Jeudi 11 Mars 2010 -- Constituée de trente œuvres, l’exposition de photographies de Madina Kermiche est accessible jusqu’au 13 mars au Mouggar d’Alger sous deux thèmes : «Coup de lumière» et «L’indifférence». Ayant célébré, elle aussi, le 8 mars, la jeune artiste Madina Kermiche offre aux yeux du visiteur le plaisir de découvrir plutôt des images qui semblent des tableaux de peinture. Ses trente photographies (couleur) relèvent de la composition – c’est le plus important pour elle –, rappelant la peinture à l’huile, l’aquarelle ou les arts plastiques en général. Sur l’ensemble de sa nouvelle exposition au Mouggar d’Alger, six images relèvent du thème «L’indifférence» et les autres de «Coup de lumière». Les couleurs (jaune, orange, rouge, vert, bleu et les primaires) et la lumière sont omniprésentes dans ses compositions. Si elle optait pour le noir et blanc, elle ne changerait pas de ligne. Elle rappellerait alors l’encre de Chine pour faire ressortir dans sa prise de vue l’âme de la peinture. Elle permet au regard de s’interroger, non pas sur le sujet traité, mais sur sa vision. Est-ce une photo ou une peinture ? La photographie, prise par Madina instinctivement, peut-elle devenir une peinture ? Telle est la conception de cette infographe de métier. Elle est axée sur la texture et Madina a bien le sens du détail, sinon elle nous ferait de la photographie classique qu’elle garderait seulement dans sa collection de souvenirs. Elle cultive donc une esthétique avec style, tout en se souciant de l’équilibre ou du déséquilibre, c’est selon. Dans sa quête de l’image, elle ne cherche pas à mettre en évidence un sujet mais une composition. D’après Madina, «un artiste photographe doit avoir un regard et une sensibilité et ne pas tenir compte des plans mais créer ses propres plans, sinon il restera simplement un technicien photographe». Au-delà de la technicité à maîtriser, elle photographie, par exemple, «des graffiti tracés sur les murs, les taches sur les vitres et autres petites ratures qui m’inspirent et auxquels j’ajoute une ambiance graphique, utilisant toujours mon appareil mais sans retravailler la photographie obtenue». Dans son tableau titré Trahison – à apprécier à distance pour bien le confondre à une peinture – il y a deux couleurs seulement sur fond blanc : un rouge vif et un noir à divers contrastes. Dans Jour de repos, en noir et blanc, des traits, des lignes et des épingles. Un sujet qui semble banal mais attractif par sa lumière et ses contrastes. Dans L’attente, des panneaux de bois peints en vert, nous découvrons une complexité, des objets qui ont une histoire que seule une photographe comme Madina a vue et veut nous raconter. Autant d’images qui nous mènent à voir et à écouter même La voix de la lumière. Oui, il y a de la musicalité dans ses tons harmonieux.