Lundi 8 Février 2010 -- Samedi dernier, à la galerie Racim d’Alger, a eu lieu le vernissage de l’exposition «D’enfilades et d’encoignures», de l’artiste photographe Rafik Zaidi. 89 photos représentant des intérieurs de maisons d’artistes y sont exposées jusqu’au 20 du mois en cours. Au fil de ses pérégrinations dans notre pays et à l’étranger, Rafik Zaidi, qui expose pour la première fois, a réalisé un travail remarquable fait d’impressions, d’amitiés, de rencontres et de découvertes. «D’enfilades et d’encoignures», inaugurée samedi dernier à la galerie Racim, est un ensemble de regards esthétiques portés sur une intimité et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit, pour la plupart, de maisons et d’ateliers d’artistes. C’est toute une histoire de vie et d’amour qui se relate sous nos yeux, au fil des 89 photos qui sertissent les murs de la galerie. On peut croiser le fabuleux capharnaüm d’Arezki Larbi, scénographe de l’exposition, le bureau superbement décoré de Djamel Allam, l’atelier arc-en-ciel de Meriem Aït El-Hara ou encore la bibliothèque pittoresque de Denis Martinez. On l’a compris : ces artistes, dont l’intimité nous est offerte en vers et en couleurs, ont ouvert leurs portes à Rafik pour le laisser «s’éclater» et laisser libre cours à son petit joujou d’appareil…
L’exposition n’a pas que ce mérite. Assoiffé d’originalité, Rafik, aidé par un Arezki Larbi inspiré, a surpris tout le monde en collant directement, sans fioritures ni cadres, ses photos imprimées sur les murs de la galerie repeints en gris pâle. Tantôt disposées en damier tantôt juxtaposées par groupe de quatre, elles ont acquis une dimension particulière, notamment grâce à un éclairage astucieux et un étonnant sens de la perspective. Tout a été minutieusement préparé pendant cinq jours pour faire de cette exposition une totale réussite. Peu de mains, mais beaucoup d’amour et de complicité entre Rafik, Arezki Larbi et Abdelhamid Laroussi, le directeur de la galerie et de l’Union nationale des arts culturels (UNAC) qui sont arrivés à offrir aux visiteurs un pur moment de plaisir et de beauté. Le réalisme esthétique de ces photographies est savamment agencé avec une certaine poétique traduite par le jeu d’ombres et de lumière cher à Rafik et surtout par l’attention, parfois obsessionnelle, accordée aux petits détails : coupons de journaux, oreillers, dessins minuscules sur le mur, ustensiles de cuisine, etc. On découvre également dans ces images que tous les artistes ne sont pas anarchiques ! En effet, on peut croiser des intérieurs bien ordonnés, des lits bien faits, des bureaux soigneusement rangés, comme on peut se laisser séduire par des chambres chaotiques, des ambiances rocambolesques et des intérieurs semblant subsister d’un cataclysme ! Cette exposition interroge les objets et semble leur dire : «Objets inanimés, avez-vous une âme ?» Les images de Rafik parlent à cette âme et la font parler pour faire de cette exposition un ensemble impressionnant de moments de vie, de souvenirs et d’amitiés que traduisent merveilleusement ces objets intimes offerts au regard du visiteur.
+ Reply to Thread
Results 1 to 2 of 2
-
8th February 2010 00:12 #1
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,055
Sarah Haidar :
-
8th February 2010 00:13 #2
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,055
Sarah Haidar :
Lundi 8 Février 2010 -- Pertinent, très attaché à l’esthétique du détail et capable, en un seul clic, d’atteindre l’âme de son sujet, Rafik Zaidi expose, pour la première fois, à la galerie Racim. Il nous livre dans cet entretien sa vision de l’art et sa relation, vieille de plusieurs années, d’amour et de complicité avec son appareil, mais aussi avec ses amis artistes dont les intérieurs nous sont merveilleusement présentés dans l’exposition «D’enfilades et d’encoignure».
Le Jeune Indépendant : Donnez-nous un aperçu sur votre parcours. Comment êtes-vous venu à la photographie ?
Rafik Zaidi : Dès mon adolescence, j’ai été attiré par la photographie. On a même cotisé entre potes du quartier pour s’offrir un labo de développement en noir et blanc. Puis, pendant mes études aux Beaux-Arts, l’approche de la photographie est devenue plus esthétique, plus artistique.
«D’enfilades et d’encoignures» est un ensemble d’intérieurs d’artistes. Pourquoi avoir choisi ce thème ?
Je n’ai pas choisi le thème. Le fait est que ce sont, pour la plupart, des amis, et je ne bouge jamais sans mon appareil. Je rentrais dans une pièce et mon regard s’arrêtait sur une impression plus que sur un sujet, et le clic sortait tout seul. C’est plus tard que l’idée d’en faire une exposition s’est cristallisée. J’ai donc complété le travail pour le structurer.
Les artistes vivent généralement dans une ambiance très particulière. Considérez-vous que l’univers chaotique et le désordre sont essentiels à la production artistique ?
Vous verrez dans l’exposition qu’il y a des intérieurs qui sont très ordonnés, à la limite du maniaque ; il n’y a pas de règle générale. L’artiste est quelqu’un qui exprime un ressenti d’une manière pas commune ; le désordre n’a rien à voir dans tout cela. Chacun de nous est ordonné dans son espace, et chacun a son propre ordre. 89 photos. C’est du costaud quand même pour une première expo ! Ce n’est pas le nombre qui fait que c’est costaud ou pas, c’est le sujet.
Comment définissez-vous votre démarche dans l’art de la photo ?
Comme son nom l’indique, ma démarche dans l’art de la photo est artistique et photographique. Comme dans toute expression artistique, c’est avant tout du ressenti, de la découverte, de l’original.
Quels sont les photographes artistiques et reporters confondus que vous admirez le plus ?
Je n’admire pas une personne en particulier ; ce sont plutôt des travaux particuliers que j’admire. Mais je considère que les reporters ont du mérite, car leur fonction fait en sorte que les photos sont prises dans des conditions d’urgence, dans la plupart des cas. Et arriver à faire du beau, même dans le pire, n’est pas donné à tout le monde.
La photographie est une tendance en vogue ces derniers temps en Algérie. Comment voyez-vous cette profusion, cette exubérance ?
La photographie est en vogue dans le reste du monde, mais on ne doit pas vivre dans le même pays, car cette profusion, on en rêve ici. Et pour ce qui est de l’exubérance, pour ma part, l’art n’est autre chose que de l’exubérance.
Beaucoup considèrent que la photographie n’est pas un art mais une pratique accessible à tout le monde. Qu’en pensez-vous ?
Venez voir l’expo !
Vous avez collaboré, pour cette expo, avec Arezki Larbi, qui s’est occupé de la scénographie. Est-ce votre première collaboration ?
Arezki et moi sommes avant tout amis et nous collaborons tout le temps ensemble. Il m’apporte beaucoup et moi aussi, je pense.
Quels sont vos projets ?
De l’art photographique et de la photo d’art.







LinkBack URL
About LinkBacks
Reply With Quote
Bangladesh
Ecuador
Morocco
Nepal
Nicaragua
Puerto Rico
Russia
Scotland
South Africa
Ukraine
Virtual Countries