Mardi 1 Juin 2010 -- L’artiste peintre et designer Zola Djenane expose, jusqu’au 5 juin, à la cybergalerie Didouche-Mourad, Alger. L’exposition de Zola Djenane est profondément marquée par la calligraphie berbère. Une vingtaine de tableaux sont proposés jusqu’au 5 juin à la cybergalerie Didouche-Mourad d’Alger. Profondément imprégnée par la culture berbère avec ses signes, son tifinagh et ses tatouages, l’artiste a recours à un style plus ou moins abstrait, où le cachet ancestral est présent sous diverses formes. Zola explore les profondeurs d’une culture millénaire et interroge les innombrables histoires qui jalonnent la mémoire berbère. Utilisant principalement des couleurs ocre, très caractéristiques de l’artisanat kabyle en particulier et amazigh en général, elle fait appel à une technique mixte pour faire ressortir l’âme du signe. L’artiste titre ses toiles avec des mots kabyles, comme pour associer la parole à la couleur, et traduire, dans leur langue originale, les formes et images surgies de cette culture ancestrale. Entre le tapis berbère, les bijoux et les peintures murales qui embellissent les maisons des villages éloignés, Zola plonge au cœur de l’esthétique traditionnelle berbère et prouve, comme tant d’artistes l’ont fait avant elle, que la mémoire collective constitue indéniablement une source inépuisable d’inspiration artistique.

L’abstraction expressionniste de Zola Djenane n’est pas sans rappeler quelques mouvements artistiques qui ont marqué la peinture algérienne contemporaine. Il est effectivement difficile de ne pas deviner l’influence de Denis Martinez ou encore du groupe Aoucham, dans le travail de cette jeune artiste. D’autant que ce sont là, sans doute, des passages presque obligatoires pour quiconque veut explorer l’intérêt esthétique des signes berbères. La beauté évidente des tableaux de Zola n’est cependant pas révélatrice d’une démarche artistique originale. En effet, il s’agit d’un thème maintes fois approché par plusieurs artistes, depuis Issiakhem jusqu’à Martinez en passant par Khadda. Il est donc difficile de se démarquer, encore moins de s’imposer, en tant que jeune artiste spécialisée dans la calligraphie berbère. Cette pratique tend à être galvaudée depuis quelques années, elle n’est pas la plus géniale dans le travail artistique contemporain en Algérie. Pour preuve, le groupe Aouchem a vite fait de s’essouffler, laissant le souvenir d’une expérience originale mais manquant de perspectives. Zola Djenane peint donc en dilettante, avec une maîtrise ordinaire de son style et une certaine platitude dans le traitement de son thème. Malgré cela, l’exposition est loin d’être inintéressante pour le visiteur, qui trouvera certainement son plaisir à la vue de ces signes et images représentatifs d’une culture riche que l’on doit, plus que jamais et par tous les moyens, préserver contre l’oubli.