Lundi 11 Janvier 2010 -- «Clair-Obscur», ou la redécouverte de la capitale de l’Ouest, est le thème choisi par Aouragh Abdelhamid pour son exposition de photos à Oran, jusqu’au 28 janvier. L’exposant, un jeune photographe de presse, présente ses œuvres au Centre culturel français d’Oran. Aouragh Abdelhamid a précisé que ses clichés sont l’aboutissement d’un travail artistique personnel, entamé il y a deux ans et demi. Près de deux mille images sont alors produites au cours de cette période, prises au vif, au hasard, à l’appel de l’instinct, pendant qu’il arpentait une artère du centre-ville ou le Vieil Oran, qu’il était attablé dans un café ou qu’il voyageait en train, a-t-il confié au cours du vernissage de son exposition, jeudi dernier. L’artiste a sélectionné une vingtaine de photos pour les dévoiler à un public visiblement impressionné par l’originalité et la charge émotionnelle de ces œuvres. Soucieux du cachet d’authenticité qu’il a voulu donner à son travail, A. Abdelhamid n’a pas intitulé ses tableaux pour «ne pas influencer le regard et l’appréciation des visiteurs». D’aucuns pensent que les commentaires auraient été superflus tant ces images saisissantes semblent baigner dans l’essence banale du quotidien de la vie urbaine. Une simplicité faite d’ombres et de lumières, et qui a constitué pour l’artiste le meilleur moyen d’explorer, à sa façon, une facette du subconscient collectif. Avec Abdelhamid Aouragh, c’est l’intuition qui fait naître le sujet, comme celle qui l’a poussé à prendre en gros plan la cage d’oiseau d’un marchand ambulant à haï Medina Djedida, où ce dernier paraît être lui-même enfermé, ou encore les pigeons qui aiment à déployer leurs ailes autour de la stèle de la Liberté, à la place du 1er-Novembre. S’ajoute également le thème des traditions, comme celles auxquelles s’accroche l’une des rares femmes oranaises à se revêtir encore du haïk, photographiée à l’entrée du mausolée de Sidi El-Houari, au moment où elle en franchissait le seuil en quête de la baraka du saint patron de la ville. De tous les sujets, l’artiste a avoué sa préférence pour celui de l’innocence, telle celle que reflète le regard d’une fillette à travers la vitre d’une cabine de train. L’enfant lui avait avoué, juste après cette prise de photo, que c’était son tout premier voyage en train. Aouragh, 38 ans, a à son actif plusieurs expositions, dont l’une consacrée aux, enfants (Oran, 2004) et une autre intitulée «Oran, ma belle ville», proposée au Salon international d’art contemporain en plein air (Paris, 2008). Ce photographe de presse a également contribué à la réalisation de guides touristiques sur plusieurs villes d’Algérie.