Jeudi 22 Avril 2010 -- Une exposition du plasticien, céramiste et sculpteur algérien Mustapha Addane se tient depuis le samedi 17 avril à la galerie Racim, Alger, et ce jusqu’au 30 avril. Une trentaine de dessins et de caricatures rendent hommage à la Palestine et ne lésinent pas sur la dénonciation de la barbarie israélienne. Organisée par l’Union nationale des arts culturels, l’exposition de Mustapha Addane n’est pas uniquement un regard artistique porté sur l’actualité sanglante de la Palestine, mais aussi une critique acerbe, un engagement sans faille pour la paix et la condamnation des crimes contre l’humanité, commis par Israël en Palestine et par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.
L’intérêt esthétique de ces caricatures est renforcé par une certaine émotion, parfois agressive, notamment face à certains dessins aussi brutaux que réalistes. Irrémédiablement blessé par le silence des pays arabes face à la barbarie qui s’exerce au pays de Mahmoud Darwich, révolté par l’indifférence internationale et extrêmement lucide quant aux jeux politiques qui décident de l’avenir de cette terre meurtrie, Addane nous livre une œuvre gorgée de sensibilité artistique et humaine. L’artiste rend particulièrement hommage à deux de ses pairs palestiniens : l’immense poète Mahmoud Darwich, décédé en 2008, et le caricaturiste Naji El-Ali, assassiné par le Mossad en 1987. Pour le premier, il réalise deux portraits au crayon, dont l’un est accompagné d’un ver inoubliable du défunt poète : «Ô ! mort, attends que je fasse ma valise.» Quant à Naji El-Ali, il est représenté sur trois dessins, accompagné de son personnage mythique Handhala.
La majorité des caricatures exposées à la galerie Racim sont tout simplement des pamphlets incendiaires à l’encontre d’Israël, du sionisme, de la complicité meurtrière des Etat-Unis et même de l’Union européenne, dont le drapeau est représenté par une croix gammée dessinée sur l’une des douze étoiles dorées. On retrouve le même symbole nazi sur l’emblème américain et au cœur de l’étoile de David, qui orne le drapeau israélien. Les pays arabes ne sont pas à l’abri du crayon coléreux d’Addane : l’Egypte est méchamment «croquée» à travers un sphinx étendant ses griffes sur les drapeaux de la Croix-Rouge, du Croissant-Rouge, de la Ligue arabe et sur celui de la Palestine. Un sphinx dont le visage ressemble comme deux gouttes d’eau à celui du président égyptien Hosni Moubarak.
Chaque dessin exposé est un hymne à la paix, mais non moins dénué de colère et d’indignation. Chaque caricature rend hommage aux martyrs palestiniens, à ce peuple-courage qui vit sous les bombes et aux hommes qui ont voulu changer ce destin tragique. Ce sont aussi des dessins enflammés, souvent imprégnés d’humour noire dans leur farouche dénonciation de la barbarie. Mustapha Addane, artiste reconnu depuis des dizaines d’années en tant que valeur sûre de la scène culturelle algérienne, signe là une exposition émouvante, captivante, suscitant une admiration sans borne pour ce dessinateur qui ne mâche pas ses «traits».
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22nd April 2010 00:32 #1
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Sarah Haïdar :







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