Lundi 6 Juin 2011 -- Karim Djoudi a soigneusement évité de répondre aux questions relatives à la gestion des avoirs algériens à l’étranger et aux conditions de mise en circulation du nouveau billet de 2.000 dinars qui n’est pas reconnu par les instruments de contrôle des banques. Les deux dossiers sont gérés par la Banque d’Algérie et «ça me gêne de répondre» à sa place, a dit le ministre des Finances ce lundi 6 juin sur les ondes de la radio Chaîne 3. Sur le billet de 2.000 dinars, M. Djoudi a simplement expliqué: «le paramétrage des instruments n’était pas effectif, c’est ce que j’ai compris d’après la presse». Le ministre n’a pas démenti les informations publiées par TSA jeudi dernier sur les débuts catastrophiques du nouveau billet.

Sur le placement à l’étranger des réserves de change de l’Algérie le ministre a renvoyé également la balle à la Banque d’Algérie, en charge de la gestion de ces actifs. Mais il dit que le rendement de ces actifs «ne peut être que positif. Je laisse le soin à la Banque d’Algérie de dire quel est le niveau de rémunération de ces actifs», a dit M. Djoudi qui a expliqué que l’Algérie a fait le choix «de limiter les risques et les rendements» de ces actifs à l’étranger. Il a défendu la gestion peu transparente des avoirs algériens à l’étranger en disant que la Banque d’Algérie s’acquittait convenablement de cette tâche. «La Banque d’Algérie a une logique de gestion sûre», a-t-il répété, en révélant l’existence d’un projet de création d’un fonds souverain pour une gestion plus active des réserves de change de l’Algérie.

Le ministre a exclu le retour dans l’immédiat du crédit à la consommation. «Le crédit à la consommation doit bénéficier à la production nationale et ne doit pas conduire au surendettement des ménages», a-t-il soutenu. M. Djoudi a expliqué qu’avant sa suppression en 2009, le crédit à la consommation s’orientait à 90% vers l’achat de voitures. «Maintenant, nous avons des constructeurs qui veulent s’installer chez nous», a-t-il ajouté. Autrement dit, le gouvernement attend l’installation effective de constructeurs automobiles pour libérer le crédit à la consommation. Renault et Volkswagen négocient depuis plusieurs mois avec le gouvernement pour implanter des usines de fabrication de voitures en Algérie.