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  1. #8
    Guest 123 is offline Registered User
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    Mercredi 12 Décembre 2007 -- Les habitants de la région de Yakouren, une contrée montagneuse située au nord-est de Tizi Ouzou, ont entamé leur traditionnelle cueillette des olives à travers la plupart des villages que renferme cette commune de 16 000 âmes.

    La campagne a été particulièrement favorisée par des conditions climatiques plutôt bonnes ces jours-ci, puisque plus ensoleillées malgré une baisse de température. Les propriétaires d’oliveraies, qui se rendent ainsi quotidiennement tôt le matin dans leurs champs, s’arment, pour ce faire, d’outils indispensables pour la besogne.

    En solo ou en petits groupes, les paysans regagnent petit à petit les pistes agricoles qui mènent vers leurs propriétés, quelque peu abandonnées pour diverses raisons, tel que l’état de détérioration avancée des chemins, à cause notamment des pluies torrentielles intervenues en début de novembre et qui ont formé des crevasses en drainant sur leur passage toutes sortes de détritus, de débris de bois et autres troncs d’arbres.

    Par endroits, ces pluies ont coupé carrément le chemin, mais les fellahs, sourire aux lèvres, ne désespèrent jamais en dépit des difficultés, en continuant à récolter les fruits, visiblement bien mûrs de par leur éclatante noirceur. Faute de délabrement des chemins, les tracteurs agricoles, utilisés généralement pour le transport des olives, ne peuvent accéder jusqu’aux aires aménagées autour des presses à olive traditionnelles ou modernes. Ceci pour dire qu’en Kabylie, l’opération est généralement menée, du début à la fin, avec des moyens traditionnels.

    L’on remarquera, par ailleurs, que la production de cette saison est, semble-t-il, la copie identique de celle de l’année dernière, en quantité comme en qualité, d’où des prévisions de nombre de paysans sur “une récolte s’annonçant d’ores et déjà médiocre” et dont les facteurs principaux en sont les feux de l’été dernier, qui ont ravagé, en quelques jours seulement, des milliers d’oliviers. Combien d’agriculteurs dans cette région avaient, en effet, assisté impuissants devant des flammes dévastant leurs oliviers et autres arbres fruitiers, parfois centenaires, qu’ils ont hérités de leurs aïeux. Les pertes étaient énormes et les paysans, comme de tradition, ne pensaient guère à assurer leurs exploitations.

    Une campagne de recensement des dégâts avait alors été menée en collaboration avec les comités de village, mais à ce jour, les propriétaires victimes attendent toujours, sans trop d’espoir d’ailleurs, les résultats de l’opération. Les prix de ce “produit aux mille et un remèdes” ont, quant à eux, stagné dans les 300 DA le litre, du moins pour l’heure, puisqu’ils n’ont ni baissé ni augmenté, du moins chez des particuliers villageois, alors que les moments de récolte sont considérés comme étant “une période synonyme de prix raisonnables”.

    Ce n’est pas le cas jusqu’ici car, d’apparence, la demande dépasse largement l’offre, quand on sait que l’huile de table (ou l’huile de colza), que tout habitant de la région utilisait peu, même si on la lui “offre gracieusement”, trône actuellement aux cimes des 550 DA le bidon de 5 litres. Voilà encore une raison qui doit inciter impérativement à encourager l’agriculture de montagne, notamment l’arboriculture. Après les années 1980, faut-il le rappeler, il n’y eut pratiquement plus de plantation d’arbres fruitiers dans cette municipalité dont le taux de chômage dépasse les 45% de la population en âge de travailler.


  2. #9
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    Jeudi 13 Décembre 2007 -- Plus d’une cinquantaine d’exposants de toutes les régions potentielles de production d’huile ont participé à cet évènement. Intervenant lors de l’inauguration du Salon, les producteurs de l’huile d’olive ont estimé «très faible la production de cette année 2007».

    L’exemple est donné pour la wilaya de Tizi Ouzou où plus de «160 000 oliviers» auraient été complètement ravagés par les incendies. Ce qui réduit considérablement la récolte saisonnière de l’olive et rend très faible le rendement.

    D’autant plus que cette région de Kabylie est considérée comme la partie potentiellement importante dans la production oléicole en Algérie. De son côté, le directeur des services agricoles de la wilaya d’Aïn Defla indique que «la faiblesse du rendement est due beaucoup plus à la production cyclique de l’olivier».

    Malgré que certains producteurs soulignent la faible production dans leurs régions respectives, M. Saraoui, chef de département à l’Institut technique de l’arboriculture fruitière (Itaf), a indiqué que les prévisions de production pour cette année atteindront un rendement moyen de 40 000 tonnes.

    Soit une augmentation d’environ 2 000 tonnes de plus par rapport à l’année précédente où la production était de 38 000 tonnes. Selon les études menées par l’Itaf, la production d’huile d’olive est en moyenne de 30 000 tonnes, avec un pic de production enregistré durant la campagne 2003-2004 d’environ 70 000 tonnes.

    Il explique par ailleurs que la surface globale plantée en oliviers est passée de 165 000 hectares en 1999 à 296 000 hectares en 2007. Les zones potentielles sont situées dans les wilayas du Centre avec 60 % de la surface plantée. Madame Bouchra Aït Ali Slimane, secrétaire générale de la CNA, a de son côté souligné l’importance de l’organisation de ce genre d’événements qui réunit l’ensemble des acteurs intervenant dans la filière oléicole.

    Elle indique par ailleurs que cette journée ajoute une nouvelle pierre à l’édifice de la filière oléicole pour permettre un encadrement efficace au développement de cette filière considérée comme la deuxième richesse après le pétrole.

    En effet, certains pays d’Europe notamment étudient la possibilité de création d’une OPEP bis pour l’huile d’olive. Enfin, l’Algérie engage un programme très ambitieux dans le cadre du développement de l’oléiculture en intensif. Ce programme vise la plantation de 500 000 hectares d’oliviers et touche plusieurs wilayas, dont 15 du Sud, qui ont déjà connu un début de réalisation de 6 200 hectares.


  3. #10
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    Dimanche 16 Décembre 2007 -- C’est parti. L’hiver s’est installé. Désormais, c’est aux ramasseurs d’olives de battre champs et collines à la recherche de grains perdus. Les familles ont envahi leurs oliveraies. Depuis une semaine, les champs d’oliviers et les différentes collines à travers la partie nord de la wilaya de Bouira, connaissent une grande ambiance. Femmes, enfants, vieux et vieilles sont tous emportés par l’élan de cette saison, qui, de par sa rudesse, fait oublier aux paysans tous leurs malheurs pour ne se concentrer que sur la récolte. La cueillette des olives, une saison passionnément attendue. Le repas du jour a été préparé tôt. Galette, soupe, pommes de terre, oeufs bouillis, café et autres servant de calorifiques.

    L’expédition s’avère difficile, mais par la force du temps, on s’est familiarisé avec toute difficulté. La cueillette des olives, une tradition ancrée dans nos sociétés montagnardes, et en dépit de la rigueur de l’hiver, femmes et hommes gagnent allègrement leurs fermes, tout en espérant une récolte abondante.

    De M’chedallah à Lakhdaria, en passant par les communes d’El Adjiba, Bechloul, Ahl El Kseur, El Esnam, Haïzer, les paysans procèdent avec la même méthode. La cueillette des olives n’a jamais fait l’objet d’une pratique améliorée. Cet héritage, entretenu au fil du temps, n’a point connu de changement aussi bien dans la forme que dans la méthode. Pour se rendre aux oliveraies, des familles parcourent des kilomètres à pied. Les mieux nanties ne se donnent point la peine des longues marches. La modernité a atteint aussi ces lieux éloignés. Des kilomètres à parcourir pour atteindre le village. Plusieurs familles ont quitté leurs maisons et leurs terres en raison de l’insécurité qui régnait dans la région au cours des années 1990. Mais aujourd’hui, la paix revenue, la cueillette des olives est devenue un grand moment de retrouvailles.

    Il fait froid dans les montagnes. Le feu est allumé. La fumée monte de partout et emplit le ciel déjà chargé de nuages. C’est l’hiver. Les frileux, une fois arrivés sur les lieux et bien avant d’entamer la cueillette, se retrouvent d’abord autour d’un brasier bien flamboyant, histoire de se réchauffer avant de passer à l’acte en ces matins de givre. Un tableau saisonnier à faire rougir d’envie tous les grands artistes peintres. Dans cette kermesse hivernale, rupestre, propre à la Kabylie, la répartition des tâches est simple. Chaque membre se consacre à la sienne. En Kabylie, en dehors des agriculteurs professionnels, la cueillette des olives se fait encore en famille, les «tiwiza» (entraide) d’antan subsistent encore dans quelques localités.

    La cueillette se fait en toute convivialité. Qui met une sorte de filet sous l’olivier pour faciliter le ramassage des grains à la fin du travail, qui grimpe au sommet de l’olivier pour en rabattre les branches, tandis que le père, au pied de l’arbre, gaule à l’aide d’un bâton. Après avoir chassé le grain de l’olivier, un travail de fourmi attend les paysans. Au moment où quelques mains se mettent à trier les olives d’entre les feuilles, les autres essaient d’extirper méticuleusement les grains égarés entre les cailloux.

    La nuit approche, la famille presse le pas. La journée a été rude mais encourageante et motivante. Il faut mettre la récolte en lieu sûr. Elle est transportée par les femmes. C’est lourd à porter, mais ça vaut le coup quand il s’agit de l’huile d’olive. La récolte finie, le père s’occupe de débroussailler les branches mortes et les rameaux desséchés. Il faut, d’ores et déjà, préparer l’année suivante pour que la récolte soit encore mieux huilée. Les étourneaux, ces oiseaux migrateurs qui débarquent chaque hiver, exécutent leur danse quotidienne dans le ciel, cherchant un terrain d’atterrissage. La crainte du paysan est grande, si la récolte n’est pas ramassée à temps, que restera-t-il à glaner?

    Une image d’hiver vécue par la wilaya de Bouira. Les ramasseurs d’olives sont devenus les rois des collines. Le temps d’une saison.

  4. #11
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    Mardi 18 Décembre 2007 -- Les oléiculteurs de la région de Berrahal et de Chétaïbi sont en colère car, cette année, la production oléicole a été en deçà des prévisions établies.

    Habituellement, le rendement à l’hectare, en moyenne saison, est de 30 à 40 quintaux. Cette année, seulement 6 q / ha ont pu être atteints. Les agriculteurs que nous avons contactés imputent cette situation à plusieurs facteurs, dont les aléas climatiques et la vieillesse des oliveraies. C’est ce qu’explique l’un d’entre eux, déclarant : « Les aléas climatiques et la vieillesse des oliveraies ont eu de lourdes conséquences sur la production. En l’absence de nouvelles plantations, la production est en constante régression. Il faut savoir que tous les oliviers existants sont plus que centenaires, ce qui engendre la chute considérable des olives avant terme. En plus, la méthode archaïque de cueillette se répercute négativement sur le rendement des oliviers ».

    Il faut noter que dans cette région, les oléiculteurs optent pour la gaule, car seule cette longue perche permet de « traquer » les olives dans les endroits les plus inaccessibles. Ainsi, ils évitent de grimper aux arbres car, non seulement les chutes graves sont légion, mais parfois impardonnables. Par ailleurs, des techniciens agricoles indiquent, de leur côté, que les oliviers ne donnent plus de rendements appréciables par manque d’entretien. En effet, les agriculteurs ne respectent plus les techniques règlementaires d’entretien, et ce en dépit des recommandations des services agricoles en matière de taille, d’entretien et surtout de rajeunissement. De plus, les propriétaires d’oliveraies évitent d’utiliser les engrais, pourtant plus que nécessaires en raison des prix appliqués qu’ils jugent exorbitants (4 000 DA/q).

    La situation est aggravée par les oiseaux prédateurs, tels les étourneaux. Ceux-ci, qui sont d’une race spéciale et devant lesquels les fellahs restent impuissants, détruisent souvent une grande partie des récoltes. Dans un passé récent, précisent les agriculteurs, des chasseurs se sont spécialisés dans la capture de ce genre d’oiseaux. Pour ce faire, ils utilisaient des sacs en jute contenant des lampes-torches allumées qu’ils disposaient aux abords des buissons. Attirés par la lumière, les oiseaux s’engouffraient par dizaines dans ces pièges improvisés. Cette technique de chasse permettait de lutter efficacement contre ces prédateurs et constituait une source de vie pour les chasseurs.


  5. #12
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    Samedi 22 Décembre 2007 -- La région d’AÏt Yahia Moussa (sud-ouest de la wilaya de Tizi Ouzou) est d’un relief escapé et montagneux. Elle n’a que les oliveraies séculaires comme seule ressource. Ces derniers années, les oléiculteurs n’arrivent même pas à satisfaire leur propre consommation d’huile pour une année. Cela est dû à plusieurs facteurs.

    Ainsi, l’on affirme que les oliveraies existantes ont vieilli et leur régénération n’a pas été possible malgré quelques essais faits ici et là par des agriculteurs. Mais le facteur le plus influant sur le rendement est indubitablement les ravages causés par les incendies. “En dix ans, plus de 10 000 oliviers étaient partis en fumée. Le greffage de l’oléastre ne réussit plus à cause de la sécheresse et de nouveaux feux de forêt qui se déclarent chaque année. Durant l’été dernier, pas moins de 1 000 autres arbres ont été la proie des flammes”, explique à ce propos un oléiculteur de Tafoughalt.

    Évoquant le manque de pistes agricoles, il précise qu’“au niveau de notre village, seule une piste a été réalisé. Mais elle manque d’entretien si bien qu’elle ne servira à rien en cas d’incendie. Pourtant, on a parlé de l’ouverture d’autres pistes vers les oliveraies”, ajoute-t-il. Pour cette saison, les gaules sont rangées dans les hangars. Les quelques oléiculteurs qui ont la chance de récolter quelques quintaux sont inquiets. “La plupart des huileries n’ont pas ouvert. On doit transporter ces sacs d’olives jusqu’à Boghni ou Ath Zaouïa moyennant d’autres frais en plus. Et puis, on dit que le rendement par quintal est de quelques litres seulement”, a précisé un autre oléiculteur du même village.

    Si les oléiculteurs se plaignent, les consommateurs le font encore plus. “En raison du rendement faible et d’une saison compromise, le prix va grimper jusqu’à 350 DA le litre”, se lamente un consommateur habitué de ce produit aux mille remèdes. Et d’ironiser : “L’huile d’olive est devenue avec le temps du luxe. C’est fini le temps où on en consommait à volonté.” Pour leur part, les propriétaires des huileries aussi bien modernes que traditionnelles trouvent que la saison s’annonce mal. “C’est une saison de vaches maigres pour nous. Il n’y a pas de clients. Et puis, on ne peut pas mettre les machines en route, car la saison n’est pas prolifique.

    Pour ouvrir, il faudra déclarer l’activité, donc régler les impôts et l’assurance des ouvriers saisonniers”, pense un propriétaire d’une huilerie à Tafoughalt qui dit que l’an dernier son huilerie a fonctionné durant cinq mois. “Avec une pression exercée sur nous par les clients, il a fallu travailler H24. Six ouvriers ont gagné durant la saison de quoi vivre décemment tout le reste de l’année”, enchaîne-t-il. Pour cet interlocuteur, les services agricoles doivent mettre en place une politique d’aide à ce secteur. Certes, des subventions ont été octroyées dans le cadre du FNDRA aux agriculteurs, mais les résultats n’ont pas été probants. Pour le moment, la solution est peut-être de lancer des PPRDI dans des villages où ce genre de plantations peuvent réussir.

  6. #13
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    Dimanche 23 Décembre 2007 -- En pleine période de la cueillette des olives, l’huile provenant de cette plante, et dont pratiquement personne ne peut se passer pour préserver sa santé, n’est guère épargnée par la hausse des prix.

    En moins d’une année, le litre d’huile est passé de 300 à 400 DA. Le kilogramme d’olives connaît, lui aussi, maintenant, une augmentation de 100 DA de plus qu’en décembre 2006.

    Déjà, l’année passée, on se plaignait particulièrement dans la wilaya de Boumerdès, pourtant à vocation agricole et réputée pour l’étendue de ces plantations d’olives, de la hausse brusque du coût de ce produit végétal.

    Et cette fois-ci, encore, les services de la direction locale de l’agriculture imputent la dite hausse à la faiblesse de la production oléicole, à cause notamment des feux de forêts ayant ravagé, l’été dernier, au total, dans ce département, 11 836 oliviers.

    S’y ajoutent, selon les mêmes sources, les vols d’importantes quantités d’olives signalés, entre début octobre et fin novembre, au niveau des différentes plantations situées loin des agglomérations. L’on cite aussi, en termes à peine voilés, l’insécurité empêchant, ici et là, les campagnards de se déplacer vers leurs champs.

    Le fellah, plutôt le producteur, fait donc entrer en jeu dans la fixation du prix de l’huile, ce souci de couvrir les frais de transport et de transformation du produit et autres considérations. Et comme les autres variétés d’huile viennent de subir la flambée des prix, le produit oléicole ne peut être en reste, pense-t-on.

    Mais un tel discours exaspère le commun des citoyens, depuis belle lurette.


  7. #14
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    Dimanche 23 Décembre 2007 -- La production d’olives dans la wilaya de Annaba a été singulièrement maigre cette année. Les agriculteurs s’en plaignent et assurent que la récolte est loin, très loin de ce qu'ils espéraient.

    En effet, 6 quintaux à l’hectare seulement au lieu des 35 à 40 quintaux habituellement collectés en pareille saison. Selon les services agricoles, qui citent à titre d’exemple les producteurs de Chetaïbi et Berrahal, qui seraient les plus lésés cette saison, il s’agit de la plus mauvaise récolte oléicole jamais enregistrée dans la région. On parle même de catastrophe naturelle au sein du collectif des producteurs.

    La rareté du produit s’est bien évidemment répercutée sur le prix de vente du litre de l’huile d’olive nouvelle, cédé à 400 DA par les détaillants alors que les huileries l’ont coté unilatéralement à 350 DA. Cette situation serait due essentiellement aux conditions climatiques, selon les producteurs. Ces derniers évoquent les conséquences du gel catastrophique sur la production en plus du manque d’entretien induit par les prix exorbitants des produits phytosanitaires, engrais et autres. Les engrais coûtent autour de 4 000 DA le quintal, ce qui les rend inaccessibles surtout pour les petits exploitants qui doivent inclure les inévitables frais de main-d’œuvre.

    La sécheresse et les incendies de forêts qui ont sévi à intervalles réguliers n’ont pas été les seuls responsables. Les techniciens agricoles indiquent, de leur côté, que les oliviers ne donnent plus les rendements escomptés par manque d’entretien. Ils disent regretter que les agriculteurs ne respectent plus les techniques réglementaires d’entretien, et ce, en dépit des recommandations qu’ils prodiguent aux intéressés en matière de taille, d’entretien et surtout de rajeunissement.

    L’olivier se meurt

    En l’absence de nouvelles plantations, la production est ainsi en constante régression. Les oliviers existants sont plus que centenaires, ce qui engendre la chute considérable et prématurée des fruits. La méthode de cueillette reste archaïque à travers la région de Annaba, ce qui se répercute négativement sur le rendement des oliviers. On en est encore au gaulage des branches, l’arrachage étant devenu quasiment impossible du fait de la réticence des ouvriers à escalader les arbres.

    Autant d’aléas qui condamnent à terme le développement d’une culture qui a de tout temps fait la richesse des régions de Annaba et de Guelma comme en témoignent les archives des nombreuses exploitations oléicoles locales. L’olive de table locale autant que l’huile qui en est extraite sont d’une qualité exceptionnellement bonne, assurent les spécialistes, tout en regrettant que si peu d’efforts soient consentis pour en promouvoir la culture intensive : “Notre huile a un taux d’acidité des plus recherchés aujourd’hui et qui lui confère la qualité d’extra vierge. Du coup, l’Algérie exporte une quantité très limitée par rapport à sa production et le plus souvent aux mêmes gros producteurs européens qui en font un mélange.”

    Le ministère de l’Agriculture a récemment pris des mesures salutaires pour cette filière dans le cadre du Programme national de développement agraire et rural (PNDAR). Des mesures qui devraient augmenter la production et valoriser la qualité. En attendant la concrétisation du fameux programme, le citoyen se contentera de rêver de notre bonne huile d'olive, faute de ne plus pouvoir l’acheter…

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