Lundi 2 Août 2010 -- L’artiste photographe Fatima Chafaa expose, jusqu’au 8 août, une série d’œuvres récentes sous l’intitulé «Boîte d’archives», à la cybergalerie Didouche-Mourad, Alger. De sa boîte d’archives, Fatima Chafaa nous donne à voir une trentaine de souvenirs et de bribes de vie prises sur le vif tout au long de ses nombreux voyages. Ce sont des images chopées sur les routes arpentées par l’artiste, dans les cafétérias, les salles de cinéma, les maisons et les jardins. Très réalistes mais non moins suggestives, ces photographies dénotent une certaine sensibilité développée par Fatima envers les choses simples et d’apparence banale qui jonchent la vie quotidienne. Armée de son seul appareil et d’une curiosité sans bornes, Fatima parcourt les rues et les routes et ne rate aucune occasion pour faire vivre et parler le sujet de sa photographie, qu’il soit humain ou simple objet inerte.
L’objectif de Fatima vise aussi bien les graffitis sur les murs et les différents types d’affiches que les personnes anonymes et toutes sortes d’objets croisés sur son chemin. Le visage de Matoub Lounès tagué sur la façade d’une cafétéria sans prétention côtoie, dans cette exposition, celui d’une femme âgée kabyle portant un fardeau de bois. On peut également admirer quelques instantanés de vie quotidienne captés par l’appareil de l’artiste à l’image de cette pancarte accrochée à l’entrée d’un lieu de pèlerinage, où il est expressément exigé aux visiteurs une tenue correcte pour y avoir accès ; sans oublier les visages souriants de deux enfants s’amusant dans un bidonville.
Fatima sait également adresser des clins d’œil éloquents à ses concitoyens ; en témoigne cette photo prise d’une affiche déchirée du FLN où est écrit «Le rôle de la femme dans la société» ou encore cette icône chrétienne où figure une sainte dont la tête a été coupée par quelques mains malveillantes. Fatima présente ainsi son travail : «J’ai sélectionné trente photos réalisées ces dernières années ; photos jamais exposées, jamais pensées, prises instinctivement, presque en cachette, clics de quelques secondes pour ne pas froisser le sujet réfléchi. Boîte d’archives se veut quelque part une boîte de Pandore d’où jailliraient mes souvenirs de lieux, de personnes, de villes et de pays. Elle est aussi une partie de ma mémoire personnelle, où sa partie somnolente reste réceptive et vigilante.»
On a effectivement vite l’impression, en parcourant ces trente photographies, que l’artiste donne la primauté à la spontanéité de la prise, aux dépens de sa qualité technique. En résultent alors quelques photos maladroites, où le regard du visiteur éprouve une certaine difficulté à comprendre l’image et à l’imprimer dans la mémoire visuelle. Est-ce là l’expression d’une recherche artistique qui peine à se fixer une thématique et à trouver une ligne directrice, ou est-ce seulement la touche personnelle de Fatima qui tenterait de titiller la curiosité et même la nervosité du visiteur ? Quoi qu’il en soit, cette exposition figure parmi les plus belles expos organisées par l’Etablissement arts et culture d’Alger dans la cybergalerie Didouche-Mourad depuis le début de l’année.
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2nd August 2010 07:56 #1
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Sarah Haïdar :







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