Mardi 30 Mars 2010 -- Akim El-Sikameya, une chanteur algérien de musique arabo-andalouse, sera en concert, pour la première fois, à Alger le 8 avril prochain à la salle El-Mouggar. Artiste d’origine oranaise, pur produit de l’école traditionnelle de la musique arabo-andalouse, Akim El-Sikameya est peu connu en Algérie. Emigré en France depuis 1994, il fait cependant un tabac en Occident. Et pour cause : bien qu’étant issu d’une école rigoriste ne badinant pas sur les bases fondamentales d’une musique andalouse rigoureuse, il a pris conscience durant sa jeunesse de la nécessité de braver cette quasifermeture au renouveau. Il fonde déjà, avec ses amis d’Oran, un groupe dénommé El-Meya où il brave courageusement les préceptes traditionnels de cette musique ancestrale en introduisant un piano et une guitare flamenca dans son orchestre. Installé à Marseille puis à Paris pendant la décennie noire, il a à son actif trois albums et enchaîne les galas un peu partout dans le monde. De Tokyo à New York et de Paris à Stockholm, il est unanimement applaudi et compte déjà des milliers d’inconditionnels qui «tueraient» pour assister à ses concerts.
Cette popularité fulgurante est largement justifiée. Akim est effectivement un artiste hors normes, éblouissant de par son audace et son éternelle créativité. D’abord, sa voix est tout simplement unique, presque androgyne. Elle est malléable à souhait et suit systématiquement les nappes musicales de ses chansons. Tantôt grave, tantôt aiguë, toujours douce et pénétrante, elle constitue l’une des caractéristiques majeures de cet auteur-compositeur interprète. Akim est cependant loin d’être un chanteur de studios. C’est sur scène qu’il réalise ses plus belles prestations. Et c’est là que les foules se mettent à genoux devant sa virtuosité hallucinante. En effet, Akim se lâche entièrement devant son public, il l’enflamme et l’entraîne avec lui dans la fièvre d’une musique arabo-andalouse libérée de ses rythmes monotones et de ses cadences «politiquement correctes». L’artiste, violoniste passionné, a une manière unique de jouer de son instrument sur scène : il en joue debout, le violon appuyé sur sa cuisse. Car il ne lésine pas sur sa liberté de mouvement et entend offrir à son public non seulement un gala de chant mais aussi un spectacle d’expression corporelle totalement démente. Ce talent fou et cette passion démesurée pour la musique et pour le renouveau lui ont donc permis de côtoyer et de collaborer avec différents artistes d’horizons divers.
À travers ses duos et ses «complicités» artistiques, il nous démontre, non sans fierté, que la musique arabo-andalouse n’est finalement pas un art stagnant, conservateur et allergique à la modernité. C’est une musique qui embrasse tous les styles, du flamenco au jazz en passant par le raï et le chaabi. Akim rajeunit, en quelque sorte, cette musique qu’on croyait réservée aux quinquagénaires bourgeois de Tlemcen et que «les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître». Audacieux et épris de liberté, il a fait des miracles pour ce qui est de la popularisation et de l’allègement de cette musique. Son public est essentiellement composé de jeunes et la presse internationale salue en lui le virtuose ambitieux et la bête de scène pleine d’amour et de générosité. Le concert du 8 avril prochain au Mouggar signera très certainement des découvertes surprenantes avec un public viscéralement mélomane, assoiffé de musique et de nouveauté.
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30th March 2010 00:14 #1
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Sarah Haidar :
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8th April 2010 00:13 #2
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Jeudi 8 Avril 2010 -- Akim El Sikameya. Si vous n'avez jamais entendu parler de lui, c'est qu'il n'est jamais passé dans nos salles ni dans nos radios, ni dans nos télés. Mais aujourd'hui, il sera en chair et en os et pour la première fois à la salle El Mouggar pour un concert unique à partir de 19h30. L'initiative de ce spectacle vient de l'Office national de la culture et de l'information (ONCI). Mais qui est Akim El Sikamiya dont le nom porte en lui quelques le nom de nouba ? Que va-t-il chanter ? Qu'a-t-il chanté auparavant ? D'abord, il faut dire que Akim El Sikamiya s'est fait tout seul. La preuve c'est qu'au départ lorsqu'il était môme de 08 ans et jusqu'à l'âge adulte, il n'a affectionné que la musique arabo-andalouse, avec ses noubas strictes et bien guindées. Le jeune oranais, apprenait le violon et le chant dans la célèbre école d'arabo-andalou Nassim El Andalous. À peine 12 ans d'âge, il sillonnera l'Algérie avec l'orchestre de son collège, et il finance ses études en jouant toute la nuit pour les mariages et les fêtes oranaises. Certes son école lui donnera les bases d'une musique séculaire, mais lui il ira volontairement plus loin en puisant dans les autres répertoires comme le raï, la chanson franco-arabe, en passant par la chanson populaire marocaine. Tout sera tranquille jusqu'au jour où sa mère tombe gravement malade au moment même où l'Algérie vivait l'une de ses pages les plus douloureuses. Pour survivre, Akim se réfugie de plus en plus dans la musique, et fonde avec ses amis, en pleine tourmente, le groupe El Meya. Pour ce groupe, il transforme pour la première fois des noubas en chansons, ajoutant une guitare flamenca et un piano à une musique qui ignorait ces instruments. Quelques temps après, il quitte l'Algérie avec deux de ses amis du groupe, pour Marseille en 1994. Là, il découvre l'amour, la liberté, et devient la coqueluche du milieu artistique et intellectuel phocéen. Très vite repéré pour sa voix rare de contre-ut, sa façon unique de jouer du violon (debout, l'instrument appuyé sur sa cuisse) et son charisme tout méditerranéen, il signe rapidement chez un label indépendant, qui sort son premier album (Atifa-Oumi) en 1999. Ces nouveaux succès n'atténuent pourtant pas la blessure d'une enfance perdue, comme en atteste l'une de ses premières balades, "Oumi" (qui signifie à la fois "terre" et "mère" en arabe), dédiée au pays et à la maman.
Philippe Eidel, le réalisateur du dernier album, affirme que Akim essaie de développer quelque chose qui est une démarche d'auteur, compositeur, et interprète. En effet, fort d'une tournée prometteuse, au cours de laquelle il enchaîne les premières parties prestigieuses (Alain Souchon, Julien Clerc, Noa, Cesaria Evora, Khaled…), Akim décide de partir à Paris monter son propre label : en 2005 il sort un 2e album, Aïni-Amel, entièrement écrit et composé par lui. Quittant ainsi les mélodies traditionnelles de ses débuts, il continue à creuser le sillon de la musique arabo-andalouse, tout en l'ouvrant à des styles plus actuels, comme les sons jazz, celtique, bossa… Le second album tout à la fois andalou et urbain, joyeux et bouleversant, ouvert et cohérent, apparaît comme le reflet des paradoxes assumés d'un artiste complet, capable de composer de superbes mélodies et de les interpréter sur scène avec une fougue remarquable. Thomas Brooman, directeur du festival international WOMAD (créé par Peter Gabriel) ne s'y trompe pas, qui fait d'Akim El Sikameya son coup de cœur 2004. Comme pour répondre à Thomas Brooman, qui lui conseillait de laisser transparaître encore plus son énergie scénique sur un album, Akim a choisi d'enregistrer son nouvel opus dans les conditions du live, sous la houlette d'un magicien du son : Philippe Eidel, réalisateur entre autres des plus gros succès de Khaled. "Un Chouia d'amour", son album le plus personnel à ce jour, apporte un vent nouveau à la musique algérienne en général et à l'oeuvre d'Akim en particulier. De fait, "Un Chouia d'amour" apparaît comme l'album de la maturité, dans lequel Akim affronte ses cauchemars avec les meilleures armes dont un artiste dispose : une plume affûtée pour une voix libérée. Les textes de l'album traitent de thèmes intemporels. Du coup, on voit bien que le répertoire de l'artiste ne sera plus ce qu'il était à ses débuts mais s'est bien développé en favorisant l'initiative et la création personnelle.
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10th April 2010 00:07 #3
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Sarah Haïdar :
Samedi 10 Avril 2010 -- Une conférence de presse a réuni, ce mercredi 7 avril, le chanteur de musique arabo-andalouse Akim El-Sikameya avec les médias nationaux à l’occasion de son concert à Alger, organisé le lendemain soir à la salle El-Mougar. Devant une vingtaine de journalistes venus découvrir, pour certains, cet auteur-compositeur-interprète très original de la musique arabo-andalouse, Akim El-Sikameya est revenu sur son parcours, ses sensibilités artistiques et ses projets. Akim El-Sikameya, c’est d’abord un nouveau regard porté sur la musique arabo-andalouse. C’est un souffle créatif en constante évolution qui veut intégrer un public jeune au cercle, jusque-là, fermé des adeptes de cette musique. Après dix ans de carrière et trois albums, il se produit pour la première fois en Algérie, invité par l’Office national de la culture et de l’information. Lors de sa rencontre avec la presse, Akim s’est dit très heureux de pouvoir enfin se faire connaître de ses compatriotes : «C’est vrai que j’ai fait mon petit bonhomme de chemin à l’extérieur du pays, mais je suis d’abord un artiste algérien, profondément ancré dans le patrimoine national. J’espère que ce premier concert à Alger augurera une longue relation d’amour et d’amitié avec les mélomanes algériens.»
Interrogé sur l’origine de son nom de scène, pour le moins original, l’artiste explique que, là aussi, il a fait appel à sa culture musicale : sika et meya étant tout simplement deux noubate de la musique arabo-andalouse. Détendu et très à l’aise dans son sujet, l’artiste nous a fait un petit condensé de sa carrière qui a débuté il y a une quinzaine d’années à Oran, puis à Paris, où Akim s’est installé dès 1994. Son succès sur la scène internationale n’est compréhensible que si l’on décortique son œuvre qu’il a toujours désirée, «intemporelle et universelle tout en étant profondément liée à l’histoire et au patrimoine du pays». Akim revisite, bouscule et féconde la musique arabo-andalouse et finit par la rajeunir, la rythmer davantage et en faire, ainsi, profiter un public plus large «dont l’âge varie entre 7 et 77 ans», nous a-t-il dit. Parler à l’oreille du mélomane, mais aussi à son corps et à tous ses sens, voilà le challenge d’Akim, qu’il a remarquablement réussi à travers ses concerts événements partout dans le monde.
Pour sa première prestation en Algérie, El-Sikameya mise d’abord sur les jeunes qu’il tentera de séduire et de conquérir, afin de leur faire découvrir une musique arabo-andalouse à laquelle ils étaient jusque-là indifférents. Lui, le jeune aventurier assoiffé de nouveauté et de création, nous dévoilera une musique vivante, dansante et diablement rythmée. Cependant, Akim affirme ne pas être un artiste à tendance : «Je travaille rigoureusement pour construire une carrière, pour aller loin et laisser derrière moi une œuvre de valeur. Je ne veux absolument pas être un artiste à la mode.» Viser les jeunes ne signifie donc pas forcément être dans l’air du temps. L’artiste dit être prêt, aujourd’hui, à découvrir son public algérien et à lui faire connaître une œuvre musicale à la fois accessible à la masse et artistiquement respectable. Akim El-Sikameya s’est forgé une réputation au-delà des frontières et n’espère, aujourd’hui, que conquérir ses compatriotes, auxquels il propose une musique intemporelle, jeune et passionnément vivante.







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