Jeudi 13 Novembre 2008 -- La salle Ibn Zeydoun résonnera ce soir au son du n’goni, instrument traditionnel roi de la culture griot du Mali, né au XIIIe siècle. Le grand Bassekou Kouyaté, instrumentiste hors pair, ancien compagnon de route du grand frère disparu de la musique malienne, Ali Farka Touré, a cependant considérablement étendu les possibilités du n’goni, l’ouvrant aux pulsations jazz et blues. Bassekou, né près du fleuve Niger, de parents musiciens traditionnels, au cœur de la région Bambara, s’est entouré en 2007 d’un ensemble pour composer Segu blue. De cette expérience, enregistrée à Londres, est né un des albums les plus accomplis de la musique world, éclectique et vibrant, et très bien reçu par la critique en Europe, qui évoque “une des œuvres majeures du blues du désert malien”. Pourquoi blues ? Parce que le griot bambara est une musique pentatonique, ce qui la rapproche beaucoup du genre né dans les champs de coton américain. Le répertoire du concert de ce soir, proposé par le CCF d’Alger et l’OREF, sera essentiellement tiré de cet album. Bassekou sera entouré pour l’occasion notamment de son épouse Ami Sacko (aussi appelée la Tina Turner du Mali) au chant, Fousseyni Kouyat au n’goni basse, Alou Coulibaly à la calebasse et Moussa Sissoko aux percus. À ne pas manquer. Bassekou Kouyaté et son ensemble, à partir de 19 heures à la salle Ibn Zeydoun, Oref (Alger). Prix des places : 200 DA
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13th November 2008 06:03 #1
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15th November 2008 19:24 #2
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Wafia Sifouane :
Samedi 15 novembre 2008 -- La salle Ibn Zeydoun a vibré jeudi dernier sous les rythmes endiablés du n’goni de Bassekou Kouyaté, artiste malien de référence, invité par le Centre culturel français d’Alger, et dont le succès dépasse les frontières, grâce à son jeu de blues délirant et à sa parfaite maîtrise du n’goni, un instrument à cordes traditionnel originaire de Ségu, lointaine région du Mali. Le début du show était prévu à 19h, mais le public, essentiellement composé de jeunes, l’a bien devancé d’une heure, histoire de s’approprier les meilleures places. Extinction des lumières, un doux son mélancolique résonne depuis les coulisses, un léger voile de lumière bleue enveloppe Bassekou entrant sur scène en tenue traditionnelle. Ses quatre musiciens le rejoignent ainsi que son épouse, Ami Sacko. Le coup d’envoi du spectacle est donné avec Lamente to Ali Farka, en hommage au grand virtuose, Ali Farka Touré, auquel Bassekou voue une grande estime et qu’il considère comme son maître spirituel. Les musiciens enchaînent ensuite avec Falla, un morceau qui met le feu aux poudres. La foule trépigne. C’est la ruée vers la piste. C’est après la fin du troisième titre, Ngoni Walla, (je viens du Ngoni) que Bassekou marquera une pause pour saluer le public. «Je suis très heureux d’être ici ce soir, le public est magnifique», dira-t-il, avant d’enchaîner avec Boya, un titre venu du fin fond du désert et datant du XVIIe siècle. Cette chanson mettra en émoi la délégation malienne présente dans la salle, qui sera sous le charme, comme le reste du public, de la voix envoûtante d’Ami Sacko. Quant à Bassekou, il ne déméritera point. Bien au contraire, il fera grande impression sur son public avec son jeu de scène, ses pas de danses africaines et ses rythmes de blues et de jazz, soutenus par l’orchestre, dont les Kouyaté, deux musiciens, l’un au gombri et l’autre aux percussions, qui accompagnaient admirablement le n’goni que les mains de Bassekou faisaient vibrer. L’ambiance se maintiendra à haute température jusqu’à l’annonce de la fin du concert, vers 20h30. Evidemment, le public réclamera une rallonge. Le chanteur ne se fera pas prier et lui servira deux titres de son album Ségu Blue, consacré meilleur «album world» de l’année 2008. Après la fin du spectacle, les spectateurs trouveront en vente l’album qu’ils ont écouté sur scène, et achèteront le CD de Bassekou. Dans les coulisses, ce dernier nous confiera son entière satisfaction de ce concert et du public algérois. «Cela restera l’un de mes meilleurs souvenirs», dira-t-il. Concernant ses projets, il confiera qu’il travaille à la finalisation de son nouvel album qui «sera dans les bacs d’ici le mois de décembre».
Le n’goni, un instrument ancestral
Le n’goni est un instrument à trois cordes, dont le son peut varier des tons les plus aigus aux plus graves. La naissance de cet instrument, selon un mythe, remonte à l’ancêtre de Bassekou, qui était musicien au moment. Elevé en esclavage, l’ancêtre verra dans un rêve cet instrument qui lui apparaîtra comme une arme devant libérer sa tribu. Au réveil, il s’empresse de confectionner l’instrument tel qu’il en a rêvé et commence à l’amadouer. C’est ainsi que le n’goni se transmettra comme héritage, de génération en génération. Les joueurs du n’goni sont appelés les n’gonifôlaw.
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15th November 2008 21:55 #3
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