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  1. #1
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    Ibrahim Maalouf à la salle Ibn Zeydoun, Mercredi 29 Avril 2009


    Mardi 28 Avril 2009 -- Le jazzman Ibrahim Maalouf propose des mélodies orientales accordées à des sonorités universelles. «Ma trompette mérite d’avoir un nom», a réclamé un jour l’instrumentiste. Il est vrai que sa trompette à quart de ton reste unique. Son père l’a inventée, et Ibrahim peut reproduire des contenus faits de modes arabes (makams). Il joue les musiques classique, folklorique et traditionnelle arabe. Ibrahim a le privilège d’avoir hérité de sa propre famille une riche culture. Libanais, il a grandi et vécu son exil en France. Depuis plusieurs générations, sa famille s’illustre par la musique, la peinture, le journalisme, la poésie, la littérature et l’enseignement. À 7 ans, il découvre avec son père Nassim Maalouf -ancien élève de Maurice André et premier trompettiste arabe à jouer de la musique classique occidentale- l’étude de la trompette à travers les concerts modernes, classiques, baroques et contemporains. Deux ans plus tard, il donne son premier concert en soliste avec des œuvres de Vivaldi. Huit ans après, il interprète le 2e Concerto brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach. Les concours, il en a bien sûr eu. Il glane pas moins de quinze prix internationaux. «J’ai passé tous mes examens de conservatoire avec une trompette, muni d’un quatrième piston que je n’utilisais pas pour interpréter les œuvres occidentales», se souvient Ibrahim Maalouf, lui qui rêvait de la reconstruction du Liban en devenant architecte. Le voilà plutôt en train construire des phrases et des messages en musique. Il donne alors à l’univers jazzistique de nouvelles sonorités. Un jazz oriental rehaussé d’électronique. Dans son premier opus, Diasporas, il s’affirme beaucoup plus qu’une révélation. Diaspora au pluriel, comme pour dire son universalité déjà bien exprimée dans sa propre musique. Car l’artiste ne s’enferme pas dans les standards du jazz. Il commence à s’imposer avec son propre style en se lançant dans l’électro jazz oriental. Elle est sûrement là son identité mais concernant son premier album, il a confié : «Je suis convaincu qu’un premier disque est souvent autobiographique. Dans mon cas, ce CD témoigne d’un certain nombre de choses que j’ai vécues ou que je ressens dans ma vie.» Un musicien ne compose-t-il pas ce qu’il ressent, n’exprime-t-il pas ses émotions ? Entre Orient et Occident, l’improvisation est de mise. Né à Beyrouth en 1980 en pleine guerre, il n’a pas un mois quand ses parents sont obligés de s’exiler en France. «J’appartiens à une génération qui a eu la chance de voyager, d’être née quelque part et de grandir ailleurs. Pour moi, ça a été enrichissant de vivre cette double culture. Même s’il y a parfois des déchirures et des moments de nostalgie», a-t-il avoué. Musicien instinctif comme on les aime, son passage à Alger ce mercredi 29 avril, à 19 h à la salle Ibn Zeydoun, Riad El-Feth, sera certainement un beau rêve.

  2. #2
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    Sara Kharfi :


    Mercredi 29 Avril 2009 -- Ibrahim Maalouf porte un des patronymes les plus célèbres dans le monde artistique. En effet, il appartient à une famille qui a choisi l’art dans ses différentes formes comme moyen d’expression. Il rêvait de devenir architecte, mais il a fini par choisir la musique. Ainsi, avec le bac en poche, Ibrahim Maalouf intègre le conservatoire, remporte plusieurs concours et collabore avec beaucoup d’artistes, notamment Marcel Khalifé, Vincent Delerm, Matthieu Chedid ou encore Amadou et Mariam. Musicien de talent, compositeur et arrangeur, Ibrahim Maalouf est également pianiste et trompettiste. Mais son secret réside dans son instrument : une trompette arabe (qui permet de réaliser les quarts de tons), inventée par son père Nassim Maalouf (également trompettiste) dans les années 1960. Libre et affranchi de toutes les barrières, sa musique est un va-et-vient perpétuel entre ses origines arabes et ses influences occidentales.

    Liberté : Vous vous êtes déjà produit en Algérie avec Marcel Khalifé, mais c’est la première fois que vous vous produisez avec votre groupe. Des appréhensions ?

    Ibrahim Maalouf : Oui, c’est la première fois que je joue avec mon groupe en Algérie, mais je me suis déjà produit il y a deux ou trois ans avec Marcel Khalifé. J’ai le souvenir d’un public réceptif et attentif, je suis de ce côté-là confiant. Mais j’ai une peur profonde : comme je parle très mal l’arabe, j’ai peur que les gens croient ou se disent que je ne veux pas parler en arabe. En même temps, c’est ma première collaboration avec le Centre culturel français. Je ne connais pas les conditions dans lesquelles on va jouer… mais je suis confiant. On va jouer des morceaux festifs et d’autres plus méditatifs, spirituels, mystiques… et je pense que le public se reconnaîtra dans certains de ces morceaux car, en général, même si l’on n’apprécie pas tout, on peut se retrouver dans une chose. De plus, je tourne avec mes musiciens depuis deux ans et demi en Europe. Dans le monde arabe, nous n’avons joué qu’une seule fois à Beyrouth. Alors, le concert de ce soir est la première scène au Maghreb.

    Vous faites une musique assez éclectique et vous jouez d’un instrument très spécial : une trompette qui permet de jouer les quarts de tons. Mais si vous deviez définir votre musique ou nous la présenter, que diriez-vous ?

    Je n’arrive pas à donner un nom à ma musique et je n’aime pas ça, car j’essaie de composer très librement et de ne pas être confiné dans un tiroir. Je n’ai pas de définition, je dirai que ce sont toutes mes influences, notamment la musique classique arabe, les musiques actuelles, funk… En fait, ma musique est un peu Jazz, un peu électro et très orientale, grâce à la trompette améliorée duquel je joue. C’est une invention de mon père qui a rajouté à la trompette un élément lui permettant ainsi de réaliser les quarts de tons. Il m’a donc transmis cet instrument, mais je garde tout de même une façon très personnelle de jouer. Je dirai également que mes collaborations avec d’autres artistes qui ont des univers très différents et des concepts musicaux bien définis m’ont permis d’acquérir mon identité artistique.

    Vous vouliez poursuivre des études d’architecture, mais vous vous êtes orienté vers la musique. Pourquoi avoir opté pour la musique pour vous exprimer ?

    Je n’ai pas choisi la musique comme moyen d’expression, c’est venu naturellement. À la maison, il y avait un piano depuis toujours, ma mère jouait de cet instrument et mon père de la trompette, donc je suis allé vers la musique naturellement. Je ne me suis même pas posé la question. Quand j’ai eu mon bac, je voulais m’inscrire à l’école d’architecture, mais tout naturellement, j’ai passé le concours du conservatoire et je l’ai obtenu. Voilà !

    Vous êtes issu d’une famille d’artistes et vous portez un nom très important. Comment composez-vous avec votre héritage familial ?

    Je suis très fier de ma famille. En fait, c’est une famille très libre qui a choisi de s’exprimer dans les différents métiers artistiques ; une famille qui a toujours été dans l’expression personnelle sans barrières. Avec tout ça, moi, je dois continuer à créer librement sans interdits ni barrières.

    Sinon, qu’avez-vous préparé pour le public de ce soir ?

    En fait, on ne va pas jouer tout l’album, mais une partie. Ces morceaux seront revisités différemment, avec d’autres nouvelles compositions et des morceaux inédits. Je ne veux pas que la scène soit une limitation de l’album, j’essaie de l’adapter parce que je pense que si je rejouait l’album sur scène, cela ne servirait à rien que les gens se déplacent : ils n’ont qu’à acheter l’album et l’écouter chez eux. Toutefois, mon disque est sorti en Europe et dans quelques pays arabes, mais je regrette qu’il ne soit pas sorti en Algérie. D’ailleurs, je prendrai quelques cd avec moi pour les offrir ce soir.

    ***

    Ibrahim Maalouf sera en concert ce soir à 19h, à la salle Ibn Zeydoun (Oref) Prix du billet : 300 DA

  3. #3
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    Nacima Chabani :


    Samedi 2 Mai 2009 -- Une heure durant, Ibrahim Maâlouf a offert à un public nombreux et connaisseur un moment de pur enchantement. Le trompettiste s’est totalement libéré en survoltant son répertoire dans une parfaite osmose avec ses musiciens : Eric Groleau à la batterie, Maêl Guezel au vibraphone/cajon, Charles Sidoun aux percussions et Bernard Viguié à la basse. Après une intro où tous les instruments musicaux se sont mis en branle, Ibrahim Maâlouf salue son public par un bonsoir décontracté et espiègle : « Bonsoir à vous tous, Alger. Vous avez l’air en forme. Je suis heureux d’être parmi vous ce soir. C’est mon tout premier concert en Algérie. Les deux seuls fois où je suis venu à Alger, c’était avec Marcel Khalifa. J’espère qu’on fera la fête ensemble », dira-t-il. Avec une parfaite aisance dans le jeu scénique, Ibrahim Maâlouf s’empare de sa trompette fétiche en invitant les mélomanes à reprendre avec lui une pièce musicale rock, empreinte de sonorités orientales. En effet, dès les premières intonations jouées, on pouvait reconnaître des airs libanais de la célèbre chanson Aâla Dalrouna. Comme pour mieux encourager le public, l’artiste lui lancera des phrases telles que « Vous avez une superbe voix. Gardez-la, on en a besoin ce soir. » Les titres se suivent et ne se ressemblent pas. Les musiciens d’Ibrahim Maâlouf peuvent se targuer d’animer des concerts construits autour d’une musique entraînante, donnant envie de danser, mais comme il nous le dira, en aparté, il y a toujours une petite partie plus méditative, plus mystique qu’il aime à appeler « prière collective universelle ». En témoigne le morceau If I, où plus d’un sera transporté dans les arcanes de la mise en scène théâtrale. Prenant un air des plus graves, Ibrahim se concentre sur son inséparable trompette tout en occupant l’espace de la scène. Ayant le pouvoir de donner vie à une atmosphère, Ibrahim change de registre en proposant, cette fois-ci, une ambiance avec un jeu d’intensité variable. Ibrahim a repris certains titres de son premier album tels que Shadows, Diaspora, avant de se lancer dans des improvisations personnelles des plus « succulentes » dont Yah Yah, Wall, Express. Alors que tous le monde baignait dans des couleurs musicales orientales, rock, électro et jazz-funk plus actuelle, Ibrahim prend une initiative jugée, selon lui, de « dangereuse ». Il annonce au public qu’il a décidé de lancer un « concours du public » axé sur la reprise en live d’une mélodie qui figurera en introduction de son prochain album qui sortira à l’automne prochain. Le public se prête au jeu du talentueux musicien. Après deux essais, la bonne version est enregistrée pour le plus grand bonheur de tous. Après des improvisations instrumentales personnelles de chaque musicien, la fin de la soirée se devine avec le dernier titre Express. aussitôt, le bas de la scène est envahi par une foule nombreuse... et par Ibrahim lui-même. Modeste, ce dernier se mêle à ses fans pour esquisser quelques pas de danse connaisseurs et endiablés à la fois.

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