Jeudi 31 Mars 2011 -- Durant le cycle de longs métrages italiens, l’Institut culturel italien d’Alger donne rendez-vous, du jeudi 31 mars au jeudi 21 avril, pour apprécier quatre œuvres, à 19 h, dans sa salle polyvalente d’El-Biar. Un petit vent de dolce vita soufflera tout au long du mois d’avril à Alger. Comme chaque année, le cycle du cinéma italien revient avec des œuvres récentes d’auteurs qui ont imposé la reconnaissance dans les festivals internationaux. Pour commencer, la soirée d’aujourd’hui, jeudi, sera consacrée au film d’Isotta Toso, Le Choc des civilisations pour un ascenseur sur la place Vittorio. Ce long métrage est l’œuvre première de cette réalisatrice qui a assisté Davide Marengo pour Notturno bus. Ayant transposé le roman d’Amara Lakhous, journaliste et écrivain algérien qui vit à Rome depuis 1995, la cinéaste a abordé le sujet, à l’origine grave, avec légèreté. Scontro di civiltà per un ascensore a Piazza Vittorio (roman paru en 2006 et traduit chez Actes Sud) raconte un meurtre dans un immeuble. Les voisins sont tous un peu plus étranges les uns que les autres. Le «Gladiateur» vient d’être retrouvé assassiné dans l’ascenseur de son immeuble. La police soupçonne alors Amedeo, qui a mystérieusement disparu après la découverte du corps. Pourtant, aucun habitant de l’immeuble ne veut croire à sa culpabilité. Chacun d’eux fait sa déposition au commissariat pour disculper Amedeo et donner sa version de l’affaire. Peu à peu, le lecteur se demande qui est réellement cet Amedeo caméléon et a tendance à ne plus s’intéresser au nom du meurtrier. Dans cette Italie multiculturelle, concentrée dans le quartier de Piazza Vittorio, sur le mont Esquilin, entre la gare Termini et la cathédrale Saint Jean, au centre de Rome, l’auteur étale son regard d’étranger, non sans donner un titre provocateur à son roman. Roman réalisé sous forme de journal structuré en treize parties. Ce livre est avant tout l’expression d’un malaise, celui de personnages immigrés de l’étranger, nommés confusément «Extracomunitari», et ce quelles que soient leurs origines. Ils sont également nommés «Marocains» et «Albanais» par rapport à des Italiens «autochtones». Ces étrangers, y compris les Italiens immigrés d’autres régions de la Péninsule, sont égaux face à l’exil, à la crise identitaire, à la nostalgie et aux regrets. Pour Amara Lakhous, «le problème est que l’estomac de ma mémoire n’a pas digéré tout ce que j’ai avalé avant de venir à Rome. La mémoire est exactement comme l’estomac. De temps en temps, elle m’oblige à vomir. Je vomis les souvenirs du sang continuellement. Je souffre d’un ulcère à la mémoire. Y a-t-il un remède ? Oui : l’ululement ! Auuuuh». Voilà donc la synthèse d’un voyageur qui a rencontré des civilisations lors de son itinéraire entre Alger et Rome.
Scontro di civiltà per un ascensore a Piazza Vittorio
Réalisation de Isotta Toso
Scénario : Isotta Toso, Maura Vespini, Andrea Cotti
1h35, 2009
Avec Kasia Smutniak, Daniele Liotti, Ylmaz Serra, Ahmed Hafiene, Marco Rossetti...
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31st March 2011 00:08 #1
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4th May 2012 19:46 #2
Merci bcp







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