Lundi 17 Mai 2010 -- L’association pour la protection du patrimoine et le développement du tourisme, Djoua, a organisé, avant-hier, une visite pour la presse nationale sur le site où se tiendra la deuxième édition du Festival de Djoua, en juillet prochain. Culminant à plus de 1.000 m d’altitude, le mont Djoua fait partie du patrimoine naturel de Béjaïa que l’association tente de réhabiliter à travers la promotion du tourisme de montagne et, notamment, par le biais de ce festival, né l’année dernière. Après une randonnée guidée offerte aux éléments de la presse, le président de l’association, M. Youcef Khelfaoui, accompagné d’un grand nombre de ses collaborateurs, explique aux journalistes les objectifs, les projets et les ambitions de ce festival de montagne. «Nous ne pouvons pas développer le tourisme ni la culture sans toucher aux mentalités.» Cette mentalité qui veut limiter l’attraction touristique de Béjaïa aux seules plages alors que cette ville regorge de paysages lancinants dont fait partie ce mont fier, tutoyant les nuages, qui a non seulement sa part de légende, mais aussi d’histoire.
Cette montagne, qui veille sur Béjaïa, n’a pas été épargnée par les tourments de la guerre de libération nationale. Djoua était un petit village perché sur ce pic montagneux qui domine le golfe de Béjaïa. Pendant des siècles, ses habitants ont vécu de la culture du chêne-liège (arbre caractéristique de ce maquis) et de la fabrication du charbon de bois, qu’ils livraient à dos de mulet aux navires marchands au port de la ville. Mais en 1958, ce hameau ancestral est déclaré zone interdite par l’armée française, ce qui a provoqué un exode rural des autochtones vers la ville. Après l’indépendance, le retour s’avère impossible car l’attrait de la ville et de la modernité prend le dessus sur l’appel de la terre natale. Djoua, village abandonné en proie à l’usure et à l’acharnement implacable de la nature, n’est aujourd’hui qu’un lointain souvenir. Il ne reste plus que les ruines des maisons, seules témoins d’une vie révolue qui anima un jour le quotidien de ce maquis aujourd’hui déserté.
L’association Djoua n’a qu’une année d’existence, elle œuvre pour la réhabilitation, voire la reconstruction de ce village abandonné. Le festival indépendant qu’elle organise avec l’aide de plusieurs opérateurs économiques de la région est, selon M. Khelfaoui, l’occasion de promouvoir cette région oubliée, de la faire revivre par le biais de l’art et du tourisme. Le programme du festival est, à l’image de la nature qui l’accueille, riche et diversifié. Malgré les difficultés que présente le terrain rude de cette montagne, les organisateurs voient grand pour cette deuxième édition. Plusieurs artistes algériens et étrangers sont conviés à animer les nuits de Djoua, tels que Cheikh Sidi Bémol, Amazigh Kateb, Agraw, Si Moh… Du côté international, la troupe Diar Bakir du Kurdistan turque, les Innus venus du Canada, une troupe brésilienne et une autre du Zaïre sont également programmés. Cela ne constitue que «l’aspect attractif de l’événement», comme nous l’affirme M. Redouane Mohammedi, l’ex-directeur de l’Etablissement arts et culture, aujourd’hui consultant libre auprès de l’association. Car l’âme du festival est ailleurs. Il s’agit surtout de promouvoir de jeunes artistes de la région, d’animer des débats sur l’environnement, le développement local et le tourisme, d’organiser des randonnés pédestres ou à dos d’âne, mais par-dessus tout, de réhabiliter le patrimoine de la région à travers divers chantiers artisanaux où les visiteurs auront à découvrir les métiers anciens.
Le site de Djoua sera, pour cette deuxième édition, réparti sur sept espaces : le village artisanal, l’espace ludique où seront conviés des centaines d’enfants venus de plusieurs wilayas, l’espace associatif destiné plus particulièrement aux jeunes, l’espace littéraire où seront animés des cafés littéraires, les chantiers où le public sera convié à découvrir la manière traditionnelle de construire une maison kabyle, de fabriquer du charbon de bois, de traiter le liège, etc. Parmi les projets qui n’attendent que les autorisations des institutions publiques pour démarrer, figure l’installation d’infrastructures destinées au déploiement d’activités de loisirs de montagnes, telle que la réalisation du fantasticable, un des sports de montagne les plus courtisés dans le monde qui consiste à traverser la vallée, accroché à un câble de 1.500 mètres, déployé à partir du pic de Djoua. L’association ambitionne également de construire un téléphérique reliant la zone touristique du littoral au plateau montagneux de Djoua, pour faciliter le déplacement et inciter à découvrir et à apprécier le tourisme de montagne. Le Festival de Djoua s’avère un événement de grande ambition qui, hormis son aspect artistique, tente avant tout de ressusciter l’âme de cette région et réhabiliter un patrimoine menacé par l’oubli. Le public aura donc rendez-vous, du 15 au 22 juillet prochain, avec une palette d’activités, toutes aussi attrayantes qu’instructives.
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17th May 2010 00:10 #1
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Sarah Haïdar :
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8th June 2010 22:25 #2
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June 8, 2010 -- The Kabylie mountain town of Djoua will hold its first-ever cultural and artistic festival from July 15th-22nd, Algeria.com reported on Monday (June 8th). Under the theme "Tourism and Local Development", the Festival de Djoua aims to showcase the Algerian region's handicrafts, rich cultural tradition, archaeological sites and dramatic scenery.
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14th July 2010 00:23 #3
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Sarah Haïdar :
Mercredi 14 Juillet 2010 -- Le mont Djoua, situé dans la commune de Boukhelifa, à une trentaine de kilomètres de Béjaïa, accueille la deuxième édition du festival de Djoua qui verra la participation de plusieurs stars de la musique algérienne et internationale. Pour cette soirée d’ouverture, le groupe de rock kabyle très en vogue en ce moment, Les Abranis, lancera les festivités qui dureront toute une semaine, dans cet endroit féerique culminant à plus de 1000 mètres d’altitude. Plusieurs autres grands artistes seront de la partie : Chikh Sidi Bémol, Amazigh Kateb, Gaâda Diwane Bechar, Djamel Allam, Azal Belkadi, le groupe Tagrawla, Chikha Cherifa venue du Maroc, le groupe de musique traditionnelle amérindienne Orquestra de instrumentos autoctonos qui nous vient d’Argentine, la formation de musique afro-brésilienne Luma et So de Samba, et bien d’autres. Mais ces animations musicales ne sont, selon les organisateurs, à leur tête M. Youcef Khelfaoui, le président de l’association Djoua, qu’un agrément destiné à égayer les nuits du festival. L’essence de cette manifestation réside, en effet, dans la volonté des concepteurs de réhabiliter le patrimoine de cette région et surtout d’en faire une destination touristique susceptible de relancer le tourisme de montagne, notamment culturel. Ainsi, le programme de cette deuxième édition est réparti sur trois axes principaux : le village artisanal, les débats et les animations.
L’artisanat dans tous ses états
Le village artisanal accueillera nombre d’activités liées aux métiers anciens et à l’industrie traditionnelle. Une vingtaine de métiers sera représentée par de vrais artisans qui occuperont les différents stands alloués aux expositions et aux démonstrations. La bijouterie, la maroquinerie, le tissage, la tapisserie, la céramique, la poterie, la couture traditionnelle, la décoration, la peinture sur soie et autres pratiques oscillant entre l’artisanal et l’artistique seront exposées lors de cette deuxième édition. Des journées thématiques sont également prévues, rythmées par des démonstrations, des ateliers, des projections de films documentaires et des conférences, afin de promouvoir ces métiers menacés de disparition, mais aussi d’attirer l’attention du public sur l’immense intérêt que représente ce domaine dans le cadre du développement local, du tourisme et du rayonnement culturel. Est prévue aussi l’installation d’une kheïma qui sera le centre névralgique du village et où auront lieu une exposition de photographies intitulée «Focus sur l’art du tissage : portraits d’artisanes, les matériaux, les motifs, les outils et leur signification», ainsi qu’un espace pour la documentation où les visiteurs pourront s’informer sur la question grâce à des ouvrages fournis par une librairie d’art et à une documentation spécialisée liées aux entreprises artisanales. Aussi, plusieurs conférences et projections de documentaires sont-elles programmées pour accompagner les journées thématiques. Il y aura notamment des journées autour de la poterie berbère, la teinture végétale, la vannerie. En outre, un mini-salon d’artisanat sera installé autour de la kheïma où une vingtaine d’artisans venus de différentes régions d’Algérie proposeront leurs produits à la vente, mais s’engageront également dans un travail pédagogique afin de renseigner les visiteurs sur les techniques et le savoir-faire de l’artisanat traditionnel algérien.
Débats et loisirs
Le festival de Djoua, comme le rappellent souvent ses initiateurs, s’inscrit avant tout dans une démarche de sensibilisation et de réhabilitation qui se fixe comme premier objectif de réanimer et enrichir le secteur du tourisme et du développement local et de rendre sa place au soleil à un patrimoine culturel et populaire menacé d’oubli. Plusieurs débats citoyens auront donc lieu à l’occasion de cette deuxième édition. Ils porteront essentiellement sur les perspectives d’un tourisme de montagne écologique et culturel, qui ne saurait réussir sans «la préservation et la réhabilitation du patrimoine et la promotion d’un développement durable». Les débats s’intéresseront également à un sujet d’importance capitale mais qui est resté, malheureusement, dans l’ombre depuis plusieurs années. Il s’agit des vieux villages kabyles plus ou moins abandonnés par leurs habitants. À ce propos, le débat sera centré sur nombre de questionnements : faut-il faire de ces villages des musées ou des lieux de vie et d’activité ? Comment faire cohabiter la construction traditionnelle et le confort moderne ? Quels aménagements et quelles activités pour faire revivre les espaces autour de ces villages ? Ce sont là des questions pour le moins intéressantes qui éclaireront le public sur la possibilité de sauver une architecture unique en son genre, témoin d’une histoire et gardienne d’une mémoire collective d’une valeur inestimable. Quant aux animations artistiques, littéraires, associatives et ludiques, elles s’inscrivent également dans un esprit de promotion et de réhabilitation du patrimoine et des divers avantages du tourisme de montagne. Ainsi, seront installés des chantiers pour la reconstruction d’une maison kabyle selon la typologie de Djoua, la fabrication de charbon de bois selon la technique dite «du bûcher» que pratiquaient naguère les habitants de Djoua, le repérage et la délimitation des sentiers muletiers qui sillonnent la région par la construction de murets en pierre sèche. Les loisirs de montagne, les cafés littéraires et les espaces associatifs seront aussi des acteurs déterminants dans la réussite de cette deuxième édition. Le festival de Djoua est une démarche forte et ambitieuse qui, après seulement deux ans d’existence, arrive à s’imposer comme un événement majeur sur la scène culturelle algérienne. La qualité de l’organisation, alliée au concept de développement durable et de promotion du patrimoine, sans oublier son esprit écologique, font de cette manifestation l’une des plus prometteuses de notre agenda culturel annuel. Djoua sera en fête, en débat et en chantier du 15 au 22 juillet. Les nombreux touristes locaux qui affluent sur les plages de Béjaïa seront certainement intéressés de découvrir l’autre face de la région : une montagne féerique qui se voit embellir par un festival de haute voltige.
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29th July 2010 00:25 #4
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Sarah Haïdar :
Jeudi 29 Juillet 2010 -- Béjaïa, l’une des villes les plus courtisées par les estivants, constitue une destination de rêve pour les touristes locaux, émigrés ou même étrangers qui désirent passer des vacances paisibles dans ce paradis miniature où la beauté des paysages le dispute au charmant accueil de la population. Dans cette ville aux mille mystères et autant de joies et de découvertes, un événement marque depuis l’an dernier la saison estivale. Il s’agit du festival de Djoua organisé par l’Association pour la protection et le développement du patrimoine et du tourisme qui s’est déroulé du 15 au 22 juillet. Dès notre arrivée au centre-ville de Béjaïa, des affiches et des banderoles nous accueillaient pour nous annoncer qu’à 30 kilomètres de là, dans une montagne mythique culminant à plus de 1.000 mètres d’altitude, se tenait un événement pas comme les autres. Le Festival de Djoua, né en août 2009, se veut une manifestation de haute voltige qui s’imposerait comme l’un des événements majeurs de la scène culturelle algérienne. Quand il était à ses tout premiers balbutiements, d’aucuns n’omettaient de dire qu’il s’agit là d’un rêve dément, d’une aventure aux conséquences imprévisibles. L’idée originelle revient à Boubeker Khelfaoui (Bob pour les intimes), commissaire du festival. Originaire du village d’Ath Bimoune situé dans la vallée de Djoua, juriste de formation et installé depuis une trentaine d’années en France, Bob s’est vu confronté à une tonne de difficultés et d’obstacles qui en aurait découragé plus d’un. Il est difficile, en effet, d’amadouer cette Yemma Djoua sauvage, fière et endurcie par l’épreuve du temps, pour en faire le site d’un festival international d’une telle envergure. Lors de l’édition 2009, la nature s’est d’ailleurs acharnée sur cet événement naissant : un orage de trois jours qui a failli anéantir le rêve, mais ce sera sans compter l’entêtement et la rage de ceux qui ont pour Djoua les projets les plus fous.
Pour cet été 2010, la deuxième édition du festival n’a pas lésiné sur les moyens ni sur le prestige. La route qui mène de Béjaïa à Djoua n’est pas de tout repos. Il s’agit d’une piste poussiéreuse qui semble prévenir d’emblée les visiteurs de se tenir prêt à vivre là une expérience pittoresque, loin de tout confort citadin. Il est nécessaire en arrivant à Djoua d’oublier certaines «allergies» et prudences purement urbaines. Pantalon Jean, tee-shirt et baskets constituent la tenue idéale pour fouler la terre rude de cette montagne. Quant à la «tenue» psychologique, elle se résume en quelques mots : se laisser prendre par la beauté du paysage, jouer le jeu de l’aventurier et ne jamais avoir peur de se salir ! La montagne accueille ses visiteurs avec le visage sculpté de rides d’une vieille femme kabyle aussi généreuse qu’exigeante. Des centaines de tentes et de chapiteaux sont installées au milieu de ce maquis sauvage pour héberger les villages artisanal et associatif ainsi que l’espace débat, la salle de lecture, etc. Une cinquantaine d’artisans venus des quatre coins du pays participe aux expositions de bijouterie, de poterie, de maroquinerie, de tissage traditionnel, de céramiques et de plusieurs autres disciplines. Cet espace qui dégage une odeur ensorceleuse d’une Algérie antique constitue à lui seul un festival à l’intérieur du festival.
Le paradis des odeurs anciennes
Attiré naturellement par cette palette où sont représentés tous les genres traditionnels du pays, le visiteur est tout simplement subjugué par la richesse et l’originalité de cet espace où il peut passer des heures à batifoler d’un stand à l’autre, discuter longuement avec les artisans pour enfin céder à l’envie pressante de s’offrir quelques petites merveilles venues du Hoggar, de l’Ouest algérien ou de Kabylie. Ce grand intérêt accordé par le festival à l’artisanat s’inscrit dans la démarche principale des organisateurs qui misent sur le retour aux origines comme facteur de réussite dans le challenge du développement durable et du tourisme. Plusieurs villages du territoire d’Ath Bimoune où est situé le mont Djoua ont été désertés depuis qu’il a été déclaré zone interdite en 1958 par les autorités coloniales. Cet exode massif a donc entraîné un abandon total des métiers anciens caractéristiques de la région, dont l’artisanat. «Nous ne pouvons pas aller vers l’avenir et élaborer des projets modernes si nous ne nous tournons pas vers ce qui a fait jadis l’essor économique et social de nos villages. Le tourisme de montagne qui fait partie de nos perspectives exige la revalorisation des métiers anciens qui font également partie d’un patrimoine menacé par l’oubli», nous explique M. Youcef Khelfaoui, président de l’association Djoua.
Le patrimoine, ce mot cher aux organisateurs, est au cœur du festival puisqu’il s’agit avant tout de sa réhabilitation et de sa protection. La tâche est loin d’être facile mais la volonté y est. En témoigne ce «Mur de la mémoire» dont la construction a été entamée le deuxième jour du festival par les 400 enfants venus des 48 wilayas, chacun muni d’une pierre ramenée de sa région pour la déposer sur le chemin muletier qui mène au pic de Djoua. Ce mur n’est à présent qu’une petite esquisse de ce qui deviendra dans quelques années un monument de mémoire qui rappelle inévitablement le chemin sinueux emprunté par nos aïeuls pour transporter et vendre leur charbon de bois, leur chêne-liège et leur miel au port de Béjaïa. Le patrimoine fut également représenté par l’art culinaire. Vieilles dames, jeunes filles et garçons se sont mis de la partie pour préparer aux visiteurs de succulents plats traditionnels. Dans ce même cadre de réhabilitation du patrimoine, une opération de restauration d’une vieille maison kabyle a eu lieu dans le village d’Ath Bimoune. Les travaux qui ont commencé pendant le festival se poursuivront lors de la prochaine édition et aboutiront à la rénovation totale de cette bâtisse qui témoigne d’une architecture rurale unique en son genre. Le patrimoine mis en valeur par le festival ne se limite pas aux aspects de la vie quotidienne d’une société kabyle révolue mais s’étend également aux temps les plus reculés de l’histoire.
Le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) se met également de la partie. Dès le lancement du Festival de Djoua, une expédition de jeunes étudiants en archéologie, menée par le professeur Brahim Boussaâdia, a été dépêchée au pic montagneux de Djoua par l’anthropologue de réputation internationale et président du CNRPAH, M. Slimane Hachi. Les fouilles ont débuté le 16 juillet et ont duré jusqu’au 20 du même mois. «Le CNRPAH a initié ces fouilles car nous avons reconnu l’importance de ce site. Nous y avons découvert jusqu’à maintenant des structures de constructions anciennes et des céramiques qui dateraient soit de l’ère antique, soit de l’ère médiévale. Nous ne pourrons trancher avant de faire les analyses requises. Ces fouilles seront officialisées et nous permettront donc de mettre ce site sous protection du Centre et donc de l’Etat», nous affirme M. Hachi. Quant au professeur et chef de l’expédition M. Boussaâdia, il insiste sur la nécessité de s’intéresser à l’anthropologie et à l’histoire rurale : «Nous avons jusque-là accordé plus d’importance aux découvertes archéologiques en milieu urbain, au détriment du rural. J’estime que ce que nous pourrons trouver comme pièces antiques en milieu rural représentera mieux l’histoire du pays». Les fouilles se poursuivront l’année prochaine et promettent déjà des découvertes intéressantes dans ce pic où la terre humide murmure dans le brouillard une présence secrète, celle probablement d’une vie antique qui anima un jour le quotidien de cette montagne.
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31st July 2010 00:04 #5
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Samedi 31 Juillet 2010 -- Béjaïa, l’une des villes les plus courtisées par les estivants, constitue une destination de rêve pour les touristes locaux, émigrés ou même étrangers qui désirent passer des vacances paisibles dans ce paradis miniature où la beauté des paysages le dispute au charmant accueil de la population. Dans cette ville aux mille mystères et autant de joies et de découvertes, un événement marque depuis l’an dernier la saison estivale. Il s’agit du festival de Djoua organisé par l’Association pour la protection et le développement du patrimoine et du tourisme. Il s’est déroulé du 15 au 22 juillet . À quelques mètres du village artisanal, des stands disposés en amont hébergent l’espace associatif animé par une centaine de jeunes étudiants venus de Béjaïa et d’ailleurs. Le Club scientifique de l’université de Béjaïa expose quelques échantillons d’animaux conservés dans le formol tels que le serpent d’eau douce, le cancer, l’anguille, le scorpion et même un couple de chardonnerets. Plus loin se trouve l’association des artistes peintres de Béjaïa où sont exposés des dessins d’enfants de moins de douze ans : dessins mettant en valeur la beauté lancinante de Djoua et la richesse faunique et florale de la région. C’est là une belle petite ruche de jeunes talents obnubilés par l’ambition de devenir un jour de grands artistes peintres. Les herbes médicinales sont également à l’honneur avec une étonnante palette de plantes et de fleurs dont les vertus ont été découvertes, cela fait des siècles, grâce à la clairvoyance et la curiosité de nos ancêtres. Dans le cadre des activités associatives, 120 enfants myopathes ont été conviés au festival où ils ont eu droit à une visite guidée du site ainsi qu’aux galas de la soirée. Il ne faut pas oublier les soixante pensionnaires de Diar Ar-rahma de Béjaïa qui ont, eux aussi, bénéficié d’un séjour d’un jour au cœur de ce festival qui n’a pas manqué son effet enchanteur sur ces personnes marginalisées, souvent des laissés-pour-compte. On l’aura compris, le festival de Djoua est une manifestation pluridimensionnelle qui s’inscrit dans une démarche citoyenne où chaque personne a son mot à dire pour réussir le grand challenge. Celui de faire de Djoua un haut lieu d’échanges et de rapprochement humains.
La musique, attraction numéro 1
L’été sans musique est, tout le monde le sait, une saison bien triste. La deuxième édition du festival de Djoua s’est trouvée embellie par la présence d’une cinquantaine d’artistes dont plusieurs de renommée internationale. Djoua, ce site perché sur une montagne imprenable, héberge aujourd’hui un festival annuel aux ambitions titanesques si l’on en juge par la richesse et la diversité de son programme. Le patrimoine et le souci de sauvegarde de la mémoire collective sont au cœur de cette démarche inouïe où le mot «impossible» est exclu du langage courant. Pour les organisateurs, le programme musical ne constitue que l’aspect attractif et divertissant du festival. Mais les dizaines de milliers de personnes qui affluent sur le site à partir de 20h, heure où commencent les galas, ne l’entendent pas de cette oreille. La majorité des visiteurs sont essentiellement attirés par le prestigieux planning musical où luisent des noms incontournables de la scène nationale, tels que Amazigh Kateb, Djamel Allam, Gaâda Diwane Béchar, Chikh Sidi Bémol, Brahim Tayeb, Tagrawla et autres artistes locaux de la région. Il ne faut pas oublier ces «curiosités» étrangères venues des quatre continents pour faire découvrir au public de Béjaïa une musique d’outre-mer. Citons l’Orchestre kurde de Diar El-Bakir, la pianiste contemporaine japonaise Sachiko Kato, la compagnie de musiques méditerranéennes Rassegna et la troupe de musique amérindienne venue d’Argentine Orquestra de Instrumentos Autoctonos. Tout ce beau monde vient faire de Djoua un gigantesque music-hall en plein air qui promet autant de plaisir que de découvertes, avec un penchant visible pour les musiques traditionnelles. En effet, le programme musical s’avère être dans la continuité des activités artisanales et associatives. 80 % des artistes conviés au festival offrent une palette de musiques originelles issues du patrimoine maghrébin, africain et universel. On a alors droit à des soirées éthérées, baignées dans une plénitude contagieuse où l’esprit comme le corps se laissent prendre dans une vertigineuse ascension vers la félicité.
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31st July 2010 00:05 #6
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continued.....
Mer et désert s’embrassent en dansant
La scène, fournie par l’Office de Ryad El-Feth, a été installée à l’endroit le plus féerique du site. En bas d’une falaise, dos à la mer, sous un toit fait d’étoiles et de rayons lunaires et ayant une vue imprenable sur un public assis tout naturellement sur l’herbe, l’artiste ne peut rêver à meilleur cadre. Le Woodstock est encore loin mais cela commence drôlement à y ressembler. Et pour cause : la musique s’est vite adaptée aux humeurs de la montagne et l’on pouvait même voir depuis le Port de Béjaïa les lumières multicolores de cette scène aux tonalités plurielles qui fut le théâtre de spectacles époustouflants. Dès la soirée d’ouverture, le visiteur est déjà plongé au cœur d’une originalité déroutante. Un groupe d’enfants venus de toutes les wilayas du pays souhaitent la bienvenue au public, suivis du président de l’association Djoua, M. Youcef Khelfaoui et du commissaire du festival M. Boubeker Khelfaoui qui mettent l’accent sur l’aspect militant et novateur de l’événement : «Nous voulons faire de Djoua un haut lieu de culture et nous y parviendrons avec l’aide primordiale de nos concitoyens qui sont tous appelés à s’impliquer dans nos projets.» La première musique qui accueille la foule surgit d’un enregistrement d’où jaillit la voix veloutée du défunt artiste Farid Ali avec son chef-d’œuvre inoubliable A yemma ur-tsru (Mère, ne pleure pas). Ce chant patriotique kabyle a été repris en chœur par le public qui l’applaudit longuement. Un vieil homme des Ath Bimoune est ensuite convié sur scène pour la baraka ; une bénédiction symbolique offerte au festival par ce vieux maquisard qui nous a gratifiés d’un poème d’amour dédié à Djoua. Suivit alors la chorale symphonique de Sid Ali Bounab (Tazmalt) qui a interprété avec brio quelques morceaux anthologiques de la musique classique occidentale auxquels on a adapté des paroles kabyles. Quant au groupe de rock Les Abranis et malgré la brièveté de son passage, il a réussi, comme à l’accoutumée, à mettre le feu au public présent qui, en chœur, scandait avec lui quelques-unes de ses chansons cultes telles que Linda et Chennagh le Blues. Et pour clôturer cette soirée, place à la musique et à la danse kurde, représentées ici par l’orchestre de Diar El-Bakir venu du Kurdistan turc. Là encore, le public a répondu présent et a longuement acclamé cette formation aux talents multiples qui a donné des teintes orientales à la montagne berbère. La deuxième soirée, elle, a nettement pris des couleurs sahariennes avec en tête d’affiche le groupe mythique de chants traditionnels judéo-berbères, Ahellil. Cette procession de femmes toutes de blanc vêtues et parées de sublimes bijoux sahariens a pu faire découvrir à la grande majorité des personnes présentes l’inégalable magie d’un chant mystique superbement accompagné par les plaintes du Gumbri et le bruit tendre des claquements de mains agrémentant la hadra. Le lendemain, c’était la Méditerranée toute entière qui s’invita à Djoua, portée en musique par la compagnie Rassegna, dirigée par le brillant luthiste Bruno Allary et dont la partie andalouse est brillamment assumée par le violoniste tlemcénien Fouad Didi. Des chants venus de Corse, de Sicile, du Maghreb et des Balkans ont donc enchanté un public qui, depuis des siècles, entretient une relation passionnelle avec notre mère Méditerranée.
Djoua Kingston
Quant à la soirée du lundi 19 juillet, c’est le rush sans précédent. Plus de 20.000 personnes ont accouru à Djoua pour assister au spectacle tant attendu d’un jeune mythe de la musique algérienne : Amazigh Kateb ; l’un des artistes les plus incontrôlables qu’a connu notre scène nationale. Composé essentiellement de jeunes de moins de 30 ans, c’est un public fébrile et diablement enthousiaste qui envahit le terrain face à la scène et commence déjà à réclamer leur Amazigh national pendant qu’un poète local déclame des strophes pour le reste excellentes. Mais l’attente sera longue et les musiciens arrivés en retard mettent trop de temps à fixer leur balance. Ce qui n’a pas été sans utilité pour la surchauffe de ces 20.000 inconditionnels qui étaient prêts «à attendre jusqu’au petit matin pour admirer ce rebelle fils de rebelle», comme nous l’affirme avec bonne humeur Farid, un étudiant bougiote, en tamazight. Finalement, Amazigh Kateb monte sur scène sous les hurlements d’un public démesurément amoureux. «Bonjour», poème de jeunesse de Kateb Yacine, admirablement mis en musique par le fils prodige dans son premier album solo, ouvre le bal. Suivent des chansons dont la plupart sont issues de son dernier opus. Un clin d’œil presque obligatoire à son inoubliable parcours avec Gnawa Diffusion avec la chanson mythique Bab El-Oued Kingston n’a pas manqué son effet «atomique» sur l’assistance qui s’est soulevée comme un seul homme pour chanter en chœur ce texte irrévérencieux et libertaire à souhait. Amazigh nous dira après son spectacle : «C’est ça mon peuple. Des gens simples qui comprennent mon langage et qui adhèrent au seul dogme sincère qui est celui de la justice et de la liberté.» Inutile de lui demander s’il fut satisfait de son gala ; il vous le dira de lui-même : «C’était magique. Une communion délirante avec le public et du hbal sans limites ! « Mais être Amzigh Kateb n’est pas toujours une partie de plaisir. Après le spectacle, c’est une avalanche humaine qui se rabat sur la tente bleue qui fait office de loge pour prendre des photos, des autographes, voire débattre avec l’artiste sur… la révolution, rien que ça ! Mais Amazigh, malgré la fatigue et surtout la faim, prend ça avec une légèreté d’esprit enviable et ne se permet jamais de repousser ses «fanatiques». Une soirée de folie qui a donné satisfaction à tout le monde et marqué définitivement cette deuxième édition. D’aucuns, en effet, ne se privent de clamer haut et fort que ce fut la plus belle soirée du festival.
El-Bandi conquiert la montagne
Tout est bien qui finit bien, diront les organisateurs. En cette belle soirée du 22 juillet, près de 20 000 personnes sont venues dire au revoir au Festival de Djoua. Au programme de ce gala de clôture : le groupe Mahaléo du Madagascar, l’orchestre argentin de musique amérindienne, le Ballet national, Djamel Allam, Gaâda Diwane Bechar et, cerise sur le gâteau, Chikh Sidi Bémol. Chacun voulant à tout prix déposer son empreinte finale sur cet événement grandiose, cette soirée de clôture était la plus longue du festival. Après une performance «redoutable» de Djamel Allam qui a dégainé ses plus belles chansons, les Argentins ont offert une prestation théâtralisée d’une musique menacée par l’oubli : celle des indiens d’Amérique. Quant à Gaâda Diwane Bechar, ils ont littéralement plongé leur public dans une sorte de transe déchaînée provoquée par les mythiques Ya chafi ya aâfi, Sebhane Allah siffna wella chetwa et autres chansons cultes du groupe. Ce n’est qu’à 2h30 du matin que Chikh Sidi Bémol a pris possession de la scène. Accueilli comme il se doit pour un artiste de sa trempe, El-Bandi n’a pas été avare de sensations fortes. Avec seulement trois musiciens, un saxophoniste, un bassiste et un batteur, il a réussi à offrir un spectacle d’une qualité supérieure où il était question de chanter en chœur et a capella les titres les plus réputés de son répertoire. Une totale réussite tant par la qualité artistique du spectacle que par l’enthousiasme du public qui a tenu jusqu’à 4h du matin. Ce fut donc une clôture en apothéose d’un festival qui a drainé un total de 65.000 personnes tout au long de ces sept jours. Un événement grandiose qui n’a pas livré tous ses secrets et qui nous donne rendez-vous l’été prochain pour plus de surprises, d’émotions, beaucoup de projets et une panoplie de rêves.







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