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  1. #22
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    Jeudi 9 Août 2007 -- Comme annoncé dans notre édition de mardi passé, les inspecteurs du Travail dépendant de la circonscription d’El-Hadjar (wilaya de Annaba) ont pris attache, hier, avec la direction générale de Arcelor Mittal pour s’enquérir de la situation qui prévaut au sein du complexe sidérurgique et vérifier l’état d’avancement du protocole d’accord que le partenaire indien a conclu avec les représentants des travailleurs. Cette visite fait suite aux deux saisines adressées à l’inspection citée par les représentants des travailleurs l’informant du non-respect par les responsables du complexe des échéanciers d’application de dossiers relatifs à la situation administrative des collectifs.

    Les inspecteurs du Travail avaient auparavant tenu une réunion avec les membres du syndicat d’entreprise auprès desquels ils ont recueilli un certain nombre de réserves et d’observations sur le traitement dudit document par l’employeur. Les fonctionnaires de la direction du Travail se sont refusé le moindre commentaire sur ces rencontres, estimant qu’il est trop tôt pour se prononcer dans un dossier aussi sensible, surtout qu’il engage l’avenir d’un partenariat jugé par tous comme étant florissant.

    La réglementation prévoit, en effet, un délai de quatre jours minimum avec possibilité de prorogation de ce délai d’une semaine supplémentaire pour épuiser la procédure de conciliation. L’arrivée en Algérie, hier en fin de journée, de la délégation de responsables désignés par le P-DG de Arcelor Mittal en personne pourrait, par ailleurs, désamorcer la crise, surtout que M. Willie Smith est du nombre des négociateurs. Ce dernier qui est, rappelons-le, le DRH du groupe pour la zone Afrique-Asie et qui est l’une des personnalités les plus à même de prendre les décisions idoines, n’avait pu faire le déplacement plus tôt à cause d’un problème de visa, ce qui avait fortement contrarié le syndicat d’entreprise.

    Nous apprenons que le secrétaire général de l’UGTA, M. Abdelmadjid Sidi-Saïd, s’est, de son côté, entretenu dans la même journée avec les représentants des travailleurs, en l’occurrence MM. Aïssa Menadi et Smaïl Kouadria, et qu’il les a assurés du soutien de la Centrale syndicale, tout en leur demandant de le tenir informé du développement de la situation.

    Les membres du syndicat d’entreprise déclarent, pour leur part, que l’heure est à la vigilance et que toutes les mesures de sécurité ont été prises avec les coordinateurs d’ateliers. M. Kouadria, qui assure au même titre que ses autres coélus la permanence de la cellule de crise installée au sein du complexe, depuis samedi dernier, affirme que toutes les installations sont en production et que les travailleurs sont à leur poste.


  2. #23
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    Samedi 11 Août 2007 -- Le conflit social, qui oppose depuis le début du mois d’août courant le syndicat d’entreprise à la direction d’Arcelor Mittal Annaba, prend décidément des allures de feuilleton. Les pourparlers reprendront lundi ou mardi prochains.

    La venue à Annaba, jeudi, d’une délégation de hauts responsables du groupe, mandatée depuis Londres pour dénouer la crise, n’aura rien apporté de probant ni de nouveau. Selon les syndicalistes, qui ont participé à une réunion de travail avec le DRH et du chef du département leadership et développement d’Arcelor Mittal, on s’acheminerait plutôt vers un prolongement du statu quo. Ces derniers se seraient limités à recueillir, en évitant de les commenter, les réserves qu’opposent les représentants des travailleurs au plan social que les responsables du groupe tentent d’appliquer au niveau du complexe d’El-Hadjar. Plan social dont la finalité inavouée serait, toujours selon les syndicalistes, de réduire encore plus les effectifs des unités de production, en les rationalisant à leur plus simple dimension.

    MM. Willie Smith et Laurent Mallet, qui s’étaient réunis avec le staff de la direction générale du complexe dans la journée, ont donc rencontré les deux principaux membres du bureau syndical d’Arcelor Mittal Annaba. Ils ont quitté Annaba pour Londres, vendredi tôt dans la matinée, en s’engageant à revenir dès lundi ou mardi pour une reprise des négociations, après consultation de leur patron. M. Kouadria Smaïn, qui ne cache pas sa déception quant au peu de sérieux qui a caractérisé cette rencontre, a déclaré que “les travailleurs attendaient beaucoup des émissaires particuliers du P-DG, dont ils espéraient un quelconque pouvoir de décision. Ceux-ci se sont avérés aussi peu investis de leur rôle de responsables véritables que les membres de l’équipe dirigeante du complexe en se référant constamment à leur hiérarchie à l’étranger. Nous déplorons cette attitude et estimons être en droit d’exiger dorénavant des négociations directes avec des interlocuteurs qui ont un pouvoir de décision réel”.

    Allusion on ne peut plus claire à la tournure que lui-même et Menadi comptent donner aux événements. Le syndicat annonce, en effet, sa détermination à faire entendre sa voix “quoi qu’il en coûte”, en privilégiant, toutefois, le dialogue et la concertation et en respectant à la lettre la législation en vigueur, est-il souligné. “Le partenaire indien veut de toute évidence nous avoir à l’usure et appliquer le volet social comportant, notamment, la compression du personnel. Nous nous attendions à une telle mesure depuis la fusion de notre partenaire initial Mittal Steel avec Arcelor, surtout depuis que ce dernier a déclaré clairement sa vision de la gouvernance du groupe”, regrette ce membre du comité d’entreprise du complexe qui dit avoir vécu toutes les étapes de la privatisation de l’ex-En Sider, avant d’ajouter : “Tout le monde sait aujourd’hui que les engagements pris en 2001 par le repreneur indien, particulièrement ceux concernant le maintien en poste des personnels, ne peuvent pas être indéfiniment tenus. La logique du désormais n°1 mondial de l’acier qu’est devenu Arcelor Mittal, qui emploie près de 320 000 travailleurs dans 61 pays, est fondée sur le profit. Il n’y a pas d’illusions à se faire, force est, par conséquent, pour nous syndicalistes de nous battre pour préserver au maximum les postes d’emploi et d’obtenir pour tous nos camarades les meilleures conditions de travail possibles.”

    Le secrétaire général par intérim du syndicat se dit fort du soutien de tous les travailleurs et annonce qu’un bulletin interne sera diffusé, dès ce début de semaine, pour l’ensemble des personnels des différentes unités du complexe, afin de les informer de ce qui a été fait avec l’employeur. “Nous demanderons à tous nos camarades d’être mobilisés dans l’éventualité d’un mouvement de grève générale et illimitée”, insiste-t-il.

    Une éventualité qui se précise de plus en plus, de l’avis du syndicaliste, au vu des atermoiements de l’employeur sur l’objet des revendications des travailleurs qu’il représente et compte tenu des démarches déjà engagées avec l’inspection du Travail pour se faire délivrer un procès-verbal de non-conciliation. Ce document est, rappelons-le, l’ultime phase réglementaire dans la procédure de règlement des conflits sociaux, avant l’annonce du préavis de grève et l’on s’attend à ce qu’il soit remis au syndicat lundi, date qui coïncidera justement avec le retour en Algérie des responsables du groupe d’Arcelor Mittal. Les événements se précipitent à grande vitesse. Ainsi, on se dirigerait de nouveau vers la paralysie du complexe. Affaire à suivre…


  3. #24
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    Samedi 11 aout 2007 -- Les négociateurs dépêchés de Londres, le DRH du groupe, M. Willy Smith, accompagné de son collaborateur, M. Laurent Mallet, ont discuté avant-hier au siège de la DG du complexe avec les syndicalistes le plan social de la direction. Selon M. Kouadria, le représentant du syndicat d’entreprise, les deux parties ne sont pas tombées d’accord sur le dossier en suspens.

    L’intention de l’employeur de mettre à la retraite pas moins de 1 200 employés, sans aucune contrepartie, et leur remplacement par de nouvelles recrues qui bénéficieront d’une formation adéquate, n’a pas reçu l’aval des syndicalistes.

    Nous ignorons si le plan de départ concerne le départ en retraite ou préretraite ou s’il s’agit de départs volontaires. Selon les règles de management, pour obtenir des réductions conséquentes des coûts, le renouvellement des employés seniors et peu qualifiés par des jeunes réduirait la masse salariale tout en augmentant la productivité.

    Mais le syndicat ne l’entend pas de cette oreille et serait décidé à ne pas lâcher prise. Les négociateurs dépêchés de Londres ont assisté à la rencontre d’avant-hier pour surtout découvrir les arguments des représentants des travailleurs afin d’adapter leur plan social.

    Il n’est pas exclu que, poussés par l’ambition de la productivité, les représentants de la direction générale lâchent du lest, lors des véritables négociations qui n’ont pas encore commencé. Elles le seront, probablement ce mardi lors d’une nouvelle rencontre.

    Le rendez-vous fera en outre monter la pression sur le camp des syndicalistes puisqu’il est programmé le jour de dépôt d’un préavis de grève, après l’expiration des huit jours impartis par la loi 90-02 pour la conciliation. Après le dépôt samedi passé du P.V. de non conciliation établi à l’issue d’une tentative préliminaire de négociations tenue le jour même entre les syndicalistes et un représentant de la direction du complexe, la voie de la grève est toute tracée.

    En sus de la mise en retraite des 1 200 employés, qui avait mis le feu aux poudres, de nombreux autres points restent en suspens et figurent parmi les différents protocoles d’accord signés entre les représentants des travailleurs et les dirigeants du complexe, allant de la permanisation de 1 120 travailleurs sous contrat à durée déterminée, au versement de primes spécifiques et au statut des agents de la coquerie.


  4. #25
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    Dimanche 12 Aout 2007 -- Demain sera le dernier jour de la période de conciliation, initiée par l’inspection du travail pour tenter de régler la crise au complexe d’El Hadjar. Le statu quo semble durer chez Arcelor Mittal Algérie après la rencontre, la semaine dernière, entre le syndicat d’entreprise et les deux médiateurs du groupe, dépêchés de Londres pour essayer de calmer la colère du partenaire social qui menace d’aller vers une grève illimitée après que la direction eut affiché son intention de pousser 1 200 travailleurs à aller vers une retraite anticipée.

    «Il ne s’agit que d’une prise de contact. Les deux mandataires du groupe ont pris note de nos revendications pour les transmettre aux décideurs. Ils se sont engagés à une deuxième rencontre pour demain ou après-demain», a expliqué, hier, M. Kouadria, le représentant du syndicat d’entreprise. M. Willy Smith, directeur des ressources humaines et son collaborateur M. Laurent Mallet, chef du département leadership et développement, ont écouté les propositions des syndicalistes relatives au plan social de la direction. Ils n’ont fait aucune proposition, devant tout d’abord se référer à leur tutelle. Ces derniers devront revenir à Annaba pour une deuxième rencontre demain ou mardi.

    «Dans le cas contraire nous déposerons, comme la loi le stipule, notre préavis de grève. Nous le ferons également dans le cas où les négociations échouent», souligne M. Kouadria. Les revendications du syndicat sont nombreuses mais la plus importante est celle d’avoir le droit à la négociation avant l’application de la stratégie de restructuration de l’entreprise. «La direction doit prendre conscience qu’elle ne peut procéder à sa politique de restructuration qui vise à la rationalisation des effectifs sans ouvrir les négociations avec le partenaire social», soutient le représentant syndical qui explique que les responsables d’Arcelor Mittal, après une étude, aspirent à réduire l’effectif qui est aujourd’hui de 8 200 employés, à 7 000.

    «La direction vise à pousser 1 200 travailleurs à partir à la retraite anticipée en leur proposant une indemnité de 60 millions de centimes.» Le syndicat ne s’y oppose pas mais soutient que les postes libérés doivent être remplacés «sinon ce sera une perte d’emplois. Nous soutenons qu’un recrutement doit avoir lieu mais aussi qu’une stratégie de relève soit appliquée». Autrement dit, le syndicat propose à la direction une formation, de 6 à 12 mois, des nouvelles recrues par les cadres partants qui ont une grande expérience en ce qui concerne le fonctionnement des équipements «sinon on ira droit vers la déperdition du savoir-faire et les équipements de pointe vont s’arrêter».

    D’autres doléances doivent également être prises en charge par la direction, ajoute encore M. Kouadria qui soutient que quatre accords ont été signés entre le partenaire social et Acerlor Mittal comportant treize points dont douze n’ont pas encore été concrétisés. «Nous avons signé des accords collectifs en 2003, 2004, 2006 et 2007 et plusieurs points ont été soulevés par le syndicat dont l’amélioration des conditions de travail, la prime de polyvalence, la mise en place d’un organigramme pour l’organisation du travail d’une façon propre au complexe… Jusque-là, aucun point n’a été concrétisé sur le terrain sauf celui des contrats à durée déterminée [CDD]. Nous n’avons plus d’employés CDD».

    Ce sont donc toutes ces revendications qui doivent être prises en charge par la direction sous menace d’une paralysie totale du complexe. «Nous sommes en contact permanent avec notre union syndicat, et le secrétaire général de l’UGTA, M. Sidi Saïd, soutient notre démarche», affirme M. Kouadria qui souligne que le syndicat d’Arcelor Mittal est ouvert au dialogue. «Nous sommes pour le dialogue et si d’ici mardi prochain, les représentants de notre tutelle reviennent avec des propositions, nous sommes prêts à négocier. Nous cherchons à trouver des solutions médianes qui arrangent les deux parties», mais dans le cas contraire, «nous déposerons notre préavis de grève».


  5. #26
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    Dimanche 12 Aout 2007 -- Depuis le lancement du programme de privatisation des entreprises publiques «déficitaires» vers la fin des années 1990, pouvoirs publics, partenaires sociaux et repreneurs -locaux et étrangers- se sont notamment entendus sur la sauvegarde de tous les postes d'emploi existants et la création de nouveaux. Une clause importante aux yeux des travailleurs qui s'y accrochent et n'entendent pas céder sur ce point capital qui garantit leurs droits les plus élémentaires. C'est, en quelque sorte, la règle sacrée de tous les contrats paraphés dans ce sens. Le géant de la sidérurgie mondiale, Arcelor Mittal, qui préside aux destinées du complexe d'El Hadjar depuis 2001, l'a appris à ses dépens. Voulant justement réduire ses effectifs, la direction locale du leader mondial de l'acier fait face, depuis le premier août dernier, à un conflit social sans précédent.

    En effet, les 8 300 salariés du complexe sidérurgique rejettent le plan social de la multinationale qui compte mettre à la retraite anticipée quelque 1 300 travailleurs. Après un débrayage d'une journée au début de ce mois, un premier round de négociations s'est soldé par un échec devant le refus catégorique des syndicalistes à toute réduction du personnel. Les deux parties s'étaient, cependant, donné rendez-vous pour demain afin de poursuivre le dialogue à la recherche d'une solution viable au problème. Arcelor Mittal compte peser, cette fois, de tout son poids pour étouffer la protestation. C'est le responsable des ressources humaines de la zone Afrique qui a été dépêché de Rotterdam pour faire avaler «la pilule» à ses vis-à-vis de l'UGTA.

    Cette obstination «dégressive» des responsables de l'entreprise obéit visiblement à la nouvelle stratégie du Groupe présidé par l'Indien Lakchemi Mittal qui consiste à baisser son niveau de la production de 3 à 4% pour soutenir ses prix à l'export tout en contenant la forte demande en la matière dans les pays émergents comme l'Inde ou la Chine. La décision de se «défaire» de plus d'un millier de salariés n'est vraisemblablement qu'une simple ficelle tactique dans l'agenda du groupe. Elle n'est surtout pas dictée par un quelconque impératif de rentabilité ou de stabilité financière du complexe d'El Hadjar, proprement dit.

    Cette nouvelle orientation «expansionniste» du géant Arcelor Mittal -actuellement en négociation pour l'acquisition de 38,41% du capital du leader chinois Laiwu Steel- va également à l'encontre des objectifs socio-économiques de l'Etat algérien (propriétaire de 30% du capital de la plate-forme en question) qui prône la sauvegarde des emplois et la création de nouveaux. Le conflit, qui intervient à la veille d'une rentrée sociale difficile, est évidemment porteur d'une grave «dérive» qui risque d'ouvrir la brèche à d'autres licenciements au niveau des autres unités privatisées.

    Sûr du bien-fondé de ses arguments, le partenaire social se montre intransigeant et déterminé à tenir tête pour que pareil précédent ne vienne pas à se produire. Il appartient également aux autorités publiques d'intervenir pour imposer le strict respect des contrats passés et veiller à l'application des lois algériennes régissant le marché de l'emploi et la législation du travail. Les implications du cas présent d'Arcelor Mittal sont assez lourdes pour mériter l'attention des plus hautes autorités du pays et susciter, à la fois, la solidarité de tous les travailleurs algériens.


  6. #27
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    Lundi 13 Août 2007 -- Devant le mutisme qu'oppose la direction générale d’Arcelor-Mittal à ses revendications au sujet de la restructuration des organigrammes, le syndicat d'entreprise du complexe d'El-Hadjar se montre de plus en plus virulent. Les représentants des travailleurs accusent ouvertement, aujourd’hui, les responsables du partenaire indien d'avoir mis en branle un plan social dont l'objectif serait de réduire les effectifs du complexe à 5 200 travailleurs avant la fin 2008. Cette information a été rendue publique, hier, par le biais d'un communiqué adressé par le syndicat à tous les organes de presse. Elle ne manquera pas d'avoir des retombées préjudiciables sur le climat déjà tendu qui prévaut au sein des usines sidérurgiques d'Arcelor-Mittal Annaba.

    Les syndicalistes, conscients de l'importance d'une telle mesure, en font un argument massue pour mobiliser les travailleurs qu'ils ont sciemment informés du projet de l'employeur dans la perspective du déclenchement d'un mouvement de grève. Il est évident qu'un “dégraissage des organigrammes” de cette envergure, et dans un délai aussi court, équivaudrait à la suppression pure et simple de près des 3 400 employés concernés, sur un effectif actuellement en exercice situé entre 8 300 et 8 600, et que l'on contraindra ainsi au chômage sans autre forme de procès. Le nombre des travailleurs qui activaient au sein du complexe était de 14 000 en 2001, et il est allé en diminuant, rappelons-le.

    Le projet de restructuration contre lequel s'insurgent les travailleurs avait pourtant été évoqué par certains observateurs avertis du mode de gouvernance anglo-saxon, notamment, et Liberté s'en était fait l’écho, il y a une année environ. On en est pourtant à se demander pourquoi les responsables du groupe Arcelor-Mittal n'ont pas privilégié la concertation avec les représentants des travailleurs plutôt que de décider de telles mesures en catimini. Signalons qu'à aucun moment, ces derniers n'ont évoqué d'éventuelles réductions des effectifs et parlaient plutôt de “l'instauration d'un environnement au sein du complexe où le travailleur s'épanouirait durablement”. Cette vision du mode de gouvernance du géant mondial de l'acier avait été présentée aux travailleurs en mars dernier, à l'occasion des journées sur la sécurité et la prévention des accidents.

    Les syndicalistes étaient alors confiants et évoquaient même l'éventualité d'une modernisation des équipements de production et de nouveaux recrutements. Les donnes ont bien changé depuis, et tout le monde se dit si l’on ne va pas droit vers le retrait stratégique du partenaire indien, notamment depuis sa fusion avec le groupe Arcelor, lequel avait émis d'entrée de jeu des réserves sur la viabilité du complexe sidérurgique d'El-Hadjar. Le groupe, qui affiche une santé financière insolente, aurait-il maintenant une raison valable de se passer des installations algériennes ? Il ne fait plus de doute, en tout cas, que les syndicalistes sont fermement décidés à sauver leur outil de travail et qu'ils iront jusqu'au bout de leur logique de contestation s'agissant de préserver les postes de travail de leurs collègues. Le bras de fer se poursuit donc en attendant le retour à Annaba, au plus tard demain si ce n'est aujourd'hui même, des émissaires du P-DG du groupe.


  7. #28
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    Mardi 14 aout 2007 -- C’est aujourd’hui que les véritables négociations seront entamées à l’issue d’un nouveau round jugé décisif entre les syndicalistes du complexe et les émissaires d’Arcelor Mittal, MM. Smith et Malet. Ces derniers ont remis leur rapport à la direction londonienne après un premier déplacement, jeudi dernier à El-Hadjar.

    Le déplacement des cadres, dépêchés par la DG était destiné surtout à prendre la température et tester les syndicalistes. C’est aujourd’hui aussi que, selon les dernières affirmations de M. Koudria, le leader du syndicat d’entreprise, que sera déposé le préavis de grève en cas d’échec de la rencontre d’aujourd’hui.

    La direction de l’entreprise a préparé un plan social pour le remplacement de 1 200 employés devant partir à la retraite. Entre-temps, dans un communiqué adressé avant-hier à la presse, M. Kouadria accuse la direction de vouloir réduire et tailler dans les effectifs du complexe en supprimant 5 200 postes d’ici 2008.

    Cette accusation a eu pour effet d’augmenter la pression dans le milieu des travailleurs, décidés plus que jamais à défendre leurs emplois. La situation semble d’autant plus complexe que les syndicalistes semblent aujourd’hui pris de court, eux qui ont toujours fait, du moins jusqu’à présent, entièrement confiance à leur direction, avec laquelle ils semblaient en parfaite synergie, du moins jusqu’à la fusion entre les deux géants.

    En attendant, de nombreuses questions restent en suspens, et les rumeurs et les déclarations vont bon train dans le milieu des travailleurs. Si la majorité d’entre eux sont indéfectiblement derrière leur syndicat certains, par contre, se déclarent «prêts à quitter le complexe s’ils obtiennent une compensation.» D’autres ajoutent que cette décision unilatérale de serait intervenue à la suite de certains «abus» constatés et illustrés par le nombre important de syndicalistes au sein du complexe «qui, en raison de leur statut, se contentent de pointer et de repartir, ce qui aurait poussé la DG à exiger que chaque atelier soit représenté par un seul travailleur.»


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