Samedi 30 Janvier 2010 -- Hébron, architecture et identité d’un peuple, telle est l’exposition de photos du Centre culturel espagnol d’Alger, Cervantès, inaugurée le 20 janvier dernier et ouverte jusqu’au 28 février. Pas moins de cinquante photographies illustrent les murs de la galerie Cervantès, montrant les différents aspects historiques, architecturaux et humains de la ville palestinienne El-Khalil (Evron en hébreu). Présentant avec force détails l’évolution urbaine et démographique de cette ville vieille de 4 000 ans, cette exposition est axée sur plusieurs thèmes liés à l’histoire ancienne et contemporaine d’El-Khalil, à savoir le tissu urbain autour de la mosquée d’Abraham, les accès fermés par les autorités israéliennes, les œuvres de réhabilitation de la ville, les ancestrales activités artisanales de ses habitants, etc. C’est aussi l’histoire d’une reconquête d’un centre historique d’une valeur inestimable, occasionnée par un processus de réhabilitation qui aura duré treize ans, restituant à cet espace «la vie et la qualité urbaine et récupérant la splendeur de son architecture traditionnelle, où habitent actuellement près de 4 500 personnes», précisent les organisateurs. Il est intéressant de noter, à ce propos, qu’en 1996, le centre historique d’El-Khalil était littéralement abandonné, délaissé et cruellement dégradé, risquant même de perdre son cachet architectural unique au monde à cause du blocus et de la colonisation israéliens. Ce sont donc ces travaux de réhabilitation, entrepris par les autorités palestiniennes et à leur tête le défunt président Yasser Arafat, avec une forte coopération espagnole, qui sont mis en valeur par cette série d’images. Ces dernières relatent, précisément, l’histoire de cette réhabilitation qui n’a pas qu’un seul mérite. La ville d’El-Khalil est en effet l’une des plus anciennes cités du Proche-Orient encore habitées. Le nom d’El-Khalil, comme celui d’Evron, renvoie évidemment au prophète Abraham, dit «l’ami de Dieu» (Khalil Allah). Cette cité cananéenne, antique capitale du royaume de Juda jusqu’à la prise d’El-Qods (Jérusalem), est aussi l’un des plus importants gisements mondiaux de trésors archéologiques, dont des traces de fortifications importantes datées de l’âge de Bronze ont été révélées lors de fouilles archéologiques. La colonisation israélienne d’El-Khalil a débuté à partir de 1969 après le succès militaire israélien lors de la guerre des Six jours. Les trois communautés du pays (musulmane, juive et chrétienne) vénèrent et revendiquent cette ville sainte citée dans les trois religions abrahamiques. Ce métissage religieux et démographique aurait pu faire d’El-Khalil un havre de paix, de beauté et de dialogue culturel mais la cruauté et l’esprit envahisseur de l’occupation israélienne en ont fait, au contraire, une ville meurtrie, déshumanisée et amputée de son cachet esthétique, notamment pendant la première et la deuxième Intifada. Hébron, architecture et identité d’un peuple tente avec succès de démontrer la lutte acharnée des Palestiniens, autorités et population, pour restituer à cette cité sa splendeur architecturale et son identité sacrée.
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30th January 2010 00:09 #1
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