Algeria.com Discussion Forum - Powered by vBulletin


+ Reply to Thread
Page 1 of 2 1 2 LastLast
Results 1 to 7 of 11
  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,062

    Sarah Haidar :


    Jeudi 1 Avril 2010 -- Un festival de montagne a pris naissance dans le majestueux Djurdjura, plus précisément à Tikjda, là où ont débuté, hier, les festivités d’un événement culturel sans précédent dans le pays, et se terminera demain. Le nouveau festival de montagne de Tikjda n’est pour cette édition qu’à son coup d’essai. Initié par la direction de la culture de Bouira, en collaboration avec la wilaya, il n’est pas encore placé sous l’égide du ministère de la Culture. Cet avant-projet n’en est pas moins prestigieux, puisque des invités de marque viennent enchanter le public de Bouira et de ses environs, sur les cimes d’une des plus belles montagnes d’Algérie. Lounis Aït Menguellet, Ali Amran, le groupe de rock kabyle Les Abranis et Raïna Raï sont les têtes d’affiche de ces trois journées dédiées à la musique. Les concerts ont lieu en plein air pendant l’après-midi, de 14 h à 17 h, sur un terrain combiné doté de mille chaises et d’une tribune de mille places. La scène et le son sont fournis par l’Office Riadh El-Feth d’Alger.

    Pour un avant-projet, les organisateurs n’ont pourtant ménagé aucun effort pour attirer les foules. Deux mille places constituent, en effet, la preuve que le Festival de Tikjda est un événement de grande envergure. Il s’adresse, avant tout, à la population locale, notamment les jeunes, comme nous l’a affirmé M. Omar Raghal, directeur de la culture de la wilaya de Bouira. N’étant pas encore institutionnalisé, le festival ne jouit malheureusement pas de beaucoup de publicité et n’est pas doté d’une affiche. M. Raghal a expliqué, à ce propos, qu’ils en sont pour le moment à l’étape expérimentale : «L’accord de principe du ministère de la Culture a été donné. Nous allons leur présenter le dossier et la première édition officielle est prévue pour le mois de juillet prochain.» Elle sera placée sous le haut patronage de Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture. Elle marquera donc la naissance «officielle» de ce qui s’appellera désormais les Journées de l’art et de la musique de Tikjda. Il s’agira, au début, d’un festival national qui se déroulera tout au long d’une semaine et s’ouvrira à tous les genres musicaux du pays : du rock au gnawi, du raï au rap, en passant, bien entendu, par la chanson kabyle.

    Les objectifs de cette ambitieuse démarche, comme nous l’a expliqué M. Raghal, ne se limitent pas à l’aspect festif et au show-business : «Bouira n’est plus celle des années 2000. C’est une ville en chantier, elle est en train de se construire aussi bien au niveau urbain que culturel. Notre but consiste à redonner vie à une activité artistique durable et féconde, ce qui nous permettra également de redynamiser le tourisme dans cette région du pays.» Le tourisme… le mont Tikjda est en effet l’une des plus grandes richesses naturelles de l’Algérie. Mis à part son côté ludique – la plupart des visiteurs y vont en hiver pour pratiquer le ski – il constitue une destination de rêve pour les touristes locaux et étrangers, épris de randonnées et de l’air pur de la montagne. Malheureusement, Tikjda n’est pas pour le moment dotée de structures hôtelières à même de recevoir un plus grand nombre de visiteurs. La ville de Bouira, située à 25 km du site montagneux, est elle aussi mal préparée pour le tourisme. Les Journées de l’art et de la musique de Tikjda constituent donc l’esquisse d’un grand projet ne manquant pas d’ambitions.

    M. Raghal dit être confiant pour ce qui est de la réussite et de l’élargissement de cet événement, d’autant plus qu’il s’agit d’un festival de montagne, concept artistique jamais élaboré en Algérie. «Pour les premières éditions, on va se limiter à un festival national. Mais nous n’entendons pas nous arrêter là, l’objectif international fait en effet partie de nos préoccupations», a-t-il indiqué. Le festival se clôturera demain, avec un programme dédié exclusivement au rock. La star de cette journée sera le groupe Abranis : une passion pour la musique qui se transmet de père en fils. Karim, l’un des membres fondateurs de cette formation ancienne de 30 ans, est aujourd’hui accompagné de ses deux fils, Youva et Belaïd, deux talents avérés et reconnus dans le paysage musical algérien.

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,062

    Sarah Haïdar :


    Samedi 3 Avril 2010 -- Donné ce mercredi 31 mars à Tikjda sur le terrain combiné aménagé pour l’occasion, le coup d’envoi de l’édition expérimentale du Festival de montagne s’est fait avec Aït Menguellet et Benzina. La tête d’affiche de la première journée musicale du Festival de montagne de Tikjda est l’indétrônable star de la musique kabyle depuis voilà quarante ans, Lounis Aït Menguellet. Pour le voir, près de 3 000 personnes se sont déplacées de Bouira, de sa banlieue et même de Tizi Ouzou et de Béjaïa. L’ambiance était bon enfant malgré l’imposante ceinture de sécurité qui bordait de toutes parts le terrain combiné de Tikjda et filtrait rigoureusement les entrées. La première partie du spectacle a été assurée par le chanteur de variétés Benzina, connu surtout pour son tube d’été Ana nhabbek ya Sarah (Sarah, je t’aime), que le public n’a cessé d’acclamer. Benzina a également enchanté son auditoire avec des titres puisés dans le patrimoine arabo-andalou, hawzi et algérois.

    Lounis Aït Menguellet fait ensuite son entrée sur scène avec son indispensable guitare acoustique et sa troupe de musiciens dont son fils flûtiste Djaâfar. Trois mille personnes se lèvent pour saluer en lui une mémoire vivante de la musique kabyle et une star qui n’a cessé, durant quarante ans de carrière, de faire le bonheur de millions de fans. La première chanson entonnée est l’une de ses plus belles œuvres poétiques : Thelt iyam di laâmriw (Trois jours de ma vie). Il s’agit d’un terrible condensé de toute une vie dont l’artiste ne retient, finalement, que trois jours qui ont décidé de sa destinée. Les titres s’enchaînent tout au long d’une heure et demie de chants, dont la plupart sont d’anciennes chansons de l’artiste telles que l’inoubliable et toujours populaire Keccini rouh neki adekimagh (Toi vas-t-en et moi je reste) et autres œuvres cultes du chanteur. Séduit et émerveillé comme à chaque fois, le public a longuement applaudi celui qui restera toujours l’un des maîtres incontestés de la chanson kabyle. Poète puisant son verbe dans l’immense richesse de la langue berbère, chanteur à la voix douce et fluide, Lounis Aït Menguellet, le sexagénaire, semble encore perché sur les cimes de la gloire, réussissant toujours à attirer et à enchanter les foules.

    La belle surprise de cet après-midi musical de Tikjda était la présence du grand poète kabyle Ben Mohammed. Son bref passage sur scène se voulait un hommage aux majestueuses montagnes du Djurdjura qu’il a superbement encensées dans un poème intitulé Djerdjer. Cette première journée du festival de Tikjda, qui a vu la présence du wali, M. Ali Bouguerra, et de nombreuses personnalités politiques de la région, était pleine d’émotions et de belle musique et s’avère être une preuve que cette région du pays, longtemps désertée par les activités culturelles, peut enfin renaître de ses cendres et donner à ses habitants la joie d’assister à un tel événement. Ce festival n’est qu’à sa version expérimentale. La première édition officielle aura probablement lieu au mois de juillet prochain sous l’intitulé «Les journées de l’art et de la musique de Tikjda». Ce qui réjouira les mélomanes et les jeunes passionnés de musique de cette région.

  3. #3
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,062

    Sarah Haïdar :


    Samedi 3 Avril 2010 -- Après une inauguration dédiée à la musique traditionnelle, le festival de Tikjda consacre sa deuxième journée, ce jeudi 1er avril, aux jeunes voix de la musique algérienne. Ait Hamid, Oujrih, Zayen, Radia Adda et, en tête d’affiche, l’incroyable Ali Amran ont donc animé le deuxième après-midi. En dépit du froid et d’un ciel nuageux, plus de trois mille personnes se sont déplacées à Tikjda dont la plupart sont des inconditionnels de la star kabyle Ali Amran. Outre les places assises au nombre de deux mille, les jeunes fans se sont tant bien que mal débrouillés pour profiter du spectacle. Assis derrière le grillage séparant la scène de l’extérieur, agglutinés aux barrières de police ou, pour les plus téméraires, perchés sur les poteaux d’électricité ou sur les arbres, ils ont tous tenu à assister au gala de leur chanteur préféré. Oujrih, chanteur de variétés kabyles, a choisi de jouer la carte danse en interprétant des titres festifs de son répertoire. Quant à Radia Adda, peu connue dans cette région, elle a réussi à s’attirer la sympathie du public en recourant au répertoire traditionnel algérois, dont l’incroyablement célèbre Chahlet laayani ou encore Djat chta ou djat laryah. Mais l’impatience a été à son comble quand le chanteur Zayen a entonné ses premières chansons. Et pour cause, Ali Amran venait de faire son entrée sur le terrain. Pour regagner son public, Zayen a aussitôt fait recours à son tube Baden-Baden avec une petite touche personnelle : il a invité quatre personnes de l’auditoire à venir chanter avec lui sur scène. Chanson d’amour avec des teintes de critique sociale, Baden-Baden a enflammé un public assoiffé de rythme et a ainsi clôturé le passage de Zayen en beauté.

    Place ensuite au très attendu pop-rocker kabyle Ali Amran. Longuement applaudi, l’artiste, cheveux au vent, se taille d’abord une petite «discute» avec son public, essentiellement pour l’exhorter à demeurer dans les limites du civisme afin de passer une «belle soirée tranquille». La chanson Houria ouvre le bal. Suivent quelques titres de ses deux derniers albums Khali Slimane et Aki d-amur. Accompagné à la guitare électrique par le jeune virtuose Youva Sid, membre du groupe Abranis, Ali Amran a admirablement mis le feu à Tikjda. Artiste accompli qui sait à la fois faire plaisir à son public et rester fidèle à ses choix musicaux et poétiques, Amran n’a pas signé là un gala de tout repos. L’ivresse de la musique alliée à celle d’assister enfin au concert d’une star tant attendue dans cette région, a failli virer à l’émeute. Il faut dire, à ce propos, que les organisateurs, manquant certainement d’expérience, ne lésinaient pas sur le côté «disciplinaire» de l’événement. Les jeunes se déchaînant dans la danse ont été moult fois rappelés à l’ordre de manière parfois agressive. L’artiste, se trouvant dans l’obligation de calmer les esprits afin de finir son spectacle en beauté, s’est improvisé négociateur et a enfin réussi à remettre les choses en ordre. Toujours à l’écoute des désirs de son public, il lui a offert toutes les chansons qu’il a longtemps réclamées, notamment Tavalizt et Tazla b-ussan, deux chansons purement rock qui ont transformé le terrain combiné de Tikjda en une immense piste de danse en dépit des restrictions rigides de l’organisation. Le bilan de ce spectacle mémorable est relativement satisfaisant si l’on ferme les yeux sur les deux jeunes garçons tabassés par des éléments de la gendarmerie. Ali Amran a dit en privé : «Mes chansons donnent systématiquement envie de danser et les organisateurs le savent très bien. Je ne vois aucune raison pour empêcher un jeune chômeur de 20 ans, longtemps sevré de tels divertissements, de se défouler dans la danse.» Espérons que la prochaine édition sera beaucoup plus tolérante à l’égard de ces jeunes qui représentent, tout de même, 80 % du public attendu à de pareils événements.

  4. #4
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,062

    Samedi 3 Avril 2010 -- L’ouverture, mercredi après-midi, du mini-festival de Tikjda a drainé une grande foule, estimée à au moins trois mille personnes. Certains spectateurs étaient venus en famille, avec femmes et enfants. Un décor féerique, enchanteur et naturel. Il est fait de montagnes imposantes, dénudées par endroits par l’érosion et les incendies, s’élançant à l’assaut du ciel, de cèdres, de pins et d’autres espèces d’arbres géants et plusieurs fois séculaires. C’est dans ce cadre que s’est déroulé, pendant trois jours (de mercredi à vendredi), le mini-festival culturel et artistique de Tikjda, une station climatique située à 1 478 mètres d’altitude, dans le Parc national du Djurdjura, dans la wilaya de Bouira (170 km au sud-est d’Alger). Le programme artistique concocté par les organisateurs était assez riche et équilibré. Il a été élaboré et mis en œuvre, conjointement, par la direction de la jeunesse et des sports de Bouira, la direction de la culture de la même wilaya et le Centre national des sports et loisirs de Tikjda (CNSLT). Cette manifestation est présentée comme étant le prélude à un prochain festival plus important. Celui-ci s’étendra sur au moins une semaine, avec une forte participation d’artistes. Il doit avoir lieu au début du mois de juillet dans cette partie sud du massif montagneux du Djurdjura. Tikjda mérite bien ça. Une belle initiative qui lui permettra de redorer son blason et de recouvrer sa magnifique image d’antan. Celle d’une station climatique qui drainait quotidiennement, en toute saison, des centaines de touristes et de visiteurs, Algériens et étrangers. D’ailleurs, depuis trois ou quatre ans, les choses commencent à s’améliorer. Le retour de la sécurité aidant, le nombre de touristes et de visiteurs ne cesse d’augmenter. L’ouverture, mercredi après-midi, du mini-festival, a drainé une grande foule, estimée à au moins trois mille personnes. Certains spectateurs étaient venus en famille, avec femmes et enfants. Lounis Aït Menguellet fut bien inspiré. Il a débuté son concert par la chanson D-nuvak frah (à ton tour de festoyer). Une sorte de clin d’œil au massif du Djurdjura qui commence à revivre, après avoir, lui aussi, durement souffert des affres de la décennie noire. L’organisation de ce mini-festival est une excellente idée. Une décision à applaudir des deux mains. Parce qu’elle est de nature à développer le tourisme, à encourager les visiteurs et autres excursionnistes à nouer ou à renouer le contact avec le Djurdjura, à venir nombreux visiter, contempler, admirer ses fabuleux sites tant loués et vantés par les artistes et les poètes. Parce que le Djurdjura, accessible de tous les côtés, constitue l’un des plus beaux sites touristiques de l’Algérie. “Elle est grande, elle est haute, cette montagne superbe : le majestueux Djurdjura (le Girgyris de Ptolémée) se dresse hautain par-dessus tous les contreforts barrant l’horizon d’une barrière infranchissable, portant vers le ciel sa longue chaîne d’où émergent, rocailleux, les Tamgout, les pics de Lalla Khedidja et autres, à 2 308 mètres d’altitude, les plus hauts sommets algériens après ceux des Aurès”, écrivait déjà, en 1893, A. Boyer, dans le bulletin de la Société de géographie et d’archéologie de la province d’Oran.

    Le Djurdjura fascinant et ensorcelant

    Le Djurdjura, que les Romains appelaient Mons Ferratus (montagne de fer), a vu toutes les tentatives d’invasion se briser à ses pieds, selon des historiens. “Il a vu passer et disparaître tous les envahisseurs, quand lui seul est resté debout et indompté !” selon M. Boyer. “De l’est comme de l’ouest, des tentatives de conquête ont été, certes, maintes fois exercées contre le Djurdjura, mais la résistance opiniâtre de ses habitants empêcha l’étranger envahisseur d’y prendre pied et d’y imposer ses volontés et ses lois. Jusqu’en 1857, ce Djurdjura a vécu libre et indépendant”, écrivait Amar ou Saïd Boulifa, dans un livre intitulé Le Djurdjura à travers l’histoire : depuis l’antiquité jusqu’à 1830, publié en 1925. La France n’a pu soumettre la Kabylie que 27 ans après le débarquement à Sidi Fredj, en juin 1830, de ses troupes composées de plus de 35 000 hommes. Et encore ! Les soulèvements, comme celui de 1871, s’étaient poursuivis. “Le Djurdjura a été le dernier asile de la liberté dans les temps anciens, lors des invasions successives qui se sont produites à différentes époques dans l’Afrique du Nord”, notait M. Bugeja, dans le bulletin de la Société de géographie d’Alger et d’Afrique du Nord (1933). “L’histoire impartiale est là pour dire que c’est injustement, c’est par un véritable abus de la force que cette contrée a été attaquée et soumise” par la France coloniale, soulignait M. Boyer. Résistant à toute domination, impitoyable avec les envahisseurs, le Djurdjura, malgré la rudesse de ses reliefs, est aussi une montagne pleine de tendresse et fascinante, qui, par la beauté de ses sites, hier comme aujourd’hui, séduit, ensorcelle et captive les visiteurs, les touristes et autres excursionnistes. Parlant du majestueux Djurdjura, un journaliste français écrivait en 1887 que “les torrents baisent ses pieds, les bois s’enroulent à ses genoux et tapissent les gorges alpestres, une ceinture de rocs géants se bouclent à sa poitrine et les neiges étincelantes comme un diadème ceignent son front d’un impeccable éclat”. C’est tout cela : l’histoire de la région, la beauté de ses sites touristiques, ses principaux cols, ses grottes, ses gouffres, ses vestiges antiques, sa faune, sa flore, ses différents aspects culturels et artistiques que le festival comme celui de Tikjda, une fois institué, peut faire découvrir et mettre en valeur. Le développement de cette partie du pays, compte tenu de ses reliefs, passe en grande partie par le tourisme.

  5. #5
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,062

    Samedi 3 Avril 2010 -- Belles journées ensoleillées, beau décor naturel assuré par les montagnes environnantes et excellentes prestations artistiques. Avec un tel triptyque, le mini-festival de la musique, organisé pendant trois jours (de mercredi à vendredi) à Tikjda, dans le massif montagneux du Djurdjura, ne pouvait que déboucher sur un succès. Et c’est justement ce qui s’est passé, surtout mercredi, jour de l’ouverture de la manifestation, qui s’est déroulée en présence des différentes autorités de la wilaya de Bouira. Le spectacle a débuté par une excellente prestation d’Abdelaziz Benzina, un chanteur plein de talent, qui a interprété une dizaine de chants de différents genres, dont le haouzi. Un garçon d’une dizaine d’années a interprété la fameuse et célèbre chanson patriotique de Farid Ali, A yemma svar ur-tsru. Le poète Ben Mohamed, l’invité surprise du gala, a lu l’un de ses beaux poèmes consacré au Djurdjura. Ce texte est chanté avec brio par la diva de la chanson kabyle Nouara. Il l’avait écrit dans ce même endroit, d’un seul trait, durant les années 1970, lors d’une escapade avec des amis. Lounis Aït Menguellet a fait, comme à l’accoutumée, un véritable tabac. Il était dans son meilleur jour. Il a été accueilli par des applaudissements nourris. Les spectateurs, y compris les responsables locaux, se sont levés à son entrée sur scène. Une belle marque de respect et de considération pour un homme qui a consacré plus de 40 ans de sa vie à la chanson à texte. Après quelques mots de remerciement à la nombreuse assistance, Lounis Aït Menguellet enchaîna l’une après l’autre seize chansons, en commençant par D-nuvak frah (à ton tour de festoyer). Une chanson qui sied bien pour un endroit qui n’a pas été épargné, lui aussi, par les affres du terrorisme. Le spectacle s’est déroulé en plein air, sur un petit stade plein comme un œuf, avec pour décor, en arrière-plan, une cédraie touffue et une imposante montagne qu’on appelle le pic de Tignnatin, haut de plus de 1 800 mètres, qui surplombe la station climatique de Tikjda. Des centaines de spectateurs n’ont pu accéder à l’intérieur du stade faute de place. Mais ils ont tout de même suivi le spectacle de l’extérieur de bout en bout. Certains étaient accrochés aux balustrades surplombant le stade, tandis que d’autres se sont assis ou allongés à l’ombre des cèdres, tout en écoutant leur chanteur préféré et les échos de la musique renvoyés par les montagnes environnantes. Ce mini-festival, premier du genre organisé dans les hautes montagnes du Djurdjura, s’est déroulé sous un imposant dispositif sécuritaire. Les différentes autorités de la région ont mobilisé d’importants moyens pour assurer son bon déroulement.

  6. #6
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,062

    Sarah Haïdar :


    Dimanche 4 Avril 2010 -- Le Festival de montagne de Tikjda, dans sa version expérimentale, s'est clôturé vendredi sur une énorme déception collective. Le programme de cette dernière journée musicale était pourtant passionnant : Raïna Raï et les Abranis en tête d'affiche, mais tout ne s'est hélas pas déroulé comme prévu. Retour sur un rêve qui a viré au cauchemar… Vendredi, jour de congé et de divertissement. Les jeunes de Bouira n'avaient pas connu, depuis dix ans, un événement musical susceptible d'alléger l'ennui mortel de cette journée vide. Le Festival de montagne de Tikjda est alors une occasion à ne pas rater pour affluer en masse, danser et chanter en chœur les chansons qu'ils ne pouvaient jusque-là écouter qu'en cassette ou en CD. Plus de sept mille personnes, dont la grande majorité a moins de trente ans, étaient du rendez-vous ce jour-là. Le terrain combiné de Tikjda était sous haute surveillance, le wali de Bouira accompagné de plusieurs personnalités politiques de la wilaya étant présents pour la clôture d'une manifestation qui avait superbement commencé. Les jeunes, eux, étaient parqués derrière les grillages ou perchés sur les lampadaires et sur les arbres, tous privés de voir la scène convenablement.

    Bermudes, un jeune groupe de rock local, ouvre le bal. Indifférence du public devant une musique désaccordée, une voix sans intérêt esthétique et des paroles tout à fait indigestes. L’impatience gagne les rangs des jeunes Bouiris et est traduite par des sifflets assourdissants, réclamant le départ de ce groupe et la venue de leur artiste préféré, Kamel Chennane, un chanteur de variétés kabyles dont les paroles et la musique festive assouvissent la soif de ces jeunes gens longtemps privés de faire la fête et même d’aimer. Au bout de la deuxième chanson, ceux qui étaient derrière le grillage exigent d’accéder à la minuscule piste de danse qui était d’ailleurs interdite à tout le monde, présence du wali oblige. Devant la surdité des agents de sécurité et l’intransigeance de l’organisation, la colère envahit ces jeunes esprits avides et le grillage est peu à peu arraché. La situation ne fait qu’empirer lorsque les éléments de la sûreté repoussent violemment les révoltés loin du terrain, notamment quand le chanteur arrête momentanément son spectacle afin que le calme revienne. Mais il est loin de revenir. Ces hurlements indignés s’attisent de plus belle et tout le monde réclame son droit à la joie. Quelques dizaines de jeunes réussissent malgré tout, après une incroyable gymnastique, à accéder au terrain réservé aux familles.

    Des gravats sur la scène

    Le petit espace réservé normalement à la danse leur est interdit. Se débrouillant tant bien que mal pour danser entre les innombrables chaises alignées devant la scène, les fans ne pouvaient qu’être déçus de voir le spectacle s’arrêter avec le départ du wali. Des gravats sont jetés sur la scène, signant ainsi l’annulation du gala. Les quelques familles et artistes présents sur les lieux ont été alors pris de panique en voyant ces milliers de jeunes déchaînés encercler le terrain. Pourtant, aucune agression ni aucun blessé n’ont été enregistrés. Le bilan de cette journée catastrophique reste sans grand dommage, à part une clôture qui est partie en vrille et deux groupes mythiques du rock algérien privés de rencontrer leur public. La foule se dissipe et il ne reste plus que le brouillard et une atroce déception qui planait sur les lieux. À qui peut-on reprocher cet immense ratage ? Est-ce la faute aux jeunes, eux qui désiraient simplement être face à la scène pour admirer leurs artistes préférés. Eux qui, tels des bêtes dangereuses, étaient prudemment relégués derrière des grillages donnant inévitablement l’impression d’animaux en cage. Certainement pas ! Ces jeunes rejetés faisaient danser les arbres au rythme de leurs chansons favorites ; ils ne voulaient aucun mal car, si c’était le cas, la journée se serait terminée par un bilan catastrophique, avec de nombreux blessés et même des morts. Mais il n’en fut rien. Déçus par la rigidité de l’organisation, ils sont partis tout simplement sans causer le moindre dégât. Les gravâts jetés sur la scène n’étant évidemment qu’un acte isolé sans grande importance.

    La faute incombe, sans aucun doute, et de l’avis de plusieurs artistes et journalistes présents sur les lieux, aux organisateurs eux-mêmes. Face à cinq cent familles qui ont eu le privilège d’assister correctement au spectacle, il y avait 7 000 jeunes qui ne demandaient qu’à profiter du show. 7 000 personnes exclues du terrain pour le confort de toutes ces familles. Est-ce logique ? Est-ce également faisable d’envahir le terrain avec des chaises alors que la journée était dédiée au rock, une musique qui s’écoute debout, le corps prêt à répondre aux folles vibrations de la guitare électrique et de la batterie ? Tout le monde est d’accord pour dire que si les portes étaient ouvertes aux jeunes, le spectacle se serait poursuivi tranquillement et le festival clôturé en beauté… Ces innombrables carences sont certainement dues au manque d’expérience et à la peur des débordements. Lors de la prochaine édition «officielle», si prochaine édition il y aura, espérons que ces lacunes seront corrigées et qu’on offrira à tous les mélomanes de Bouira, jeunes et vieux confondus, un beau festival de montagne. Tikjda le vaut bien.

  7. #7
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    289,062

    Samedi 3 Juillet 2010 -- Après l’édition expérimentale qui s’est déroulée du 30 mars au 2 avril 2010, le coup de starter pour la première édition officielle du festival national de montagne de Tikjda sera donné lundi 5 juillet au complexe touristique et sportif, sous l’égide du ministère de la Culture et de la wilaya de Bouira. Plusieurs stars de la musique algérienne seront les hôtes de cet événement estival qui s’inscrit dans la série des festivals organisés pour le mois de juillet à travers le territoire national. M. Omar Raghal, directeur de la culture de la wilaya de Bouira, nous a affirmé que le programme final de cette première édition officielle est à présent arrêté, avec comme tête d’affiche de ces trois soirées dédiées à la musique, Cheb Anouar qui animera la soirée d’ouverture, le groupe de rock kabyle Les Abranis qui se produira le lendemain et, enfin, le chanteur de variétés kabyle Mohamed Allaoua qui clôturera les festivités. M. Raghal précise, en outre, que le site destiné à héberger l’événement a été aménagé et nettement amélioré par rapport à la précédente édition. 5.000 places seront disponibles sur le terrain combiné de Tikjda pour accueillir les familles et les jeunes spectateurs. Les galas débuteront à 17 h. Ils verront la participation, outre les têtes d’affiche, du chanteur kabyle Hasnaoua Amectuh qui assurera la première partie de Cheb Anouar, le chanteur chaoui Nesreddine Houra qui précédera les Abranis et, enfin, Liès Kstentini qui animera avec Mohamed Alloua la soirée de clôture.

    Le festival national de musique de Tikjda a été lancé, en avant-projet, en avril dernier. Plusieurs vedettes de la musique kabyle et algéroise ont fait le bonheur de milliers de spectateurs, en l’occurrence Lounis Aït Menguellet, Ali Amran, Zayen, Benzina, etc. Si cet événement a marqué le retour de Bouira à la vie culturelle, il ne s’est cependant pas clôturé en beauté. Les jeunes Bouiris se souviennent avec amertume de l’annulation du concert tant attendu des Abranis à cause de quelques débordements dus à la répartition maladroite des places accordées au public. M. Raghal nous a rassuré à ce sujet : «Pour cette première édition officielle, nous avons tout fait pour satisfaire tout le monde. Nous avons aménagé le site qui accueillera les festivités de sorte que familles et groupes de jeunes profitent tous convenablement du spectacle. 5.000 places en tout, entre chaises et gradins, seront disponibles pour accueillir le plus grand nombre.» Tout est donc fin prêt pour faire de cette première édition officielle du festival de montagne un événement de haute voltige qui confortera la ville de Bouira dans sa volonté de revivre à nouveau au rythme des événements culturels et artistiques dont elle futl ongtemps privée.

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts