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  1. #1
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    3e Festival national du Malouf à Constantine, du 24 au 30 Juin 2009


    Lundi 15 Juin 2009 -- La troisième édition du Festival national du Malouf, qui sera en même temps un concours, se déroulera du 24 au 30 du mois courant, au Théâtre régional de Constantine, avec la participation de onze wilayas et pas moins de seize troupes versées dans ce genre de musique classique. Selon le secrétaire général du Festival à la direction de wilaya de la Culture, Rabah Aissou, «ces troupes, qui doivent concourir à ce festival, viendront de Mostaganem, d'Oran, de Mascara, de Blida, de Aïn Defla, Guelma, Skikda, Annaba, Souk Ahras et bien sûr Constantine, qui, à elle seule, sera représentée par six troupes et ce, contrairement aux autres wilayas qui ne le seront que par une seule chacune». Cette représentation en renfort de la ville des ponts s'explique, d'après notre interlocuteur, par le fait «qu'elle est la cité du Malouf par excellence et la participation d'office des trois troupes primées lors de l'édition précédente, et de trois autres troupes nouvellement désignées.

    Par ailleurs, nous apprenons, que ce festival-concours aura pour président du jury le grand maître Boukheyat Rachid, et pour membres Salim Fergani, Malik Marouani, Dib Ayachi ainsi que Hamdi Mohamed. «Les trois premières troupes lauréates de l'épreuve seront sélectionnées d'office pour participer aux manifestations du Festival international du Malouf, qui a pour habitude d'avoir lieu au mois de juillet de chaque année», souligne notre interlocuteur. Et de poursuivre que les prix qui seront octroyés à l'issue du concours, le 30 juin, se montent «pour le premier à un million de DA, le deuxième à 700.000 DA et le troisième à 300.000 DA, auxquels il y a lieu d'ajouter un quatrième, soit le prix du jury d'une somme de 200.000 DA». Concernant l'enveloppe consacrée aux frais et dépenses du festival national du Malouf, elle se situe à environ 800 millions de centimes, selon M. Aissou. Ce dernier ne manque pas d'indiquer que parallèlement au festival, il sera organisé dans le hall du TRC, une exposition des arts plastiques ayant pour thème «Constantine» et la participation de plusieurs artistes de la wilaya, ainsi que d'une autre exposition des Chouyoukh du Malouf. Des conférences sur la musique andalouse en général, et du Malouf en particulier, seront également données. Ces conférences seront animées par Nadir Maarouf, de l'Institut du monde arabe de Paris, Abdelhamid Merdaci, Maya Saidani, Mohamed Oulmi etc.

  2. #2
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    Mardi 23 Juin 2009 -- La troisième édition du Festival culturel national du malouf s'ouvrira demain mercredi et se poursuivra jusqu'au 30 juin sur la scène du Théâtre régional de Constantine. Cette manifestation annuelle, qui est désormais institutionnalisée par le ministère de la Culture, réunira cette année 10 wilayas en dehors de Constantine et 16 troupes au total. À remarquer que les wilayas de Aïn Defla et de Mostaganem participeront pour la première fois à cet événement, avec une troupe chacune. «Ce qui est réconfortant et encourageant pour l'avenir de cette manifestation, c'est de voir, à chaque édition, l'audience du malouf s'élargir à d'autres wilayas du pays, car cette grande école de notre musique traditionnelle risque l'étouffement si elle reste confinée à la seule ville de Constantine», a déclaré M. Mustapha Nettour, directeur de la culture de la wilaya de Constantine, à l'occasion de la conférence de presse qu'il a organisée à cette occasion hier lundi dans la salle du complexe culturel Mohamed El-Aïd El-Khalifa. Ce festival verra la présentation aussi de conférences thématiques sur le malouf, une exposition des arts plastiques et une autre sur les grandes figures de l'école constantinoise de cette branche de la musique andalouse.

    Répondant aux questions des journalistes, M. Benkhouiète, qui présidera le jury national de ce festival, qui sera composé d'un panel d'artistes du genre, comme Salim Fergani (Constantine), Dib Layachi (Annaba), Malik Merouani (Constantine) et Hamdi (Tlemcen), dira que les critères d'évaluation des troupes qui ont été retenues seront rigoureux et porteront en gros sur la présentation sur scène, la tenue vestimentaire, le respect de la nouba de l'école constantinoise et la mémorisation des textes. Ce festival, qui se présentera également sous la forme d'un concours entre les troupes musicales, est doté d'un grand prix récompensant le meilleur ensemble, d'une valeur de 100 millions de centimes. Les classés deuxième et troisième seront primés de 5O millions de centimes chacun. D'autre part, un prix spécial du jury, d'une valeur de 20 millions de centimes, récompensera la troupe qui aura récupéré et utilisé des instruments de musique anciens. Enfin, les trois troupes lauréates participeront au festival international du malouf qui se déroule chaque été à Skikda. La cérémonie d'ouverture officielle du festival est prévue pour ce mercredi à 20 h au TRC, en présence des autorités locales et du représentant du ministère de la Culture. Elle sera marquée par la production de l'orchestre national de la musique andalouse sous la conduite du maestro Rachid Guerbas.

  3. #3
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    Dimanche 28 Juin 2009 -- Les actes de la troisième édition du Festival national du malouf se poursuivent à Constantine drainant chaque soir un public nombreux et averti. Vendredi, le public constantinois a accueilli avec de retentissantes ovations la troupe locale El Inchirah qui a clôturé une soirée entamée par l’association El Ziria de Miliana, après laquelle s’est reliée la troupe du club artistique et littéraire de Skikda et celle de l’artiste constantinois Tarak Zaza. Les jeunes artistes d’El Inchirah, à l’image du collégien et néanmoins virtuose Hadjadj, ou sa collègue Mounia, ont donné au Vieux Rocher et à la culture authentique la preuve de la réunion de la condition sine qua non à même d’assurer la pérennité de ce patrimoine : l’attachement des jeunes au malouf et leur excellence dans le métier. À ce propos, les jeunes d’El Inchirah venaient, la semaine dernière, de remporter le premier prix du festival du haouzi organisé à Tlemcen. Une bonne nouvelle qui n’est pas venue seule. En effet, selon le wali de Constantine, la cité qui a enfanté les cheikhs qui ont su préserver “l’algérianité” de ce genre musical et artistique dans les moments difficiles recevra le Festival international du malouf durant le mois de Ramadhan prochain, soit dans quelques semaines.

  4. #4
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    Lundi 29 Juin 2009 -- On ne compte plus toutes les fois où l’Ensemble algérien de musique andaloussienne, conduit par l’exigeant Rachid Guerbas, s’est produit à Constantine, au théâtre régional ou même au palais de la culture Malek Haddad, depuis sa création il y a maintenant huit ans. Cependant, chacune des prestations de cette pléiade de talents incontestés étonne, émeut, mais surtout force l’admiration, à chaque apparition. C’est que le maître Guerbas a réussi le pari fou de réunir les trois tendances de musique andaloussienne algérienne en un seul ensemble, incarnant la quintessence du malouf (Constantine) : le Gharnati de Tlemcen et la Sanaaâ d’Alger. La symbiose entre ces trois écoles classiques était parfaite, et le pari encore une fois gagné grâce à la complicité et surtout l’humilité des musiciens composant cet ensemble.

    L’émotion était donc au rendez-vous mercredi dernier au théâtre constantinois lors de l’ouverture de la 3e édition du festival national du malouf, confiée aux soins de l’Ensemble algérien de musique andaloussienne. Ce dernier, véritable bouquet de virtuoses, n’a point laissé indifférents les nostalgiques, ébahis par d’habiles enchaînements auréolés d’une prestation musicale des plus raffinées. Le public présent, malheureusement peu nombreux, dégustera avec une joie indescriptible chaque morceau qui lui a été offert. L’istikhbar de Khaled à la mandoline, ou celui de son compère Djoued de l’école tlémcenienne, étaient d’une délicatesse avérée. L’on aura droit à un solo émouvant avec le oud arbi de la part du jeune Abbes Righi, sous les yeux admiratifs de son maître Larbi Ghazal, un des piliers du malouf constantinois, qui se révélera par là un digne représentant de l’école constantinoise. Samir Boukredera a offert, à l’instar des autres musiciens, une prestation solo à la hauteur de son talent. Sa maestria ne fait aucun doute.

    La prestation exceptionnelle de Azzeddine Bouabdallah au violon, ainsi que sa voix angélique, apporteront une touche solennelle au jeu de l’ensemble. La présence des maîtres, Razkallah Abdelkader, dirigeant de l’orchestre de la radio et de la télévision algérienne ainsi que Cheikh Zerrouk Mokddad et Benchobbal au jeu imposant, ne feront que rendre plus majestueuse la prestation des vingt-deux musiciens ayant accompagné Rachid Guerbas dans cette audacieuse aventure musicale qui, comme il le précisera lui-même, a fait l’objet de lourdes critiques de la part des conservateurs, lesquels avaient prédit l’échec du projet. Enfin, dans ce bouquet musical, Hania Bakhti s’impose comme étant l’une des plus belles fleurs. Sa voix sublime s’accorde délicatement au oud, se mariant allègrement au jeu d’un ensemble musical qui nous aura fait rêver le temps d’une soirée féerique.

  5. #5
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    Sihem Ammour :


    Mardi 30 Juin 2009 -- Constantine, qui abrite le troisième Festival du malouf, s’est transformée dimanche dernier en véritable arène, lors d’un débat houleux entre puristes et novateurs de la musique andalouse algérienne, sur la question de la fusion des trois grandes écoles de ce genre musical. La sempiternelle querelle qui divise depuis des lustres les héritiers de cet art musical séculaire a cette fois-ci été déclenchée par Mohamed Eulmi, lequel a, lors de la conférence animée en marge du festival, qualifié l’Orchestre national andalou, dirigé par Rachid Guerbas, de «création à la Frankenstein, qui s’inscrit, en porte-à-faux avec tout ce qui fait l’essence même de cette musique», rapporte l’APS. Musicien et chercheur dans le domaine, M. Eulmi, à travers son intervention intitulée «la place des mots dans la musique andalouse», a retracé le long cheminement historique de cette musique, en soulignant qu’elle a été en constante interaction avec son environnement socioculturel, accumulant au cours de plus de cinq siècles d’existence des apports et des modifications, véritables sédiments en la matière, lesquels, en se cristallisant, ont donné les formes et les styles actuels de ce patrimoine. Le conférencier a insisté sur le fait que la musique andalouse est «devenue un patrimoine collectif qui a connu une évolution quasi naturelle, échappant souvent aux interventions individuelles, et que toute tentative d’intervention volontariste ne peut que la dénaturer». Mohamed Eulmi a précisé à l’assistance qu’il avait déjà débattu la question de la fusion des trois écoles avec le chef d’orchestre Rachid Guerbas au cours d’un débat radiophonique. Il a vertement ajouté que «les musiciens qui ont cautionné cette démarche risquent de sacrifier des intérêts stratégiques de la musique algérienne au profit d’intérêts étroits et immédiats», estimant que «ce patrimoine peut constituer une source d’inspiration pour les musiciens mais ne peut faire l’objet de brassage sans perdre son âme». Les déclarations virulentes du conférencier ont eu pour conséquence immédiate de mettre le feu aux poudres et d’échauffer les esprits.

    Ainsi, si des intervenants ont abondé dans le sens de Eulmi, d’autres, en revanche, ont rappelé que l’Orchestre national de musique andalouse s’est justement fixé comme priorité de veiller à la préservation de la richesse stylistique des trois écoles algériennes de musique andalouse, comme avait d’ailleurs tenu à le souligner Rachid Guerbas à l’ouverture du festival. Il a été mis en exergue le fait que toutes les expériences d’innovation tentées par des musiciens à Constantine même avaient donné lieu à une levée de boucliers de la part des puristes avant que ces musiciens n’arrivent, en fin de parcours, à s’imposer comme des innovateurs dont les apports sont aujourd’hui naturellement intégrés dans la pratique musicale de la ville. Les adeptes de l’Orchestre national andalou ont cité à ce propos le cas de Djamel Bensemmar qui a introduit des ornements musicaux avec son violon, celui de Rabah Khettat qui a mis en place, avec les encouragements du regretté cheikh Toumi, une méthode d’enseignement du malouf, laquelle a prouvé son efficacité, et aussi celui du maître du malouf, Mohamed-Tahar Fergani, qui a introduit des modifications. Aujourd’hui, il serait plus judicieux de dépasser ces querelles byzantines et d’œuvrer pour une réelle promotion de cet art ancestral qu’il est important de préserver dans sa forme traditionnelle. Toutefois, il ne faudrait pas condamner la nouvelle génération qui n’aspire qu’à partager cette passion de la musique andalouse, qu’elle adapte à son temps sans pour autant commettre de sacrilège. Elle œuvre seulement à la perpétuer pour ne pas la laisser dépérir dans des cercles fermés et élitistes. N’a-t-on pas fait de même avec la musique universelle, sans pour autant empêcher les orchestres philharmoniques, les festivals de musique classique et les opéras d’avoir leur public ?

  6. #6
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    Samedi 4 Juillet 2009 -- La cérémonie de remise des prix a connu des scènes regrettables de la part d’une partie du public. Le moins que l’on puisse dire sur la soirée de clôture de la 3e édition du festival national du malouf, abritée par le mythique théâtre constantinois, mardi dernier, est que cette dernière a connu une fin regrettable, avec un tomber de rideau assez inattendu, voire pénible. En effet, l’évènement musical, organisé une semaine durant sous forme de concours, devait distinguer les trois formations les plus originales à la base de critères stricts et bien établis, comprenant, entre autres, la prestation de l’ensemble, l’habit traditionnel, uniforme pour les membres de l’orchestre, ainsi que l’utilisation du plus grand nombre d’instruments traditionnels. La manifestation s’est donc logiquement soldée par la délibération du jury, présidé par Mohamed Hamdi, composé, excusez du peu, de Ckeikh Darsouni, Dib Layachi, Rachid Boukhouit et Salim Fergani. Ces derniers décerneront, à l’unanimité, le premier prix au jeune et non moins talentueux Abbes Righi, qui s’est distingué, en plusieurs occasions, avec « l’Ensemble national de musique andaloussienne » et l’orchestre régional de Constantine. Sa présence, sa virtuosité au luth et le timbre de sa voix ont, semble-t-il, charmé les maîtres du malouf.

    Cependant, cette distinction, du reste fort bien méritée, n’a pas été du goût d’une partie du public, qui a longtemps et bruyamment chahuté le musicien, notamment lors de la remise du prix. Certains pousseront le ridicule plus loin, en usant d’insultes à l’égard de Righi, gâchant l’ambiance festive qui a marqué la soirée confiée aux soins de l’orchestre régional, conduit par l’inimitable Samir Boukredera. Par ailleurs, les protagonistes de Righi se montreront solidaires avec ce dernier en réduisant au silence « les mécontents » par de chaleureux applaudissements. Loin d’être affecté par cette attitude négative, Abbes Righi, déclarera au public : « Je pense que j’ai beaucoup travaillé pour être là où je suis. Je voudrais juste rappeler que j’ai eu le second prix l’année dernière (2e édition) et la 4e position lors de la première édition du festival. Cette évolution signifie beaucoup pour moi. J’en profite pour remercier mon maître Cheikh Darsouni, à qui je dois beaucoup. »

    Sollicité, Salim Fergani dira sur le vif : « Je pense que Abbes Righi a montré qu’il était au-dessus du lot et qu’il mérite cette distinction, que le jury a décernée en toute humilité et intégrité et surtout en toute bonne conscience. » Et d’ajouter, à propos du niveau des ensembles musicaux qui se sont relayés durant toute la semaine : « Je crois que certaines formations ont montré un niveau en deçà des attentes, alors que d’autres, à l’image de l’association Rachidia de Mascara, nous ont ébloui par le respect de la Nouba dans la pure tradition constantinoise. C’est tout logiquement que nous leur avons décerné le second prix. » Notons enfin, que le 3e prix est revenu à l’association musicale « El Inchirah », qui s’était récemment distinguée à Tlemcen. Les jeunes musiciens du conservatoire de Constantine auront droit à un prix d’encouragement pour avoir utilisé des instruments traditionnels lors de leur prometteuse prestation.

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