ORAN, Lundi 8 Mars 2010 -- La salle de répertoire d'Oran de la Cinémathèque algérienne abrite depuis samedi après-midi une manifestation "Cinéma au féminin" qui prévoit plusieurs séances de projections pour le mois en cours en l'honneur des artistes algériennes. Le documentaire Lettre à ma sœur de Habiba Djahnine a donné le ton à cette manifestation initiée dans le sillage de la célébration de la journée mondiale de la femme. La réalisatrice a tourné ce film en 2006 pour retracer le parcours militant de sa sœur Nabila, dix ans après son assassinat. D'autres œuvres, regroupées dans la thématique "Regard féminin", sont à l'affiche cette semaine, dont Mémoires d'émigrés et Inchallah dimanche de Yamina Benguigui, Comme une image d'Agnès Jaoui et Mel Watni de Fatima Belhadj.
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8th March 2010 00:28 #1
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9th March 2010 00:33 #2
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Mardi 9 Mars 2010 -- L'AFEPEC a organisé, samedi dernier, la projection d'un film documentaire à la cinémathèque d'Oran en présence de la réalisatrice, Habiba Djahnine. Lettre à ma sœur, tel est le nom du film qui se veut une sorte de témoignage contre l'oubli. C'est avec brio que la vie de Nabila Djahnine, la sœur de la réalisatrice, a été retracée. Cette femme, lâchement assassinée un certain 17 février 1995 par les mains des terroristes, a de tout temps milité pour le droit des femmes et a même été à la tête d'une association féminine. Par ce documentaire «à charge», la réalisatrice est revenue à Tizi Ouzou afin de faire parler de toutes celles et ceux qui ont côtoyé ou connu Nabila Djahnine. C'est le portrait d'une Tizi Ouzou assez sombre qu'a retracé la réalisatrice, d'une Tizi Ouzou n'arrivant pas encore à renaître de ses cendres, et où la mal-vie est telle que les habitants ont tendance à devenir désabusés.
Ceci dit, on peut noter, malgré cet état de fait, que «l'aura» de Nabila Djahnine et le message qu'elle a voulu faire passer sont toujours présents au sein de la population. Preuve en est donc que son assassinat n'a pas pour autant réussi à faire succomber son message de paix et d'égalité entre les deux sexes. Ce documentaire regorge de maints témoignages d'hommes et de femmes, parlant de la femme que fût Nabila Djahnine et perpétuant son message de paix et de dialogue. On peut relever, d'ailleurs, dans ces témoignages, énormément d'humour, de cet humour noir qu'on appelle «l'humour du désespoir», même si dans «désespoir» il y a «espoir».
Lettre à ma sœur est donc une lettre qu'une femme a dédiée à sa sœur, morte pour ses idées, dans laquelle elle lui assure que si elle est morte, ses idées, elles, ne le sont pas. Ou mieux encore : elles sont toujours d'actualité ! Et justement, pour clore ce film-témoignage d'une durée d'une heure trente environ, la réalisatrice a glissé une petite séquence tournée en 1993 où on voit Nabila Djahnine, deux années à peine avant sa mort, parler de la situation non reluisante des Algériennes à cette époque. Et à voir la situation des femmes dans l'Algérie d'aujourd'hui, on se rend compte que beaucoup de chemin reste encore à faire. Il est aussi à préciser qu'après la projection de ce documentaire, un débat a été organisé durant lequel les spectateurs ont pu donner leur impression, et débattre de la situation de la femme dans la société algérienne contemporaine.







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