Mercredi 5 Mai 2010 -- La nouvelle édition du Dimajazz international de Constantine se déroulera dans le contexte du centenaire de Django Reinhardt, l’un des plus grands guitaristes de jazz de l’histoire, célébré cette année dans plusieurs villes du monde. Pour l’association Limma, initiatrice de cette manifestation musicale, «que serait devenu le jazz sans Django Reinhardt et son héritage ? la célébration de son centenaire est une marque de reconnaissance pour ce pilier du panthéon du jazz, aux côtés des Louis Armstrong, Charlie Parker et autre Miles Davis. À Londres, à Paris, à New York ou encore à Montréal, l’année 2010 sera jalonnée de nombreuses commémorations honorant le prodige manouche. À Constantine aussi, puisque le Dimajazz 2010 ne sera pas en reste. Cela justifie donc notre intention de consacrer l’essentiel de l’édition à la guitare (et ses avatars), instrument indémodable de l’univers du jazz». Les Constantinois et leurs invités feront la fête dans un «esprit manouche», celui de la «désinvolture et la bonhomie». Un cachet que les animateurs veulent donner à cette huitième édition, dont «l’esprit sera aussi dominant dans l’œuvre et la façon d’être des autres musiciens invités, à l’image de l’indétrônable Mister Maceo Parker, roi du jazz-funk et compagnon de James Brown, George Clinton et Prince». Nombre de guitaristes hanteront les soirées de la place de La Brèche, où un écran géant permettra de suivre les concerts en plein air. Et il est certain que les workshops, animés dans les matinées au Conservatoire communal des arts Abdelmoumen-Bentobbal, seront axés sur cet instrument indémodable qu’est la guitare.
Quant à l’ouverture, prévu le jeudi 13 mai, elle sera exclusivement réservée à l’Orchestre national de Barbès (ONB), dirigé par le grand bassiste et non moins jazzman et rocker Youcef Boukella. Ce sera là une première pour cette formation composée essentiellement de Maghrébins, qui n’a jamais pu se produire en Algérie. Elle viendra présenter son nouvel album, mais aussi mettre de l’ambiance dans une édition fortement festive. Et si l’ONB prône le métissage avec ses douze musiciens, il donnera un avant-goût à la scène du Théâtre constantinois, dont la salle accueillera, une fois de plus, des musiciens de renom. Certains la retrouvent, comme le bassiste Dominique Di Piazza qui accompagnera, avec le guitariste Philippe Petrucciani et Manhu Roche aux drums, la chanteuse Nathalie Blanc. Un quartet de rêve qui nous fait plonger dans des moments intimistes. D’autres viendront à la découverte d’un public, comme le quintet de Fayçal Salhi. Un jeune compositeur né en Algérie – pays où il a vécu jusqu’à l’âge de 11 ans – qui a produit cette année son deuxième album. Sa musique teintée d’oriental relève d’une véritable ouverture sur les différentes cultures que nous apprécierons avec Philippe Catherine, N’guyen Lâ, Alain Caron Magic Malik, Fawzi Chekili, Bailongo, Ba Cissoko et Lakshminarayana Subramaniam. Et pour promouvoir les jeunes groupes, nous verrons à l’œuvre la formation constantinoise Illusion. C’est dire que le ciel de Constantine est très diversifié.
Au programme :
Jeudi 13 mai : Orchestre national de Barbès
Vendredi 14 mai : Philippe Catherine / N’guyen Lê
Samedi 15 mai : Salhi quintet / Fawzi Chekili
Dimanche 16 mai : Magic Malik Orchestra / Ba Cissoko
Mardi 18 mai : Legrand-Petrucciani / Alain Caron
Mercredi 19 mai : Illusion / L. Subramaniam
Jeudi 20 mai : B B Blues / Baïlongo
Vendredi 21 mai : Maceo Parker
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5th May 2010 00:13 #1
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Mohamed Rediane :
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6th May 2010 00:39 #2
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Jeudi 6 Mai 2010 -- L’ouverture de la huitième édition du Festival international de jazz à Constantine, le Dimajazz, sera exclusivement animée par l’Orchestre national de Barbès, le 13 mai prochain, au Théâtre régional de la ville. Pour l’Orchestre national de Barbès, dirigé par Youcef Boukella, ce sera une première que de se produire sur une scène en Algérie. Il aura fallu la détermination de l’association Limma, initiatrice du Dimajazz, pour enfin avoir le privilège d’apprécier cette formation de douze membres dans une salle algérienne. Composée essentiellement de Maghrébins, dont le bassiste Youcef Boukella (le frère de Cheikh Sidi Bemol), qui s’est initié à la musique dans le quartier algérois de Belouizdad. Porté avant tout sur le rock et la bossa nova, l’auteur de Salam (1994) a fait du chemin avec le groupe T34, dès 1985, avant de s’envoler pour Paris, où il a accompagné le musicien américain Jeff Gardner. Bassiste talentueux et créatif, il n’échappa pas à la tentation du raï, en jouant avec cheb Mami. Puis, après avoir fait le bonheur de Takfarinas, Safy Boutella lui ouvrit les portes du jazz underground. Il enregistra alors un album de quatre titres avec Larbi Dida, ex-chanteur de Raïna Raï, le premier groupe de pop raï.
D’une rencontre à une autre, notamment celles d’avec Fateh Benlala (chanteur de chaâbi), Aziz Sehmaoui (gnawi du Maroc) et surtout Djilali, l’initiateur de la Bougnoule Connection, l’Orchestre national de Barbès (ONB) a signé son acte de naissance, en 1995. Deux ans plus tard, ce big-band offrit un premier album, accueilli favorablement aussi bien par le public que par la critique. D’autant qu’il n’était pas seulement destiné aux Maghrébins, mais s’est inscrit dans le sillage de la world music. Avec ces nouvelles sonorités, l’ONB lança un nouveau genre inhérent, certes, aux musiques traditionnelles d’Afrique du Nord, mais ouvert à la pop, au rock, au reggae et à toute fusion possible. Les albums s’enchaînèrent et chacun d’eux apporta une nouveauté. «Alik», le troisième, sorti en 2008, est resté fidèle au Maghreb, en rendant hommage à des chanteurs algériens, mais il annonça l’éventuelle mutation d’une formation en quête perpétuelle de nouveaux rythmes et de sons. Toujours est-il que le véritable lieu d’expression de l’ONB reste la scène, et tout en portant le message de l’universalité, ils œuvrent au métissage des cultures.
À en croire Youssef Boukella, lui et ses compagnons défendent «les couleurs de la rue et des quartiers populaires avec beaucoup d’amusement. Le groupe s’est construit tout seul grâce à la scène, puisque nous avons a donné plus de 500 concerts en six ans. Notre reconnaissance, nous la devons avant tout à notre public et pas à une campagne marketing. L’Orchestre national de Barbès a toujours été un groupe autogéré sans hiérarchie entre ses membres. Chez nous, il n’y a pas de star ou de tête d’affiche, chacun a sa place et amène un peu de son expérience personnelle puisque, à côté, nous gérons nos carrières respectives en solo. Ce qui nous réunit avant tout, c’est l’amour de la musique et l’amitié, tous les musiciens se connaissent depuis des années et étaient amis avant la formation du groupe».Et il est vrai que sur scène, ils communiquent leur plaisir de jouer ensemble avec beaucoup d’énergie. À Constantine, le 13 mai, ils laisseront sûrement leur belle empreinte dans une édition du Dimajazz tournée résolument vers le festif.
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20th May 2010 00:05 #3
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Jeudi 20 Mai 2010 -- Accompagné de cinq musiciens et d’une chanteuse, le vocaliste et guitariste Fawzi Mecellem se produit, aujourd’hui jeudi 20 mai, sur la scène du Dimajazz de Constantine au Théâtre régional de la ville. Blues Blue Birds produit une ambiance authentique et chaleureuse au son du Delta et du Chicago Blues, mais les musiciens s’éclatent aussi sur un répertoire varié qui va du rythm’n blues au jazz et au rock. Ce groupe algérois a su trouver son chemin au fur et à mesure que son line up se dégageait pour mieux servir le concept défini par le fondateur Fawzi Mecellem. Guitariste et chanteur algérien, Fawzi, né à Alger le 8 janvier 1984, aborde son premier instrument, le luth, à l’âge de 5 ans et finit par rejoindre, à l’âge de 10 ans, une école de musique andalouse. À 14 ans, il découvre la guitare et les sonorités blues, jazz, reggae et soul. À 17 ans, il est soliste du groupe de rock King Melody et, un an plus tard, il fonde les Blues Blue Bards. On le retrouve aussi parmi les membres de Crosseras ou encore Contrasta, mais il s’applique davantage à dessiner le concept de son propre projet. En 2008, grâce à Lima et au festival Dimajazz, il participe dans le cadre de la bourse Aziz Djema aux stages de musique à l’AKDT de Libramont en Belgique où il rencontre des musiciens comme Nicholas Thyms, le groupe Aramon, Zou mana, percussionniste de Foofango, Pierre Vaiana et pleins d’autres virtuoses des temps actuels.
Fawzi Mecellem à la guitare et au vocal
Khaled Laouar à la basse
Redo-Redouane Nahhar à l’harmonica
Nazim Benkaci à la batterie
Hacene Zemrani au saxophone
Hichem au saxophone
Linda au chant
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22nd May 2010 00:07 #4
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Mohamed Rediane :
Samedi 22 Mai 2010 -- La performance scénique d’Alain Caron durant la soirée du mardi 18 mai au Théâtre régional de Constantine a été des plus marquantes lors de cette huitième édition du Festival international de jazz. Un orchestre dirigé par un bassiste, pourquoi pas ? Toute ouverture est possible, tant le langage d’Alain Caron se parle avec beaucoup de lyrisme, mais aussi avec grande dextérité. Les compositions de ce musicien, qui se positionne actuellement comme l’un des plus grands bassistes, comportent une grande somme d’effets. Tout au long de sa performance, Caron utilise deux guitares basse distinctes, selon le son conféré à chaque titre. Toujours est-il que son jeu est exécuté avec une grande sobriété et s’applique de manière remarquable. Ce bassiste entraîne avec lui l’auditoire dans un son très électrique, qui s’apparente au rock, à la pop… Très moderne donc, il donne à ses harmonies une dimension bien particulière, celle de son identité musicale qui le révèle à tous les passionnés du jazz-fusion. Soutenu en cela par un seul guitariste, un pianiste et un batteur, les titres exposés dénotent les influences qu’il affectionne. Si sa créativité n’était pas si fructueuse, il n’aurait pas enregistré deux fois la même composition. Grand Café étant d’inspiration sud-américaine, il l’inscrit la première fois dans son album «Play», et une deuxième fois, il la partage avec un contrebassiste. Nombreuses sont ses collaborations, tant il est attrayant par ses compositions et son jeu de basse. Venu du Québec où il a commencé à s’illustrer avec le groupe UZEB, il avoue au public en cette cinquième soirée du Dimajazz : «Ça valait le coup de venir vous voir.» C’est la première fois qu’Alain Caron fait un voyage en Afrique. Il rend visite pour la première fois à un public algérien à Constantine. Si généreux dans son œuvre, il jouera pour la première fois aussi sur une scène internationale un nouveau titre : Pole position, une des compositions de son nouvel album attendu pour l’automne prochain. Un grand honneur pour le Dimajazz de Constantine.
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22nd May 2010 00:08 #5
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Mohamed Rediane :
Samedi 22 Mai 2010 -- Entre la signature de deux autographes dans la loge des artistes et les poses pour des photos-souvenir, l’entretien que nous a accordé Alain Caron s’est fait dans une ambiance très conviviale. Le public constantinois venait de découvrir, ce mardi 18 mai, un bassiste talentueux, et le bassiste un jeune public chaleureux, très à l’écoute de la musique moderne.
Le Jeune Indépendant : Dans votre jeu de basse, il y a beaucoup de lyrisme et une grande dextérité…
Alain Caron : Tous ces éléments font partie de l’expression musicale. Pour jouer d’un instrument, il faut avoir une certaine technique, un certain talent, avoir des choses à dire, et pour l’exprimer, il y a une adaptation pour maîtriser l’instrument en vue d’arriver à s’exprimer librement.
Vous racontez à chaque fois une histoire. D’où puisez-vous cette force ?
Oui, bien sûr ! Je n’écris pas pour la basse. Quand j’écris, ce sont des morceaux qui pourraient être joués au piano, à la guitare ou à un autre instrument… Evidemment, j’interprète certaines mélodies parce que je suis chef d’orchestre, et je peux donc faire ce que je veux quand j’écris. Je n’écris pas spécifiquement pour la basse, j’écris plutôt de la musique comme un tout. Je pense à tous les instruments et à tous les arrangements.
Vos compositions sont très électriques…
Ça pourrait être joué avec des instruments acoustiques aussi, parce que je l’ai souvent fait. Jouer le même répertoire, mais avec un piano, une basse acoustique, ça marche de la même manière.
Vous passez d’une influence à une autre, du genre rock au latino…
Oui, tout cela fait partie de mon monde. J’ai 55 ans, j’ai commencé à jouer de la musique alors que j’avais 9 ans.
J’ai vécu plusieurs périodes, j’ai joué avec beaucoup de musiciens, j’ai voyagé partout dans le monde. Toutes ces influences font maintenant partie de moi. Aussi, je ne me mets pas de barrières quand j’écris de la musique. Je fais de la musique selon ce qui m’inspire.
N’y a-t-il pas une dominante rock dans vos compositions ?
Non, je crois que le fil conducteur de la musique que je joue est beaucoup plus jazz que rock au niveau harmonique et rythmique. La prédominance est donc jazz. Au niveau sonore, vous avez raison, c’est plus rock et plus pop, moderne plus précisément. Mais au niveau de la structure de la musique, il y a vraiment une dominante jazz.
Avant de partir, quelques mots sur ce public que vous découvrez pour la première fois ?
Présenter ma musique à un nouveau public ça vaut le coup, surtout s’il apprécie celle-ci.
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22nd May 2010 00:09 #6
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Mohamed Rediane :
Samedi 22 Mai 2010 -- La dernière soirée de la 8e édition du Dimajazz a été animée hier par Maceo Parker au Théâtre régional de Constantine. Comme en mai dernier, la clôture de la huitième édition du festival international de jazz à Constantine a été américaine. Signé cette fois-ci par le saxophoniste Maceo Parker, le livre d’or du Dimajazz enregistre une fois de plus une performance exceptionnelle. Celle d’un maître de la funk qui débarque pour la première fois dans la ville des Ponts. Il est dit que sans Mister Maceo Parker, la funk n’aurait pas existé, lui le serviteur fidèle de cette musique qu’il offre généreusement au public qui n’est jamais rassasié. Soufflant dans son instrument et invitant à quelques douces ballades, non sans rajouter des notes d’humeur, de danse et d’effets sonores, ce natif de Caroline du Nord est reconnu comme étant l’incarnation du funk. Maceo Parker a d’abord fait le bonheur de James Brown une dizaine d’années, puis de George Clinton et de Prince, l’unique grand concurrent de Michael Jackson. Il a fermé les loges du Dimajazz la nuit dernière, non sans laisser ses ondes de soul et de jazz hanter toujours les lieux. Comme tout au long de cette semaine, la fin était très festive, d’autant qu’elle a été assurée par les deux vocalistes et les six musiciens de Maceo. Chaque soirée a fait salle comble et la billetterie s’écoulait chaque jour rapidement, une heure de temps. Fière d’avoir atteint tous ses objectifs, la direction du festival se dit «agréablement surprise par les performances des jeunes talents algériens». Cela résulte des master classes et des résidences de formation, assurées par le Dimajazz en Belgique. Nous avons découvert alors le génie du rock alternatif du groupe constantinois Illusion, la montée en puissance du blues de B. B. Birds, formation algéroise qui a, elle aussi, égalé sur scène ses aînés comme Nichola Thys, Akamoon ou Stephane Payen. Et si le Dimajazz pouvait se doter de moyens pédagogiques plus volumineux, il est certain que le nombre des jeunes artistes serait aussi important que la qualité artistique. À l’année prochaine.
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25th May 2010 00:25 #7
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Mohamed Rediane :
Mardi 25 Mai 2010 -- Le Dr Lakshminarayana Subramaniam, ses six musiciens et sa vocaliste ont fait de la soirée de ce mercredi 19 mai, à la huitième édition du Dimajazz à Constantine, un grand événement. Venu d’Inde du Sud, celui qui est surnommé à l’âge de quinze ans déjà, Violin chakravarthy (empereur du violon), a donné une autre dimension au huitième festival international de jazz à Constantine, durant la douce soirée du mercredi 19 mai. Sa performance scénique constitue un des grands événements du huitième Dimajazz. D’autant que le violoniste Lakshminarayana Subramaniam débarque pour la première fois sur une scène algérienne, africaine même. Pour l’introduction au parfum de la musique carnatique – ancienne de 4000 ans avant J.C – l’auditoire se passera du violon et de percussions. Puis, le maître du violon, compositeur et chef d’orchestre, fait en douceur son entrée sur la scène internationale du festival. Il démontre déjà que ses compositions ne sont pas dénuées de jazz aux couleurs de son pays. Oscillant entre le traditionnel et le contemporain, le violoniste semble prendre tout son temps, affirmant une grande concentration que rien ne peut perturber. Il explique lui-même que «j’ai voulu remonter aux sources de la tradition carnatique, y remonter comme on remonte un fleuve. Retrouver son origine improvisée, pure et spontanée et pour cela j’ai dû transformer la fonction du violon pour qu’il puisse englober l’éternité du temps».
S’il n’est pas aisé de passer d’une composition traditionnelle et/ou classique à une autre moderne, son large répertoire démontre la richesse de la musique indienne. D’autant que la musique carnatique incarne les grandes cultures de l’Inde. Ayant hérité ce savoir musical de son père, L. Subramaniam a adapté son instrument (électrifié) – introduit dans son pays par la colonisation britannique – à la culture musicale de son pays. Et s’il est devenu l’une des grandes références mondiales, c’est que ses compositions sont un ensemble complexe, fait de gammes occidentales et d’espaces musicaux indiens. Aussi, ce génie de l’archet a-t-il cette force d’utiliser six octaves de son violon au lieu des deux ou trois dans les compositions traditionnelles. Sachant que la musique indienne repose essentiellement sur le tala (les rythmiques) et le raga (l’ensemble des notes), L. Subramaniam consacre un temps de jeu pour chaque instrumentiste, non sans recourir à l’improvisation, lui qui est très inventif. Les répliques sont nombreuses entre les deux percussionnistes et l’accordéoniste (traditionnel), elles sont si nuancées qu’il faut une grande maîtrise pour les exposer. Et les onomatopées, assurées par le batteur, font partie de l’instrumental. Quant à la célèbre chanteuse Kavita Krishnamoorthy, elle a donné de l’envergure à ce concert exceptionnel. En l’espace de trois titres, sa voix puissante et tendre s’apparente à celle d’une cantatrice d’opéra, envoutant autant que le violon la salle du Théâtre régional de Constantine.







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