Le quatrième Salon de la microentreprise (SAMIE 2007) et le premier Salon de l’emploi (initié par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale), organisés la semaine dernière au palais des Expositions des Pins Maritimes, ont donné l’occasion aux jeunes femmes promotrices d’exposer leur expérience dans la création d’entreprises et de revenir sur le parcours mené dans le cadre du dispositif de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes:
Lundi 29 Janvier 2007 - - Elles étaient au total 172 jeunes opératrices économiques à prendre part au SAMIE 2007 sur les 530 exposants. Les responsables de l’ANSEJ n’ont pas manqué de relever la croissance sensible de la participation de la gent féminine à cette manifestation. Des femmes qui sont passées, grâce à ce dispositif, de statut de chômeuses à celui de chefs d’entreprise en dépit des multiples difficultés rencontrées sur le terrain, ont marqué l’événement. Ces jeunes femmes, qu’elles soient diplômées de l’université ou des instituts de formation professionnelle, ont réussi à sortir du spectre du chômage et à créer des emplois. Ce n’est pas le cas uniquement dans les zones urbaines mais également dans les zones rurales où les taux de chômage sont élevés. L’impact du dispositif de l’ANSEJ sur les femmes se ressent de plus en plus sur le terrain à travers plusieurs régions du pays. D’ailleurs, selon le bilan de l’agence, sur un total de 78 191 projets financés, 10 888 microentreprises, soit 14%, ont été initiées et portées par des jeunes femmes promotrices. Ce chiffre n’a pas beaucoup changé par rapport à l’année dernière mais il est en hausse par rapport à 2003.
Une année durant laquelle près de 6 347 microentreprises (sur 52 400) avaient été initiées par de jeunes promotrices, soit une proportion de 12,11%. Ces promotrices avaient particulièrement investi trois créneaux, les services, l’artisanat et les professions libérales regroupant 76,97% des projets lancés par les femmes. La participation féminine à la création de microentreprises par secteur d’activité avait concerné surtout les professions libérales avec 39,15%, les services avec 24,57% et, dans une moindre mesure, l’artisanat avec 20,87% et l’industrie avec 17,02%.
Aujourd’hui, les femmes n’investissent pas uniquement dans les secteurs traditionnels, à l’image des ateliers de broderie et de confection et des écoles de cuisine, mais elles s’intéressent de plus en plus à d’autres secteurs, notamment l’informatique, l’agroalimentaire et même la mécanique. Certaines essayent même d’innover en se lançant dans de nouveaux créneaux ou en créant des entreprises s’adaptant à la région.
Aïcha, Malika, Fazia ou le défi de réussir
C’est le cas de Meghari Malika, une jeune fille qui a réussi en l’espace de quatorze mois à multiplier par quatre le nombre d’emplois créés au lancement de l’entreprise. Une minoterie installée dans la région de Boghni à Tizi Ouzou et spécialisée dans la fabrication du couscous (notamment couscous d’orge) et du plomb («berkoukès»), des produits fortement prisés en Kabylie. En novembre 2005, au démarrage de son projet, qui lui a coûté 5,5 millions de dinars avec un financement triangulaire (apport personnel de 520 000 dinars), Malika a recruté quatre personnes. Mais aujourd’hui, ils sont une vingtaine à assurer l’activité au sein de cette minoterie dont la production commence à avoir un succès en dehors de la région. De manière générale, en dépit de sa satisfaction, Malika se plaint des lenteurs administratives, notamment bancaires. «On n’a pas le temps de souffler qu’on commence déjà à rembourser», souligne Malika qui demande des mécanismes de remboursement plus souples. Aïcha Cherradi, une autre promotrice venue d’Oran pour prendre part à la quatrième édition du Salon de la microentreprise, a également lancé son projet en novembre 2005, toujours dans l’industrie agroalimentaire. Cette jeune fille licenciée en sciences commerciales a préféré investir avec l’appui de l’ANSEJ au lieu d’attendre un éventuel recrutement.
C’est ainsi qu’elle a réalisé une biscuiterie à Oran avec un coût de 7,50 millions de dinars. En tant que femme, Aïcha n’a pas rencontré de problèmes spécifiques sur le terrain. Son seul souci, c’est la distribution. «Les grossistes préfèrent avoir affaire à des hommes en tant que distributeurs. Nous l’avons constaté», dira-t-elle. Pour cette raison d’ailleurs, elle a dû recruter un jeune homme pour assurer cette tâche. C’est le seul employé masculin sur les sept que compte cette microentreprise dont le bilan a été déficitaire en 2006. D’où la décision de renforcer les moyens de distribution cette année avec l’acquisition de nouveaux camions. «Je compte demander un autre prêt pour acheter les camions», avance Aïcha qui devra encore passer par la banque avec patience. Car Aïcha ne compte pas baisser les bras. Elles sont, en effet, toutes armées de volonté. Une volonté de continuer et de réussir dans un monde exclusivement réservé aux hommes par le passé. Et ce, même si, parfois, elles traversent des périodes difficiles en se retrouvant dans des créneaux saturés. Fazia qui s’est lancée dans la région de Boufarik, exactement à Guerrouaou, dans la production des jus et des eaux fruitées en 2002, toujours dans le cadre de l’ANSEJ, ne savait pas que, quelques années après, le marché des boissons allait arriver à saturation.
«En 2002, nous n’étions pas nombreux à investir dans cette filière. Ça marchait bien au début, mais aujourd’hui, les producteurs de jus sont nombreux. Donc, il faut suer pour arracher une part du marché», raconte Fazia. Et de rappeler que le prêt octroyé par la banque est remboursé à 100%. Tout comme Aïcha, Fazia compte faire appel à l’ANSEJ une deuxième fois pour améliorer les conditions de distribution. En somme, la participation féminine aux deux dernières manifestations consacrées à l’emploi a beaucoup plus concerné l’industrie agroalimentaire. Néanmoins, il est utile de signaler qu’elles sont également nombreuses à avoir présenté leur expérience dans la sérigraphie, l’impression, la communication et bien d’autres créneaux liés aux services. Baya, Saïda, Nadjet, Sonia, Fatma Zohra, Nadia et les autres ont, faut-il le noter, en dépit des obstacles, réussi à se faire une place dans le monde des affaires et à franchir le cap vers la PME. Un monde où la présence de la femme reste toujours faible.
Création de microentreprises : Les femmes de plus en plus nombreuses
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29th January 2007 04:57 #1
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