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  1. #106
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    Samir Allam :


    Lundi 25 Août 2008 -- En 2007, les entreprises internationales opérant en Algérie ont transféré un peu plus d’un milliard de dollars de dividendes vers leurs maisons mères à l’étranger, selon un document officiel de la Banque d’Algérie dont toutsurlalgerie.com a eu connaissance. Ce chiffre dément les indications fournies en mai dernier par Abdelhak Lamiri, économiste et PDG du groupe Insim, qui avait évoqué la somme de 7 milliards de dollars transférés. Un chiffre largement repris par la presse nationale. Ce chiffre a été également très commenté par de nombreux économistes qui ont alerté l’opinion publique concernant les risques de tels transferts d’argent vers l’étranger sur l’économie nationale.

    «Il est fort probable que ce chiffre des 7 milliards concerne l’ensemble des opérations réalisées avec l’étranger : facturation de prestations, achats de matériels…», selon une source bancaire interrogée par toutsurlalgerie.com. «Les transferts d’argent sont réalisés dans les conditions de transparence exigées par la loi algérienne. Aucune banque, algérienne ou étrangère, ne peut prendre le risque d’effectuer des transferts vers l’étranger pour le compte de sociétés sans l’accord préalable de la banque d’Algérie», précise la même source.

  2. #107
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    Lundi 25 Août 2008 -- L'été aura été marqué aussi bien par l'annonce de nouvelles dispositions en matière d'investissements étrangers que par la flambée terroriste. L'Algérie, n'offrant pas une scène politique qui permet des décryptages évidents, ce sont ces deux éléments d'actualité qui peuvent faire l'objet d'analyses. A l'évidence, en dépit de l'émotion qu'il suscite dans l'opinion, guère aidée il est vrai, par un discours officiel décalé, ce n'est pas le terrorisme qui suscite le plus d'interrogation. Tout au plus voit-on à travers les attentats suicide, la confirmation de « l'irakisation » des groupes armés. S'il est clair que ces attentats ne replacent pas le pays dans le contexte des années quatre-vingt-dix, ils n'en sont pas moins pris en compte par les analystes de risque. Ce genre de contexte de terrorisme meurtrier, spectaculaire, est bien connu dans d'autres régions du monde. Bien sûr, cette forme de violence ne constitue pas un obstacle pour les opérations commerciales courantes des entreprises étrangères. La véritable incidence sur les affaires est d'abord dans le renchérissement quasi-automatique des primes d'assurances et la réévaluation des dépenses de sécurité pour la protection des chantiers et des personnels. Paradoxalement, c'est moins la situation sécuritaire qui suscite des interrogations que l'apparente reconversion de la doctrine en matière d'investissements étrangers.

    Le ton virulent du discours du chef de l'Etat devant les maires, lors de l'évocation de l'attitude des investisseurs étrangers, fait davantage l'objet d'analyse qu'une situation sécuritaire où l'on a appris à faire la part des choses. La focalisation sur la dimension économique est d'autant plus accentuée que la philippique présidentielle survient après des années de discours libéral voire même de quasi-priorité accordée aux opérateurs étrangers, ce qui suscitait, d'ailleurs, l'exaspération silencieuse des patrons algériens. Ces derniers estiment que les programmes d'investissements publics, marqués par des délais impossibles à tenir par les entreprises nationales, n'ont fait que favoriser exagérément les entreprises étrangères. Beaucoup aussi trouvaient aberrant que les investissements étrangers soient considérés comme le moyen privilégié pour redynamiser une économie atone. Ce discours des opérateurs privés, comme celui des experts, n'a guère trouvé d'écoute au sein des arcanes du pouvoir. La démarche de l'exécutif se fondait sur le présupposé, simpliste, que les apports extérieurs entraîneraient automatiquement la modernisation de l'économie.

    Révision stratégique majeure

    Ce discours avait un temps prévalu dans le domaine des hydrocarbures. La manne pétrolière l'a rendu caduc et Sonatrach rétablie dans son minimum de 51% sur les gisements. En l'occurrence, ce revirement, pour inattendu qu'il ait pu paraître, se situe dans la tendance générale au nationalisme pétrolier qui se manifeste chez tous les producteurs.

    La libéralisation béante des hydrocarbures faisait de l'Algérie une surprenante exception. Le fait que cette voie soit abandonnée - avec en sus l'introduction d'une taxe sur les superprofits - a déçu des milieux auparavant ravis de l'aubaine, mais n'a pas fondamentalement surpris les spécialistes de ce secteur. Les compagnies pétrolières étrangères, qui faisaient déjà de bonnes affaires, n'ont pas déserté le marché algérien. La représentation qui découlait du discours gouvernemental était que le secteur énergétique restait protégé mais que les domaines hors hydrocarbures étaient ouverts. Le discours de Bouteflika devant les maires est perçu - et il ne s'agit pas seulement d'une impression - comme une révision stratégique majeure.

    A l'évidence, un virage motivé par le fait qu'une entreprise comme Lafarge ait pu prendre possession de deux cimenteries d'Orsacom sans que l'Etat algérien n'ait eu son mot à dire. En toute légalité, il faut le préciser. La salve de mesures annoncées, droit de préemption sur la cession des entreprises, majorité de 51% de l'Etat dans les projets de partenariats engageant les fonds publics, obligation de réinvestissement d'une partie des bénéfices pour les projets qui ont bénéficié d'exonérations fiscales, apparaît comme une correction destinée à redonner à l'Etat un pouvoir qu'il pense avoir perdu. Les pouvoirs publics, après avoir longtemps défendu une politique de privatisation et d'ouverture, semblent réaliser que la logique des investisseurs est avant tout celle de leurs intérêts financiers et que leur présence sur le marché national ne s'encombrait d'aucune autre préoccupation. Ce réveil, pour salutaire qu'il soit, en mettant un terme à des illusions préjudiciables, n'est pas suffisant pour remettre sur les rails de la croissance une économie aux performances notoirement faibles.

    Risques

    Pour être effective, la politique d'investissement doit s'insérer dans une stratégie de développement claire, lisible et cohérente. Bien entendu, des correctifs et des modifications pourront être apportés au fil des expériences, mais la conduite d'une politique publique par à-coups et changements de caps intempestifs pourrait se révéler tout aussi dommageable que le laxisme et l'absence d'objectifs affichés qui ont caractérisé la période antérieure. La définition d'un cadre légal, opposable à tous dans le cadre d'une politique de développement aux objectifs clairement définis, constituerait un pas décisif dans la rationalisation de la démarche nationale vis-à-vis des investisseurs étrangers. C'est la seule voie susceptible de sortir de la gestion par palliatifs successifs.

  3. #108
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    Lundi 25 Août 2008 -- C’était dans l’air, l’Etat a décidé de toiletter légèrement les mécanismes régissant l’investissement étranger en Algérie. L’idée est de s’attribuer la majorité dans les projets à réaliser en partenariat. Est-ce un retour à l’orthodoxie ? La mesure en question ne veut pas dire une «remise en cause» du code des investissements actuel, ou encore de l’option libérale, soulignent des spécialistes au fait de la chose économique. L’Etat y apporte ainsi des correctifs et n’accorde d’avantages qu’à ceux qui le méritent.
    Par le passé, une série de largesses était attribuée à des chefs d’entreprise qui se disaient investisseurs, à des participants assidus à la Foire internationale d’Alger (FIA). Quid de la réalité ? Le gros des opérateurs étrangers préfère le commercial à l’investissement. Et, la FIA constitue une belle occasion, une vitrine pour se faire de la publicité, se mettre en réseau, trouver des distributeurs, des représentants exclusifs.

    L’investissement, lui, peut attendre, à leurs yeux. C’est cette manière de faire qui semble avoir motivé la décision susévoquée. Il n’est pas normal que l’Algérie serve de comptoir commercial pendant que les autres pays, africains et maghrébins, pour ne citer que ces régions-là, captent les IDE. Le pays ne peut attendre éternellement d’hypothétiques investissements. Assis sur des recettes pétrolières jamais égalées, il peut s’en passer, aux dires de beaucoup. Cette réorganisation de la stratégie des investissements découle en fait du discours du président de la République devant les élus locaux. C’était vers la fin juillet dernier. Au cours de son allocution, le chef de l’Etat a déclaré : «On s’est trompé.» Le mot est lâché, sans équivoque. Les investissements étrangers dans l’économie nationale n’agréent pas au Président. Les séminaires en série sur le climat des affaires en Algérie ajoutés aux efforts que le pays a déployés en matière d’accès au foncier, aux titres de propriété, etc. ne semblent pas avoir payé. Ce qui a changé, et ce n’est pas à l’avantage du pays, c’est que le volume des capitaux transférés par des sociétés étrangères, opérant en Algérie en association avec des entreprises nationales, a exponentiellement augmenté. C’est l’un des éléments ayant concouru également à l’élaboration de la mesure susmentionnée.

    Maintenant que la décision a été prise, le processus des investissements va-t-il changer et évoluer dans le sens voulu par l’Etat ? Qu’adviendrait-il des entreprises à privatiser, du secteur public ? Sur le terrain, les politiques publiques continuent. L’investissement public reste important, dans les infrastructures comme dans des projets de moindre envergure. L’autoroute Est-Ouest ainsi que le métro et le tramway d’Alger en sont la preuve. L’on s’en souvient, l’Etat comptait sur des bailleurs de fonds pour financer le projet autoroutier. Il n’a rien vu venir. Aussi, il a décidé de le prendre en charge sur fonds publics. Il continue également à supporter la restructuration du secteur public, à réanimer des entreprises complètement disloquées. Non sans difficultés. La privatisation comme option pour impulser une dynamique au secteur public n’avance pas au rythme souhaité. Quelques entreprises, promises à la privatisation, ont été vendues. D’autres sont à l’arrêt. Et, une poignée végète. Flash-back sur un processus ponctué d’arrêts. Les opérations de privatisation ont débuté en 1994. C’était dans une période difficile, l’Algérie faisant face à une conjoncture sécuritaire chaotique et ne comptant dans son escarcelle que quatre milliards de dollars de recettes pétrolières. Dix ans après, le gouvernement fait ses comptes. Il réalise qu’il est loin du compte. Aussi, il relance le processus, en 2004, mettant sur le marché mille deux cent sociétés. Peu de pays en transition économique ont fait pareil choix et lancé pareil défi. Seulement, le gouvernement va vite déchanter, les prétendants repreneurs ne se bousculant pas au portillon. Des entreprises vouées à la privatisation et qui ne trouvent pas preneurs, c’est un paradoxe que les chargés des réformes du secteur public n’arrivent pas à contourner.

    Dans de telles conditions, l’Etat s’impose une alternative, celle de continuer à soutenir les entreprises publiques existantes et à investir dans de nouvelles, les PME en l’occurrence. C’est dans cette vision qu’a été entrepris le gel du découvert bancaire d’un ensemble de sociétés et qu’un programme de redressement financier est en cours de confection. Ce sera un plan salvateur ? Possible. Aujourd’hui, les rapports ente les entreprises et les banques sont tels que ces dernières refusent parfois de débloquer les salaires des employés de certaines entreprises en mal de trésorerie. Pour ce qui se rapporte à l’investissement dans les petites et moyennes entreprises, il est question de mettre en place un tissu industriel dense fait de petites entreprises comme on en trouve dans beaucoup de pays développés. La stratégie est certes optimale. Manquent les capitaux. Faut-il solliciter encore une fois l’Etat pourvoyeur d’argent ? Une réflexion a été mise en mouvement et il semble qu’elle ait été fructueuse. Elle a donné naissance à une nouvelle formule : le Fonds de soutien à l’investissement pour l’emploi (FSIE). C’est un fonds indépendant auquel a été confiée une mission de taille : mobiliser la «petite épargne». Il peut intéresser les petits porteurs, les salariés et les retraités. Ces catégories professionnelles auront la possibilité d’acheter des actions et de les faire fructifier sur le moyen terme (dix ans). Les souscriptions commenceront en octobre prochain. L’action est fixée à deux cents dinars, avec un taux de bonification de 10%, 50% de l’épargne collectée est placée dans le Trésor sous forme d’obligations et de bons de caisse rémunérés mais en dessous de 10%, les 50% restants seront investis dans la petite et moyenne entreprises. Ce nouvel instrument s’ajoute à d’autres mécanismes dont le Fonds de garantie des crédits des PMe/PMI (FGAR). Ses formes d’intervention sont jugées satisfaisantes, même s’il reste beaucoup à faire. Il doit faire connaître davantage son rôle et ses attributions.

  4. #109
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    Sonia Lyes :


    Mardi 26 Août 2008 -- Le gouvernement, via la Direction générale des impôts (DGI), a entamé depuis quelques jours une vaste opération de control fiscal des entreprises étrangères implantées en Algérie. Ces contrôles concerneront notamment les transferts de devises et le respect du dispositif d’investissement par ces sociétés, selon le ministère du Commerce. Mais des spécialistes algériens et étrangers, interrogés par toutsurlalgerie.com, se montrent sceptiques sur l’issue de l’opération. «Certes, c’est tout à fait légal. Le pouvoir fiscal est un pouvoir régalien que l’Etat algérien a le droit d’utiliser, sans avoir à se justifier. Mais à quoi vont conduire ces contrôles ? Au mieux, à des redressements fiscaux qui vont toucher quelques entreprises étrangères, sans doute choisies pour d’autres motifs que les irrégularités. Mais le fond du problème, en l’occurrence la régulation des investissements étrangers en Algérie reste entier.», souligne un banquier d’affaires parisien.

    Selon une source proche des milieux d’affaires étrangers, le gouvernement a déjà lancé depuis le début de l’année plusieurs opérations de control fiscal contre des entreprises étrangères. Mais aucun redressement n’a été effectué. «Les entreprises concernées ont contesté les conclusions des agents du fisc qui a fini par reculer », explique notre source.

    «C’est pratiquement impossible de transférer illégalement des devises vers l’étranger. Tous les transferts sont soumis à l’accord préalable de la Banque d’Algérie. Une entreprise pourrait tricher en surpayant par exemple certaines prestations avec des entreprises étrangères. Mais ce type de magouilles est utilisé par de petites sociétés privées algériennes sur des petits montants de quelques centaines de milliers d’euros. Il parait peu probable que des groupes internationaux cotés en Bourse puissent s’adonner à ce type de pratiques. En plus pour quel résultat ? Transférer quelques millions d’euros supplémentaires ? », s’interroge de le directeur financier d’une grande entreprise algérienne. Il estime par ailleurs qu’aucune banque en Algérie n’accepterait d’accompagner de tels actes. Mieux : les comptes de ces entreprises sont souvent certifiés par de grands cabinets d’audit internationaux ou des experts comptables algériens reconnus.

    Plus inquiétant, l’initiative du gouvernement pourrait créer une grande confusion qui pourrait impacter la gestion des investissements. Avant le lancement de l’opération, les responsables algériens avaient la réputation d’hésiter avant d’accorder leur feu vert à un projet d’investissement étranger. Désormais, avec la suspicion officielle qui entoure ces opérations, il sera de plus en plus difficile pour un investisseur étranger de s’implanter en Algérie.

  5. #110
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    Samir Allam :


    Mercredi 27 Août 2008 -- Lancée il y a quelques jours, l’opération de contrôle fiscal des entreprises étrangères implantées en Algérie va concerner quarante sociétés, a appris toutsurlalgerie.com de source proche du dossier. La liste des entreprises concernées comporte les noms de plusieurs grands groupes internationaux, avec une majorité de groupes français.

    Les banques BNP Paribas, Société Générale et Natexis Banques Populaires, le groupe Michelin, le spécialiste de la boisson Castel, les constructeurs Renault et Peugeot, le cimentier Lafarge figurent sur cette liste. Sans surprise, les deux opérateurs mobiles Djezzy et Nedjma, respectivement filiales de l’égyptien Orascom Telecom et du qatari QTel, sont concernés par ces contrôles, les premiers d’une telle ampleur depuis l’indépendance. Comme nous l’avions déjà révélé, de lourds soupçons pèseraient sur la filiale d’Orascom Telecom.

    Les inspecteurs du fisc s’intéressent particulièrement aux transferts de devises et au respect du dispositif d’investissement par les entreprises étrangères concernées. Particulièrement visées, les groupes qui ont réalisé des plus values sur des opérations de privatisation ou d’achat d’actifs de sociétés algériennes, selon la même source. Le gouvernement va à cette occasion s’intéresser particulièrement à l’opération réalisée par Lafarge avec Orascom en Algérie dans le ciment.

    Pour faire face à la situation, les entreprises françaises ont rappelé leurs cadres expatriés de leurs congés annuels. Ils ont rejoint leurs postes cette semaine pour gérer la crise. Les sociétés concernées ne semblent se faire aucune illusion concernant la finalité de l’opération. Selon une source proche des milieux d’affaires étrangers à Alger, beaucoup d’entre elles redoutent le pire : des redressements fiscaux de plusieurs centaines de millions de dinars.

  6. #111
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    Samir Allam :


    Mercredi 27 Août 2008 -- Coïncidence ou volonté délibérée ? Moins de dix jours après l’arrestation et l’inculpation, le 14 août en France, du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni, présumé commanditaire de l’assassinat de l’avocat et opposant Ali Mécili, le gouvernement a décidé de rappeler les vérificateurs des impôts (information révélée en exclusivité par toutsurlalgerie.com dès le 23 août). Objectif : contrôler les entreprises étrangères implantées en Algérie, notamment sur les aspects liés aux transferts de devises et au respect de la loi sur l’investissement.

    Certes, ce rappel des responsables des impôts, le premier du genre depuis l’indépendance, intervient un mois après le discours du président Bouteflika devant les maires du pays dans lequel il avait fustigé les spéculateurs étrangers. Mais le gouvernement avait-il besoin de rappeler en urgence les vérificateurs des impôts qui étaient en congés pour les lancer à l’assaut des groupes étrangers? Certainement pas. L’opération n’avait aucun caractère d’urgence et elle aurait pu attendre au moins la rentrée pour être lancée.

    Plus troublant, alors que le président Bouteflika, dans son discours du 23 juillet devant les maires, semblait viser les entreprises du Golfe qui ont multiplié les promesses d’investissements sans jamais les réaliser, la liste des entreprises retenues pour subir des contrôles (lire notre article du jour) est composée essentiellement de sociétés françaises les plus connues. Parmi elles, certaines sont implantées en Algérie depuis de nombreuses années et sont soumises à des contrôles réguliers. C’est notamment le cas des banques BNP Paribas et Société Générale.

    Dans ce contexte, il apparait clairement que les entreprises françaises sont les premières visées par cette opération inédite. Même s’il est difficile d’établir un lien direct entre l’arrestation du diplomate Mohamed Ziane Hassani et ces contrôles, les risques de confusion sont bien réels et le gouvernement en est certainement conscient.

  7. #112
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    Samedi 30 Août 2008 -- Abdelaziz Bouteflika devrait présider dimanche un Conseil des ministres consacré essentiellement à la loi de finances 2009 et à la signature de plusieurs décrets concernant les investissements étrangers. Depuis quelques jours, le gouvernement semble n’avoir qu’une seule préoccupation : contrôler les investisseurs étrangers et gérer une situation qu’il a lui-même engendré en favorisant l’implantation de spéculateurs et de prédateurs économiques.

    Certes, vouloir mettre de l’ordre dans la jungle des investissements étrangers en Algérie est une bonne idée. Mais l’initiative du gouvernement pose un double problème : la brutalité avec laquelle elle a été annoncée – le discours du président de la République devant les maires le 23 juillet - et son importance réelle dans la situation actuelle du pays. Dans un contexte marqué par la multiplication des problèmes sur les plans sécuritaire et social, les annonces du gouvernement concernant les investissements ressemblent à une tentative de diversion. Elle montre aussi à quel point le président Bouteflika s’est isolé et éloigné des réalités de son pays.

    En effet, un Algérien moyen, confronté depuis quelques jours à une flambée des prix à l’approche du Ramadhan et au retour des attentats terroristes, se soucie t-il réellement des conditions de transfert des dividendes des entreprises étrangères ou du taux de marge brute opérationnelle réalisée par ces groupes en Algérie ? Sans doute que la réponse est «non».

    L’Algérien moyen, même s’il constate depuis quelques années, que son pays est devenu un eldorado pour les étrangers, escrocs compris, ne comprend pas les subtilités de la finance internationale et les règles de l’investissement. Il constate seulement que ni les 200 milliards de dollars dépensés par l’Etat pour "relancer l’économie" ni les nombreux projets d’investissements n’ont eu un impact sur sa vie quotidienne. 20% des Algériens vivent en dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage est l’un des plus élevés au monde, avec près de 30% population active, dont une moitié de jeunes de moins de 30 ans.

    Alors que le gouvernement dépense une énergie inutile sur le dossier des investissements étrangers, partout ailleurs c’est le chaos : des attentats terroristes quotidiens, une rentrée universitaire chaotique, un Ramadhan qui s’annonce difficile avec une forte hausse des prix, un État totalement désorganisé et absent, une corruption généralisée, un phénomène des harragas qui explose…

    Pourtant, dans le monde entier, les deux recettes du développement sont connues : de la prospérité pour les citoyens et un avenir pour la jeunesse. Avant de prétendre pouvoir empêcher des fusions entre des multinationales, le gouvernement pourrait par exemple commencer par organiser l’État et sécuriser l’Algérie, deux tâches plus prioritaires que le discours creux sur le contrôle des investissements étrangers.

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