Lundi 28 Avril 2008 -- Le Musée national d’art moderne et contemporain d’Alger (MAMA) abrite a partir d’aujourd’hui jusqu’au 31 mai l’exposition intitulée : «Les artistes internationaux et la révolution algérienne».
Pendant la guerre de libération nationale, la solidarité internationale à l’égard du peuple algérien prit de multiples formes. Celle des artistes de toutes disciplines ne fut pas la moindre et, parmi eux, les peintres, sculpteurs et graveurs, se distinguèrent par la production d’œuvres marquantes qui témoignent encore aujourd’hui de leur sensibilité et de leur engagement. Des noms aussi prestigieux que Picasso, Matta ou Masson, grandes figures de l’art mondial, se trouvent dès lors associés à cet élan extraordinaire en faveur de l’indépendance algérienne.
Ce mouvement, concentré autour des années 1950, s’appuie sur le plan artistique sur deux éléments : premièrement la peinture moderne algérienne voit le jour à partir d’un noyau de pionniers (Benanteur, Issiakhem, Khadda, Mesli...) qui se sont rendus à Paris pour étudier et découvrir l’art moderne. Deuxièmement, L’art contemporain universel s’impose dans le monde à travers une multitude de courants et tendances reconnus comme une étape radicalement nouvelle de l’histoire de l’art.
L’art moderne algérien naissant est fondamentalement un art de rupture avec l’orientalisme, instrumentalisé par la colonisation. Il est dans ses sources picturales anciennes une affirmation de la revendication nationale, de l’identité et de l’indépendance. De même, l’art moderne universel, en rupture avec le classicisme, se caractérise par le respect de l’identité artistique des peuples colonisés et s’accompagne de positions politiques forgées dans la résistance au nazisme et aspirant à la liberté des peuples et des individus. Aussi, l’art moderne algérien se reconnaît-t-il dans l’art moderne universel tandis que celui-ci reconnaît comme juste le combat du peuple algérien.
L’exposition : «Les artistes internationaux et la révolution algérienne» rend compte de manière démonstrative de ces différents aspects. Pour la première fois, sont réunies grâce aux artistes, aux ayants droit, aux musées publics et aux collectionneurs privés, ces œuvres signées des grands noms de la peinture moderne et qui, dénonçant la condition coloniale du peuple algérien, les exactions à son encontre ou l’usage massif de la torture, sont des témoignages précieux de la solidarité de l’art moderne et contemporain avec l’Algérie en lutte.
Cette exposition qui comprend le fameux dessin de Picasso sur Djamila Boupacha, est aussi une manière de découvrir les tendances de l’art de cette période. Elle est surtout l’expression d’une reconnaissance marquée de la nation algérienne à ces grands artistes qui, par leur talent, leur courage et leur sincérité, ont contribué à sa résurgence.
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28th April 2008 20:25 #1
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Exposition «Les artistes internationaux et la révolution algérienne»
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30th April 2008 22:34 #2
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Mercredi 30 Avril 2008 -- Les artistes internationaux et la révolution algérienne est le thème d’une exposition qui se tient au Musée national d’art moderne et contemporain d’Alger et se poursuivra jusqu’au 31 mai 2008. Celle-ci entre dans le cadre de la manifestation Alger, capitale de la culture arabe 2007. L’exposition a été inaugurée par Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture. Cette exposition est placée sous le patronage du président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika. Elle est organisée par le Musée national d’art moderne et contemporain et l’Office national des droits d’auteurs. Cette exposition rend compte de manière démonstrative des différents aspects du thème. Pour la première fois, sont réunies, grâce aux artistes, ayants-droit, musées publics et collectionneurs privés, ces oeuvres signées des grands noms de la peinture moderne et qui, dénonçant la condition coloniale du peuple algérien, les exactions à son encontre ou l’usage massif de la torture, sont des témoignages précieux de la solidarité de l’art moderne et contemporain pour l’Algérie en lutte. Autrement dit, de véritables plaidoyers pour la paix.
L’ensemble de ces oeuvres répondent à divers liens, en l’occurrence la violence, la dénonciation, la souffrance, l’abstraction lyrique et le témoignage. Comment ces artistes peuvent-ils aider à hâter l’unité et la solidarité du peuple algérien? Telle est la question à laquelle tend à répondre l’exposition. Preuve en est que les produits culturels sont porteurs d’émotions, de sentiments, d’idées, de pensées, de signes, de symboles, de valeurs et de messages, plus ou moins intenses, qui atteignent la sensibilité des personnes. En outre, ils permettent de renforcer les ressorts psychologiques, de se libérer des pratiques rétrogrades. De plus, ils produisent des effets positifs sur les habitudes et les attitudes, les motivations et les comportements et ils suscitent des sentiments élevés du respect de la vie humaine. Ainsi, ils aideront à combattre l’exclusion et à instaurer une culture de la paix. Ces artistes ont pu aussi avoir une influence positive sur l’esprit d’un peuple, sur l’image du pays, sur ses options et ses orientations. Ils ont pu aussi apporter une contribution aux échanges et aux grands courants mondiaux de civilisation, au dialogue des cultures. Et pourtant, cet événement fut une première dans le genre. Cependant, force a été de constater le manque d’engouement de la population pour ce genre d’événements culturels.
Cette exposition est surtout l’expression d’une reconnaissance marquée de la Nation algérienne à ces grands artistes qui, par leur talent, leur courage et leur sincérité, ont contribué à sa résurgence. Pendant la guerre de Libération nationale, la solidarité internationale à l’égard du peuple algérien prit de multiples formes. Celle des artistes de toutes disciplines ne fut pas la moindre et, parmi eux, les peintres, sculpteurs et graveurs, se distinguèrent par la production d’oeuvres marquantes qui témoignent encore, aujourd’hui, de leur sensibilité et de leur engagement. Des noms aussi prestigieux que ceux de Picasso, Matta ou Masson, grandes figures de l’art mondial, se trouvent, dès lors, associés à cet élan extraordinaire en faveur de l’indépendance algérienne. Ce mouvement de solidarité artistique, concentré autour des années 50, s’appuie sur deux éléments: la peinture moderne algérienne qui voit le jour à partir d’un noyau de pionniers (Benanteur, Issiakhem, Khadda, Mesli...) lesquels se sont rendus à Paris pour étudier et découvrir l’art moderne, d’une part, et l’art contemporain universel qui s’impose dans le monde à travers une multitude de courants et tendances reconnus comme une étape radicalement nouvelle de l’histoire de l’art.
Il est vrai que l’art moderne algérien naissant est fondamentalement un «art de rupture avec l’orientalisme», instrumentalisé par la colonisation. Il est dans ses sources picturales anciennes une «affirmation de la revendication nationale» d’identité et d’indépendance. De même, l’art moderne universel, en rupture avec le classicisme, se caractérise par un «respect de l’identité artistique des peuples colonisés» et il s’accompagne de «positions politiques» forgées dans la résistance au nazisme et aspirant à la liberté des peuples et des individus. Aussi, l’art moderne algérien se «reconnaît» dans l’art moderne universel tandis que celui-ci «reconnaît comme juste» le combat du peuple algérien. C’est pourquoi, il semble nécessaire de faire découvrir l’histoire à notre communauté et de la réconcilier avec elle-même.
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6th May 2008 07:00 #3
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Sihem Ammour :
Mardi 6 Mai 2008 -- Jusqu’au 31 mai, le Musée d’art moderne algérien (MAMA) accueillera une exposition inédite intitulée «Les artistes internationaux et la révolution algérienne». Placée sous le haut patronage du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, elle a été inaugurée il y a une semaine par la ministre de la Culture, Khalida Toumi, qui a souligné dans le catalogue de l’exposition que c’est avant tout une marque de gratitude et un hommage à tous ces artistes dont «la renommée mondiale comme l’immense talent furent une contribution émérite à l’indépendance de l’Algérie et leurs toiles, leurs dessins ou leurs gravures demeurent, aujourd’hui, un témoignage vivant de ce combat comme de l’honneur de leur engagement».
Des signatures aussi prestigieuses que celles de Picasso, de Matta ou de Masson, de Taslitzky, de Mireille Miailhe, de Fougeron, d’Henri Kréa, de Jean-Jacques Lebel, de Nasser Assar et tant d’autres sont présentes et témoignent de leur solidarité et de leur engagement aux côtés du peuple algérien en lutte pour sa liberté et sa dignité.
Parmi les œuvres les plus marquantes, les organisateurs ont choisi comme emblème à cette manifestation le portrait au fusain de Djamila Boupacha, signé de la main de Picasso, le 8 décembre 1961. Il illustre l’engagement de l’artiste aux côtés de la révolution algérienne. En effet, dans le but d’alerter l’opinion publique et de contribuer à sauver de la guillotine la jeune militante, ce dessin avait été publié à la une des Lettres françaises du 8 février 1962 et en couverture du plaidoyer de Simone de Beauvoir et de Gisèle Halimi publié chez Gallimard. Dans la présentation de cette exposition, il est expliqué que le mouvement de solidarité artistique, concentré autour des années 1950, s’appuie sur deux éléments essentiels marqués par la rupture tant dans la forme que dans le fond.
Tout d’abord, la rupture du premier noyau de la peinture moderne algérienne qui voit le jour grâce à des artistes tels que Benanteur, Issiakhem, Khadda et Mesli qui, lors de leur séjour parisien, marquent une véritable rupture avec l’orientalisme instrumentalisé par la colonisation. Ils puisaient leur inspiration moderne dans leurs racines identitaires pour une affirmation de la revendication nationale d’indépendance.
Ensuite, il s’agit d’une deuxième rupture, celle de l’art contemporain universel qui s’impose dans le monde à travers une multitude de courants et de tendances. «En rupture avec le classicisme, il se caractérise par un respect de l’identité artistique des peuples colonisés et s’accompagne de positions politiques forgées dans la résistance au nazisme et aspirant à la liberté des peuples et des individus.» A ce sujet, Henri Alleg, dont la Question avait inspiré à sa parution à Matta une œuvre picturale éponyme, avait écrit dans sa préface à l’Art et l’Algérie insurgée d’Anissa Bouayed, commissaire de l’exposition : «Des peintres algériens et étrangers, bouleversés par ce qu’ils savaient ou devinaient, ont, dans le sillage de Goya, traduit sur la toile leur indignation devant les horreurs de la guerre et leur solidarité avec les combattants de l’indépendance et de la liberté.»
Ainsi, M’Hamed Issiakhem et d’autres à sa suite, comme Myriam Ben, Abdallah Benanteur, Fares Boukhatem, Mohammed Khadda, Denis Martinez, Choukri Mesli, Ismaïl Samsom, Bachir Yelles ou Arezki Zerarti témoigneront de la résistance de leurs compatriotes. Entre 1957 et 1963, ils seront de plus en plus nombreux à prendre conscience et à témoigner de la guerre menée contre les Algériens et des méthodes employées par l’armée française et parmi eux Chafik Abboud, Dino Abidine, Vasco Gasquet, Renato Guttuso, Mariano Hernandez, Jean-Pierre Jouffroy, Ladislas Kijno, Robert Lapoujade, Jean Lurçat, Michel Parré, César Peverelli, Edouard Pignon, Yasse Tabuchi et le dessinateur Siné. Rappelons qu’il y a plus de quarante ans, en 1964, en prémices à l’ouverture d’un musée d’art moderne à Alger, 80 artistes de 26 nationalités différentes avaient participé à la salle Ibn Khaldoun à Alger à une exposition intitulée «l’art et la révolution algérienne», dont les œuvres ont été offertes à l’Algérie indépendante.
Après l’exposition, cette exceptionnelle donation fut déposée au Musée national des beaux-arts d’Alger qui la versa à ses collections. A travers cette exposition, il est ainsi possible de revoir ces œuvres qui sont le symbole de la permanence de l’engagement des artistes internationaux aux côtés du peuple algérien et qui avaient un double but : «Remettre au peuple algérien un ensemble d’œuvres inspirées de sa révolution, et constituer le premier fonds d’un futur musée d’art moderne qui devait être aussi le premier d’Afrique.»
Aujourd’hui, cet élan de solidarité se poursuit à travers la mobilisation des différentes institutions internationales, des ayants droit et d’artistes qui ont prêté gracieusement les œuvres pour cette manifestation. Les organisateurs ont tenu encore une fois à exprimer leur gratitude envers eux. Particulièrement aux peintres Gosselin, Erro, Rancillac et Tyszblat pour la générosité du don qu’ils font à l’Algérie à l’occasion de cette exposition. Citons aussi Jacques Arnault, un combattant des libertés, auquel Issiakhem avait offert une densité de lumière peinte en 1960 nommée Algérie. Après avoir vécu 50 ans avec ce tableau, Arnault veut maintenant que l’Algérie retourne aux Algériens.
Pour conclure, citons l’universitaire Benamar Médiene, qui convie les Algériens à visiter «Les artistes internationaux et la révolution algérienne» qui se poursuivra jusqu’au 31 mai au MAMA en soulignant qu’«ils verront que l’Algérie et son combat étaient au cœur du monde ; un acte de liberté universelle, un prestige humaniste et une espérance.»




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