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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Dimanche 11 janvier 2009 -- Sous le slogan «Yennayer, une identité, un symbole et une tradition», le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), en partenariat avec la wilaya de Tipasa, organise aujourd’hui et demain, à la maison de la culture de Tipasa deux journées d’activités culturelles à l’occasion du nouvel an berbère 2959. Hamid Bilek, sous-directeur de la promotion culturelle au HCA, a déclaré sur les ondes de la Chaîne III : «Dans le contexte actuel des événements tragiques qui se déroulent à Ghaza, la manifestation ne prendra pas un caractère festif mais se limitera à l’esprit de solidarité et de paix marquant un bon présage pour la nouvelle année qui est la caractéristique essentielle de la célébration de Yennayer.» À ce propos, il a rappelé le rituel d’Ayred qui est aujourd’hui intensément pratiqué dans la région de Beni S’nous à Tlemcen et qui perdure aussi dans quelques villages kabyles.

    À la veille de la nouvelle année, les enfants se déguisent, confectionnant chacun son propre masque représentant les esprits, et parcourent les ruelles du village. Passant de maison en maison, ils réclament des denrées alimentaires, plus souvent des beignets, des œufs ou de la semoule. La tradition veut que, par ce geste d’offrande, des liens sont tissés avec les forces invisibles, un contrat d’alliance qui place la nouvelle année sous d’heureux auspices. La solidarité entre les villageois veut qu’à la fin de la quête des enfants tous les dons collectés sont remis aux plus démunis dans la discrétion totale. Il a aussi rappelé que le calendrier amazigh et la célébration de Yennayer remontent, selon des historiens, à 950 avant J.-C., lorsque le roi Chachnaq, fondateur de la 22e dynastie égyptienne, prit le trône après avoir vaincu les troupes de Ramsès.

    A propos du programme tracé par le HCA à Tipasa, près de trente stands d’exposition ont déjà été mis en place depuis hier, dont des expositions de poterie, de vannerie, de sculpture sur bois, de grainographie et de publication de livres en tamazight. Les exposants sont venus de différentes wilayas, dont Alger, Tizi Ouzou, Béjaïa, Batna, Tlemcen et Ghardaïa. Il y aura également au menu un cycle de communications et de conférences portant sur les origines, l’histoire et les rites de la célébration de cette fête millénaire. D’autres conférences porteront sur l’enseignement de la langue amazighe et la place du tamazight dans le réseau d’Internet.

    Par ailleurs, l’APS rapporte que «la population de Tlemcen s’apprête à célébrer Yennayer avec un engouement particulier pour cette fête ancestrale.» À Tlemcen-ville, l’approche de la célébration de cette fête populaire, qui allie mythes et traditions, est visible grâce aux diverses friandises étalées dans les commerces et magasins. À cette occasion, les mères de famille préparent des mets et plats traditionnels comme «le berkoukes» et le «sfendj» et des petits pains avec des œufs durs, préparés selon le nombre d’enfants de chaque ménage. Après le dîner, les membres de la famille se réunissent autour de la table de Yennayer afin de commencer la soirée dans la bonne ambiance, avant que les parts de la «kerkcha», désignant le mélange de tous les fruits secs, friandises et petits pains, ne soient offerts aux enfants sous forme de petites caisses en récompense à leur bonne conduite. La légende populaire liée à la célébration de cette fête indique que «tout enfant désobéissant ou enfreignant les règles de bonne conduite aura la visite nocturne d’une vieille sorcière qui le délestera de sa petite caisse», souligne l’APS.

    Dans la région montagneuse des Beni S’nous, située au sud de la ville de Tlemcen, est organisé durant trois jours, dès la veille de Yennayer, le carnaval d’Ayred (lion) durant lequel sont mesurés le courage et la puissance des jeunes. Une vingtaine de jeunes choisis parmi les plus grands et les plus forts se déguisent en portant des masques en toison de mouton ou en peau de chèvre et des crinières de cheval, laissant libre cours à leur agressivité et leur joie, sans pour autant être reconnus. Dansant et chantant aux rythmes des bendirs, des tambourins et de la ghaïta à la gloire d’un personnage mythique «Moulay Djerwane Djerwakèle», la procession s’arrête au seuil de chaque maison pour dire «ouvrez vos portes, nous sommes arrivés» et les propriétaires doivent remettre de l’argent, des figues sèches, des grenades et autres produits. Le m’kaddem récite à ce moment-là la fatiha en souhaitant une nouvelle année riche et d’abondance pour tous ceux qui contribuent à la donation.

    À Alger, sous le haut patronage du ministère de la Culture, le musée des arts et traditions populaires organisera en partenariat avec les associations «El Kaala» et «Noudjoum El Chabab», à partir de 14h, une après-midi consacrée à la célébration de Yennayer avec au programme une conférence autour de Yennayer, une exposition de poterie et de bijoux traditionnels et une exposition des rites et coutumes célébrant le nouvel an amazigh.

  2. #2
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    January 12, 2009 -- Every year, the Tamazight-speaking community in Algeria celebrates Yennayer, the first day of the agricultural calendar used by the Amazighs since the dawn of time. This date corresponds to January 12th on the Gregorian calendar.

    In Kabylia, Yennayer is taken as a public holiday, even though it is not designated as such by law. Since the Amazigh spring of April 1980, the Amazigh Cultural Movement (MCA), which is fighting for the recognition of Kabyle culture, has been asking unsuccessfully for it to become a public holiday in Algeria.

    In Kabylia, Yennayer 2959 [corresponding to the Amazigh Calendar] is celebrated with all due recognition. It is a special occasion marked by copious meals and symbolic rituals. In just about every village, the heads of families will sacrifice a cockerel for the occasion.

    Traditional dishes, which vary from one region to another, are prepared. For Kabyles, it is often couscous with dried meat (aqedidh), shared by the whole family.

    If the children refuse to eat, old women will threaten them with supernatural stories, such as that of the ogress (Tarayel) that will cut open their stomachs and stuff them with food.

    Ninety-year-old Nna Zahra, who lives in the Yakourène region, told Magharebia that "he or she who does not eat their fill on that day will never be satisfied for the whole year", adding that "it's the same with people's moods, because every person must be happy to avoid being sad throughout the whole year."

    As families gather around their traditionally-prepared couscous, pride of place is given to the spoons and plates of those who are absent: sons in exile or married daughters. Children are given new clothes to wear as a sign of joy and celebration.

    The first Yennayer following the birth of a boy is of great importance to many Kabyle families. The father trims the child's hair for the first time, and marks the event by purchasing a cow's head. This ritual, it is still believed, is a foretaste of the child's future responsibilities.

    Yennayer, derived from Yiwen wayour (the first of the month), continues to stand the test of time as an ancestral tradition passed from one generation to the next.

    "There's no big difference between how this month was celebrated in the past and how it’s celebrated today," said Ouardia Beddek, a lady in her eighties from the Ouadhias region of Tizi-Ouzou.

    "The difference lies in the resources used," she added. "In the past, you would cook over a wood fire, but now you cook over gas. The children's toys have also seen changes, because in the past it was the parents themselves who would make them."

    Cleanliness is also an important part of the tradition. On the eve of Yennayer, the lady of the house cleans all the nooks and crannies throughout the home.

    Saïd Chemakh, a sociologist and lecturer at Mouloud Mammeri University in Tizi-Ouzou, said that Yennayer is a "peasant and agricultural rite which has existed since ancient times. Since the 1970s, the Amazigh academy has surrounded it in folklore and attributed it to the Amazigh king Chachnak who, it is claimed, defeated [Ramses III]." "Yennayer," he added, "is even celebrated in Arabic-speaking regions such as Tlemcen and Tissemsilt, where masked celebrations are still held."

    The masks symbolise the return of the unseen spirits to Earth.

    In Kabylia, in olden times, the children would disguise themselves with self-made masks and run through the village streets and alleyways under the watchful eye of old women, who would bestow blessings upon them.

    Today, the people celebrate in new ways, such as the Miss Kabylie beauty pageant in Tizi-Ouzou, or the conferences and exhibits held in Bejaïa, alongside film and theatre productions.

  3. #3
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    Lundi 12 Janvier 2009 -- Sur des rites aussi divers que nombreux qui rythment les années, la datation et l’organisation du temps sont une des plus vieilles activités de l’homme. Quels que soient les pratiques traditionnelles, les renvois aux phénomènes mythologiques ou la référence à la conjecture, l’ensemble repose sur l’observation expérimentée appelée procédé algorithmique et auquel la science du domaine cosmique ne semble pas s’opposer. Ces usages traditionnels revêtent une marque culturelle utile et nécessaire qui peut expliquer les évènements mais aussi une meilleure compréhension des faits historiques et socioculturels des différents peuples.

    Le monde de l’agriculture étant le plus universel héritage humain a fixé des indications douées d’une logique de la division du temps caractérisée par une extrême précision dans sa subdivision en saisons, en motions lunaires et en organisation du jour. En effet, les changements des saisons et les différentes intermittences de la végétation, les influences et les variations qui ont cadencé la vie sédentaire et rurale, l’observation des positions alternatives de la lune et du soleil, alors seuls astres visibles à l’époque, sont autant d’arguments qui ont permis, depuis des lustres, d'ordonner le temps. Les saisons, les mois et les segments du jour portent partout dans le monde un nom dont la signification va d’elle-même suivant la culture locale. C’est ainsi que l’homme a pu fixer l’agencement de ses activités. C’est la naissance du calendrier agraire. Viennent ensuite se greffer sur ce calendrier des évènements historiques et des faits religieux séparés des observations naturelles et cycliques du temps dont ils ne dépendent pas.

    Des pays appartenant à une zone géographique donnée du globe subissent les mêmes fluctuations du temps que le phénomène de la colonisation a souvent contrarié dans leur état naturel. Pour sujet d’exemple, l’organisation officielle et actuelle du temps en Afrique du Nord est encore la reproduction du produit de la colonisation. Le début officiel des saisons est calqué sur les mêmes dates et jours de l’année qu’en Europe. Ainsi donc en Algérie, l’hiver est fixé mécaniquement au 21 décembre alors que naturellement, il débute le 29 novembre, que le printemps arrive chez nous le 28 février et non le 21 mars, l’été démarre le 30 mai et que l’automne arrive le 30 août. Paradoxalement, dans nos campagnes et montagnes, les activités agricoles continuent de s’exercer justement selon notre calendrier naturel. Nous nous retrouvons ainsi anormalement alignés et d’une manière anachronique sur des influences climatologiques distinctes qu’il y a lieu de réajuster.

    Coïncidant avec seulement quelques jours de différence avec le calendrier de l’année universelle, Yennayer est la marque de la fin du cycle froid et le début du cycle chaud ou tempéré. Il est commémoré chaque 12 janvier de l’année grégorienne. Pour le célébrer, les Berbères, qui se réapproprient légitimement leur histoire longtemps confisquée, ont concilié un événement historique couplé avec la division du temps selon des considérations climatologiques cycliques citées plus haut. L’événement historique remonterait à 950 avant J.-C. avec comme première thèse, la présence en Égypte d’un roi berbère du nom de Sheshonk (Chachnaq 1er) qui serait parti, à la tête d’une puissante armée, depuis l’actuelle Tlemcen vers la vallée du Nil dans le Delta en Egypte pour sauver l’empire pharaonien alors menacé par un roi venu d'Éthiopie.

    On pense que c’est à partir de cette date mouvement que les Berbères ont commencé à dater le temps. L’autre thèse nous est rapportée par Malika Hachid dans “les Premiers Berbères, entre Méditerranée, Tassili et Nil” selon laquelle l’an zéro amazigh se réfère à 950 av.J.-C. date à laquelle le Berbère Sheshonk (Chachnaq 1er) fut intronisé dans les terres du Delta du Nil en Égypte où il fonda la XXIIe dynastie avec comme capitale Boubastis. Les deux thèses diffèrent très légèrement. Elles font référence à la même date (950 av J.-C.) et au même personnage historique autour duquel l’événement se rapporte. Partant de ces éléments, l’année berbère atteint aujourd’hui l’an 2959 c’est-à-dire : 950 av. J.-C. + 2009 de l’an grégorien). Hormis donc l’aspect strictement historique et culturel, il n’y a aucune prétention à vouloir devancer l’horloge universelle ou encore à être à sa traîne. La référence à l’année universelle est un standard qui s’impose de lui-même.

    Sur le plan linguistique, étymologiquement on peut proposer que le mot Yennayer est une composition de deux mots associés : “yen” qui indique le nombre premier ou le chiffre un et “ayer” signifie la motion “mois” avec ses variantes (ayir, ayur, aggur). Le fait le plus significatif à relever (par- delà le vestimentaire, le culinaire et autres coutumes et festivités qui ont lieu) Yennayer transcende toutes les sociétés nord-africaines qui continuent à le célébrer et marque ainsi une unité socioculturelle régionale historique.

  4. #4
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