musique moderne, trois de tindi et une troupe d’imzad. La wilaya de Tamanrasset est représentée, quant à elle, par 35 membres composant deux troupes de musique moderne, une troupe de tindi et autant d’imzad. D’Adrar viennent trois troupes, chacune pour l’un des genres précités, composées de 20 membres.
Avec une participation aussi touffue, l’animation est ainsi garantie durant toute la durée de cette manifestation culturelle, notamment pendant les soirées où les différentes troupes rivalisent en représentations et en spectacles aussi attrayants et envoûtants les uns que les autres. C’est le cas notamment pour les programmes des troupes folkloriques, dont les percussions profondes de l’imzad et les chants du tindi procurent des évasions émotionnelles certaines. Le tout étant conjugué à un décor magique qu’offre l’un des plus beaux déserts au monde. Mais, au-delà de l’animation qui pousse ces troupes à la compétitivité, des prix sont proposés à ces dernières à l’issue du concours organisé durant ce festival dont les lauréats seront connus à son dernier jour, le 3 novembre au soir. Trois prix sont prévus : celui de la meilleure chanson, celui de la meilleure troupe musicale et, enfin, des prix d’encouragement. Une somme de 200 000 DA échoira aux lauréats du premier prix dans chaque catégorie, 150 000 DA pour les détenteurs du second prix et, enfin, 100 000 DA pour ceux qui décrocheront le troisième prix.
Au programme de cette manifestation figurent également des conférences thématiques sur la musique populaire et la chanson targuie, l’imzad, le tindi… qu’animent des spécialistes de la question qui aborderont, par ailleurs, l’épineux problème de la préservation du patrimoine immatériel. De même que des expositions d’art traditionnel lié à la culture et au patrimoine des Touareg qu’abritent des sites comme la maison de la culture de Djanet ou encore la maison de l’Artisanat.
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2nd November 2008 19:22 #1
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Festival national de la musique targuie à Djanet, du 29 octobre au 3 novembre 2008
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4th November 2008 19:44 #2
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Mekioussa Chekir :
Mardi 4 novembre 2008 -- Après presque une semaine d’animation, de compétitivité et de spectacles, le premier Festival de la chanson et de la musique targuies qu’accueille la capitale du Tassili, Djanet, s’est clôturé lundi soir dernier après la proclamation des lauréats des concours prévus dans les trois disciplines en lice : style moderne, imzad et tindi. Près de 200 troupes ont pris part à cette première édition du festival que les organisateurs comptent pérenniser et rééditer chaque année, pour peu que les conditions, nécessaires à son maintien et à sa longévité, soient réunies.
S’il y a une spécificité à retenir déjà de cette manifestation, c’est la prédominance de la musique moderne, dominée par la guitare électrique, sur le patrimoine traditionnel qui s’appuie sur les instruments ancestraux que sont l’imzad et le oûd (le luth). Le nombre des troupes modernes représentant les trois wilayas participantes, Tamanrasset, Illizi et Adrar, est assez illustrateur de l’évolution de ce genre qui plaît tant à la jeunesse locale. Baignée dans le style purement traditionnel tout au long de sa vie, celle-ci exprime une recherche d’un renouveau et d’une mélodie plus cadencée et qui sied le plus à l’âge de la vitalité et de l’action. C’est ainsi qu’on a pu constater à quel point les jeunes de Djanet étaient en parfaite osmose avec les rythmes frénétiques de la guitare électrique, sur fond de sonorités et de mélodies traditionnelles. L’absence de loisirs et d’occupation y est aussi pour beaucoup dans cette expansion enfiévrée à se défouler dès la première note exécutée par les différentes troupes. Les défenseurs de la culture authentique voient d’un œil plutôt inquiet cette floraison de chansons rythmées et les jeunes, censés assurer la relève, se détournent de plus en plus de cet héritage légué par leurs aînés.
Dans le cas de Djanet, ils sont moins d’une dizaine de chanteurs traditionnels face à une multitude de troupes modernes. La disparition du talentueux représentant de la chanson targuie, tant à l’échelle nationale que sur la scène internationale -qui en fait l’a révélé aux Algériens-, Baly Othmane, représente une grosse perte pour ce genre musical. Fort heureusement, son fils Nebil est appelé à perpétuer le legs de son père. Il faut noter cependant que le défunt Baly a été le précurseur du croisement des rythmes et des musiques. Il a ouvert la musique targuie traditionnelle à de nouvelles sonorités. On retiendra l’admirable melting-pot qu’il réussira avec le percussionniste Steve Shehan dans l’album Assouf. Mais l’ouverture ne se transforme pas en phagocytose et la musique garde son cachet traditionnel. C’est en fait à ce judicieux équilibre que les artistes de Djanet et d’ailleurs doivent parvenir s’ils entendent réussir l’union entre authenticité et modernité.
Au troisième jour de cette manifestation, les délégations participantes ont été conviées à découvrir ou redécouvrir la «Sebiba», un spectacle haut en couleur et en émotions, symbolisant l’un des patrimoines culturels les plus ancestraux de la région et qui est fêté tous les jours de «Achoura». Présenté sur la place appelée «L’oued», à la sortie de Djanet, ce spectacle a profité également aux nombreux touristes qui se trouvaient ce jour-là dans cette ville. Munis d’appareils photo et autres caméras, les visiteurs ne semblaient pas vouloir rater une seule séquence de la représentation qui leur renvoie un tableau des plus exotiques de cette partie du Sud algérien. La majorité d’entre eux se sont dits heureux que le hasard ait fait coïncider leur séjour à Djanet avec la tenue de ce festival.
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5th November 2008 20:08 #3
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Mekioussa Chekir :
Mercredi 5 novembre 2008 -- Baisser de rideau sur le premier Festival de la chanson et de la musique targuies, abrité par la capitale du Tassili, Djanet, après une semaine de manifestation. Une manifestation, faut-il le souligner, qui a eu au moins le mérite de mettre sur le devant de la scène des talents certains qui pratiquent ce répertoire de notre patrimoine musical national. Originaires de Djanet, ce sont des artistes qui ont pris part à cette première édition, bien connus de leur public local et régional et qui se sont mieux fait révéler de l’assistance venue des autres régions du pays, voire des quelques étrangers qui se trouvaient dans cette ville pour faire du tourisme. Dans la catégorie du meilleur artiste, c’est un nom bien connu des habitants de Djanet et des localités limitrophes, Ahmed Chakali, qui a décroché le premier prix d’un montant de 200 000 DA. C’est tout heureux qu’il reçoit une récompense qu’il estime être un encouragement pour poursuivre une carrière entamée dès 1982 dans la troupe du défunt Othmane Baly en tant qu’instrumentaliste avant de se lancer sept ans plus tard dans une carrière en solo.
Il créa alors sa propre troupe sur encouragement du plus célèbre représentant de la chanson et de la musique targuies algériennes. Ses six albums produits, depuis, sont consacrés essentiellement au style traditionnel tout en introduisant la chanson moderne targuie. Même s’il a considérablement évolué dans sa carrière, il n’en reste pas moins critique s’agissant des conditions et de l’environnement qui entourent celle-ci et qui dénotent le manque de considération dont il jouit, au même titre d’ailleurs que tous les artistes de la région. Autre heureux lauréat de cette compétition, Abdellah Mesbahi, premier prix ex æquo de la meilleure interprétation.
Tout heureux de cette distinction, il n’en oublie pas pour autant de dire que c’est grâce à l’enseignement que lui a prodigué Othmane Baly qu’il en est arrivé là. Tout comme Chakali, il déplore le peu d’encouragement dont bénéficient les artistes pour mener très loin leur carrière. Car, si tous deux pensent que l’initiative de ce festival est louable même si elle est tardive, il s’agit pour eux d’être motivés le reste du temps à travers des facilitations financières notamment. Il est fréquent, par exemple, pour eux, expliquent-ils, de ne pas être payé pour des concerts et s’ils le sont, c’est bien peu.
A noter que, dans la catégorie de la meilleure chanson, le deuxième prix ex æquo aussi est revenu à Benamar Abdou et à Hanafi Beka. Ces prix sont dotés respectivement de 150 000 et de 100 000 DA. Dans la catégorie de la meilleure troupe, le premier prix est revenu aux Artistes du Tassili, le second à Ithran Ahaggar (les étoiles de l’Ahaggar) ex æquo avec Omar Idriss et le troisième à Guitare Adrar. Des prix d’encouragement ont été décernés, par ailleurs, aux institutions ayant apporté leur contribution à cette manifestation, à savoir l’Office du Parc national du Tassili (OPNT), la daïra et l’Assemblée populaire communale (APC) de Djanet ainsi que l’Institut national.







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