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  1. #1
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    Houria Aïchi en concert à Alger le 12 février 2009


    Dimanche 4 Janvier 2009 -- Au programme des manifestations qu’elle devra accueillir, la salle Ibn Zeïdoun, à Riadh El Feth, prévoit pour le 12 février prochain, un événement de taille : un concert de musique et de chants chaouis accommodés à des sonorités jazzy. Le concert sera animé par l’artiste algérienne d’origine chaouie Houria Aïchi, qui présentera à son public, en exclusivité, les Cavaliers de l’Aurès, son dernier album sorti au cours de l’hiver 2008. A signaler que cet album a été réalisé en collaboration avec Hijaz Car, un groupe de musiciens alsaciens composé de cinq membres connus pour leurs goûts prononcés pour les musiques traditionnelles orientales. Ces musiciens seront d’ailleurs aux côtés de Houria Aïchi pour animer ce concert organisé par le Centre culturel français d’Alger. Ainsi, la chanteuse aura pour accompagnateurs Nicolas Beck à la contrebasse, Gregory Dargent au oud, Fabien Guyot et Etienne Gruel aux percussions et Jean-Louis Marchand à la clarinette.

    Née dans les Aurès, Houria Aïchi part étudier la psychologie à Paris dans les années 1970. Elle enseigne la sociologie quand elle commence à se produire sur scène en 1985. Accompagnée d’instruments traditionnels, la gasba (flûte en roseau) et le bendir, notamment, elle interprète des chants traditionnels de son enfance, des berceuses et des chansons d’amour. Elle enregistre deux albums dans cette veine, en l’occurrence les Chants de l’Aurès en 1990 et Hawa en 1993. Elle participe aussi à la musique du film Un thé au Sahara de Bernardo Bertolucci (1990). Plus tard, en 2001, elle enregistre son troisième opus intitulé Khalwa, réalisé avec la collaboration d’Henri Agnel. Ce nouvel album est totalement consacré aux chants sacrés d’Algérie, comprenant des dhikrs soufis.

    C’est en 2007 que Houria Aïchi rencontre le groupe Hijaz Car. Partageant la même passion pour les chants et musiques traditionnels, la chanteuse et les musiciens s’accordent pour travailler ensemble. De cette synergie naîtra l’album les Cavaliers des Aurès sur lequel on retrouve des sonorités orientales mêlées à la voix résonante de Houria. Imprégné de couleurs d’autre part, Hijaz Car se joue des frontières dans ses compositions musicales. Entre lyrisme occidental, mélange de transes méditerranéennes et d’arrangements puissants, la formation alterne de sombres thèmes et des images mélancoliques d’histoires révolues, de poésies actuelles.

    Grâce à leur univers unique et leur musique qui s’inscrit dans l’universalité, les musiciens de Hijaz Car ont pu se produire un peu partout dans le monde. Entre autres scènes, ils ont joué dans une maison musée de Fès (2001), aux clubs d’Istanbul (2004/2005) et de l’European Jazz Festival d’Athènes (2005). En Algérie, le groupe a eu pour scène le stade au sol sablonneux de Tamanrasset où il a donné, en 2003, un concert. Les musiciens étaient accompagnés d’un chœur de femmes touareg.

  2. #2
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  3. #3
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    Samedi 14 Février 2009 -- C’est une diva. Elle est fière et altière, belle et rebelle, battante et combattante. Sa voix culmine aux cimes des Aurès. Elle est la fille terrible de la balle d’Arris et spirituelle de Aïssa Djermouni. Elle a de qui tenir. Elle est l’ambassadrice du chant chaoui à travers le monde. Ce n’est autre que Houria Aïchi. Elle s’est produite, jeudi soir à la salle Ibn Zeydoun d’Alger, au grand bonheur d’un public venu massivement la voir. La preuve. C’était un concert affichant complet au grand dam des grappes humaines penaudes à l’extérieur de la salle. Un événement artistique goupillé par le Centre culturel français d’Alger. S’étant entourée de la formation strasbourgeoise, le quintette L’Hijaz’Car, constitué de Gégory Dargent, l’éminence grise du groupe (oûd, sample, compositions et arrangements), Etienne Gruel et Fabien Guyot (percussions), Jean-Louis Marchand ( clarinette) et Nicolas Beck (tarhu, gumbri, hajouj), Houria Aïchi portera et transportera son bon public dans un « trip » chevaleresque, celui des Rayan el Khil (Les cavaliers des Aurès). Et l’on est pas déçu du voyage. Une destination équestre chaouie, orientale, levantine, turco-iranienne et surtout poétique célébrant l’amour, la bravoure et la générosité des cavaliers des Aurès.

    Bref, un espéranto choral et orchestral allant crescendo. Voici Houria Aïchi, elle salue le public avec déférence, ajuste son livret, prend ses marques, inspire, se concentre comme sur un starting-block et prend son envol. Cette « amria » vole et survole au firmament des Aurès en interprétant des titres comme Invocation amoureuse, Chahba, Mélancolie, Poésie sraouie, La rencontre amoureuse (Aldjia), Raïm, Sarouf ou encore Sob rach rach et ce, dans une bonne intelligence acoustique et recording où l’oûd, la derbouka, le banjo, la clarinette ou encore le gumbri sont un écrin à la voix royale de Houria. L’on découvrira qu’elle fait du show, chaleureuse quoi. C’est que Houria est une véritable ambianceuse ! Elle esquissera cette fameuse danse caractéristique chaouie : un « walk moon » aurassi, très apprécié et copieusement ovationné. Cette grande dame de la chanson chaouie, jurant avec la gérontologie et filant des complexes au jeunisme, est une véritable pile « Wonder » sur scène. Et de surcroît, elle chante avec ses tripes, tantôt déchirante vous donnant la chair de poule, tantôt émotionnelle. Comme sur l’introduction La rencontre amoureuse (Aldjia), où elle entrera en transe et écrasera une larme. Oui, c’est une sister soul. Dont acte ! Et des youyous en guise de respect et de reconnaissance. « Je suis heureuse d’être ici, à Alger et je suis morte de trac. Je suis heureuse aussi de reprendre le répertoire chaoui très cher à mon cœur et à mes souvenirs d’enfance perdue dans les Aurès. J’ai redécouvert à travers ces texte des mots, une poésie rude et généreuse. » A titre de présent, Houria Aïchi, cette fois cavalière seule face à son public, déclamera une ode aux Aurès a cappella en exhibant l’étendue et la portée de son bel organe : une voix divine. Elle se sent pousser des ailes, celle d’un aigle... royal — très cher à Barbara — survolant les Aurès. Houria, n’est-ce-pas la liberté en arabe ?

  4. #4
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    Samedi 14 Février 2009 -- Le temps d’un concert, organisé par le Centre culturel français d’Alger, la salle Ibn Zeydoun (Oref) a vibré, jeudi dernier aux rythmes des chants chaouis venus des cimes des Aurès. Ces chants, plutôt poèmes, étaient portés par la puissante et entraînante voix de la chanteuse algérienne, Houria Aïchi, installée en France depuis des années. Pour son premier concert à Alger, la chanteuse était accompagnée de L’Hijâz’Car, un orchestre (de cordes, de vent et de percussions) composé de cinq musiciens, venus de la capitale culturelle alsacienne, Strasbourg.

    La salle était pleine comme un œuf. Les billets d’entrée se sont vendus comme des petits pains. À 19h, aucune place de libre et il y avait encore du monde qui attendait à l’extérieur. 19h15. Les musiciens entrent en scène et entament un instrumental. Une musique enchanteresse, un mélange venu des Aurès et des rives du Nil… Enfin, l’ambassadrice de la chanson chaouie fait son entrée, un long foulard (ou plutôt un fichu), rappelant la tradition des Aurès, à la main. Droite, gracieuse, elle entame son tour de chant par une déclaration d’amour. En fait durant presque une heure et demie, Houria Aïchi n’a chanté que l’amour et la beauté. Durant ce concert, elle a fait revivre la vie, la tradition des Aurès. Plus précisément, celle des “Raeyan El Kheil” (les éleveurs de chevaux), ce peuple qui naguère élevait avec amour et passion des chevaux de qualité dans les vastes étendues allant de Tébessa, Souk-Ahras à Téleghma.

    Ce concert était une sorte d’histoire, une sorte de film sonore d’une tranche de vie, qui raconte la fête, l’amour : “Mon âme est en peine et ma plaie ne veut guérir. Cavaliers, ô cavaliers vous qui jouez avez-vous vu mon frère celui qui porte le turban satiné et la médaille brillante” (extrait de l’Amoureuse). Ou “Mon frère, mon amant est du vif argent Ô Dieu, protège son clan. Prolonge sa vie et étends sa prospérité” (extrait d’Invocation). Il y a aussi la louange à Dieu dans le Messager : “Un cavalier arrive de l’Est sais-tu qui il est ? Mohamed… L’Homme à la belle parole : Il n’y a de Dieu que Dieu.” Dans ses chansons, la métaphore est très présente. Tout est imagé, poétique, comme dans La jument grise, un chant empreint de liberté, le symbole souvent présent dans la poésie populaire chantée. Il est teinté d’une grande sensualité : “La jument grise, chaperonnée par deux témoins est apparue. Montée par le beau Allaoua dont les cheveux ont blanchi plus tôt que de raison. Ô Dieu, que mon âme est en peine ! Mes nuits sont souvent blanches et je ne trouve pas le sommeil. Tu en es la cause, ô ma chère Keltoum lorsque tu t’habilles de soie et de broderies…”

    À sa puissante et chaleureuse voix s’ajoute la grâce du corps. Sur quasiment toutes les chansons, Houria Aïchi esquissait des pas de danse, au grand bonheur des spectateurs. Avec souplesse et de la beauté dans le geste, elle a charmé tous les présents par sa danse, sous des youyous stridents, gesticulant avec son long foulard, rappelant celle exécutée par les femmes chaouies lors des fêtes et mariages, quand elles accompagnent, dans un cortège, par des chants, la mariée à sa nouvelle demeure…

    Sur le plan musique, Houria Aïchi s’est entourée du groupe L’Hijâz’Car, des musiciens attirés par la musique du monde, les sonorités venant du Maghreb, de l’Orient ou d’ailleurs. En fait, ce sont des musiciens qui voulaient se confronter aux différentes musiques, mais surtout les inventer. Ce qui explique la diversité des sonorités, qui nous rappelait tantôt le fin fond du Maghreb, le Sud, l’Orient, la musique tzigane… Un mélange des plus harmonieux, un pur bonheur… L’album les Cavaliers de l’Aurès (le quatrième), est l’album de la maturité musicale. Avec une voix pure, si intense, si chaleureuse, Houria Aïchi terminera son concert a cappella. Sublime !

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